Cimetière de Charleroi-Nord

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Cimetière de Charleroi-Nord
Cimetière de Charleroi Nord - entrée.jpg

Entrée principale, rue du Presbytère, 52

Pays
Région
Commune
Mise en service
Find a Grave
Coordonnées

Le cimetière de Charleroi-Nord est un lieu d'inhumation implanté depuis 1897 dans le quartier du Faubourg de la ville belge de Charleroi.

Situation[modifier | modifier le code]

Le cimetière est implanté dans le quartier du Faubourg. L'entrée principale, au nord-est du cimetière, est située rue du Presbytère. Une entrée secondaire, située au sud, est accessible depuis la rue Tourette.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Charleroi de 1892 avec l'ancien cimetière au nord-est.

Au XIXe siècle, après la construction de la forteresse hollandaise en 1816, le cimetière était implanté en dehors de cette forteresse. Il se situait le long des actuels boulevards Franz Dewandre[1] et Zoé Drion, approximativement à l'emplacement de l'immeuble Charleurope et du Stade du Pays de Charleroi[2].

À la suite de l'augmentation importante de population dans la deuxième moitié du siècle, principalement après la démolition des fortifications, l'administration, sous la présidence du bourgmestre Jules Audent, décide de créer une nouvelle nécropole. Celle-ci est établie au lieudit Champ de Bethléem dans le quartier du Faubourg au Nord de la ville[a],[3]. L'architecte communal, Victor Pivont, est chargé du projet qui est mis en œuvre par la société Blaton en 1896-1897[3],[4].

L'ancien cimetière est désaffecté en 1910 et devient un Parc du Repos intégré à l'exposition de Charleroi de 1911[5]. Il disparaît complètement en 1925[2]. Les deux colonnes corinthiennes qui ornaient l'entrée furent placées à l'entrée principale du parc Reine Astrid[6]. Elles ont disparu à une date inconnue, probablement lors de la construction du métro.

En 2016, pour des raisons de sécurité, les marronniers centenaires, malades, ont été abattues avec intention de planter d'autres arbres[7]. La même année, l'ensemble des voiries du cimetières ont été remis à neuf[8].

Également en 2016, à l'occasion de son 350e anniversaire et afin de préserver l'histoire locale, la Ville décide d'établir une liste des sépultures remarquables. Celles des personnalités connues de la région, des personnalités historiques ou même des sépultures ayant un intérêt architectural. Ceci pour l'ensemble des quelques 25 cimetières de l'entité, mais spécialement le cimetière de Charleroi-Nord qui est en quelque sorte le « Père Lachaise » local où repose un grand nombre de personnalités carolorégiennes[9].

Monuments[modifier | modifier le code]

En face de l'entrée se situe la crypte et le monument aux martyrs de la Première Guerre mondiale. Élevée par l'administration communale, elle est destinée aux anciens combattants, grands mutilés et invalides de la ville. Le monument est l'œuvre de l'architecte Julien Pirotte[4].

Au centre du cimetière, à la croisée des allées principales, s'élève la statue de la « Reconnaissance Française ». Œuvre en marbre du sculpteur Jules Lagae, elle fut offerte à la ville par la colonie française de l'arrondissement pour remercier Charleroi des soins apportés aux soldats français blessés, refugiés lors de la guerre franco-allemande de 1870. Elle représente la Belgique, symbolisée par une femme portant une couronne et un manteau d'hermine, soutenant un soldat français blessé. Le monument était initialement prévu pour être installé dans le parc communal. Par crainte de vandalismes et pour ne pas heurter la sensibilité des Allemands, il trouve finalement sa place en ce lieu[4] où il fut inauguré le [b],[c].

Au fond, dans le coin sud-ouest du cimetière, se trouvent des tombes de soldats français et un mémorial, œuvre de Victor Demanet, inauguré le , le jour du 22e anniversaire de la bataille de Charleroi[10].

À gauche en entrant se trouve un monument élevé à la mémoire d'aviateurs polonais de la Royal Air Force descendus pendant la Seconde Guerre mondiale[10].

En 2016, les croix en béton de la parcelle commémorative dédiée aux victimes civiles de la guerre 1914-1918 ont été remplacées par des stèles en acier Corten[11],[8].

Cimetières militaires[modifier | modifier le code]

Charleroi Communal Cemetery[modifier | modifier le code]

Charleroi Communal Cemetery

Le carré du Commonwealth contient 285 tombes de soldats morts lors de la Première Guerre mondiale, soit dans les premiers combats en août 1914, soit comme prisonniers de guerre. 169 Britanniques, 18 Canadiens, 79 Australiens, 1 Néo-zélandais, 1 Sud-africain, 2 Indiens et 15 Allemands y sont enterrés.

Ce carré contient aussi les tombes d'un soldat et de 22 aviateurs britanniques, 2 Canadiens, 8 Australiens, 2 Néo-zélandais et 8 Polonais morts pendant la Seconde Guerre mondiale[12].

Tombes remarquables[modifier | modifier le code]

  • Jules Audent, bourgmestre de Charleroi
  • Xavier Bufquin des Essarts, journaliste
  • Émile Buisset, bourgmestre de Charleroi
  • Paul et Léon Coton, respectivement médecin et architecte, assassinés par des Rexistes lors de la Tuerie de Courcelles
  • Édouard de Dorlodot, maître de verreries
  • Élie Delferrière, échevin de Charleroi
  • Zoé Drion, philanthrope
  • Édouard Falony, député et échevin de Charleroi
  • Vital Françoisse, ingénieur et directeur des ACEC
  • Pierre Harmignie, curé-doyen de Charleroi, assassiné par des Rexistes lors de la Tuerie de Courcelles
  • Léon Henvaux, conseiller provincial du Hainaut et échevin de Charleroi
  • Jules Hiernaux, ministre et directeur de l'Université du Travail, assassiné à son domicile par des Rexistes
  • Louis Lambert, industriel verrier
  • Pierre Mayence, philanthrope et président de l'ancien Bureau de Bienfaisance
  • Gustave Nalinne, bourgmestre et député de Charleroi
  • Arthur Pater, député et directeur de La Gazette de Charleroi
  • Gérard-Octave Pinkers, bourgmestre de Charleroi
  • Joseph Tirou, bourgmestre de Charleroi
  • André Van Cauwenberghe, ministre, sénateur et échevin de Charleroi

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La ville d'avant la fusion de 1977.
  2. Dédicace du monument : « Monument élevé à la mémoire des soldats français morts à Charleroi en 1870, au nom de la colonie française, par Monsieur Valère Mabille, président de la chambre de commerce française, président de la société française de bienfaisance. »
  3. Plaque d'inauguration : « Ce monument a été inauguré le 22 juin 1902 en présence de son Excellence Monsieur Auguste Gérard, ministre plénipotentiaire de la République française ; du Général Delée représentant le Gouvernement belge ; de Monsieur Jules Audent sénateur bourgmestre de Charleroi et des autorités locales. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Everard 1959, p. 29.
  2. a et b Everard 1959, p. 219.
  3. a et b Everard 1959, p. 40.
  4. a, b et c Everard 1959, p. 178.
  5. Everard 1959, p. 98.
  6. Everard 1959, p. 33.
  7. « Quelque 100 marronniers centenaires abattus au cimetière de Charleroi-Nord », La Nouvelle Gazette,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Jean van Kasteel, « Des travaux entre les tombes pour 351 000 euros à Charleroi », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  9. C.D., « Charleroi: les tombes des célébrités préservées », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  10. a et b Everard 1959, p. 179.
  11. Sarah Devaux, « Le cimetière de Charleroi Nord s'apprête à faire peau neuve », sur rtbf.be, (consulté le 16 décembre 2016).
  12. Plaque apposée sur le mur à côté des carrés concernés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Everard, Monographie des rues de Charleroi, Charleroi, Collins, , 223 p.