Christoph Blocher

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Christoph Blocher
Illustration.
Photo officielle de Christoph Blocher (2007).
Fonctions
Vice-président de l'Union démocratique du centre(UDC)[1]

(10 ans)
Conseiller national

(2 ans, 5 mois et 26 jours)
Législature 49e (2011-2015)

(24 ans, 1 mois et 5 jours)
Législature 41e (1979-1983)
42e (1983-1987)
43e (1987-1991)
44e (1991-1995)
45e (1995-1999)
46e (1999-2003)
47e (2003-2007)
107e conseiller fédéral

(3 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection
Prédécesseur Ruth Metzler-Arnold
Successeur Eveline Widmer-Schlumpf
Chef du Département fédéral de justice et police

(3 ans, 11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Ruth Metzler-Arnold
Successeur Eveline Widmer-Schlumpf
Président de l'Union démocratique du centre(UDC) dans le Canton de Zurich[1]

(26 ans et 10 mois)
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Schaffhouse
Origine Canton de Zurich
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Union démocratique du centre(UDC)
Enfants Magdalena Martullo-Blocher
Diplômé de Université de Zurich
Liste des conseillers fédéraux de Suisse

Christoph Wolfram Blocher est un homme d'affaires et politique suisse né le à Schaffhouse. Connu pour ses prises de positions pour l'indépendance de la Suisse et contre le rapprochement avec l'Union européenne, il est associée à la victoire des anti-européens lors du référendum populaire 1992. Membre de l'Union démocratique du centre, il a été conseiller national de 1979 à 2003. Élu conseiller fédéral pour la période 2004 - 2007, il est l'un des quatre conseillers fédéraux à n'avoir pas été réélu. Sur le plan professionnel, il a dirigé pendant de nombreuses années l'entreprise du secteur chimique EMS Chemie. Actif également dans le domaine médiatique à travers le groupe Zeitungshaus, ses opposants lui reprochent d'utiliser ses titres de presse pour servir ses ambitions politiques au détriment de l'information du public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils de pasteur, il est le septième d'une famille de onze enfants de condition modeste[2],[3]. Contre la volonté de son père[4], il effectue un apprentissage d'agriculteur et obtient son diplôme à l'école d'agriculture de Wülflingen. Il obtient ensuite sa maturité et étudie le droit à l'Université de Zurich, avec un passage à Montpellier et à Paris, il obtient un DEA en droit puis étudie à la faculté de droit de l'Université de Zurich, en même temps que le socialiste Moritz Leuenberger. Il obtient son doctorat en 1971. Il est marié à l'ex-institutrice du primaire Silvia Blocher, née Kaiser. Ils ont trois filles et un fils. Christoph Blocher vit à Herrliberg (canton de Zurich) sur la “Rive dorée” (en allemand Goldküste), quartiers résidentiels très prisés du bord du lac de Zurich. Il loue aussi à vie le château fortifié de Rhäzüns, propriété du groupe EMS Chemie, dans les Grisons. L'entreprise est dirigée par sa fille Magdalena Martullo-Blocher.

Carrière dans le privé[modifier | modifier le code]

En 1983, le patron de l'entreprise EMS Chemie meurt. Une seule société est intéressée par le rachat de la petite entreprise zurichoise, et elle entend supprimer plus de 800 emplois sur 1 100. Devant cette menace, Blocher — alors employé sans le sou — [réf. nécessaire] décide d’hypothéquer tout ce qu'il possède et d'emprunter aux banques, afin de pouvoir racheter EMS Chemie. En 15 ans, il multiplie le bénéfice de l'entreprise par 80 et crée plus de 1 200 emplois qui s'ajoutent aux 1 100 déjà existants[5]. Il a déclaré qu'il fallait prendre exemple sur les entrepreneurs d'Asie, et particulièrement japonais, où la direction de l'entreprise vient du bas de la hiérarchie.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Christoph Blocher commence sa carrière politique en adhérant au Redressement national (RN), mouvement créé dans l'immédiat après-guerre qui regroupe à la fois certaines figures notoires de l'extrême droite et des modérés à l'image de Samuel Schmid. Il en devient l'un des membres du comité. En 1984, ce comité part en campagne contre le nouveau droit matrimonial qui introduit l'égalité dans le couple entre le mari et sa femme, passant outre le vote majoritaire des membres du RN en faveur de la loi[6].

Fondateur de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) en 1986, il refuse tout rapprochement avec l'Union européenne (UE) et est opposé à l'envoi de militaires suisses à l'étranger. Son ascension politique commence véritablement avec sa victoire lors du refus populaire de l'adhésion de la Suisse à l'Espace économique européen, le . Il s'est cependant opposé sans succès à l'entrée de la Suisse à l'Organisation des Nations unies en 2002.

Christoph Blocher siège au Conseil national de 1979 à son élection au Conseil fédéral en 2003. Son parti, l'Union démocratique du centre (UDC) devient le premier du pays en 1999, dépassant légèrement le Parti socialiste suisse (PSS). Il consolide cette place lors des élections du en obtenant 55 mandats au Conseil national (chambre basse du parlement) et 8 au Conseil des États (chambre haute).

Proposant un programme socialement conservateur et mêlant des éléments de l'économie libérale au protectionnisme, il est considéré comme populiste par la majorité des médias[7],[8]. Il prône une politique appelant à la protection des intérêts et des traditions suisses et au durcissement de la politique d'immigration et d'asile, afin dit-il de « protéger l'indépendance, la prospérité et la réputation du pays ainsi que la sécurité de la population ».

Élu le à la place de Ruth Metzler-Arnold, candidate officielle du Parti démocrate-chrétien (PDC), il siège au Conseil fédéral dès le et prend la direction du Département fédéral de justice et police. À ce poste, il décide notamment la fusion de l'Office fédéral de l'immigration, émigration et intégration (IMES) avec celui des réfugiés (ODR), ce qui donne naissance à l'Office fédéral des migrations (ODM).

Manifestation du à Lausanne appelant à la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil fédéral.

Se heurtant, tout au long de son mandat au Conseil fédéral, aux usages de la concordance et du gouvernement consensuel propres à la tradition confédérale, Blocher, le , n'est pas réélu au Conseil fédéral par 115 voix contre 125 pour la conseillère d'État grisonne Eveline Widmer-Schlumpf (UDC), soutenue par une coalition PSS, Verts et PDC[9],[10], renforcée par des voix radicales. Le 17 novembre 2008, à la suite de la démission du conseiller fédéral Samuel Schmid, l'UDC zurichoise le désigne comme candidat à sa succession[11], mais il sera largement devancé par le Zurichois Ueli Maurer. En 2009, le débat entre Chrisoph Blocher, Nicolas Hayek et Christian Levrat suscite de l'effervescence à la suite de déclarations sur les banques UBS et Credit Suisse[12].

Le 7 avril 2011, à 71 ans, il se lance dans la course pour les élections fédérales 2011. Candidat dans le canton de Zurich, il brigue à la fois un siège au National et au Conseil des États. Cette candidature s'inscrit dans la volonté de l'UDC de renforcer ses effectifs dans la Chambre haute, considérée comme trop à gauche et trop favorable à l'UE[13]. Cette tentative d'accès au Sénat se solde par un échec. Christoph Blocher est néanmoins réélu au Conseil national. Il démissionne du Conseil national au 1er juin 2014 au profit de Thomas Matter[14].

Il détient aussi le record du nombre d'absence, avec plus du tiers des scrutins des parlementaires[15],[16].

En janvier 2016, il annonce son intention de quitter la vice-présidence de l'UDC[17].

Soutien de l'apartheid en Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, Christoph Blocher anime le Groupe de travail d'Afrique du Sud ou Arbeitsgruppe Südliches Afrika (ASA) qui soutient les lois sud-africaines en faveur de l'apartheid[6],[18].

En 2013, à la mort de Nelson Mandela, Blocher réagit et estime que le leader de la lutte anti-apartheid est loué de manière exagérée : « Mandela est largement surestimé. C'est ainsi : si quelqu'un a fait quelque chose de bien, on l'applique à tout ce qu'il a fait[19]. »

Activités dans le secteur médiatique[modifier | modifier le code]

Le 17 avril 2018, la Zeitungshaus (entreprise de presse dont Christoph Blocher est copropriétaire) annonce sa volonté d'acquérir plusieurs titres romands locaux, dont le GHI (Genève) et Lausanne cités [20]. Ces projets d'acquisitions interviennent dans le cade d'un échange entre les deux grands groupes de presse suisse (Tamedia et Zeitungshaus) puisque le Basler Zeitung passerait de son côté au main de Tamedia, permettant aux deux entreprises de renforcer leurs positions respectives[21]. Côté lausannois ou genevois, plusieurs élus (notamment de gauche) critiquent l'arrivée du politicien zurichois dans le paysage médiatique local[22],[23]. Ils craignent une politisation des journaux locaux, une perte de diversité dans l'information locale ou s'inquiètent des difficultés économiques rencontrées par ce secteur. À l'opposé, d'autres estiment que ces acquisitions s'inscrivent dans la stratégie d'investissements dans le secteur médiatique qu'a toujours suivie Cristoph Blocher et permettent de renforcer financièrement ces titres de presse. Plus généralement, ces transactions sont une surprise puisque Cristoph Blocher déclarait 6 mois plus tôt qu'il ne souhaitait pas investir dans la presse romande et que cela serait une erreur stratégique[24]. Fin mai, le propriétaire des deux quotidiens Lausanne Cités et GHI, Jean-Marie Fleury, annonce qu'il exerce son droit de préemption en rachetant directement à Tamedia ses actions[25],[26]. Cette opération empêche la Zeitungshaus et Christoph Blocher de prendre possession de ces titres.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Officier dans l'armée suisse, il a progressé dans la hiérarchie jusqu’au grade de colonel avec fonction de commandant de régiment dans les anciennes troupes de protection aérienne[27], maintenant troupe de défense contre avions, avant de prendre sa retraite.

Citoyennetés[modifier | modifier le code]

Christophe Blocher est citoyen des communes de Meilen, Zurich et Schattenhalb. Il est également citoyen d'honneur de l'ancienne commune de [28].

Collectionneur d'art et promotion de la culture[modifier | modifier le code]

Christoph Blocher possède la plus grande collection au monde de toiles d'Albert Anker et de nombreux tableaux de Ferdinand Hodler[7].

En 2009, il a constitué la fondation Schweizer Musikinsel Rheinau, dont le but est la création d'un centre pour jeunes musiciens sur l'île-couvent de Rheinau[29]. Il s'est déclaré prêt à contribuer à ce projet à hauteur de 20 millions de francs suisses, prélevés sur sa fortune personnelle, dès que le canton aurait accepté la réaffectation du couvent[30].

Par l'intermédiaire de son entreprise EMS Chemie, il a acquis le château de Rhäzüns[31], dans le canton des Grisons. Il y détient un droit d'habitation à vie et l'utilise en tant que résidence secondaire avec son épouse[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Au Eidgenössischen Trachtenfest en 2010 à Schwyz
  • Matthias Ackeret, Le principe Blocher : manuel de direction, éd. Meier, Schaffhouse, 2007 (ISBN 9783858010889)
  • Lukas Zollinger, Der Mittelstand am Rande : Christoph Blocher, das Volk und die Vorstädte, éd. Institut für Soziologie, Berne, 2004 (OCLC 69982383)
  • Fredy Gsteiger, Blocher : ein unschweizerisches Phänomen, éd. Opinio, Bâle, 2002 (OCLC 50811391)
  • Andreas Iten, Blochers Populismus + Widerspruch : über die Wahrheitsgehalt der Albisgüetlirede '99, éd. Werd-Verlag, Zurich, 1999 (OCLC 52375145)
  • Christoph Schilling, Blocher : Aufstieg und Mission eines Schweizer Politikers und Unternehmers, éd. Limmat, Zurich, 1994 (OCLC 36178403)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://www.parlament.ch/fr/biografie/christoph-blocher/21
  2. (de) « Der Mann, der den Fremdenhass in die Schweiz brachte », FOCUS Online,‎ (lire en ligne)
  3. Jean-Michel Normand, « Qui est vraiment Christoph Blocher ? », M, le magazine du Monde, semaine du 22 février 2014, page 22.
  4. Christoph Blocher, dessine-moi la Suisse... sur blocher.ch : « Votre père était-il d'accord avec cette idée ? Blocher : Non, et il avait raison. »
  5. Le Principe Blocher, Manuel de direction (ISBN 978-3-85801-088-9)
  6. a et b Philippe Nordmann, « Christoph Blocher : ce n'est pas fini. C'est pire ! », Domaine public, 5 décembre 2003.
  7. a et b Jérôme Meizoz, « Quand le populisme recrée la peinture nationale », Le Courrier, 10 novembre 2003.
  8. « Le parlement inflige un revers historique à la droite populiste », edicom.ch, 12 décembre 2007.
  9. Swissinfo , 11h44.
  10. Le récit de l'élection du Conseil fédéral, scrutin après scrutin, Le Temps, .
  11. « Blocher veut retourner au gouvernement », Radio suisse romande, 18 novembre 2008.
  12. http://www.rts.ch/video/info/journal-12h45/827147-suisse-christian-levrat-christoph-blocher-et-nicolas-hayek-veulent-redimensionner-l-ubs-et-le-credit-suisse-qu-ils-jugent-dangereuses-pour-le-pays.html
  13. http://www.24heures.ch/depeches/suisse/federales-2011-christoph-blocher-lance-course-etats http://www.tsr.ch/info/dossiers/2011/elections-federales/journal-de-campagne/3133886-blocher-et-baader-deux-doubles-candidats-pour-berne.html
  14. http://www.parlament.ch/f/organe-mitglieder/bundesversammlung/mutationen/49-legislatur/Pages/default.aspx
  15. « Christoph Blocher toujours le plus grand absent aux votes du Parlement »
  16. « Christoph Blocher s'en prend au Parlement pour quitter le National »
  17. http://www.rts.ch/info/suisse/7399605-blocher-va-quitter-la-vice-presidence-de-l-udc-selon-plusieurs-medias.html
  18. « Programme de recherche du Fonds national suisse : Comment la Suisse a soutenu l'apartheid », octobre 2005.
  19. « Nelson Mandela est “surestimé” selon Blocher » 20 minutes, 7 décembre 2013
  20. « Christoph Blocher rachète le «GHI» », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  21. Par Philippe Rodrik, « «Tamedia et Blocher deviennent des leaders encore plus forts» », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  22. Par Caroline Zuercher, « «Christoph Blocher va politiser Lausanne Cités» », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  23. « Christoph Blocher prend Genève de court », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  24. « Le groupe Tamedia rachète la Basler Zeitung à Christoph Blocher », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  25. oang, « Christoph Blocher n'entrera pas au capital de Lausanne Cités et GHI », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  26. Nicolas Dufour, « Christoph Blocher ne rachètera pas «GHI» et «Lausanne Cités» », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  27. Indications personnelles
  28. (de) Andreas Staeger, « Wie Christoph Blocher eine Heimat bekam », Tages-Anzeiger,,‎ (ISSN 1422-9994, lire en ligne)
  29. Informations sur le couvent de Rheinau, en allemand Kloster Rheinau
  30. http://www.nzz.ch/nachrichten/zuerich/blocher_sponsert_musikzentrum_auf_der_klosterinsel_rheinau_1.2797728.html?printview=true Communiqué de presse : http://www.smpv.ch/myUploadData/files/SH_Medienmitteilung_Stiftung.pdf Extrait du registre du commerce : http://zh.powernet.ch/webservices/inet/HRG/HRG.asmx/getHRGHTML?chnr=0207001632&amt=020&toBeModified=0&validOnly=0&lang=2&sort=0
  31. Château de Rhäzüns
  32. http://www.news.ch/Blocher+wird+waehrend+der+Session+zum+Schlossherr/252294/detail.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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