Cimetière juif de L'Isle-sur-la-Sorgue

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Cimetière juif de L'Isle-sur-la-Sorgue
Isle sur la Sorgue - cimetière israélite 5.jpg
Stèles du cimetière
Pays
Commune
Adresse
Chemin du Cimetière-IsraéliteVoir et modifier les données sur Wikidata
Religion(s)
Superficie
94,6 hectares
Tombes
20
Mise en service
Abandon
Statut patrimonial
Coordonnées
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Personnalités enterrées
Adolphe Michel Abram (ancien maire de L'Isle sur la Sorgue)

Le cimetière juif de L'Isle-sur-la-Sorgue est l'un des sites juifs importants du département de Vaucluse. Depuis l'arrêté du il est inscrit comme Monument historique[1].

Juifs comtadins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Juifs du Pape.

La communauté juive est présente dans le Comtat Venaissin depuis le Moyen Âge. Plusieurs villes comtadines, comme Bollène, Le Thor, Carpentras, Malaucène, accueillaient celle-ci, jusqu'en 1322, date à laquelle le pape Jean XXII expulsa les juifs du Comtat. Il revient sur sa décision en 1326.

Le XVIe siècle vit une réorganisation forcée de la communauté, contrainte de se regrouper dans quatre villes, les arba kehilot (se référant au nom des quatre communautés de la Terre sainte que sont Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade[2]) : Carpentras, Avignon, Cavaillon, et L'Isle-sur-la-Sorgue, dans des quartiers spécifiques, les Carrières autour de la synagogue[3].

À partir du XVe siècle, les communautés juives furent administrées par des baylons (terme local dérivé de baillis) qui étaient responsables de leur communauté devant les autorités et eurent des attributions de police. L'impôt était perçu en fonction du patrimoine. Les activités des Juifs souffraient de diverses restrictions dans le commerce des tissus[4],[5].

Ces juifs qui vivaient essentiellement du commerce des étoffes, du maquignonnage et du prêt d’argent, s'enrichirent durant le XVIIe siècle. En 1789, les carrières avaient perdu le quart de leur population et en 1808, il ne restait que 561 personnes dans les communes de Carpentras, Avignon, L’Isle et Cavaillon, plus 70 personnes dans le reste du département du Vaucluse.

Juifs de L'Isle-sur-la-Sorgue[modifier | modifier le code]

Installée près de l'actuelle place de la Juiverie, la communauté disposait de plusieurs bâtiments autour de la synagogue. Celle-ci fut détruite en 1856[6]. La carrière (du provençal « carriero ») était établie autour d'une impasse, dans une zone de 2 500 m2[7].

Évolution démographique
1682 1703 1747 1789 1808
28 familles
environ 100 personnes[N 1]
27 familles[N 1]29 familles[N 1]63 familles
environ 300 personnes[N 2]
22 personnes[N 3]
(Sources : GenAmi[8].)

Cimetière[modifier | modifier le code]

Entrée du cimetière

Il était initialement proche de la carrière mais son déplacement fut imposé par l'agrandissement de la ville. Un nouvel emplacement fut trouvé, au sud de la commune, ensuite augmenté en 1736, par l'achat d'un terrain limitrophe[6] à Jean-Jacques Guérin, pour 650 livres.

Plan du cimetière de nos jours

Ce terrain était la seule possession de la communauté juive de la ville, indiquée sur l'inventaire fait en 1906, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Si la propriété devint communale, l'usufruit en fut conservé jusqu'en 1939, année de la dernière inhumation[9],[10].

Un portail donne accès à un terrain de 9 460 m2, clos d'un grillage[11]. Actuellement, il subsiste une quarantaine de tombes dans le cimetière, majoritairement des personnes enterrées lors du dernier siècle d'utilisation, dans les enclos des quatre familles qui subsistaient : les Abram, les Carcassonne, les Crémieux, les Créange. Parmi les personnalités inhumées dans ce cimetière, l'on peut notamment compter l'un des anciens maires de L'Isle-sur-la-Sorgue, Adolphe Michel Abram (1834-1905), en fonction de 1871 à 1874[12].

Par arrêté du , il y eut inscription au titre des monuments historiques de l'ancien cimetière juif, en totalité avec son portail, ses tombes, monuments et autres éléments, son sol et son sous-sol (cadastre BP 97).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carol Iancu, Danièle Iancu et Centre de recherches et d'études juives et hébraïques, Route du patrimoine juif du Midi de la France, Comité départemental du tourisme de Vaucluse, , 191 p. (ISBN 978-2860840156)
  • René Moulinas et Claude Mossé, Les Juifs du pape en France : Les communautés d'Avignon et du Comtat Venaissin aux XVIIe et XVIIIe siècles, Privat, coll. « Franco-judaïca », , 584 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Fonds Moureau aux archives de Vaucluse
  2. Recensement Baylons
  3. État préfectoral

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA84000051, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Arba Keillot
  3. les quatre communes vauclusiennes : arba kehilot
  4. (en) Bernhard Blumenkranz, « Avignon », sur Jewish Virtual Library
  5. Bernhard Blumenkranz, Histoire des Juifs en France, Toulouse, Privat, , p. 199
  6. a et b site de la DRAC
  7. « Carrière de L'Isle sur la Sorgue », sur geni.com (consulté le 22 mars 2013)
  8. « Généalogie comtadine », sur GenAmi (consulté le 15 mars 2013)
  9. L'écho des carrières no 31, page 33
  10. Jean Marx, « L'Isle-sur-la-Sorgue - Cimetière », sur DRAC PACA, Ministère de la Culture, (consulté le 23 mars 2013)
  11. L'écho des carrières no 3, page 18
  12. L'écho des carrières no 21, page 30