CinéFabrique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
CinéFabrique
Cinefabrique-logo.png
Ciné Fabrique - panneau rue Communieu (Lyon).jpg
Histoire et statut
Fondation
Type
École nationale supérieure
Nom officiel
École nationale supérieure de cinéma La CinéFabrique
Fondateur
Président
Philippe Vayssettes
Directeur
Membre de
Site web
Chiffres-clés
Étudiants
90
Budget
3,5 millions d'euros (en 2018)
Localisation
Ville
5 rue Communieu, Lyon
Pays

La CinéFabriqueÉcole nationale supérieure de cinéma est un établissement public d'enseignement supérieur français destiné à former des jeunes étudiants entre 18 et 25 ans dans les métiers du cinéma et de l'audiovisuel. C'est l'une des quatre écoles de l'enseignement supérieur public français où sont enseignés les métiers du cinéma (avec l'École Louis-Lumière et La Fémis, à Paris, et l'École nationale supérieure de l'audiovisuel, à Toulouse).

La CinéFabrique est la seule des quatre écoles de cinéma publiques à proposer une pédagogie basée sur la pratique (100 films sont réalisés chaque année) et qui propose une troisième année en alternance.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondée en 2015 à l'initiative du réalisateur Claude Mouriéras, son président d'honneur est le réalisateur Abderrahmane Sissako[1].

Lors de la 72e édition du festival de Cannes en 2019, Louise Courvoisier (première promotion de la CinéFabrique) reçoit le premier prix de la Cinéfondation pour son court métrage Mano a mano[2]. C'est la première fois depuis la création de ce prix au festival de Cannes en 1998, qu'une élève d'une école de cinéma française remporte le premier prix.

Formations[modifier | modifier le code]

L'école propose des formations dans cinq départements : le scénario, l'image, le son, le montage et la production. Elle propose aussi une classe de mise à niveau gratuite réservée aux jeunes entre 18 et 21 ans résidant en région Auvergne Rhône-Alpes, la COP[3]

La formation initiale se veut être d'excellence, comme en témoigne les prestigieux intervenants qui viennent former les étudiants. Elle dispense ainsi une formation technique de haut niveau qui s'accompagne d'une recherche artistique permanente, par le prisme des tournages très fréquents et par l'enseignement théorique (bien que ce dernier soit minoritaire). Cet enseignement d'exception est couronné par une troisième année qui se déroule en alternance[4]. L'école offre la possibilité aux étudiants de travailler sur des tournages de longs-métrages (Nos batailles, Alice et le maire...), d'aller chez des loueurs de matériel de cinéma (Groupe TSF, etc.), des entreprises de post-production son, image, montage (Polyson), etc.

Le diplôme[modifier | modifier le code]

À l’issue de leur deuxième année, l’Université Lumière Lyon 2 accorde aux étudiants 120 crédits ECTS qui valident le Diplôme universitaire (DU) intitulé « Pratiques et techniques du cinéma et du multimédia »[5].

Cette validation leur permet d’entrer en troisième année, dans l'objectif d'obtenir le diplôme d'établissement de la CinéFabrique (ce diplôme n'est pas reconnu par l'État) ainsi que la Licence professionnelle « Techniques du son et de l’image » de l’Université Lumière Lyon 2[6].

Les étudiants concluent leurs études à la CinéFabrique par la réalisation d'un film de fin d'études accompagné d'un mémoire.

Des formations continues sont également accessibles aux professionnels voulant se perfectionner dans leurs domaines[7].

Moyens techniques et financiers[modifier | modifier le code]

L'école bénéficie d'un soutien financier important de l'état (CNC, ministère de la Culture, ...), de la région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que de diverses autres institutions publiques et privées. Chaque année, son budget se chiffre en millions d'euros. Elle dispose de plus de 8 000 m2 de locaux.

Grâce à un co-financement CNC-Région, la CinéFabrique s'est dotée de dix-huit boxes de post-production, dix-sept salles de montage professionnelles (dont six équipées en 5.1), deux studios de tournage, une salle de projection et quatre auditoriums de mixage. L'école offre également à ses étudiants un parc important de matériel professionnel : Caméras Arri Mini, Varicam, Sony F55, Sony Venice, caméras argentiques Super 16 Aaton XTR, optiques Cook, Zeiss, Angénieux et Sony, enregistreurs Aaton Cantar, Sonosax, SoundDevice, Nagra, microphones Shoeps, appareils photos Alpha 7, matériel lumière, matériel de machinerie, etc.


Philosophie de l'école[modifier | modifier le code]

L'école se distingue des autres établissements par sa politique de mixité sociale et culturelle[8],[9],[10]. L'écrit n'est ainsi pas discriminant lors du concours d'entrée, aucun diplôme n'est requis pour être admis.

La CinéFabrique a une identité forte, qui se concrétise par une cantine scolaire collaborative bio et locale, des périodes d'intégration, une ouverture à l'international riche (programme d'échange Cine Nomad School[11], participation des étudiants au festival Camerimage) un apprentissage du cinéma essentiellement par la pratique, etc.

La CinéFabrique anime par ailleurs des ateliers de réalisation dans des quartiers lyonnais ou zones rurales où des cinéastes vont accompagner des jeunes motivés entre 15 et 20 ans à écrire et réaliser des courts-métrages de fiction[12].

Le concours[modifier | modifier le code]

L'admission se fait par un concours sur trois tours, l'écrit n'est pas discriminant et le Baccalauréat n'est pas nécessaire (sur dérogation[13]).

Au premier tour il est demandé un court métrage de trois minutes maximum sur un thème (« Autoportrait », « Ma rue », « Ma cousine », « Sur tes lèvres », « Ensemble », « Draguer, confiné.e ») ainsi que deux questionnaires en ligne de trois heures chacun (l'un général, l'autre spécialisé selon la section demandée), une lettre de motivation, un portfolio, un CV. Plus de 100 correcteurs sont nécessaires pour ces épreuves. Ce sont majoritairement des professionnels du cinéma (réalisateurs, chefs opérateurs, ingénieurs du son, etc.). Le deuxième tour propose deux journées à l'école, l'une spécialisée (selon la section demandée) et l'autre un atelier tournage. Enfin le troisième tour est un oral d'une dizaine de minutes devant un jury composé d'une quinzaine de cinéastes et techniciens du cinéma

Chaque année, il n'y a pas moins de 1 200 candidats pour trente places. Les membres du jury sont tous des professionnels en exercice, comme Patricia Mazuy[14].

Les intervenants[modifier | modifier le code]

Chaque semaine un intervenant vient partager ses expériences et accompagner les étudiants dans son domaine professionnel lors de workshops spécifiques ou non (par exemple : workflow, écriture documentaire, principes optiques, direction d'acteurs, etc.). Cet enseignement se déroule en petit effectif, par groupe de moins de dix élèves pour un intervenant. Les projets (écriture, production, tournage, post-production) sont également encadrés par des intervenants professionnels.

On peut compter plus de 500 intervenants en activité à ce jour, parmi eux des cinéastes dont Mathieu Amalric[15], Jean-Pierre et Luc Dardenne, Naomi Kawase, Émilie Deleuze, Sébastien Lifshitz, des chefs opérateurs comme Julien Hirsch, Caroline Champetier, Agnès Godard, Sébastien Buchmann, Tom Stern, des acteurs et actrices avec Karin Viard, Jean-Pierre Darroussin et Grégory Gadebois, mais aussi des ingénieurs du son comme Jean-Pierre Duret des monteurs comme Yann Dedet, Nelly Quettier, photographes, chorégraphes, producteurs comme Patrick Sobelman, Jean Des Forêts, Denis Freyd, des étalonneurs ou encore des inventeurs comme Jean-Pierre Beauviala[16].

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

  • Louise Courvoisier[17] (promo 1) - section scénario
  • Néhémie Lemal[18] (promo 2) - section image

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Abderrahmane Sissako prend la tête de l'école de cinéma la CinéFabrique », Allociné (consulté le 13 mai 2018)
  2. François Rieux, « Cannes 2019 : Découvrez le palmarès de la Cinéfondation », Première, .
  3. « La COP », Site officiel (consulté le 21 mai 2018).
  4. « Alternance », Site officiel (consulté le 2 janvier 2020)
  5. RURAWEB, « Cursus - La 2nde année à la CinéFabrique, l'année de la Spécialisation », sur CinéFabrique (consulté le 10 avril 2020)
  6. « Cursus - La 3ème année à la CinéFabrique, l'année de l'Alternance », sur CinéFabrique (consulté le 10 avril 2020)
  7. « Formation Continue », Site officiel (consulté le 2 janvier 2020).
  8. Clarisse Fabre, « La diversité au casting des écoles de cinéma », Le Monde, .
  9. « Le cinéma et le théâtre français à l'épreuve de la diversité (4/4). Plan large sur l’école de la CinéFabrique », France Culture, .
  10. Cécilia Sanchez, « La CinéFabrique, la nouvelle école de cinéma qui bouscule les codes », L'Étudiant, .
  11. « Cine Nomad School », Site officiel (consulté le 2 janvier 2020).
  12. « Ateliers », Site officiel (consulté le 14 mai 2018).
  13. « Admission », Site officiel (consulté le 13 mai 2018).
  14. « Mars 2020 – n°764 | Cahiers du Cinéma » (consulté le 15 mars 2020)
  15. Marie Pujolas, « Mathieu Amalric transmet sa passion du cinéma à des étudiants de la CinéFabrique de Lyon », Culturebox, .
  16. « Les intervenants », Site officiel (consulté le 13 mai 2018)
  17. « http://www.cinefondation.com/fr/selection/films/mano-a-mano », sur www.cinefondation.com (consulté le 23 mai 2020)
  18. « Néhémie Lemal, une réalisatrice qui a pris la caméra pour qu'on la voie », sur RTL.fr (consulté le 23 mai 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]