Cimetière national de San Francisco

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Cimetière national de San Francisco
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Le cimetière national de San Francisco est un cimetière national des États-Unis, situé dans le Presidio de San Francisco, en Californie. En raison de son nom et de son emplacement, il est souvent confondu avec le cimetière national du Golden Gate, à quelques kilomètres au sud de la ville.

Vers 1937, les habitants de San Francisco votent de ne plus construire de cimetière dans la ville proprement dite et, en conséquence, le site pour un nouveau cimetière national est sélectionné au sud des limites de la ville. Le cimetière est l'un des quatre officiellement existants à l'intérieur des limites de la ville de San Francisco (les autres étant le Columbarium de San Francisco, le cimetière historique à côté de la Mission Dolores, et le sarcophage de Thomas Starr King.).

Histoire[modifier | modifier le code]

Lorsque l'Espagne colonise ce qui va devenir la Californie, cette région est choisie comme site pour y établir un fort, ou presidio, pour la défense de la baie de San Francisco. Environ 40 familles s'y installent venant du nord du Mexique en 1776, et construisent la première implantation, un petit carré, à seulement quelques centaines de pieds à l'ouest de ce qui est maintenant la Funston Avenue. Le Mexique contrôle le Presidio après 1821, mais le fort pers de son importance pour le gouvernement mexicain. En 1835, la plupart des soldats et de leurs familles sont déplacées au nord à Sonoma, le laissant presque abandonné. Au cours de la guerre américano-mexicaine, les troupes des États-Unis occupent et réparent les dégâts du fort.

Au milieu du siècle, la découverte d'or en Californie aboutit à une soudaine croissance et importance de San Francisco, et incite le gouvernement des États-Unis à y établir une réserve militaire de réservation. Par décret, le président Millard Fillmore établit le Presidio pour un usage militaire en novembre 1850. Pendant les années 1850 et 1860, les soldats affectés au Presidio combattent les amérindens en Californie, en Oregon, en Washington, et au Nevada. Le déclenchement de la guerre de Sécession, en 1861, souligne à nouveau l'importance des richesses de la Californie et l'importance militaire de la rade de San Francisco pour l'Union. Cela conduit, en 1862, à la première grande construction et expansion du programme au Presidio depuis son acquisition par les États-Unis.

Les guerres indiennes des années 1870 et 1880 entraînent une expansion du Presidio, y compris une plantation d'arbres à grande échelle et un programme d'embellissement du poste. Dans la décennie suivante, le Presidio a perdu son apparence de poste-frontière et a atteint la stature d'une grande installation militaire et d'une base pour l'expansion américaine dans le Pacifique.

En 1890, avec la création des parcs nationaux de Sequoia, du Général Grant et de Yosemite dans les montagnes de la Sierra Nevada de la Californie, la protection de ces ressources pittoresques et naturelles est attribuée à la cavalerie des États-Unis en garnison au Presidio. Les soldats patrouillent dans ces parcs pendant les mois d'été jusqu'au début de la première guerre mondiale en 1914. La guerre hispano–américaine en 1898 et la guerre américano-philippine de 1899 à 1902, accroissent le rôle du Presidio. Des milliers de troupes campent des villes de tentes tout en attendant l'embarquement pour les Philippines. Les soldats malades et blessés qui reviennent sont traités dans le premier hôpital permanent de l'armée, plus tard renommé l'hôpital général de l'armée Letterman. En 1914, les troupes sous le commandement du général John Pershing quittent le Presidio pour la frontière mexicaine, à la poursuite de Pancho Villa et de ses hommes.

Lorsque les États-Unis entrent dans la seconde guerre mondiale, après l'attaque japonaise contre Pearl Harbor, les soldats du Presidio creusent des tranchées le long des plages à proximité. Le commandant de la quatrième armée, le général John L. DeWitt dirige l'internement de milliers de Japonais et Nippo-Américains sur la côte ouest, tandis que des soldats américains d'origine japonaise sont formés à lire et à parler le japonais dans la première école de langue du service de renseignement militaire organisée à Crissy Field. Durant les années 1950, le Presidio sert comme quartier général du programme de défense antimissile Nike et de quartier général de la sixième armée des États-Unis. Le Presidio de San Francisco, qui comprend plus de 350 bâtiments ayant une valeur historique, est inscrit comme monument historique national en 1962. En 1989, le Presidio ferme en tant qu'entité militaire et est transféré au service des parcs nationaux en octobre 1994.

Le , le ministère de la Guerre, désigne 9 acres (3,6 ha), y compris le site du cimetière de l'ancien poste, comme cimetière national de San Francisco. Il est le premier cimetière national établi sur la côte ouest et marque la croissance et le développement d'un système de cimetières nationaux s'étendant au-delà des champs de bataille de la guerre de Sécession. Les inhumations initiales comprennent les restes des morts du cimetière de l'ancien poste ainsi que les personnes retirées de cimetières à l'abandon des forts et des camps situés ailleurs le long de la côte du Pacifique et de la frontière de l'ouest. En 1934, tous restes inconnus dans le cimetière sont déterrés et ré-inhumés  dans une parcelle. De nombreux soldats et marins morts outre-mer en service dans les Philippines, en Chine et d'autres régions du théâtre Pacifique sont enterrés dans le cimetière national de San Francisco.

Il y a également trois sépultures de guerre du service du commonwealth britannique, un soldat canadien de la première guerre mondiale, un marin de la  Royal Navy et un de la marine marchande de la seconde guerre mondiale[1].

Le cimetière est clos par un mur de pierre et les pentes d'une colline qui encadre aujourd'hui une vue sur le pont du Golden Gate. Ses portes d'entrées ornementales en fonte d'origine sont présentes mais ne sont plus utilisées depuis le déplacement de l'entrée. De grands eucalyptus enserrent le cimetière. La loge et la tribune datent des années 1920 et reflètent le style renouveau espagnol présents dans plusieurs cimetières occidentaux.

Monuments et mémoriaux[modifier | modifier le code]

Sépultures notables[modifier | modifier le code]

Récipiendaire de la médaille d'honneur[modifier | modifier le code]

(Les dates sont celles des actions pour lesquelles ils ont reçu la médaille d'honneur.)

Autres sépultures[modifier | modifier le code]

Il y a deux inhumations inhabituelles dans le cimetière national de San Francisco, celle du « commandant » Pauline Cushman et celle de mademoiselle Sarah A. Bowman.

La pierre tombale de Cushman porte l'inscription « Pauline C. Fryer, espionne de l'Union », mais son vrai nom était Harriet Wood. Née dans les années 1830, elle devient une artiste du spectacle de Thomas Placide Varieties et prend le nom de Pauline Cushman. Elle épouse le musicien de théâtre Charles Dickinson en 1853, mais après la mort de son mari d'une maladie liée à son service dans les forces de l'Union, elle revient sur scène. Au cours du printemps de 1863, lors d'une représentation à Louisville, dans le Kentucky, elle est invitée par le prévôt marshal à recueillir des informations sur les activités des confédérés. À partir de là, elle est envoyée à Nashville, où elle parvient à transmettre des informations sur des forces des troupes de la force et leurs mouvements. À Nashville, elle est également capturée et presque pendue comme espionne. Elle revient sur scène en 1864, pour faire des conférences et vendre son autobiographie. L'artiste P. T. Barnum la promeut comme l'« espionne de la Cumberland » et grâce à la publicité de Barnum, elle acquiert rapidement une gloire éphémère. Après avoir passé les années 1870 à travailler dans les camps de bûcherons de séquoias, elle se remarie et part dans le territoire de l'Arizona. En 1893, elle divorce, démunie et désespérée ; elle demande la pension de retraite militaire de son premier mari et retourne à San Francisco, où elle meurt d'une surdose de stupéfiants qu'elle aurait pris pour apaiser ses rhumatismes. Les membres de la grande armée de la république et le corps de secours des femmes font de magnifiques funérailles à l'ancienne espionne. Les restes du « commandant » Cushman se trouvent dans le cercle des officiers.

Par ailleurs, Sarah Bowman est enterrée dans le cimetière national de San Francisco, aussi connue comme le « Grand Ouest », une impressionnante femme de plus de 6 pieds (1,8288 m) de hauteur avec des cheveux rouges et un penchant pour porter des pistolets. Mariée à un soldat, elle voyage avec les troupes de Zachary Taylor lors de la guerre américano-mexicaine pour aider à soigner les blessés, ce pour quoi elle obtient une pension du gouvernement. Après la mort de son mari, elle a plusieurs compagnons et tient la fameuse taverne et bordel à El Paso, au Texas. Bowman quitte El Paso, quand elle épouse son dernier mari. Les deux terminent à Fort Yuma, où elle tient une maison de pension jusqu'à sa mort d'une morsure d'araignée en 1866. Elle a des funérailles militaires, et est enterrée dans le cimetière du fort Yuma. Plusieurs années plus tard, son corps est exhumé et inhumé dans le cimetière national de San Francisco.

Le cimetière national de San Francisco est aussi le lieu de sépulture du brigadier-général George G. Gatley, qui a commandé des brigades et des divisions lors de la première Guerre Mondiale, et est également bien connu comme le père de l'actrice Ann Harding[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1] CWGC Cemetery Report. Breakdown obtained from casualty record.
  2. « Gen. Gatley, 55th Brigade Chief, is Dead », Nashville Tennesseean, Nashville, TN,‎ , p. 1, 3 (lire en ligne)

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Judi Culbertson et Tom Randall, Permanent Californians: an illustrated guide to the cemeteries of California, Chelsea, VT, Chelsea Green, , 221–231 p. (ISBN 978-0930031213, OCLC 19322965), « 14: Military Cemeteries »

Liens externes[modifier | modifier le code]

 Cet article intègre des informations du domaine public américain extraites de sites web ou de documents de United States Department of Veterans Affairs.