Christophe (chanteur)

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Christophe
Description de cette image, également commentée ci-après
Christophe en concert lors du festival des Vieilles Charrues 2014.
Informations générales
Nom de naissance Daniel Bevilacqua
Naissance (72 ans)
Juvisy-sur-Orge, Essonne Drapeau de la France France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Variété, chanson française
Années actives Depuis 1963
Labels Les Disques Motors
AZ
Disques Barclay
Mercury
Site officiel www.christophe-lesite.com

Daniel Bevilacqua, dit Christophe, est un chanteur français, né le à Juvisy-sur-Orge (Essonne).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Christophe descend d'immigrés italiens originaires du Frioul. En 1891, son arrière-grand-père, le maçon-fumiste Baptiste Bevilacqua, s'installe à Juvisy et fait venir de nombreux compatriotes pour travailler dans l'entreprise familiale.[1] Plusieurs décennies après, le père de Christophe, Georges Jacques Bevilacqua, tient une entreprise d'installation de chauffage central - qui prospère assez pour s'étendre à la vente d'électroménager -, tandis que la mère est couturière[2].

Vers l'âge de 8 ans, Édith Piaf et Gilbert Bécaud sont ses premières idoles, puis le blues, il découvre Robert Johnson et John Lee Hooker. Fasciné très jeune par l'American way of life, tel qu'il est dépeint dans les films qu'il va souvent voir au cinéma.

À la fin des années 1950, comme bien des jeunes de sa génération (celle du baby boom de l'après-guerre), il est marqué par Elvis Presley et James Dean, tout en développant une passion sincère pour le rock des pionniers de la maison Sun et le blues (il reconnaîtra avoir également été influencé par Georges Brassens).

Ayant trouvé sa vocation, il apprend la guitare et l'harmonica. En 1961, il fonde Danny Baby et les Hooligans (« Danny » étant une référence à son prénom Daniel) un groupe amateur. Il chante le plus souvent en yaourt (du faux anglais) tout en s'accompagnant à la guitare et toujours en play-back car il n'aime pas apprendre par cœur.

Débuts[modifier | modifier le code]

Après son service militaire, il entame une carrière de chanteur en solo. En 1963, il enregistre son premier 45 tours Reviens Sophie, qui est un échec.

En 1965, sa ballade Aline, lui apporte reconnaissance et succès : n°1 en France, en Espagne, en Belgique, en Israël, en Turquie et au Brésil[3], la chanson dépasse le million de disques vendus[4], dont plus de 400 000 en France[5].

Mais des doutes sur les paroles (possiblement en collaboration avec Jean Albertini, son producteur) et la musique lui valent, quelque temps plus tard, un procès pour plagiat avec le chanteur Jacky Moulière, qui l'accuse d'avoir plagié sa chanson La Romance. Christophe perd en première instance mais gagne en appel à la fin des années 1970.

Il figure sur la "photo du siècle" regroupant 46 vedettes françaises du "yéyé" en avril 1966.

D'autres succès suivent à un rythme plus ou moins régulier, comme Les Marionnettes (n°1 en France et en Belgique), J'ai entendu la mer, Je chante pour un ami ou Excusez-moi Monsieur le professeur.

Grisé par sa réussite, Christophe vit alors à cent à l'heure, au propre et au figuré ; ses démêlés avec la maréchaussée parisienne pour excès de vitesse au volant de ses Ferrari et Lamborghini font partie intégrante de sa légende. En 1968, il participe même à une course comme pilote. Il affectionne également les grosses voitures américaines comme les Cadillac.

Consécration[modifier | modifier le code]

Christophe en concert, en 2009.

Au début des années 1970, sa popularité fléchit pendant une courte période, durant laquelle il se laisse pousser une moustache qui, avec sa longue chevelure blonde, signera son image de latin lover.

En 1971, Francis Dreyfus crée le label Les Disques Motors où vont sortir désormais les albums de Christophe. Il revient dans les classements avec respectivement Mal et Mes Passagères, la même année, et Oh mon Amour, Main dans la main, Belle et Rock Monsieur en 1972. Le déclic se produit à nouveau pour Christophe lorsque son producteur Francis Dreyfus lui adjoint les services du jeune parolier Jean Michel Jarre, avec qui il écrit l'album Les Paradis perdus, très influencé par le rock anglo-saxon de l'époque (Pink Floyd, Lou Reed).

Le succès est à nouveau au rendez-vous, la réussite de leur association concrétisée, en 1975, par l'album Les Mots bleus ainsi que le 45 tours de la chanson titre, un des sommets de la carrière de Christophe, qui lui permet de renouveler son public. Il se produit alors à l'Olympia pour deux soirs à guichets fermés. Dans un moment de dépression, il dérape alors et tombe pour une courte période dans la drogue.

En 1976 il collabore avec Boris Bergman pour Samourai, qui contient la chanson Merci John d'être venu dédiée à John Lennon. En 1978, il publie l'album Le Beau Bizarre, aux textes signés de Bob Decout, qui n'a pas le succès des précédents mais lui vaut les louanges de la critique. C'est son premier album résolument rock, que Libération place parmi les cent meilleurs albums de l'histoire du rock 'n' roll. En 1980 il collabore avec son beau-frère Alan Z Kan pour Pas vu, pas pris et, à la demande de son épouse Véronique, Christophe ressort le 45 tours Aline : la réédition dépasse alors le million de copies en France[6].

En 1983, son troisième plus gros succès en simple est à nouveau une ballade, Succès Fou, dont il vend quelque 600 000 copies et qui achève de le cataloguer comme chanteur pour midinettes. En 1984 il sort Voix sans issue en yaourt.

Christophe se consacre aussi dans les années 1980 à débattre sur les plateaux télé contre le fléau de la faim dans le monde, montrant qu’il est aussi un homme d’engagement.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Christophe au festival des Vieilles Charrues 2014.

Par la suite, son rythme de travail se ralentit : il compose la musique du premier tube de Corynne Charby, Boule de flipper[7]. Il publie un album d'adaptations de standards anglo-saxons des années 1940-1950 (Clichés d'amour), des 45 tours (Ne raccroche pas en 1985, qui se veut un clin-d'œil à l'adresse de la jeune Stéphanie de Monaco), mais ne fait plus de scène.

Il se consacre alors essentiellement à ses collections de juke-boxes, de disques rares et de grands films — sa cinéphilie était bien connue du directeur de la Cinémathèque française, Henri Langlois, à qui il prêta une copie originale de La Strada de Federico Fellini. Mélomane averti, il se tient toujours au courant des dernières nouveautés, afin notamment d'actualiser sa propre musique. Perfectionniste jusqu'à la maniaquerie, il peut passer un an à travailler sur le son d'une partie de batterie.

Après un 45 tours passé à peu près inaperçu Chiqué chiqué en 1988, Christophe change de maison de disques en 1995. De Motors, il passe chez Epic, une division de Sony[8].

En 1996, il publie Bevilacqua, un album ambitieux qui ne fera guère parler de lui où on l'entend en duo avec son idole Alan Vega du groupe américain Suicide[8].

Véritable disque d'ambiance, Bevilacqua surprend par sa modernité : Christophe ne ressemble plus au dandy crooner des années 1970. Il a travailler durant plusieurs mois sur l'album dans le studio installé chez lui. Cinq ans plus tard, Comme si la terre penchait, produit par Philippe Paradis, connaît un meilleur accueil, même si on est encore loin des résultats de vente passés.

Il annonce alors son retour sur scène (où il ne s'était pas produit depuis 26 ans) et donne une série de concerts à l'Olympia.

Il a fait appel à des éclairagistes du théâtre et de la danse pour mettre en valeur son spectacle. Il chante, assis sur un tabouret, la lumière centrée sur lui, pendant que des danseurs se produisent sur une chorégraphie de Marie-Claude Pietragalla, des images de rock'n'roll sont projetées sur le décor. Les CD et DVD Christophe Live à l'Olympia paraissent l'année suivante.

Des années 2000 à 2010[modifier | modifier le code]

En 2004, il chante en duo avec Alain Bashung sur la scène de l'Élysée Montmartre Les Mots bleus et Amsterdam. En mars 2005, sur la scène de l'Opéra-Comique il reprend la chanson Hollywood de Brigitte Fontaine une interprétation inoubliable de la chanson Hollywood (paroles de B. Fontaine, musique de Areski Belkacem).

En 2007, Christophe chante L'un dans l'autre sur l'album Arkhangelsk du trompettiste Erik Truffaz, morceau dont il a écrit les paroles[9].

En juin 2008, il sort, chez AZ, Aimer ce que nous sommes : une œuvre large sur laquelle il travaille depuis 2004. Plusieurs artistes, comme Isabelle Adjani, Daniel Filipacchi, Florian Zeller, Murcof, Jac Berrocal, Carmine Appice et son ancien producteur Francis Dreyfus, ont collaboré à cet album, enregistré essentiellement de nuit, entre Paris, Séville, Londres et réalisé par Christophe Van Huffel (du groupe Tanger).

En 2009, il donne un concert spectacle dans le parc du château de Versailles, avec Carmine Appice à la batterie. À la fin de cette année, il entame la tournée Aimer ce que nous sommes.

En 2011, il participe à l'album de reprises de chansons d'Alain Bashung Tels Alain Bashung en interprétant de manière remarquée Alcaline[10] et reprend en duo avec Brigitte Fontaine Hollywood sur l'album L'un n'empêche pas l'autre. Il ressort cette même année l'album Bevilacqua[11].

Dans le cadre de la tournée « Aimer ce que nous sommes », qui a déjà emmené Christophe dans toute la France, en Suisse, en Belgique et au Liban, le 18 juin 2011, il revient dans sa ville natale, Juvisy-sur-Orge, où il se produit pour un spectacle de trois heures et demie devant près de trois mille personnes[réf. nécessaire].

En octobre 2011, il est invité par Julien Doré sur la scène de l'Olympia[12],[réf. insuffisante] et, en novembre, il chante en duo Boby avec Loane.

Après une tournée de plus de cent dates, début 2013, Christophe choisit de donner sept concerts en France, sous le titre Intime Tour, avec une formation épurée (piano, synthés, guitare).

Le 18 mars 2013, Christophe sort un album d'inédits Paradis retrouvé (BMG), à cette occasion, le journaliste Bayon considère qu'en tant que « yéyé minet rockab electro dandy beauf bouliste à pin-up, Christophe serait ce chaînon manquant elvisien entre Adamo et Vega via Juvet[13] ».

À la suite du succès des premiers concerts de l'Intime Tour, la tournée se poursuit en France et à l'étranger, donnant lieu, le 31 mars 2014, à la sortie de l'album Intime[14].

En 2016 il collabore avec Jean-Michel Jarre à l'occasion de l'album Electronica 2: The Heart of Noise pour le morceau Walking The Mile.

Christophe sort un nouvel album en avril 2016, Les Vestiges du chaos, qui reçoit un accueil critique enthousiaste. L'album comprend un duo avec Alan Vega, l'une des idoles du chanteur[réf. nécessaire].

Christophe au cinéma[modifier | modifier le code]

En 1967, Christophe signe la bande originale du film La Route de Salina, de Georges Lautner, qui restera longtemps sa seule incursion musicale dans le domaine cinématographique.

En 2004, le film Les Mots bleus d'Alain Corneau est structuré autour de sa célèbre chanson éponyme. Ce film est également illustré musicalement par nombre de ses autres chansons.

On le voit, en 2006, faire une très courte apparition dans le film de Xavier Giannoli, Quand j'étais chanteur, avec entre autres Gérard Depardieu et Cécile de France. D'ailleurs, sa chanson Les Paradis perdus s'imposera très vite comme la chanson-titre de cette romance cinématographique moderne.

En 2014, Christophe apparait dans le film Fils de de HPG, dont il compose et interprète la bande originale. Il compose également la musique d'Arrête ou je continue de Sophie Fillières sorti en 2014 et celle de Par accident de Camille Fontaine, sorti en 2015.

Vie privée[modifier | modifier le code]

D'une liaison avec la chanteuse Michèle Torr naît le [15] un fils, Romain, qu'il n'a pas reconnu [16].

Un an plus tard, il rencontre Véronique, demi-sœur d'Alain Kan, qu'il épouse en 1971 et avec laquelle il aura une fille, Lucie, qui naît la même année[17].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Christophe.

Enregistrements en studio[modifier | modifier le code]

Enregistrements en public[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

  • 2002 : Le live

Participations[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des chansons de Christophe.

Reprises[modifier | modifier le code]

Liste des chansons et artistes :

Récompenses et honneurs[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Victoire de la musique[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Bandes originales de films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le chanteur Christophe, un Italien de Juvisy. Le Parisien, 12 décembre 2014.
  2. Christian Eudeline, Christophe. Portait du dernier dandy, Fayard, , p. 19
  3. http://artisteschartsventes.blogspot.fr/2015/01/christophe.html
  4. Biographie du chanteur sur RFImusique
  5. http://www.top-france.fr/html/annuel/1965.htm
  6. http://www.top-france.fr/html/annuel/1979.htm
  7. bnf
  8. a et b Serge Loupien, « L'étrange cas de Christophe Bevilacqua », sur libération, (consulté le 24 août 2012)
  9. Christophe et Erik Truffaz / Arkhangelsk - L'Express, 11 avril 2007
  10. Christophe raconte Bashung : « Il était beaucoup dans le silence » - Rue89 le 13 avril 2011
  11. Christophe, le demi-dieu de la presse branchée - Christophe interviewé par Philippe Vandel sur France Info, 28 avril 2011
  12. « Julien Doré : Une très belle performance à l’Olympia », virginradio.fr,‎ (lire en ligne)
  13. Bayon, « Sur les quais avec Christophe », Libération, no 9936,‎ , p. 27 (ISSN 0335-1793, lire en ligne)
  14. [1]
  15. http://www.purepeople.com/article/christophe-parle-de-son-fils-eu-avec-michele-torr-pour-la-premiere-fois_a112363/1
  16. http://www.purepeople.com/article/michele-torr-son-fils-avec-christophe-on-ne-peut-pas-forcer-l-amour_a185086/1
  17. http://www.disquesdreyfus.com/catalogue/christophe.html
  18. « Aimer ce que nous sommes | Christophe », sur Qobuz (consulté le 27 août 2018)
  19. « Légion d'honneur du Nouvel An. », LaLibre.be en ligne, consultée le 1er janvier 2015
  20. Année du copyright précisée en fin de générique de fin ; diffusion le 11 octobre 2014 sur Arte dans le cadre de l'émission Court-circuit.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]