Aller au contenu

Christophe-Michel Ruffelet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Christophe-Michel Ruffelet
Fonctions
Chanoine
Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc
-
Chanoine
Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
Saint-BrieucVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Œuvres principales
Annales briochines (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Christophe-Michel Ruffelet, né le à Saint-Brieuc et mort le dans la même ville, est un chanoine et historien breton.

Membre de la bourgeoisie de Saint-Brieuc, issu de deux familles qui occupent des fonctions municipales et cléricales de premier plan, il fait carrière en tant que chanoine, d'abord dans la collégiale Saint-Guillaume de Saint-Brieuc pendant plus de vingt ans, avant d'intégrer le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc en 1789. Quand les chapitres sont supprimés en 1790, il perd sa prébende, comme tous les autres chanoines. Prêtre réfractaire parce qu'il refuse la constitution civile du clergé, il est emprisonné et libéré en 1795. Il redevient chanoine de Saint-Brieuc après le concordat de 1801.

Le chanoine Ruffelet publie plusieurs ouvrages historiques, dont le principal est les Annales briochines, où il raconte l'histoire du diocèse de Saint-Brieuc, dont la fondation, selon lui, remonte à Brieuc. La composition du livre est un compromis entre la volonté de simplicité manifestée par l'utilisation de la forme des annales et l'utilisation de méthodes critiques proches de l'érudition mauriste. Il cherche à promouvoir l'identité de ce diocèse et le particularisme breton en général, qu'il conjugue avec une fidélité affirmée à la monarchie et à la papauté, en un emboîtement de fidélités. Comme les autres historiens de son époque, il traite principalement de sujets politiques et religieux. Historien reconnu, en relation avec d'autres historiens bretons, il est un des acteurs de la vie culturelle de Saint-Brieuc.

Il réunit une bibliothèque considérable, plus de 4 000 volumes, pour beaucoup publiés récemment et traitant de matières diverses, ce qui manifeste des curiosités multiples l'insérant dans la modernité. Il la réserve de son vivant à son usage personnel, mais la lègue à sa mort à son diocèse.

Extrait de l'acte de baptême de Michel Christophe Ruffelet[1].

Bien qu'appelé le plus souvent Christophe-Michel, c'est sous les prénoms de Michel Christophe qu'il est baptisé le à Saint-Brieuc[1]. Membre d'une fratrie de treize enfants, il est le fils d'Alain-François Ruffelet (1690-1734), trésorier de la fabrique (1721-1723) et maire de Saint-Brieuc (1727-1729) et d'Hélène Lymon de Belleissue (1690-1755), mariés en 1716[2],[3],[4],[5].

Les deux familles Ruffelet et Lymon de Belleissue appartiennent à la bonne bourgeoisie de Saint-Brieuc, installée dans le quartier le plus riche de la ville, le quartier Saint-Guillaume[6]. Les Ruffelet ont exercé différentes fonctions : députés de la ville de Saint-Brieuc aux États de Bretagne, procureurs syndics des bourgeois de la ville et avocats au Parlement de Bretagne. L'un d'eux, Salomon Ruffelet, sénéchal des régaires, a même été anobli en par Louis XIII en récompense de sa fidélité pendant la Ligue. La branche des Ruffelet à laquelle appartient Christophe-Michel acquiert des positions sociales enviables avec la génération qui le précède, celle de son père Alain-François et du frère de celui-ci, Gilles, dont les fils seront capitaine de cavalerie et chevalier de Saint Louis pour l'un, avocat au Parlement de Bretagne et subdélégué de l'intendant pour l'autre[7],[8]. La mère de Christophe-Michel, Hélène, est la sœur de François-Michel Lymon de Belleissue, maire de Saint-Brieuc, procureur du roi à l'Amirauté, avocat puis substitut du procureur au Parlement de Bretagne, et de Pierre-Michel Lymon de Belleissue, également avocat au Parlement de Bretagne[9],[8].

Prêtre et chanoine

[modifier | modifier le code]
Plan de ville en couleurs
Plan de Saint-Brieuc du XVIIe siècle au milieu du XVIIIe siècle[10].

Roturier, Christophe-Michel Ruffelet fait partie d'une minorité parmi les chanoines de Saint-Brieuc majoritairement nobles[7]. Cependant, il est issu de familles de notables locaux qui appartiennent à la bourgeoisie de fonction[11] et cumulent les offices dans l'administration et les bénéfices ecclésiastiques. Son arrière-grand-oncle, Pierre Lymon de la Vieuxville, est chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc à la fin du XVIIe siècle. Le grand-père de Christophe-Michel, Pierre Lymon de Belle-Issue, est lieutenant des régaires. Du côté Ruffelet, le grand-oncle de Christophe-Michel, Jean François Ruffelet, est chanoine de la collégiale Saint-Guillaume au début du XVIIIe siècle tandis que son oncle, Gilles Ruffelet, est au même moment receveur[a] du chapitre cathédral[13].

Après des études de théologie au collège de Saint-Brieuc, Christophe-Michel Ruffelet est tonsuré et reçoit les ordres mineurs le , avant d'être ordonné prêtre le à Saint-Brieuc[14]. Il ne devient chanoine qu'en 1771, à 46 ans, bien plus tard que beaucoup d'autres chanoines. Sa carrière ecclésiastique entre ordination et canonicat est mal connue[15]. Jouissant d'une rente viagère, il semble qu'il n'ait occupé aucune fonction et qu'il se soit uniquement consacré à l'érudition, puisque c'est pendant cette période qu'il rédige beaucoup de ses écrits[15],[16].

Photo d'une grande église en pierre brun foncé et aux toits d'ardoise.
Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc.

Ruffelet est ensuite, de 1771 à 1789, chanoine de la collégiale Saint-Guillaume de Saint-Brieuc[17],[3],[18], où il est titulaire de la chapellenie de la Villegaudu[3]. La collégiale Saint-Guillaume a été érigée au XIIIe siècle à partir de l'église Notre-Dame-de-la-Porte. Les bâtiments qu'il fréquente, datant du XVe siècle, seront détruits en 1795[19]. Le revenu apporté par une prébende de Saint-Guillaume est alors relativement modeste, 333 livres, moins que certaines cures du diocèse et la moitié du revenu touché par les chanoines de la collégiale Notre-Dame de Nantes, par exemple[20]. En 1775, la rumeur affirme qu'un chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc, Jean-Joseph du Fau, va laisser sa place. Christophe-Michel Ruffelet cultive alors ses relations avec lui tandis que son cousin Pierre Ruffelet, gendarme de la garde du roi, fait des démarches auprès du duc de Chartres, de l'abbé Allaire, ancien précepteur du duc de Chartres, et de Charles de Rohan-Soubise, capitaine-lieutenant des gendarmes de la Garde du roi. Mais du Fau décide de rester[21],[13],[22],[23].

Christophe-Michel Ruffelet devient chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc en 1789[17],[3],[24], tardivement puisqu'il a 64 ans[25],[24]. À ce moment, une prébende à la cathédrale rapporte 870 livres, soit plus du double qu'à la collégiale Saint-Guillaume[17], et apparaît vraisemblablement plus prestigieuse[13]. La cathédrale abrite aussi plus de chanoines intellectuels que la collégiale, où les érudits qui ont un profil semblable à celui de Ruffelet ne s'attardent pas[26]. Malgré le temps consacré à ses travaux érudits, il semble qu'il soit un chanoine assidu[27].

En 1790, la constitution civile du clergé supprime les chapitres cathédraux. À Saint-Brieuc, les chanoines célèbrent leur dernier office et tiennent leur dernière délibération, qui exprime leur opposition à cette suppression, le [28]. Christophe-Michel Ruffelet refuse de prêter serment à la constitution civile du clergé[29],[3],[30]. Emprisonné comme réfractaire à Guingamp, il est libéré en et récupère sa bibliothèque[30]. Après le concordat de 1801, le nouvel évêque de Saint-Brieuc, Jean-Baptiste Caffarelli, reforme un chapitre cathédral en . Ce nouveau chapitre, installé le , composé d'hommes plutôt âgés, est contrôlé par l'évêque. Il y appelle Christophe-Michel Ruffelet[31], qui redevient ainsi chanoine du chapitre de Saint-Brieuc, jusqu'à sa mort en 1806[29],[3].

Annales briochines

[modifier | modifier le code]
page imprimée
Page de titre des Annales briochines, 1771.

En 1762 et 1763, Christophe-Michel Ruffelet publie ses premiers articles d'histoire, des notices paroissiales et biographiques consacrées au diocèse de Saint-Brieuc, dans Les Étrennes briochines. En 1771, il fait paraître un livre, les Annales briochines ou abrégé chronologique de l’histoire ecclésiastique, civile et littéraire du diocèse de Saint-Brieuc, qu'il présente comme « l'essai ou l'annonce d'un ouvrage beaucoup plus considérable » qui ne paraîtra jamais[32]. Il souhaite en effet que voie le jour une histoire du diocèse, conçue comme une partie constitutive d'une histoire plus générale de la nation. Il participe ainsi à une dynamique générale d'élaboration d'histoires des diocèses dans nombre d'entre eux en France au XVIIIe siècle[33], ouvrages qu'il connaît pour certains[34].

Début du compte rendu des Annales briochines dans Suite de La Clef, ou Journal historique sur les matières du tems, octobre 1771, p. 267-268.

Les Annales briochines sont imprimées, comme les Étrennes briochines, chez l'imprimeur-libraire Jean-Louis Mahé, le plus important de Saint-Brieuc, qui succède à la famille Doublet et sera remplacé par la famille Prud'homme[35]. En 1810, l'entreprise en possède encore 140 exemplaires[36]. C'est un petit livre broché de 250 pages, à un prix accessible (25 sols) qui a pour sujet l'histoire du diocèse de Saint-Brieuc, ce qui ne peut susciter l'intérêt que localement. La composition du livre est un compromis entre la vulgarisation et la rigueur de l'érudition, alliant des « annales » (une chronologie commentée) — avec parfois des « anecdotes qui intéressent la curiosité », comme le relève le compte rendu paru dans la Suite de la Clef — et des « mémoires » plus élaborés, avec en sus des « tables » et des « preuves », ou pièces justificatives commentées. L'auteur cherche à revaloriser l'image d'un diocèse mal connu, peu étendu et relativement pauvre, en racontant son passé[37].

Pour la période de l'Antiquité, la principale source utilisée par Michel-Christophe Ruffelet est Jules César — il possède une édition des Commentaires sur la guerre des Gaules — et quelques autres auteurs qu'il cite beaucoup moins[38]. L'Antiquité dont il traite se divise en trois périodes, avant Jules César, la conquête de la Gaule et le Bas-Empire, dont les limites chronologiques sont floues. Il sépare l'histoire profane antique de l'histoire religieuse, celle de la christianisation. Deux allusions montrent qu'il ne méconnaît pas la querelle historiographique de la première moitié du XVIIIe siècle entre deux positions, l'une valorisant les Gaulois, l'autre les Francs, comme origine du peuple français, sans prendre parti[39].

Saint Brieuc premier évêque, note XVI des Annales briochines.

Bien qu'il ne corresponde pas à une civitas gallo-romaine, le diocèse de Saint-Brieuc a, selon Ruffelet, « l'honneur d’avoir un saint pour fondateur ». Son récit de la vie de Brieuc s'inspire directement de celui de dom Lobineau publié en 1725 et admet l'imprécision chronologique le concernant, tout en le situant à la fin du Ve siècle[40]. Toutefois, Ruffelet doit faire face un problème : si Brieuc est le fondateur du diocèse, comment expliquer la lacune chronologique jusqu'au premier évêque attesté, au XIe siècle ? Pour lui, Brieuc était un évêque « régionaire, c’est-à-dire sans titre & siège particulier » et ses successeurs inconnus aussi, ce qui permet de le conserver comme premier évêque du diocèse de Saint-Brieuc. Le chanoine combat la thèse, pourtant admise par ses prédécesseurs comme Pierre Le Baud, Bertrand d'Argentré, Augustin du Paz et Toussaint de Saint-Luc, qui fait de la famille de Penthièvre les seigneurs originels du territoire ecclésiastique, dont ils auraient fait don aux évêques. Faire de Brieuc le premier évêque permet à Ruffelet de défendre le pouvoir des évêques de Saint-Brieuc de son époque et de justifier la grande étendue géographique du régaire[41].

L'histoire du diocèse telle que la conçoit et la pratique Christophe-Michel Ruffelet tient du genre traditionnel du catalogue d'évêques, à ceci près qu'il mobilise les ressources de l'érudition pour établir le plus précisément possible leur succession[42]. Il insiste sur les fondations religieuses du XVIIe siècle. Il décrit le collège de Saint-Brieuc, où il a lui-même étudié, comme « l'un des plus célèbres de toute la province » et cite les talents littéraires du diocèse, sans les mentionner tous[43]. Il met en avant les conférences ecclésiastiques organisées par l'évêque mais tait les missions menées par différents ordres religieux et évoque peu les pèlerinages et les congrégations[44].

carte en couleurs
Les anciens diocèses de Bretagne (carte de Pitre-Chevalier, 1844).

Dans les Annales briochines, il cherche à souligner l'unité du diocèse sans prendre parti dans les débats qui traversent l'Église catholique de son temps, par exemple le jansénisme. De même, il est silencieux sur le protestantisme ou les tensions sociales dans le bas clergé et ne participe pas à la loge franc-maçonne de Saint-Brieuc[45]. Il est fidèle à la monarchie, tant que celle-ci reconnaît et soutient le particularisme de la Bretagne et confirme les libertés de la ville de Saint-Brieuc. Pour lui, l'acte d'union de 1532 a été « fait pour la conservation des droits, franchises et libertés de la province, droits qui loin d'avoir été anéantis par l'union de la province à la Couronne n'en sont devenus que plus sacrés et plus respectables ». De même, les rapports avec la curie romaine ne sont vus que sous l'angle du particularisme breton. Ruffelet porte donc une vision d'un emboîtement de fidélités, du plus local au plus universel, sans contradiction entre elles[46].

Les Annales briochines participent du renforcement de l'identité du diocèse de Saint-Brieuc, mais les développements portent beaucoup plus sur la ville de Saint-Brieuc elle-même que sur les autres villes comme Lamballe, Quintin, Paimpol ou Loudéac et l’ouvrage ignore le Goëlo, la partie bretonnante du territoire diocésain[47]. Le chanoine Ruffelet est un homme de son groupe social, qui ignore les évolutions démographiques et est très peu disert sur les problèmes économiques et sociaux[48]. La société qu'il décrit est limitée à ses élites, ecclésiastiques — les évêques, les chanoines, le clergé régulier — mais aussi laïques : la noblesse et la bourgeoisie de la ville de Saint-Brieuc[49]. De manière souvent peu précise, il consacre quelques développements à la proto-industrie textile — les toiles de Bretagne — et à l'essor des ports du diocèse[50]. Il évoque très peu l'activité agricole, pourtant importante et assez diversifiée[51].

Historien reconnu

[modifier | modifier le code]
double page imprimée
Début de l'article « Carhaix » du Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne de Jean-Baptiste Ogée. La Dissertation de Ruffelet commence en note infrapaginale page de droite.

Christophe-Michel Ruffelet écrit également un Mémoire pour la collégiale de Saint-Guillaume de Saint-Brieuc : historique, fondations, notes[32], une partie des articles sur Carhaix et Saint-Brieuc du Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne dédié à la nation bretonne (1778-1780) de Jean-Baptiste Ogée et un Programme d’exercices littéraires pour le collège de Saint-Brieuc en 1782[52].

Dans sa Dissertation sur Carhaix, il critique la position de Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret, qui attribue la fondation de Carhaix au général romain Aetius au Ve siècle ; Pour Ruffelet, les origines de Carhaix remontent au peuple gaulois « des Ossismiens, l’un des principaux peuples de l’Armorique[53] ». Au-delà du cas de Carhaix, Christophe-Michel Ruffelet participe aux débats sur les origines gauloises et romaines des villes bretonnes, comme Lamballe[54]. Pratiquant une histoire critique, proche des mauristes, qui invalide des thèses admises en cherchant des preuves dans les textes antiques ou dans des résultats de fouilles archéologiques[55],[56], il structure sa pensée en prenant pour point de départ une description géographique, poursuivie par une analyse chronologique qui s'appuie sur des preuves littéraires et archéologiques[57]. Son érudition est celle d'un savant de bibliothèque, qui lit et utilise les livres dont il dispose, mais qui connaît de surcroît le terrain géographique dont il parle[58].

Dans les années 1760, pendant le conflit, aux origines fiscales, entre les États de Bretagne et le Parlement de Bretagne d'une part et la monarchie d'autre part, il défend le particularisme breton dans Réflexions sur un écrit moderne intitulé Preuves de la souveraineté du roi sur la province de Bretagne et dans Réponse au Mémoire historique et critique sur les droits de souveraineté relativement au Traité de Bretagne. Il affirme que l'union du duché de Bretagne à la couronne de France de 1532 est librement consentie par la Bretagne, qui conserve le droit de décider de l'impôt[59].

Page de titre de la réédition des Annales briochines par Sigismond Ropartz en 1850.

En 1782, la Société patriotique bretonne — académie locale qui se réunit dans le château de Keralier, à Sarzeau sur la presqu'île de Rhuys, de 1780 à 1790[60] — lui décerne un diplôme, dans lequel elle le félicite, lui qui « depuis plus de vingt ans consacre ses talents à la gloire de sa patrie »[32] et proclame qu'elle « s'est déterminée à l'inscrire dans la Classe des Citoyens méritans en lui présentant ce témoignage de reconnoissance »[61]. Le secrétaire de cette société, Barthélemy-Pélage Georgelin, ose même comparer le chanoine Ruffelet à Bossuet :

« À Monsieur l'abbé Ruffelet, auteur des Annales briochines.
Vous m'offrez le portrait du savant Bossuet :
De sa double lumière, en vous la clarté vive
Ne laisse pas douter qu'en vous il ne revive.
Vous avez reproduit son précieux secret
De rendre un opuscule un chef-d'œuvre parfait :
Vous offrez aux lecteurs la science précise ;
Vous savez, comme lui, d'un seul coup de pinceau,
Des temps plus anciens nous tracer le tableau[60]. »

Ruffelet lit les historiens de son époque, comme Jacques Le Brigant, avec qui il entretient une correspondance. Il admire Christophe-Paul de Robien, sans qu'on sache s'ils sont en relation[62]. Acteur de la vie culturelle de la ville de Saint-Brieuc[63], il apparaît comme un homme ouvert à la culture de son siècle[64] et fait partie de la minorité de chanoines bretons du XVIIIe siècle qui sont des intellectuels érudits et avec qui il est en contact[65]. À l'échelle de la France des XVIIe et XVIIIe siècles, le profil de Christophe-Michel Ruffelet, chanoine et historien, se retrouve dans différents diocèses, surtout dans la moitié nord du pays. L'historien Olivier Charles en recense près de trois cents, écrivant surtout sur l'histoire ecclésiastique de leur ville ou de leur province[66].

Les Annales briochines sont rééditées en 1850 par l'homme de lettres guingampais Sigismond Ropartz[67], puis en 2014. Cette dernière édition critique érudite, dirigée par Olivier Charles, est accompagnée d'études thématiques[67],[68],[69],[70].

Bibliophile

[modifier | modifier le code]
graphique circulaire en parts
Composition de la bibliothèque de Christophe-Michel Ruffelet[71].

Briochin de naissance, le chanoine Ruffelet n'habite pas dans une des maisons prébendales liées au chapitre, mais dans sa propre maison, rue Saint-Benoît, près de la place du marché au blé, avec Nathalie Armez, veuve du cousin de Christophe-Michel, Pierre Ruffelet. Ils ont trois domestiques. Vers 1789, il y occupe quatre pièces, deux pour son logement propre, meublées assez sommairement, et deux pour sa bibliothèque, objet de toute son attention[72].

Il accumule plus de 4 000 ouvrages dans sa bibliothèque, la plus importante parmi les bibliothèques de chanoines bretons[73],[74]. Les livres qu'il possède ont été à 90 % publiés au XVIIIe siècle, et pour plus des deux tiers après 1750, l'année des 25 ans du propriétaire. Il a acheté ces livres tout au long de sa vie[75], par plaisir de collectionner et par vénération envers la connaissance[76]. Environ 30 % de ses livres traitent de sujets religieux, controverses, spiritualité et pastorale. L'histoire occupe la même proportion de ses ouvrages. Les sciences et les arts (la philosophie, la physique, les sciences naturelles et les mathématiques surtout) représentent environ 20 % du total, le droit 9 % et la littérature 8 %. Toutefois, la catégorie du droit comprend des livres de droit canon, de droit ecclésiastique et d’histoire ecclésiastique : la proportion d'ouvrages religieux atteint donc en fait 40 % du total[77].

page de livre imprimée
Anecdote « Un livre se donne, mais ne se prête jamais. »[78].

La présence dans sa bibliothèque d'ouvrages scientifiques (sciences naturelles, physique, mathématiques, astronomie, médecine…) assez nombreux montre que Christophe-Michel Ruffelet est attentif aux découvertes scientifiques de son époque, beaucoup plus que d'autres chanoines. Il possède aussi de nombreux dictionnaires, outils de vulgarisation[79]. Les ouvrages anciens en littérature, en philosophie, en droit et en histoire sont très minoritaires par rapport à ceux écrits à son époque[80]. Les livres qui concernent la Bretagne sont plus nombreux que dans d'autres bibliothèques de chanoines bretons, et atteignent presque une centaine de volumes[81].

La composition de sa bibliothèque manifeste un esprit encyclopédique, au fait des nouveautés dans différents domaines[82], curieux de connaître le monde, les autres pays d'Europe et les autres continents. Cette collection de livres accumule et accentue les signes de modernité qu'on peut observer à moindre échelle dans celles d'autres chanoines[83]. Détenant une quarantaine de livres sur l'agriculture, l'horticulture et la botanique[84], il adhère à la Société d'agriculture de Bretagne[64],[85],[84]. Une anecdote rapportée par Sigismond Ropartz dans l'introduction de l'édition de 1850 des Annales briochines le montre très attaché à ses livres : quand sa nièce lui demande la permission de lui emprunter un de ses exemplaires, il préfère lui donner de l'argent pour qu'elle aille s'en acheter un à la librairie de Louis-Jean Prud'homme[75]. Sa bibliothèque est pensée pour un usage personnel[86]. Il possède aussi une collection de minéraux et de coquillages, des dizaines de tableaux, d'estampes, des cartes, des baromètres, des thermomètres[87],[74],[88], peut-être un petit cabinet de curiosités, et se livre à des expériences scientifiques[64],[88].

Christophe-Michel Ruffelet meurt le [2],[3] à Saint-Brieuc[3] ; il est enterré dans le cimetière Saint-Michel de la ville. Dans les années 1840-1850, ce cimetière est déplacé à l'occasion de la reconstruction de l'église Saint-Michel. En 1852, les restes de Christophe-Michel Ruffelet sont transférés, avec ceux d'autres ecclésiastiques, dans le nouveau cimetière installé au Clos-Gilette[89].

Au moment de sa mort, Christophe-Michel Ruffelet est un homme riche, jouissant d'un patrimoine estimé à 60 000 francs et de revenus annuels de plus de 3 500 francs, composés de son traitement de chanoine, de rentes foncières et de loyers. Le par testament, il lègue sa bibliothèque, qu'il considère être sa principale richesse, à l'évêque de Saint-Brieuc Jean-Baptiste Cafarelli et à ses successeurs, à condition qu'ils ne la dispersent pas et qu'elle soit utilisée pour le séminaire des prêtres du diocèse[76],[90] :

« Je donne et legue à Monsieur Jan Baptiste Marie Caffarelly en sa qualité d’Evêque de Saint Brieuc, et à Messieurs ses successeurs audit Evesché tous les livres que renferme mes Biblioteques grandes et petites avec les tablettes, pilastres qui les soutiennent et tiroirs, Et en outre tous autres livres Reliés, Brochés, et autres Imprimés qui se trouveront M’apartenir lors de mon decez en quelques parts qu’ils se trouvent, pour lesdits livres estre employés à l’instruction des Seminaristes et autres Ecclesiastiques du Diocese de Saint Brieuc, et estre à cet effet Renfermés dans un ou plusieurs appartements propres a cet effet, dont les clefs seront remises aux Susdits Eveques de Saint Brieuc, sans qu’aucuns desdits livres puissent en estre distrait, presté, ny sortir hors de laditte Biblioteque.[91] »

Ses instruments scientifiques sont vendus en 1807[88]. Les volumes de sa bibliothèque sont au XXIe siècle conservés au séminaire de Saint-Brieuc et aux archives départementales des Côtes-d'Armor[92].

  • Étrennes briochines, pour l'année, contenant le lever et coucher du soleil et autres mouvements célestes, calculés au méridien de Saint-Brieuc, etc. Avec un Essai historique, ou une notice abrégée de l’histoire de la Ville et du Diocèse, Saint-Brieuc, Mahé, [93].
  • Étrennes briochines, pour l'année, contenant le lever et coucher du soleil et autres mouvements célestes, calculés au méridien de Saint-Brieuc, etc. Avec un Essai historique, ou une notice abrégée de l’histoire de la Ville et du Diocèse, Saint-Brieuc, Mahé, [35],[3],[93].
  • Réflexions sur un écrit moderne intitulé Preuves de la souveraineté du roi sur la province de Bretagne, publié par Arthur du Bois de la Villerabel en 1870 (p. 385-405), s. d (lire en ligne)[93].
  • Réponse au mémoire historique et critique sur les droits de souveraineté relativement au Traité de Bretagne, publié par Arthur du Bois de la Villerabel en 1870 (p. 405-422), s. d (lire en ligne)[93].
  • Annales briochines, ou abrégé chronologique de l'histoire ecclésiastique, civile et littéraire du diocèse de Saint-Brieuc, enrichi de plusieurs notes historiques, géographiques et critiques, Saint-Brieuc, Mahé, , 252 p., in-12° (BNF 31268749, lire en ligne)[35],[92],[3],[93].
  • Mémoire pour la collégiale de Saint-Guillaume de Saint-Brieuc : historique, fondations, notes, s. d[93].
  • « Notice Saint-Brieuc (en partie) et Réflexions critiques de M. l’abbé Ruffelet sur l’histoire de Carhaix par La Tour d’Auvergne », dans Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, Nantes, 1778-1780 (lire en ligne)[93].
  • Propre de Saint-Brieuc, [93].
  • Programme d’exercices littéraires (pour le collège de Saint-Brieuc), s. d[93].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Le receveur est le laïc chargé des comptes du chapitre[12].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b « Acte de baptême de Michel Christophe Ruffelet. Paroisse de Saint-Michel à Saint-Brieuc, BMS 1722 - 1728, vue 171/407. », sur Archives départementales des Côtes-d'Armor.
  2. a et b Charles 2004, p. 116.
  3. a b c d e f g h i et j Charles 2004, no 685.
  4. Charles 2014, par. 1.
  5. Annexes 2014, n°9.
  6. Charles 2014, par. 2.
  7. a et b Charles 2004, p. 108.
  8. a et b Charles 2014, par. 3.
  9. Charles 2004, p. 117.
  10. Annexes 2014, n°10.
  11. Nières 1991, p. 130.
  12. « Autour de Nepveu de La Manouillère : glossaire de la vie canoniale », dans Sylvie Granger, Benoît Hubert, Martine Taroni (eds), Journal d’un chanoine du Mans : Nepveu de La Manouillère (1759-1807), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Mémoire commune », (ISBN 978-2-7535-6554-8, lire en ligne), p. 657–679.
  13. a b et c Charles 2004, p. 110.
  14. Charles 2014, par. 5-7.
  15. a et b Charles 2004, p. 111.
  16. Charles 2014, par. 8.
  17. a b et c Charles 2004, p. 109.
  18. Charles 2014, par. 9.
  19. Kermoal 2014, par. 24.
  20. Charles 2014, par. 12.
  21. du Bois de la Villerabel 1870, p. 139-143.
  22. Charles 2004, p. 44.
  23. Charles 2014, par. 15-16.
  24. a et b Charles 2014, par. 17.
  25. Charles 2004, p. 41.
  26. Charles 2014, par. 19.
  27. Charles 2004, p. 112.
  28. Charles 2014, par. 23.
  29. a et b Charles 2004, p. 114.
  30. a et b Charles 2014, par. 24.
  31. Charles 2014, par. 24-28.
  32. a b et c Charles 2004, p. 101.
  33. Jean-Marie Le Gall, « Catalogues et séries de vies d'évêque dans la France moderne. Lutte contre l'hérésie ou illustration de la patrie ? », dans François Bougard et Michel Sot (dir.), Liber, Gesta, histoire : Écrire l'histoire des évêques et des papes, de l’Antiquité au XXIe siècle, Turnhout, Brepols, , 496 p. (ISBN 978-2-503-53122-9, DOI 10.1484/m.stmh-eb.3.2511, lire en ligne), p. 367–405.
  34. Provost 2014, par. 3.
  35. a b et c Annick Adam, « Une dynastie d'imprimeurs-libraires : les Doublet-Prudhomme à Saint-Brieuc (1620-1984) », Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne,‎ (lire en ligne).
  36. Patricia Sorel, La Révolution du livre et de la presse en Bretagne (1780-1830), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 329 p. (ISBN 978-2-86847-916-7 et 978-2-7535-2527-6, DOI 10.4000/books.pur.18299, lire en ligne), p. 190.
  37. Provost 2014, par. 2-4.
  38. Mathieu 2014, par. 2-4.
  39. Mathieu 2014, par. 18-22.
  40. Provost 2014, par. 5-6.
  41. Provost 2014, par. 7-8.
  42. Provost 2014, par. 10.
  43. Provost 2014, par. 12-15.
  44. Provost 2014, par. 16-18.
  45. Provost 2014, par. 19-21.
  46. Provost 2014, par. 22-26.
  47. Provost 2014, par. 27-28.
  48. Lagadec 2014, par. 1-3.
  49. Lagadec 2014, par. 4-12.
  50. Lagadec 2014, par. 14-17.
  51. Lagadec 2014, par. 21-27.
  52. Charles 2004, p. 102.
  53. « Carhaix », dans Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, vol. 1, Nantes, (lire en ligne), p. 148.
  54. Charles 2004, p. 103.
  55. Charles 2004, p. 104.
  56. Mathieu 2014, par. 12.
  57. Mathieu 2014, par. 13.
  58. Mathieu 2014, par. 15-16.
  59. Charles 2004, p. 105-106.
  60. a et b Yvon Le Blohic, « Un salon littéraire en presqu'île de Rhuys à la veille de la Révolution : la Société patriotique bretonne », Bulletin de l'association bretonne, vol. 122 « 140e congrès : Sarzeau 2013 »,‎ , p. 191-227 (lire en ligne).
  61. du Bois de la Villerabel 1870, p. 149.
  62. Mathieu 2014, par. 7-10.
  63. Nières 1991, p. 80-81.
  64. a b et c Charles 2004, p. 113.
  65. Charles 2004, p. 114-115.
  66. Charles 2014.
  67. a b c et d Hervé Le Goff, « Christophe-Michel Ruffelet, Les Annales briochines, 1771. Saint-Brieuc : histoire d’une ville et d’un diocèse (édité par Olivier Charles et alii), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, 626 p., (ISBN 978-2-7535-2833-8) », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 6144, no 4,‎ , p. 170–171 (ISSN 0048-8003, DOI 10.3917/rhmc.614.0170, lire en ligne, consulté le ).
  68. a et b Stéphane Gomis, « Christophe-Michel Ruffelet. Les « Annales briochines », 1771, Saint-Brieuc : histoire d'une ville et d'un diocèse. Édition par Olivier Charles. (« Mémoire commune »). Rennes, Société d'émulation des Côtes-d’Armor-Presses universitaire de Rennes, 2013 », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 101, no 246,‎ , p. 190–192 (lire en ligne, consulté le ).
  69. a et b Philippe Loupès, « Les Annales briochines, 1771, Saint-Brieuc : histoire d’une ville et d’un diocèse », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, nos 121-2,‎ (ISSN 0399-0826, DOI 10.4000/abpo.2803, lire en ligne, consulté le ).
  70. a et b « Histoire. Le chanoine Ruffelet réédité », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  71. Annexes 2014, n°3.
  72. Charles 2014, par. 21.
  73. Charles 2004, p. 92.
  74. a et b Charles 2004, p. 223.
  75. a et b Charles 2004, p. 93.
  76. a et b Charles 2004, p. 94.
  77. Charles 2004, p. 95.
  78. Sigismond Ropartz, « Introduction », dans Annales briochines, , p. XIII.
  79. Charles 2004, p. 96-97.
  80. Charles 2004, p. 99.
  81. Charles 2004, p. 107.
  82. Charles 2004, p. 98.
  83. Charles 2004, p. 100.
  84. a et b Olivier Charles, « Chanoines, jardinage et agriculture dans la Bretagne du XVIIIe siècle », dans Florent Quellier et Georges Provost (dir.), Du ciel à la terre : Clergé et agriculture, XVIe – XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-3096-6, lire en ligne), p. 55–70.
  85. Charles 2004, p. 278.
  86. Olivier Charles, « « La meilleure vie du monde ? » Entre discrétion et ostentation : les chanoines des cathédrales bretonnes et la richesse au XVIIIe siècle : Élites et richesse dans les villes de l’Ouest à l’époque moderne », dans Laurent Bourquin et Philippe Hamon (dir.), Fortunes urbaines, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-6838-9, lire en ligne), p. 129–149.
  87. Charles 2004, p. 112-113.
  88. a b et c Charles 2014, par. 22.
  89. Arnaud Le Méhauté, « Les cimetières de Saint-Brieuc », Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, vol. 56,‎ , p. 105-127 (lire en ligne).
  90. Charles 2014, par. 29.
  91. Annexes 2014, n°4.
  92. a et b Charles 2004, p. 90.
  93. a b c d e f g h et i Annexes 2014, n°2.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Sur Christophe-Michel Ruffelet

[modifier | modifier le code]
  • Arthur du Bois de la Villerabel, « Le chroniqueur Ruffelet. Biographie - Correspondance - Travaux inédits », Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, vol. 5,‎ , p. 129-198, 255-282 et 383-423 (lire en ligne).
  • Olivier Charles, « Un précurseur ? Christophe-Michel Ruffelet (11 janvier 1725-21 août 1806), chanoine et historien à l’époque des Lumières », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, nos 111-2,‎ , p. 89–118 (ISSN 0399-0826, DOI 10.4000/abpo.1285, lire en ligne, consulté le ).
  • Olivier Charles (dir.), Les Annales briochines, 1771 : Saint-Brieuc : histoire d'une ville et d'un diocèse, Rennes, Presses universitaires de Rennes-Société d'émulation des Côtes-d'Armor, coll. « Mémoire commune », , 626 p. (ISBN 978-2-7535-6543-2, BNF 43734769, DOI 10.4000/books.pur.43627, présentation en ligne, lire en ligne)
    • Olivier Charles, chap. 1 « Christophe-Michel Ruffelet, chanoine de Saint-Brieuc », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 35–55.
    • Olivier Charles, chap. 3 « Les chanoines historiens en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 67-81.
    • Georges Provost, chap. 4 « Les « fastes de l'Église briochine » : Ruffelet et la construction d’une identité diocésaine », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 97-121.
    • Nicolas Mathieu, chap. 5 « L'Antiquité de Christophe-Michel Ruffelet », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 123-136.
    • Yann Lagadec, chap. 6 « La société fondamentalement rurale et agricole du diocèse de Saint-Brieuc : les œillères du chanoine Ruffelet… », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 137-155.
    • Christian Kermoal, chap. 8 « Le Saint-Brieuc de Ruffelet », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 181-192.
    • « Annexes », dans Les Annales briochines, 1771, (lire en ligne), p. 509-540.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]