Christine and the Queens

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Christine and the queens)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Christine and the Queens
Description de cette image, également commentée ci-après
Christine and the Queens au festival des Vieilles Charrues 2014.
Informations générales
Surnom Chris
Nom de naissance Héloïse Letissier
Naissance (30 ans)
Nantes, France
Activité principale Chanteuse, auteur-compositrice-interprète, pianiste
Genre musical Électro-pop
Instruments Piano
Années actives Depuis 2010
Labels Because Music
Site officiel christineandthequeens.com

Christine and the Queens et Chris sont les noms de scène d'Héloïse Letissier[1], une chanteuse, auteur-compositrice-interprète, productrice et pianiste française née le à Nantes.

Elle connaît le succès en 2014, dès la sortie de son premier album Chaleur humaine. Nommée à cinq reprises aux Victoires de la musique 2015, elle obtient deux récompenses, dont celle de l'artiste interprète féminine de l'année.

En 2016, l'édition française du magazine Vanity Fair la classe comme la Française la plus influente du monde[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Originaire de Saint-Sébastien-sur-Loire dans la banlieue nantaise[3], elle commence l’apprentissage du piano à 4 ans, la danse classique à 5 ans, puis le modern-jazz[4].

Son père est professeur d'anglais à l’université de Nantes et sa mère professeur de lettres classique au collège[5]. Elle a également un frère aîné, Florentin Létissier, professeur de sciences économiques et sociales et adjoint chargé de l’environnement et du développement durable à la maire du 14ème arrondissement de Paris[6],[7].

Elle étudie d'abord au lycée Clemenceau de Nantes, où elle suit l'option théâtre. Passionnée de littérature, elle continue ses études en hypokhâgne et khâgne au lycée Fénelon à Paris[8]. En 2008, elle part à Lyon, car elle entre à l'École normale supérieure en études théâtrales[8], et (parallèlement) au Conservatoire d'Art dramatique.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

À la suite d'une rupture amoureuse et d'une dépression, elle part deux semaines à Londres où elle se réfugie chez Madame Jojo’s, un cabaret queer et fait la rencontre de drag queens, dont Russella[6], aujourd'hui sources de son inspiration et de ses créations[9]. Elle retourne à Paris en 2010 pour se consacrer à son projet Christine and the Queens, mêlant musique, performance, vidéo, dessin et photographie. Ce projet voit le jour fin 2010 à Londres[10].

Parmi ses influences on peut citer Christophe et Pina Bausch, mais aussi David Bowie et Michael Jackson, dont elle s'inspire fortement pour son jeu de scène et ses pas de danse (particulièrement flagrant par exemple dans le clip Saint Claude)[8]. Elle adopte un look androgyne, chantant le plus souvent vêtue d'un costume de coupe masculine Carr[11]. Elle « revendique le droit de ne pas se définir dans son genre comme dans sa sexualité »[12].

Débuts de carrière (2011-2014)[modifier | modifier le code]

En 2011, révélée par Marc Lumbroso chez Remark Records[13] sur les conseils de sa fille Jessi[14], elle sort son premier EP baptisé Miséricorde, suivi d'un deuxième EP en 2012, Mac Abbey, dont sont extraits les titres Narcissus is back et Cripple. Ces deux premiers EP ont été mixés par l'ingénieur du son nantais Jean-François Moreau[15], qui a également travaillé avec Bruno Pelletier[16] ou encore Liz Cheral[17]. Ces deux EP portent le nom de deux de ses cinq Queens, Mathusalem, Mouise, Motus, Miséricorde et Mac Abbey[18]. Christine and the Queens assure alors la première partie de Lykke Li, The Dø[19] ou encore Woodkid, puis en 2013 de Lilly Wood and the Prick et Gaëtan Roussel. Composant seule sur son ordinateur, elle réalise des prestations scéniques entre théâtre, danse et chant, à la manière de Laurie Anderson[19].

En 2012, elle remporte le prix « Découverte » du Printemps de Bourges[11] et le prix « Premières Francos » lors des Francofolies[19]. À l'automne de la même année, elle signe un contrat d'artiste chez le label indépendant français Because Music et bénéficie de moyens plus importants : des danseurs sont désormais présents lors de ses concerts[10]. Elle prête sa voix en 2012 aux titres Distance et Wasteland du duo électronique The Name[20]. Son troisième EP, Nuit 17 à 52, sort le 3 juin 2013. Son style musical est fréquemment qualifié d'électro-pop[8]. En février 2014, Christine and the Queens est nommée aux Victoires de la musique dans la catégorie Groupe ou artiste révélation scène. Lors de cette soirée, elle interprète Nuit 17 à 52. Elle assure la première partie du concert de Stromae[11], à Genève le 26 mars, à Nice le 27 mars, à Montpellier le 28 mars et à Pau le 29 mars.

Chaleur humaine (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Christine and the Queens sort son premier album Chaleur humaine le 2 juin 2014, d'où sont extraits ses deux principaux succès, Saint-Claude et Christine. Elle entame une tournée en 2014 et se produit notamment au festival des Vieilles Charrues le 17 juillet 2014. Elle s'est également produite au Coconut Music Festival à Saintes les 26, 27 et 28 septembre 2014, et au Botanique à Bruxelles le 4 octobre 2014. L'album devient disque d'or le 2 octobre 2014. Une édition spéciale comprenant notamment un DVD est publiée fin d'année. Sa tournée se poursuit en 2015, dans des salles telles que la Cigale ou encore l'Olympia, le 6 mars 2015. Un EP iTunes Session sort le , comprenant six chansons enregistrées en direct en novembre 2014. Christine fait l'objet d'un nouvel arrangement, et Safe and Holy n'est accompagnée que d'un piano. Des cordes sont également ajoutées sur certains titres avec la participation du collectif c o d e[21],[22].

Le 13 février 2015, lors de la 30e cérémonie des Victoires de la musique, Christine and the Queens obtient deux récompenses sur cinq nominations, dont celle de l'artiste interprète féminine de l'année[23]. Un autre EP, Saint Claude, sort par ailleurs exclusivement aux États-Unis le 14 avril 2015 sur le label Neon Gold Records. Il comprend cinq chansons en anglais, dont Tilted, une version en anglais de Christine (qui est elle-même une version en français de Cripple, sorti en 2012 sur l'EP Mac Abbey)[24]. L'album Chaleur humaine devrait par ailleurs être distribué aux États-Unis[3].

Un EP, Intranquillité, en version limitée à 1 000 exemplaires, a été publié le 18 avril 2015 dans le cadre du Disquaire Day[25]. Il comprend quatre titres, dont un inédit, Intranquillité, régulièrement joué en concert depuis 2014 sous le titre Dessassossego, ainsi que la reprise d'Amazoniaque (déjà présent sur l'EP Mac Abbey), dans un arrangement différent[26]. Les chorégraphies des clips et de la tournée sont de Marion Motin, également chorégraphe de Stromae[27]. Un premier extrait de l'album international, dont la parution est prévue le 16 octobre 2015, est publié le 9 septembre. Il s'agit de No Harm Is Done, interprété en anglais[28]. Elle en réalise elle-même le clip. Elle sort en tant que second extrait le 9 février 2016 le titre Here qui est un duo avec le rappeur Booba.

Chris (2018)[modifier | modifier le code]

L'artiste se fait appeler désormais sous le patronyme « Chris » et adopte un nouveau look androgyne. La chanteuse joue l'ambiguïté sur son identité sexuelle et assume cette nouvelle image afin de redéfinir une féminité opprimée, de questionner une société "machiste et phallocentrée" ainsi qu'une volonté d’“échapper à la définition” [29].

Son nouvel album s'intitule également Chris , qu'elle promet « plein de sueur »[30]. En juillet 2018, des singles sortent en anticipation de l'album dont la sortie est prévue en septembre 2018[31]. Le single Damn, dis-moi et une version en anglais, nommée Girlfriend est le fruit d'une collaboration avec le musicien américain Dâm-Funk. Le second single sort également en deux versions, l'une en français intitulée Doesn't matter (voleur de soleil), l'autre en anglais intitulée Doesn't matter.

Une semaine après sa sortie, le clip de "Damn, dis-moi" dépasse le million de vues sur Youtube[32]. Rapidement, la chanteuse fait l'objet d'une accusation de plagiat pour avoir emprunté une boucle musicale du logiciel de composition de Logic Pro, distribué par la firme américaine Apple, pour créer la mélodie du morceau Damn, dis-moi. En effet, les différents motifs musicaux intégrés dans le morceau Damn dis-moi sont issus de boucles sous licence libre. La chanteuse admet cette réutilisation - qui est légale - et se défend de tout plagiat en déclarant : « (...). 95% des raps d’aujourd’hui empruntent des chansons connues. Au moins trois morceaux de Rihanna sont bâtis à base de boucles issues de ces logiciels. Je n’ai pas plagié, j’ai samplé une boucle libre de droits, sur laquelle j’ai ajouté des paroles, la mélodie de chant, les arrangements. C’est une technique de création comme une autre. Démocratiquement, je suis libre de prendre ce que je veux dans Logic pro. Quand Gainsbourg empruntait des mélodies à Chopin, est-ce que c’était du plagiat ? »[33],[34].

Elle déclare également être victime de sexisme en déclarant que ses attaques sont liées au fait qu'elle soit une "femme" et "productrice"[35].

Revenus[modifier | modifier le code]

Avec plus d'un millions d'album exemplaires physiques vendus auxquels s’ajoutent 129 000 unités d’équivalences streaming, elle est l'une des artistes francophone les plus vendus dans le monde entier[36].

En 2016, elle domine le Top 50 des Français les plus influents à l'étranger, selon le classement effectué par le magazine Vanity Fair[37].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En , pour le magazine Terrafemina, elle se définit comme bisexuelle et affirme d'ailleurs à propos du milieu des clubs travestis londoniens qu'elle a fréquenté : « Ces travestis sont devenus des amis, ils ont été ma source d'inspiration et de création. Ils m'ont donné l'idée de me créer un personnage, de m'inventer une autre silhouette, une autre manière d'évoluer dans l'espace. Christine, avant d'être un projet musical, a été ma solution pour exister correctement. Les Queens (en) de « Christine and the Queens », c'est un hommage que je leur rends. Sans eux, je ne serais pas là aujourd'hui »[38]. En , dans une interview pour le magazine Elle, Christine and the Queens se définit comme pansexuelle[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Album studio[modifier | modifier le code]

EP[modifier | modifier le code]

Concerts et représentations[modifier | modifier le code]

Tournée Chaleur humaine[modifier | modifier le code]

Titres interprétés par l'artiste (setlist) :

  1. Starshipper
  2. Half Ladies
  3. iT
  4. Science Fiction
  5. Photos Souvenirs (reprise de William Sheller)
  6. Paradis Perdus (reprise de Christophe) et refrain repris de Heartless (chanson de Kanye West))
  7. Christine
  8. Who Is It (reprise de Michael Jackson) (+ avec Olivia Merilahti le 6 mars 2015 à l'Olympia de Paris, le 29 avril 2015 au Printemps de Bourges et le 12 juillet 2015 au festival Musilac à Aix-Les-Bains)
  9. Narcissus Is Back
  10. Ugly-Pretty
  11. Intranquillité (titre inédit)
  12. Chaleur humaine
  13. Saint Claude
  14. Here

Premier rappel :

  1. Safe and Holy
  2. The Loving Cup

Second rappel :

  1. Nuit 17 à 52

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prisma Média, « Christine and the Queens - La biographie de Christine and the Queens avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 9 août 2017)
  2. « Christine and the Queens est la Française la plus influente du monde », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Christine and the Queens: «Le succès est quelque chose de très mystérieux» », sur 20 Minutes, (consulté le 12 mars 2015).
  4. Chrystel Chabert, « Christine and The Queens : "Je ne veux pas choisir entre chanson française et pop-music anglaise" », sur francetvinfo.fr, .
  5. a et b « Christine and the Queens évoque sa sexualité - Elle », sur www.elle.fr, (consulté le 31 janvier 2016)
  6. a et b « VIDEOS. La voix royale de Christine and the Queens », sur www.lexpress.fr (consulté le 4 février 2016)
  7. « Mon parcours | Le blog de Florentin Letissier », sur www.florentinletissier.fr (consulté le 11 février 2016)
  8. a, b, c et d Pauline Verduzier et Olivier Duc, « Christine and the Queens, nouvelle reine de la scène », sur Le Figaro, (consulté le 14 septembre 2014).
  9. Marion van Renterghem, « Les 50 Français les plus influents du monde - n°1 Christine and the Queens », Vanity Fair n°42, décembre 2016 - janvier 2017, pages 110-116.
  10. a et b Mathilde Lecolant, « Christine & The Queens : "amener un peu de fantaisie ou de bizarre" dans le genre populaire », sur Le Monde, (consulté le 14 septembre 2014).
  11. a, b et c « Christine and The Queens : “J’adorerais être une icône gay” », sur Télérama, (consulté le 14 septembre 2014).
  12. Florian Bardou, « Christine and The Queens: «Je revendique le droit de ne pas se définir» », sur Yagg, (consulté le 12 mars 2015).
  13. « Interview – Marc Lumbroso, producteur de coups de cœur - De Jean-Jacques Goldman à Christine and The Queens », sur lesnumeriques.com, (consulté le 21 septembre 2016)
  14. Éloïse Bouton, « Musique : Christine and the Queens, féminin plurielle », sur leparisien.fr, (consulté le 21 septembre 2016)
  15. « Jean-François Moreau, l’homme des premiers enregistrements nantais de Christine and the Queens », sur France Bleu, (consulté le 14 mars 2015).
  16. « Fillière Progressive : Bruno Pelletier joint le groupe de rock nantais TOUCH », sur www.soreltracy.com, (consulté le 18 novembre 2017)
  17. « "Les Survivantes", le nouveau spectacle de Liz Cherhal », France Bleu,‎ pas de date indiquée (lire en ligne)
  18. Découvrez Christine And The Queens et sa Pop fantasmagorique - No Playing Mag, 10 janvier 2012
  19. a, b et c « Christine And The Queens », sur France Inter (consulté le 14 septembre 2014).
  20. « Distance (feat. pour The Name) », sur Christine and the Fans :: Christine and the Queens fan-site (consulté le 15 février 2016)
  21. « iTunes Session - Christine and the Queens », sur iTunes.apple.com (consulté le 12 mars 2015).
  22. « Christine and the Queens : un nouvel EP en février », sur www.rfm.fr RFM, (consulté le 12 mars 2015).
  23. « Victoires de la musique 2015 : Christine and the Queens et Julien Doré grands gagnants », sur www.lexpress.fr L'Express, (consulté le 12 mars 2015).
  24. Marion Lizé, « Christine and the Queens sort un titre en anglais », sur www.elle.fr Elle, (consulté le 12 mars 2015).
  25. Christine and the Fans - « Intranquillité » : focus sur le nouvel EP de Christine.
  26. Christine and the Fans - « Intranquillité » : un EP en pressage limité pour le Disquaire Day.
  27. Christine and the Queens : portrait vérité d'une reine de la pop, sur elle.fr, consulté le 5 juin 2015
  28. Christine and the Queens - No Harm Is Done ft. Tunji Ige - Youtube.
  29. « Christine and the Queens se donne un nouveau genre », sur lefigaro.fr, (consulté le 31 juillet 2018)
  30. « Christine and the Queens: «Damn, dis-moi» dépasse le million de vues! », sur http://www.cheriefm.fr,
  31. « Christine and the Queens sortira son deuxième album le 21 septembre », sur chartsinfrance.net (consulté le 6 juillet 2018)
  32. « Christine & The Queens : Son clip Damn,dis-moi dépasse le million de vues ! », sur www.virginradio.fr/ (consulté le 1er août 2018)
  33. « Christine and the Queens répond aux accusations de plagiat pour "Damn, dis-moi" », sur chartsinfrance.net (consulté le 31 juillet 2018)
  34. « Accusée de plagiat, Chris(tine & The Queens) répond à la polémique », sur www.lesinrocks.com, (consulté le 31 juillet 2018)
  35. « Accusée de plagiat, Christine and The Queens estime être victime de sexisme », sur lci.fr, (consulté le 31 juillet 2018)
  36. « Christine & The Queens s’approche du million d’albums vendus », sur www.20minutes.fr,
  37. « Christine and the Queens, Française la plus influente dans le monde », sur lepoint.fr, .
  38. Sarah Redon, « Christine and the Queens : "Je suis bisexuelle" », sur www.elle.fr, (consulté le 11 février 2017)
  39. Christine and the Queens (US LP).
  40. « Saint Claude - EP », sur iTunes (consulté le 15 février 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :