Christophe Bec

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Christophe Bec
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Christophe Bec, né le 24 août 1969 à Rodez, est un auteur de bande dessinée français. Il est connu pour avoir dessiné Zéro absolu, Sanctuaire (écrit par Xavier Dorison), Bunker (coécrit avec Stéphane Betbeder) ou Prométhée. Christophe Bec est également l’auteur des séries Pandemonium, Sarah et Under, écrites pour le dessinateur italien Stefano Raffaele.

Il est le frère de Guilhem, dessinateur de Space Mounties sur le scénario de Pierre Veys et de Zarla écrit par Jean-Louis Janssens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Christophe Bec voit le jour le 24 août 1969 à Rodez où, même s'il a vécu ses premiers mois avec ses parents au Maroc, il passe toute son enfance auprès de son frère Guilhem, né trois ans après lui. C'est encore enfant qu’il apprend très tôt à lire et découvre les bandes dessinées, avec L’Extraordinaire Odyssée de Corentin de Paul Cuvelier dans son recueil du Journal Tintin, Les Aventures de Tintin et, surtout, Astérix découvert à l'âge de dix ans chez ses grands-parents quand il est resté cloué au lit pendant quinze jours à cause d'une rougeole. « Mais c’est vraiment après cet épisode de la rougeole que j’ai su que je serai auteur de bande dessinée quand je serai grand », se souvient-il[2]. « Ensuite, j’ai travaillé en autodidacte pendant des années et monté des petits fanzines imprimés avec la photocopieuse du photographe du village où nous habitions, jusqu’à ce que ça devienne plus sérieux avec Esquisse. » Effectivement, à onze ans, il crée un personnage de reporter nommé Guy Rébut pour un album de quarante-six pages intitulé L’Énigme Bright et, avec son frère Guilhem, le fanzine Esquisse comprenant trois histoires à suivre et cinq récits complets, tiré à une cinquantaine d'exemplaires. Ils essaient d’ailleurs de les vendre dans différentes manifestations locales.

« La principale chose que j’y ai apprise, c’est qu’il ne faut pas limiter son champ d’influence à la bande dessinée, c’est qu’il faut être curieux des autres arts. Pour ma part, j’ai compris que j’avais une vision trop limitée des choses qui enfermait mon dessin dans des codes éculés, alors je me suis tourné vers le cinéma pour enrichir mon univers. J’ai bouffé pendant deux ou trois ans une quantité de films hallucinante et ce dans tous les genres. Après, il m’a fallu digérer tout ça, ça m’a pris des années, mais je pense que c’est cette période qui a construit mon style. »

— Christophe Bec, à propos de l’École européenne supérieure de l'image[2]

Il entre en 1990 à l’École européenne supérieure de l'image d’Angoulême (EESI), où il côtoie les jeunes auteurs Éric Hübsch, Stéphane Servain, David Prudhomme et Aristophane. Un an plus tard, le syndicat d'Initiative de Marvejols lui propose la réalisation d'un album historique sur la Bête du Gévaudan, qu'il réalise ensuite avec ses condisciples (Éric Hübsch, Raphaël Vaillant et Stéphane Servain)[1] dans son atelier chez lui. « J'avais créé chez moi un atelier, on a réalisé à plusieurs un album historique sur la Bête du Gévaudan, une commande, on avait quatre mois pour le boucler. Là j'ai pris un sérieux raccourci, j'ai appris en quelques mois ce que j'aurais mis des années à apprendre », raconte-il[3]. L'album, tiré à trois mille exemplaires, reçoit un prix Défi Jeune.

Carrière[modifier | modifier le code]

Christophe Bec signe en 1992 son premier contrat avec les éditions Soleil, chez qui il dessine les planches de Dragan sur un scénario d’Éric Corbeyran ; l’album sort l'année suivante. « Les ventes ont été décevantes et j’étais très mal payé », raconte-il dans une interview[2]. « Mourad Boudjellal m’a alors proposé de travailler avec Simon Rocca en étant payé plus du double. J’étais un jeune auteur et c’était difficilement refusable. Je crois qu’Éric Corbeyran m’en a voulu à l’époque, pourtant j’avais confié le second tome à un autre dessinateur que j’avais formé, mais ça n’a pas abouti. Avec le recul, je regrette un peu, je n’étais pas à l’aise dans le récit historique et j’aurais appris plus en dessinant la suite de Dragan. » Il travaille donc avec Simon Rocca sur la série Princesse Rouge, qui sera abandonnée en 1995.

Il faut attendre 1997 pour que paraisse le Premier acte de Zéro absolu, série coréalisée avec le scénariste Richard Marazano, qui le fait mieux connaître et rencontrer un succès d’estime.

Un vif succès[modifier | modifier le code]

Le succès véritable arrive avec le premier tome de Sanctuaire en 2001 (écrit par Xavier Dorison et mis en couleur par Homer Reyes), aux Humanoïdes Associés. Quand paraît le troisième tome Môth en 2004, plus de 300 000 albums ont été vendus à ce jour ; il est nommé comme meilleur album de bande dessinée la même année au Festival du film policier de Cognac et au Festival du Film Jules Vernes.

Cette série intéresse une société de production à Hollywood, RAW Progressive Films, pour une adaptation cinématographique. Malgré la mise en chantier de la production, le projet est rapidement abandonné à l’annonce, par Screen Gems, de la sortie prochaine (en 2005) de La Crypte. Ce film de Bruce Hunt présente une forte ressemblance avec la bande dessinée. « En effet, ce n’est pas loin d’être un plagiat, j’ai retrouvé une cinquantaine de plans issus de la bande dessinée dans le film »[2], regrette Christophe Bec. L’éditeur DC Comics s’est également intéressé à Sanctuaire et la traduit l'année suivante sous le titre Sanctum.

En tant que dessinateur et scénariste[modifier | modifier le code]

« Ce sont deux métiers à part et très différents. J’aime varier les collaborations, être scénariste offre cela bien plus qu’en étant simplement dessinateur. […] Je n’ai pas spécialement une haute estime de mon dessin et j’estime donc que certains dessinateurs illustrent beaucoup mieux que moi certaines de mes histoires. De plus, j’écris parfois certains scénarios pour des styles de dessin dont je suis à l’opposé. C’est aussi l’intérêt d’être scénariste, laisser un autre que soi amener sa propre vision sur son œuvre[4] »

— Christophe Bec

Il rencontre son futur ami, le scénariste Stéphane Betbeder, avec qui il participe à la création du one shot Anna de cent dix pages en noir et blanc, publié par La Boîte à bulles en 2004.

La même année, Christophe Bec devient pour la première fois scénariste à part entière, écrivant pour le dessinateur italien Paolo Mottura la série Carême qui reçoit le Prix Albert-Uderzo (Sanglier de bronze au meilleur jeune talent) en 2005, ainsi que de nombreuses nominations dans les festivals de bande dessinée bien que les ventes restent faibles[2].

Le Temps des loups, un incroyable western apocalyptique, « hommage à tout le cinéma fantastique des années 1980 que j'affectionne : John Carpenter, David Cronenberg, Sam Raimi… »[3], que publient Les Humanoïdes Associés en 2006, est la première œuvre sur lequel il travaille seul en tant qu’auteur complet. Il est assisté par le dessinateur Luca Raimondo et le coloriste Nicolas Bastide à partir du second tome, sorti en 2008 chez Soleil à la suite d'une crise financière chez les Humanos. Toujours en 2006, il coécrit avec Stéphane Betbeder un thriller militaire d'anticipation, Bunker aux éditions Dupuis, dont il dessine seulement le premier volet avant d’être remplacé par Nicola Genzianella en 2008 pour le second.

L'année suivante, en 2007, il rencontre le dessinateur italien Stefano Raffaele, créateur à succès de Fragile aux Humanoïdes Associés, qui illustre à merveille deux nouvelles séries de Bec : l’histoire d’horreur Pandemonium du même éditeur, dont l'histoire est librement inspirée du fait divers réel de Waverly Hills Sanatorium dans lequel plus de soixante-trois mille patients ont trouvé la mort[5] entre 1920 et 1960, et le thriller fantastique Sarah coécrit avec Stéphane Betbeder chez Dupuis.

Sans oublier le thriller écologique Carthago avec Éric Henninot au dessin, autre succès de librairie, pour lequel il s'inspire partiellement de l’affaire Cousteau relatée dans la revue Le Monde de l'inconnu no 290 en 2001[6] et qui avait éclaté le . « Ce que je souhaite faire passer comme idée, c'est qu'il est très facile de sensibiliser les gens sur le sort du panda, parce que c'est mignon, mais je pense que la survie de la planète ne dépend pas du panda, mais des prédateurs, ceux qui sont en haut de la chaîne alimentaire. Le jour où ceux-ci disparaîtront, cela voudra dire que la chaîne a été brisée et ce sera la fin de l'espèce humaine. »[3]

Sans relâcher son travail d’écriture, il reprend son activité de dessinateur pour un projet se voulant ambitieux qui a pour titre Prométhée, dont le début paraît chez Soleil en 2008. Cette série est en train peu à peu de devenir une des œuvres majeures de sa bibliographie et elle connaît un succès grandissant.

Exceptionnellement, il participe au scénario inspiré d’un reportage sur une mine de diamants en Afrique du Sud[7] pour Diamond, premier tome du Casse, série au thème imposé par le directeur de collection David Chauvel. L’album est sorti en .

Très jeune, Christophe Bec était impressionné par la taille du géant Robert Wadlow qui mesurait 2,72 m pour un poids de 199 kg lorsqu’il mourut à l'âge de vingt-deux ans ; il s'était fait la promesse de raconter son histoire[8]. Cette promesse est concrétisée en  : le one shot Wadlow, la trop courte destinée de l’homme le plus grand du monde est publié par Quadrants avec le dessinateur Nicolas Sure.

Retour en tant dessinateur, pour Soleil, il s'imagina une histoire et travailla avec Éric Corbeyran sur le scénario Doppelgänger, une aventure fantastique sortie le .

Films[modifier | modifier le code]

Bien qu'il pratique la photographie pour le besoin de ses dessins, Christophe Bec devait tourner en son court métrage Les Tourbières noires avec les producteurs de Metaluna Productions, en Aubrac dans le Massif central[9]. En manque de financement, il le reporte alors à une date non précisée avec « les fonds nécessaires »[10]. Plus tard, dans la même année, il écrit finalement un autre intitulé Frenchboy et commence à la mi- à Albi dans la région Midi-Pyrénées, avec Déborah Amsens et Simon Giesbert[11].

Il annonce son prochain court-métrage Quand le jardinier rit sur son profil de Facebook, dont le tournage aurait lieu en . Le projet est abandonné à la suite de l'échec d'une production[12]. En revanche, sans baisser les bras, il réalise un autre court-métrage ayant pour titre Escape filmé au mois d'août à Naucelle dans l'Aveyron[13].

Œuvres[modifier | modifier le code]

One shots[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Court-métrage[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Les Tourbières noires (reporté)
  • 2011 : Frenchboy
  • 2012 : Quand le Jardinier rit (abandonné)[12]
  • 2012 : Escape[13]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses 
  • Prix Défi Jeune pour La Bête du Gévaudan en 1991
  • Prix Uderzo pour Carême en 2005
  • Brique d'Or au Festival de Toulouse pour Bunker en 2008.
Nominations 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ronan, « Interview : Christophe BEC », sur sceneario.com,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  2. a, b, c, d et e Spooky (avec les participations d’ArzaK, Pollux29 et Phileas Fogg), « Interview de Christophe Bec », sur bdtheque.com,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  3. a, b et c Brieg F. Haslé, « Christophe Bec, créateur d’univers », sur auracan.com,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  4. Slawick Charlier, « Christophe Bec, celui qui n'en avait jamais assez », sur khimairaworld.com,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  5. Jérôme Vincent, « Interview de Christophe Bec », sur ActuSF (consulté le 26 juillet 2010)
  6. « Ovnis : Les révélations des astronautes », Le Monde de l'inconnu, no 290,‎ (lire en ligne)
  7. Fred, « Interview Christophe Bec. Le Casse tome 1 : Diamond », sur blog.weebulle.com,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  8. « Entretien - Christophe Bec, scénariste de Wadlow », sur blog.expressbd.fr,‎ (consulté le 26 juillet 2010)
  9. « Les Tourbières noires », sur Processus,‎ (consulté le 19 novembre 2011)
  10. « Les Tourbières noires » de Christophe Bec sur l'Aubrac, sur La Dépêche - Naucelle,‎ (consulté le 19 novembre 2011)
  11. « Il passe de la BD au court-métrage », sur La Dépêche,‎ (consulté le 19 novembre 2011)
  12. a et b Christophe Bec, « État des lieux été 2012 », sur Processus,‎ (consulté le 29 août 2012)
  13. a et b Christophe Bec, « La Dépêche du Midi », sur Processus,‎ (consulté le 29 août 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]