Histoire du rugby à XV

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l'histoire du rugby à XV commence au XIXe siècle, étant codifié pour la première fois le à Rugby. Un premier schisme en 1863 sépare football et rugby. En 1895, après des désaccords sur la compensation des heures de travail perdue, une d'une sécession se produit pour créer le rugby à XIII, ou rugby league.

Le rugby se développe principalement dans des territoires de l'empire britannique, en France sous l'influence de travailleurs anglais, en Argentine.

Opposant les quatre nations britanniques et la France au sein du Tournoi des Cinq Nations, les rencontres internationales se déroulent principalement sous la forme de tournée. Ce n'est qu'en 1987 que la première édition de la Coupe du monde a lieu.

En 1995, après la troisième édition de la coupe du monde, disputée en Afrique du Sud, le sport passe professionnel.

Article principal : rugby à XV.

Les origines[modifier | modifier le code]

Rugby, ville anglaise du Warwickshire.
« This stone
commemorates the exploit of
WILLIAM WEBB ELLIS
who with a fine disregard
for the rules of football
as played in his time
first took the ball in his arms
and ran with it
thus originating the distinctive feature of
the rugby game.
A.D. 1823
 »

Certaines études affirment que l'ancêtre du rugby est la soule ou sioule, sport très pratiqué en France dès le Moyen Âge. La soule a en effet des caractéristiques communes avec le rugby, comme le knappan au pays de Galles, le hurling en Cornouailles et en Irlande, le calcio en Italie, qui ont vu le jour à la même époque. Mais ces jeux se sont vite éteints à la fin du XVIIIe siècle, au contraire du folk football qui a trouvé refuge dans les collèges anglais[1]).

La variante originale a été inventée sur le terrain du principal collège, la Rugby School, de la ville de Rugby dans le centre de l'Angleterre. La légende voudrait qu'à la mi-temps d'une partie de football, William Webb Ellis, élève du collège et futur pasteur, porta dans les bras le ballon derrière la ligne de but adverse alors que la tradition était de le pousser du pied. En réalité, les origines du rugby sont bien plus complexes. Les collèges britanniques de l'époque pratiquaient chacun un jeu de ballon dérivé de la soule. Chaque collège avait ses propres règles et le jeu au pied et à la main étaient fréquents. Voir notamment les variantes, encore pratiquée, dans les collèges de Harrow (Harrow football (en)), Eton (Field game (en) et Wall game (en)) ou Winchester (Winchester College football (en)), ainsi que celle exportée aux antipodes de l'empire britannique, le football australien, ou footy.

Le geste de William Webb Ellis, de garder à la main le ballon, dans une phase de jeu qui ne le permettait pas, a fait progressivement évoluer la règle du collège de Rugby. Mais avec l'apparition du chemin de fer, les collèges ne vont plus être isolés et les rencontres sportives vont devenir possibles. Il faut bien dès lors se mettre d'accord sur les règles à adopter. On voit ainsi dans les premières rencontres les matches se dérouler selon la règle du collège qui reçoit.

La genèse du rugby, en dehors de cette légende, s'inscrit dans le contexte du développement de la pratique de sports « collectifs » dans l'éducation des public schools, notamment la Rugby School avec à sa tête le headmaster (directeur) Thomas Arnold, qui vise dans les années 1830 à rééduquer les enfants des classes aisées (haute bourgeoisie et aristocratie). Cet éducateur britannique s'appuie alors sur les sports athlétiques, notamment le football rugby, pratique populaire lors des fêtes des campagnes et dont les valeurs viriles et guerrières doivent permettre à ces jeunes de pouvoir se maîtriser dans un affrontement violent, de fortifier leur corps pour mieux pouvoir le soumettre à la morale victorienne. Cette pédagogie doit également leur apprendre à diriger les institutions et entreprises. Cette pratique sportive d'Arnold se diffuse progressivement dans d'autres écoles grâce aux élèves et aux enseignants passés par Rugby[2].

La différence entre la Football Association et le Rugby-Football[modifier | modifier le code]

Mais très vite, se fait sentir le besoin d'avoir des règles plus uniformes. S'ensuivirent des querelles entre les partisans d'un jeu favorisant le droit de donner des coups (hacking) et les partisans du jeu au pied (dribbling) qui voulaient limiter ce jeu jugé trop violent (il faut se rendre compte que le jeu de l'époque diffère de celui pratiqué aujourd'hui). De cette querelle naîtra le Football Association (soccer ou football abusivement utilisé) et le Rugby-Football du nom de leur organisation respective[3].

Cette pratique, qui faisait désormais la particularité du football joué dans la Rugby School, autrement dit les Rugby School rules ou le rugby football, sera codifiée pour la première fois le à Rugby, par une assemblée solennelle des meilleurs joueurs du collège[4], puis en 1851 à la Edinburgh Academy et le , à Cambridge, par les étudiants de cette université, tous d'anciens élèves de Rugby. Le « Rugby-Football » était né[5]. L'écriture des règles permet la diffusion du jeu et le Dublin University Football Club, fondé en 1854, est le premier club au monde à pratiquer les Rugby School rules. Dès 1857, les règles sont exportées en Australie et le premier club, le Sydney University Football Club, y est fondé en 1863.

Blackheath RC est à l'origine du schisme entre football et rugby. Le , le club participe à la fondation de la fédération anglaise de football, la Football Association (FA) à Londres. L'un des objectifs est d'unifier les règles et d'adopter celles qui sont les plus « acceptables » à l'intérieur d'un cadre commun, les fameuses « lois du jeu ». Le trésorier est un membre de Blackheath, Francis Maude Campbell. Mais rapidement, Campbell se trouve en opposition avec la direction prise par les débats car la majorité entend adopter les « Règles de Cambridge » qui bannissent l'utilisation des mains et limitent des contacts. Or, si Blackheath est prêt à des concessions, il n'est pas question d’éliminer le « hacking », c’est-à-dire les contacts directs, que lui et son club considèrent comme essentiel. Blackheath a rédigé son propre code et l’article 10 stipule ainsi : « S’il est autorisé de tenir tout joueur pris dans un regroupement scrimmage [mêlée], il est en revanche interdit d’essayer d’étrangler ou d’asphyxier, car cela va à l’encontre des principes du jeu » (sic). Bref, interdire le « hacking » revenait à dévoyer la pratique en lui ôtant « le courage et le cran ». Campbell déclare lors d’une réunion de la FA : « Je me fais fort de vous amener un grand nombre de Français [sic] qui vous battront après une seule semaine d’entraînement ». De ce fait, lors de la sixième réunion de la FA, Campbell annonce que son club se retire pour pouvoir continuer à pratiquer « son » football. C’est ainsi que Blackheath joue un rôle majeur dans l’établissement des sports d’équipe modernes, en s’attachant à ce qui devient le « rugby football », c’est-à-dire le football joué selon les règles de l’école privée de la ville de Rugby.

Inscription en mémoire de la création de la Rugby Football Union au restaurant Pall Mall dans le centre de Londres :
On this site stood the Pall Mall Restaurant where the RUGBY FOOTBALL UNION was founded on the 26th January 1871.

D’autre clubs suivent Blackheath, notamment le Richmond Football Club. Les affrontements semestriels avec Richmond, le plus ancien affrontement régulier entre deux clubs de l’histoire du rugby, sont instaurés le [6]. Le , des représentants de Blackheath se retrouvent, à l’instigation des dirigeants de Richmond, au restaurant Pall Mall dans le centre de Londres pour créer avec les délégués de 19 autres clubs la Rugby Football Union (RFU) pour mettre au point un « code de pratique », c’est-à-dire des règles unifiées pour le rugby.

Fondation du jeu moderne[modifier | modifier le code]

Cette année 1871 voit aussi l'Écosse et l'Angleterre s'affronter le dimanche [7]. C'est la première rencontre internationale jamais disputée. Le match a lieu à Raeburn Place, situé à Édimbourg (Écosse). L’Écosse l’emporte 4-1 devant 4 000 personnes[7],[8].

Le match est joué au Raeburn Place, un stade de cricket car la fédération écossaise de rugby n'avait pas encore de stade adapté pour un match international[9]. Il est disputé par deux équipes de vingt joueurs, en deux mi-temps de 50 minutes. Les Écossais gagnent le match par un essai et un but marqués contre un essai pour les Anglais.

Progressivement, la RFU va adopter différentes règles pour améliorer le jeu, comme la suppression de certains coups dangereux, l'autorisation de la passe à la main en 1875, la diminution du nombre de joueurs de vingt à quinze en 1877.

Peu à peu, le rugby, jusque-là réservé aux élites, gagne toutes les couches sociales. Dans les années 1880 se pose la question du professionnalisme, adopté en 1885 par le football, qui créera une scission au sein du rugby. Dès 1891, soit un an après la création de l'International Board, instance chargée de la gestion du jeu et de ses règles, les clubs du Nord réclament une aide pour rembourser aux ouvriers le temps de travail perdu à cause des matches disputés le samedi, jour ouvré, mais la RFU refuse. Après plusieurs tentatives, la Northern Rugby Football Union, d'abord copie professionnelle de la RFU, est créée le .

Carte du Royaume-Uni et de l'Irlande.

La revanche entre l'Écosse et d'Angleterre a lieu à l’Oval de Londres. L’Angleterre remporte le match par 8 à 3 (les Anglais inscrivent trois essais, une transformation et une pénalité, et les Écossais marquent un drop goal)[10]. Le match suivant entre les deux nations se déroule au Hamilton Crescent de Glasgow, il se termine sur un partage des points[11]. Les deux nations se rencontrent à nouveau deux ans plus tard, le lundi , la rencontre se solde par un succès anglais 3 à 1.

L'Irlande débute sur le plan international en rencontrant l'Angleterre en 1875 (défaite 7 à 0 des Irlandais)[12]. Le pays de Galles débute un peu plus tard sur le plan international avec des matches contre l'Angleterre en 1881, l'Irlande en 1882 et l'Écosse en 1883.

Ce n'est qu'en 1884 que ces quatre équipes se rencontrent toutes pendant la même saison, en effet il manque un match à l'édition de 1883 pour que le Tournoi soit disputé complètement[13]. Les éditions de 1885, 1887 et 1889 ne sont pas complétes, à la suite de disputes entre fédérations[14]. En particulier, les Anglais sont exclus des éditions de 1888 et 1889 du Tournoi en raison de leur refus de rejoindre l'International Rugby Board[15],[16] à égalité avec les membres fondateurs.

Le développement[modifier | modifier le code]

L'équipe de Nouvelle-Galle du sud, en 1883.

Pendant cette période, les équipes britanniques s'ouvrent à de nouveaux horizons : premières rencontres internationales contre l'Afrique du Sud, l'Australie, la France, la Nouvelle-Zélande.

L'équipe néo-zélandaise de 1884.

Introduction du rugby en Nouvelle-Zélande et premières compétitions internationales[modifier | modifier le code]

Le rugby est introduit en Nouvelle-Zélande par Charles John Monro à la fin des années 1860. Monro avait découvert le rugby pendant ses études au Christ’s College de Finchley, en Angleterre. Il organise le premier match de rugby en Nouvelle-Zélande entre deux équipes de Nelson : Nelson Football Club et Nelson College le [17],[18]. Il se déroule le , il oppose les équipes de Nelson et de Wellington dans la ville de Petone[19]. La première fédération néo-zélandaise, la Canterbury Rugby Football Union, est créée en 1879[20].

Les équipes de clubs néo-zélandais disputent leurs premiers matches internationaux en 1882 à l’occasion de la tournée en Nouvelle-Zélande de l’équipe australienne de la Southern Rugby Union (l’actuelle New South Wales Rugby Union). L’équipe visiteuse joue contre des clubs d’Auckland à deux reprises, puis deux fois contre Wellington et une fois contre Canterbury, Otago & West Coast et North Island.

James Allan, joueur All Black no 1 en 1884.

Les Australiens remportent quatre matches et perdent trois fois. En 1884, une équipe de Nouvelle-Zélande fait pour la première fois une tournée à l’étranger, en Nouvelle-Galles du Sud, elle joue huit matches tous remportés[21].

La première tournée d’une équipe britannique en Nouvelle-Zélande a lieu en 1888, les Lions britanniques jouent en Australie et en Nouvelle-Zélande[17][22]. Cette tournée des Lions est organisée par deux joueurs de cricket, Arthur Shrewsbury et Alfred Shaw, qui recrutent principalement des joueurs du Nord de l’Angleterre et de l’Écosse. Cette tournée n’a pas le soutien de la fédération anglaise car l’organisation de la tournée est faite par des entrepreneurs privés, en contradiction avec la règle d’amateurisme imposée par la fédération anglaise[21].

Une équipe représentant la Nouvelle-Zélande fait une tournée en Grande-Bretagne en 1905, elle est appelée les « Originals ». Le terme « All Blacks » est utilisé pour la première fois lors de cette tournée, à la suite de ce qui aurait été une erreur d'imprimerie : un journaliste du Daily Mail se serait exclamé « They are all backs! » (« ils sont tous des arrières ! ») pour souligner la qualité du jeu à la main des avants, et le résultat aurait donné « They are all black! » (« ils sont tous noirs ! ») dans les pages du journal[23]. Toutefois, il semblerait qu’aucun journal anglais de la période 1905-1906 ne contienne une telle erreur typographique, et cette théorie est aujourd’hui généralement rejetée[23]. La tournée est un succès pour les Originals qui ne perdent qu’une fois contre le pays de Galles à Cardiff, par 3 à 0[24]. La victoire des Gallois est contestée en Nouvelle-Zélande, un essai néo-zélandais qui a été refusé aurait conduit à un match nul, 3 partout.

Entrée de la France[modifier | modifier le code]

Match de foot-ball-rugby entre collégiens français et anglais, disputé au bois de Boulogne en mars 1890.

C'est également lors de cette tournée que l'équipe de Nouvelle-Zélande affronte la France pour ce qui sera le premier match officiel de l'équipe de France de rugby à XV, le 1er janvier 1906. Ce match, arbitré par Louis Dedet, est disputé au Parc des Princes devant 3 000 spectateurs et se termine par une victoire des Néo-Zélandais par 38 à 8[25],[26],[27]. Le capitaine Henri Amand a l'honneur d'être le premier capé d'une équipe de France[28] au sein de laquelle on notait ce jour-là la présence d'un Anglais (William Crichton) et d'un Américain (Allan Muhr).

Le 22 mars, l'équipe de France, qui inaugure sa première tenue tricolore (maillot bleu, culotte blanche et bas rouges), rencontre l'Angleterre au Parc des Princes et perd 8 à 35. Ce résultat honorable conduit les Anglais à jouer un match annuel contre le XV de France, ils sont imités un peu plus tard par les Gallois et les Irlandais[29].

L'équipe de France est admise pour la première fois à disputer le Tournoi en 1910. Les Français n'étaient que quatorze la veille du match lors du rassemblement des joueurs à la gare Saint-Lazare, alors le dirigeant Charles Brennus a l'idée de récupérer d'urgence un joueur parisien, Joe Anduran, pour compléter l'équipe et permettre ainsi à l'équipe de France de jouer son premier match du Tournoi au complet[30]. Le XV de France fait son apprentissage du rugby international et termine régulièrement dernier du Tournoi jusqu'en 1914, sauf en 1911 car il finit quatrième devant l'équipe d'Écosse.

De 1906 à 1914, l'équipe de France dispute 28 rencontres internationales et remporte une seule victoire, contre l'Écosse le sur le score de 16 à 15, pour ce qui est sa première victoire internationale[31],[32]. Dans cette équipe conduite par Marcel Communeau, l'ailier Pierre Failliot, surnommé « l'autobus », se met en évidence en marquant deux essais et en évitant un essai écossais à quelques secondes de la fin du match[33].

Le premier test-match des All Blacks contre les Lions britanniques a lieu en 1908, les Lions étaient alors appelés les « Anglo-Welsh » car l'équipe était composée uniquement de joueurs anglais ou gallois. Les All Blacks remportent les deux test-matches.

Les États-Unis battent la France pour la médaille d'or des Jeux de 1924.

Amateur de rugby, amateurisme oblige, le baron Pierre de Coubertin l'inscrit au programme des Jeux olympiques à quatre reprises (1900, 1908, 1920 et 1924), mais l'IRB se retire après les Jeux de 1924 à la suite d'une finale jouée dans un esprit « fort peu olympique ».

La rivalité entre les All Blacks et l'équipe d’Afrique du Sud (Springboks) commence en 1921 à l’occasion d’une tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande. Cette première confrontation se conclut sur une égalité entre les deux équipes (une victoire, une défaite et un match nul)[34]. La rivalité entre All Blacks et Springboks se poursuit aujourd’hui avec les deux rencontres annuelles du Rugby Championship.

Introduction du rugby en Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Le rugby est introduit en Afrique du Sud par les Britanniques. Les premiers joueurs de rugby sont des soldats de la Couronne britannique, présents pour imposer la pax britannica aux Zoulous et surtout aux Boers, installés depuis deux siècles[35]. Un instituteur anglais, Canon George Oglivie, enseigne au Diocesan College du Cap où il introduit le football tel qu'il est enseigné au Collège de Winchester, c'est-à-dire le rugby-football[36]. Un premier match oppose en 1862 des militaires à des civils du Cap, tous sont sujets de sa royale Majesté. Le match se conclut sur le score de 0 partout.

Le rugby se développe au détriment du football. Des clubs de quartier poussent dans les agglomérations, comme Johannesburg, Le Cap et Pretoria. Le premier club, le Hamilton Rugby and Football Club, naît au Cap en 1875, puis c'est la Western Province Rugby Union en 1883. Le Griqualand West suit en 1886, l'Eastern Province en 1888, et le Transvaal en 1889[37]. Le South African Rugby Board naît en 1889. Les jeunes Boers appréciant ce sport, et pour réunir un effectif suffisant, les clubs se composent de Britanniques et d'Afrikaners. Le rugby accueille deux communautés qui ne s'apprécient pas car la Seconde Guerre des Boers (1899-1902) a laissé des traces.

Le rugby y gagne en popularité, il est même pratiqué par les prisonniers de guerre qui peuvent ainsi se changer les idées. La légende veut que la guerre soit interrompue en 1902 pour un « match » Angleterre-Afrique du Sud. Mais, selon l'historien du rugby Paul Dobson, le cessez-le-feu ne s'est jamais réellement matérialisé, car un groupe de Boers, les descendants des premiers colons européens d'origine néerlandaise, « ont, dans la nuit, pris en embuscade des militaires anglais et en ont tué quelques-uns »[38].

Lions britanniques - Colonie du Cap, en 1891, première rencontre de la tournée.

La première tournée des Lions britanniques a lieu en 1891[39], son déplacement est financé par Cecil Rhodes le Premier ministre de la colonie du Cap et par Paul Kruger, le président de la république du Transvaal. Ce sont les premiers matches représentatifs disputés par les équipes sud-africaines qui apprennent encore le jeu. Les touristes jouent et gagnent un total de vingt parties, ne concédant qu'un seul essai durant toute la tournée. Trois matches disputés contre des équipes régionales sont considérés comme des tests, quoique l'« Afrique du Sud » n'existe pas encore comme unité politique en 1891, et se terminent sur des scores serrés: 4-0, 3-0 et 4-0[40]. Un des événements marquants de la tournée est le fait que l'équipe britannique offre la Currie Cup au Griqualand West pour avoir fourni la meilleure opposition. Les Britanniques n'ont battu ces derniers que par 3 à 0 au Newlands Stadium du Cap.

La tournée suivante des Lions britanniques a lieu en 1896. La série est perdue trois tests à un par la colonie, mais elle voit la première victoire des Sud-Africains contre les Lions britanniques par cinq à zéro à Newlands Stadium[41]. Les avants sud-africains sont déjà impressionnants.

Introduction du rugby en Argentine[modifier | modifier le code]

L'équipe d'Argentine en 1910 (dite 'River Plate Rugby Union').

Le rugby est introduit en Argentine par des immigrés britanniques. La première rencontre jouée en Argentine a lieu en 1873. En 1899 quatre clubs de Buenos Aires, la capitale, fusionnent pour former le River Plate Rugby Football Union, l'une des plus vieilles fédérations de rugby au monde. Celle-ci deviendra plus tard l'Unión Argentina de Rugby (UAR) qui deviendra membre de l'International Rugby Board (IRB) après avoir été invité à participer à la première Coupe du monde de rugby en 1987.

En 1910, une équipe gérée par l'université d'Oxford réalise une tournée, contre laquelle l'équipe d'Argentine de rugby à XV joue son premier match, qu'elle perd 3 à 28.

1932-1939 : exclusion de la France du Tournoi[modifier | modifier le code]

En 1931, la France est exclue pour professionnalisme (paiement des joueurs, recrutement inter-clubs) et en raison de son jeu violent lors de certains matches[42]. Le match France-Galles du Tournoi 1930 est d'une extrême brutalité, aussi bien sur la pelouse — avec de nombreux joueurs blessés — que parmi les spectateurs car ces derniers étaient pressés les uns contre les autres dans les tribunes ou sur le bord de touche alors qu'à l'entrée du stade, près de 20 000 spectateurs potentiels n'avaient pu assister au match[43].

Une majorité de clubs dénoncent aussi le professionnalisme pratiqué par les meilleures équipes et font sécession en décembre 1930 en fondant l'Union française de rugby amateur[44]. Ils refusent que leurs joueurs soient sélectionnés, ce qui abaisse sensiblement le niveau de jeu de l'équipe.

Pendant cette période, l'équipe de France rencontre uniquement des équipes d'un niveau inférieur à celui des équipes britanniques : les équipes d'Italie, d'Allemagne et de Roumanie[45].

La France dans le rugby d'après-guerre[modifier | modifier le code]

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La France est de nouveau admise dans le Tournoi en 1939 après que la Fédération française de rugby a trouvé un accord en 1932 avec les clubs entrés en dissidence. La Seconde Guerre mondiale interrompt le Tournoi pendant plusieurs années. Par la suite l'équipe de France ne participe à nouveau au Tournoi qu'à partir de 1947 mais en 1952 les Home Unions (l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande et le Pays de Galles) contestent, comme en 1930, la gestion du rugby français par la FFR (concept d'amateurisme, de championnat...); grâce aux dirigeants R. Crabos et A. Jauréguy elle évite l'exclusion du Tournoi des Cinq Nations.

  • 1954 : la France remporte une première victoire partagée dans le Tournoi[46],[47]
  • 1959 : la France est seule première fois[48],[49]
  • 1968 : la France décroche son premier Grand Chelem
  • 1978 : la France intègre l'IRB
  • 1981 : l'Afrique du Sud est exclue de toute rencontre internationale à cause de l'apartheid. Elle réintègre le rugby international en 1995 lors de la Coupe du monde qui a lieu sur son sol et qu'elle remporte.
  • 1987 : première Coupe du monde en Australie et en Nouvelle-Zélande.

L'ère professionnelle[modifier | modifier le code]

Le succès de la coupe du monde 1995 en Afrique du Sud finit de convaincre Rupert Murdoch, l'homme d'affaires australo-américain actionnaire majoritaire de l'un des plus grands groupes médiatiques du monde, d'investir dans le rugby à XV. Il signe avec la Fédération sud-africaine de rugby à XV South African Rugby Union, la Fédération australienne de rugby à XV, Australian Rugby Union et la Fédération néo-zélandaise de rugby à XV, New Zealand Rugby, un contrat de 550 millions de dollars, soit 320 millions de francs par an, pour les droits sur de nouvelles compétitions, le Tri-Sezries, tournoi triangulaire opposant les Springboks, Wallabies et les All Blacks[50]. Une compétition entre douze franchises de ces trois nations, le Top 12 qui devient Super 12 et est organisé par la SANZAR[51].

En août de la même année, à Paris, International Board retire de ses statuts la règle sur l'amateurisme[50],[52].

En Europe, la première édition de la Coupe d'Europe se dispute en Coupe d'Europe de rugby à XV 1995-1996, regroupant douze équipes disputent cette première édition : la France, l'Irlande et le pays de Galles, d'Italie et Roumanie. Dès l'édition suivante, des équipes d'Angleterre et l'Écosse se joignent à cette compétition.

Le Tournoi des Cinq Nations devient l'Tournoi des Six Nations avec l'intégration de l'Italie lors de édition 2000[53].

En 2014 : l'International Rugby Board change son nom en World Rugby.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Darbon, « Les origines : histoires vraies et contes de fées », GEO Magazine, no 343,‎ , p. 66 et 76.
  2. (en) Terence Copley, Black Tom : Arnold of Rugby. The Myth and the Man, Continuum, , 320 p..
  3. (en) « The origins of rugby », sur angelfire.com.
  4. Trente-sept lois codifiant les moyens techniques et les règles pour agir sur l'adversaire (hacking, dribbling, stramping).
  5. « Les premières règles du jeu de rugby », sur ballon-rugby.com.
  6. (en) Nigel Trueman, « Historical Rugby Milestones 1860s », sur www.rugbyfootballhistory.com (consulté le 10 février 2009).
  7. a et b (en) « Historical Rugby Milestones 1870s », sur rugbyfootballhistory.com.
  8. Garcia 2013, Déjà la rose et le chardon.
  9. (en) De Raeburn Place à Murrayfield, sur scottishrugby.org
  10. (en) « England v Scotland : on 05 Feb 1872 », sur rugbydata.com.
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  12. (en) « England v Ireland : on 15 Feb 1875 », sur rugbydata.com.]
  13. (fr) «Le Tournoi international», sur rfu.com
  14. (en) Six nations history, sur bbc.co.uk
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  17. a et b Garcia 2013, Implémentation aux antipodes..
  18. (en) Arthur C Swan, « 1868 – The Beginning », sur nelsonrugbyfootballclub.co.nz.
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  20. Gifford 2004, p. 27.
  21. a et b (en) « 1880s : Taking root and touring », sur rugbymuseum.co.nz.
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  25. Garcia 2013, Découverte d'un autre monde.
  26. (en) France - Nouvelle-Zélande de janvier 1906 sur irb.com
  27. Jean-Paul Rey, « 1er janvier 1906 : « Pouvons-nous compter sur vous ? » » [archive du ], sur rugby-nomades.qc.ca.
  28. Amand, Henri 1er de France, sur rugby-nomades.qc.ca
  29. H. Garcia (2005), p. 8
  30. Joe Anduran : international contre un… Corot, sur rugby-nomades.qc.ca
  31. 1906-1920: Des premiers pas avec de lourdes valises, sur lnr.fr
  32. 2 janvier 1911 : la naissance d’une Nation, sur rugby-nomades.qc.ca
  33. Escot et Rivière (1997), p. 48
  34. (en) « South Africa and New South Wales in New Zealand » [« All Blacks - Springboks en 1921 »] [archive du ], sur stats.allblacks.com.
  35. Le sport sud-africain entre déclin et renaissance, raisons d'un relatif recul - Jean-Baptiste Onana, maître de conférences à l'université de Paris XII, Outre-Terre 2004/3 (no 8), Cairn.info
  36. (en) Mighty Boks: South African rugby sur BBC Sport
  37. (en) Origins of the Game sur sarugby.co.za
  38. Les rivalités du rugby sud-africain et anglais - RTL Sport, 17 octobre 2007
  39. (en) Matches Afrique du Sud Lions britanniques, sur rugbydata.com
  40. (en) Afrique du Sud - Lions en 1891, sur lionsrugby.com
  41. (en) Afrique du Sud - Lions en 1896, sur lionsrugby.com
  42. «Histoire tournament», sur rugby-nomades.qc.ca
  43. « Match France - Pays de Galles de 1930 » - Flickr
  44. H. Garcia, La légende du Tournoi, 2005, p. 46
  45. Rencontres de l'équipe de France 1932-1939, sur lnr.fr
  46. Garcia 2013, L'étonnant défi du pack de France.
  47. La France partage la victoire dans le Tournoi des cinq nations 1954 avec l'Angleterre et le pays de Galles.
  48. Garcia 2013, Le couronnement.
  49. La France remporte le tournoi des cinq nations 1959 devant l'Irlande, s'imposant face à l' Écosse, faisant match nul contre l'Angleterre et s'imposant face au pays de Galles, avant de s'incliner en l'Irlande.
  50. a et b Jean-Bernard Marie Moles, « La professionnalisation du rugby français. Pouvoir économique et lien social : Introduction: le rugby français aspiré dans le tourbillon novateur venu de l'hémisphère sud », sur journals.openedition.org.
  51. La SANZAR prendra plus tard le nom de SANZAAR avec à la suite de l'intégration de l'Argentine en tant que membre à part entière.
  52. Garcia 2013, Fin de l'amateurisme.
  53. Garcia 2013, Le tournoi des six.

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