Christine Clerc

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Christine Clerc
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Christine Clerc en 2016.
Biographie
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Christine Clerc est une journaliste politique française, née le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa scolarité se déroule chez les dominicaines du Havre, puis en pension au collège Notre-Dame des Oiseaux, que fréquentèrent aussi Martine Aubry et Ségolène Royal[1]. Étudiante, elle épouse à dix-neuf ans un interne en médecine et a deux fils[1].

Elle traduit des romans policiers pour la Série noire Gallimard et s’inscrit à l’École du Louvre, où la grande égyptologue Christiane Desroches Noblecourt lui transmet son amour de l’Égypte[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

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Après des études à Sciences Po et l’École du Louvre, elle entame une carrière de journaliste à L'Express en 1970, sous la direction de Françoise Giroud. Celle-ci lui commande, pour première grande enquête, un tour de France sur le thème « Comment vit-on avec 1000 francs par mois ? »[2].

Suite au départ de L'Express de Jacques Duquesne et de Claude Imbert, pour fonder Le Point, Imbert, son nouveau directeur qui a promu auparavant dans le journalisme politique Michèle Cotta et Catherine Nay, lui propose de rejoindre le nouvel hebdomadaire. Elle y sera, jusqu’en 1979, successivement spécialiste des problèmes sociaux, agricoles, et de santé. Elle y tiendra une chronique sur le monde des entreprises et effectuera de grands reportages sur les entreprises françaises à l’étranger (Chine, Brésil, États-Unis)[2].

En 1979, elle entame une collaboration avec le magazine Elle où elle effectue des portraits de personnalités politiques (première interview publiée de Bernadette Chirac, dans Elle en 1979 ; premier portrait de Marie-France Garaud)[2].

En 1981, elle devient grand reporter et journaliste politique au Figaro Magazine et au Figaro. Sous la direction de Louis Pauwels, elle y poursuit ses grands reportages à travers la France des usines, des campagnes, des hôpitaux et des collèges. Regroupés dans un livre, Le Bonheur d’être Français, ceux-ci lui vaudront d’être l’une des toutes premières femmes lauréates du prix Albert-Londres (1982). Elle suit en campagne électorale François Mitterrand, Jacques Chirac, Édouard Balladur, Nicolas Sarkozy. Elle interviewe à leur domicile Simone Veil, Raymond Barre, etc. Elle rejoint à nouveau le journal à partir de 1995 et de l'arrivée de Franz-Olivier Giesbert à la direction ; elle part en 2006, après la reprise du groupe par Dassault et le départ de Giesbert[2].

En même temps, Christine Clerc travaille pour plusieurs magazines comme Connaissance des arts, Vogue et Reader's Digest, pour lesquels elle écrit notamment des portraits d’artistes (Yves Saint Laurent, Maria Helena Vieira da Silva, Hans Hartung, Jean-Pierre Raynaud, Charlotte Perriand). Elle collabore également aux hebdomadaires Valeurs actuelles (jusqu'en janvier 2013) et Marianne. Elle tient une chronique hebdomadaire au Télégramme de Brest (à partir de 1979) et au Midi libre (à partir de 1996)[2].

De 1986 à 1989, elle assure l’interview matinale de RMC. De 1980 à 1992, elle est membre du « Club de la presse » d’Europe 1. De 1992 à 2006, elle est chargée de remplacer durant ses vacances le chroniqueur politique de la matinale à RTL (Philippe Alexandre puis Alain Duhamel). Elle écrit de nombreux livres autour de la politique et de l’Histoire, dont quatre ouvrages sur la période de Gaulle, mais aussi un essai sur Victor Hugo[2].

Elle est membre de l’Association du prix Albert-Londres et préside le jury du Prix Aujourd'hui, un prix qui récompense chaque année un ouvrage historique, philosophique ou politique.

Elle participe ponctuellement comme invitée à l'émission quotidienne C dans l'air de la chaîne publique France 5[3].

Polémiques[modifier | modifier le code]

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En 1985, allant interviewer Coluche à Europe 1 à propos du lancement de sa campagne pour les Restos du cœur, elle s’étonne que l’ex-candidat à la présidentielle « pour rire » se vante d’être reçu par des maires de droite comme Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux et le propre directeur éditorialiste du Figaro, Alain Peyrefitte, à Provins. « Vous les méprisez, non, ces gens-là ? » Coluche entre alors dans une colère noire : il lui arrache son sac et son carnet, prend Christine Clerc à la gorge en vociférant « C’est ton sale journal de m… qui pue le mépris ! » et la cogne contre le mur. Christine Clerc, en arrêt de travail pour dix jours, gardera les cicatrices de cette agression pendant plusieurs semaines. Elle recevra des milliers de témoignages de soutien, dont ceux de Jacques Chaban-Delmas, Alain Peyrefitte, Yves Montand et Jacques Delors. Un procès devait avoir lieu lorsque Coluche trouva la mort dans un accident de moto.

Dans un article de 1986 publié dans Le Figaro Magazine ou à la télévision (les sources varient), elle reproche à Henri Krasucki d'être un « Français de fraîche date » et peut-être de se montrer ingrat envers sa nouvelle patrie. Elle ignorait[réf. nécessaire] alors que le secrétaire général de la CGT était un juif polonais naturalisé français et qu'il avait été résistant FTP-MOI. Après avoir vécu quarante mois de clandestinité, il avait été arrêté et torturé par la police française, puis déporté deux ans à Auschwitz[4],[5],[6].

En 1987, elle interroge le leader de la CGT, invité du Club de la presse d’Europe 1 : regrette-t-il d’avoir choisi la France, un pays qu’il ne cesse de critiquer très violemment ? Très ému, Krasucki révèle alors qu’il a quitter la Pologne en raison de ses origines et qu’il a fait venir sa mère en France. Le lendemain, la CGT du livre affiche dans le hall du Figaro « Christine Clerc insulte notre secrétaire général". Mais Krasucki fait cesser immédiatement toutes les attaques de la CGT et invite Christine Clerc à déjeuner. Elle publiera une interview inédite de lui dans France Soir Magazine sur sa passion pour la littérature, le théâtre et la Comédie-Française.

En 2003, à la suite d’un billet publié à la une du Figaro sous le titre « Éteins le feu et tire-toi », en hommage à un policier et à sa femme victimes d’un attentat nationaliste alors qu’ils avaient aidé le village corse où ils s'étaient récemment installés à éteindre un incendie de maquis, Christine Clerc est elle-même victime, dans ce village sur les hauteurs d’Ajaccio où elle les a interviewés, d’un mitraillage de sa voiture. L’enquête, confiée par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy à la brigade antiterroriste, n’aboutira pas.

En janvier 2008, lors de la première conférence de presse à l'Élysée de Nicolas Sarkozy, le nouveau président lance « Avec Carla et moi, c'est du sérieux ! ». Christine Clerc l'interpelle alors par quatre fois, jusqu'à ce qu'on lui tende enfin un micro : « Et le pouvoir d'achat, M. le président ? Vous aviez promis d'être le Président du pouvoir d'achat ? ». Réponse « : Que voulez-vous que je vous dise? Que les caisses sont vides ? ». Cette question vaudra à Christine Clerc d'être rayée des listes de l'Élysée durant tout le quinquennat.

En 2011, dans son livre Les Conquérantes, elle révèle comment Pierrette Le Pen, l'ex-épouse de Jean-Marie Le Pen, lui a appris que sa petite fille Marion, adoptée par Samuel Maréchal, était en réalité la fille du journaliste Roger Auque (décédé depuis). Une révélation qui lui vaudra d'être traitée de « salope » par le journal d'extrême droite Minute.

Publications[modifier | modifier le code]

  • J'ai vu cinq présidents faire naufrage, Robert Laffont, 2017, 330 pages.
  • Victor Hugo amoureux, Editions Rabelais, 2016,
  • Le tombeur du général, Allary éditions, 2016, 222 pages.
  • Tout est fichu! Les coups de blues du Général, Albin Michel, 2014
  • Les Conquérantes, douze femmes à l'assaut du pouvoir , NiL Editions, 2013
  • Le Pape, la femme et l'éléphant, Flammarion, 2011 (ISBN 978-2081253414)
  • Carnets intimes de Nicolas Sarkozy, Éditions Nil, 2009 (ISBN 978-2841114368)
  • De Gaulle - Malraux : une histoire d'amour, Éditions Nil, 2008 (ISBN 978-2841113729)
  • Tigres et tigresses : Histoire intime des couples présidentiels sous la Ve République, Plon (2007)
  • Lettre à un petit garçon, Plon (2002)
  • Les de Gaulle, une famille française, NiL Editions, 2000 (ISBN 978-2365590150)
  • Journal intime de Jacques Chirac, tomes 1 à 4, Albin Michel (1995-1998)
  • Cent jours à l'hôpital, Grasset (1994)
  • La guerre de Mitterrand (avec Josette Alia), Olivier Orban (1991)
  • Le bonheur d'être français, Grasset (1982), prix Albert-Londres

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://www.wmaker.net/christine-clerc/La-biographie-de-Christine-Clerc_a21.html
  2. a, b, c, d, e et f Christine Clerc, « La biographie de Christine Clerc »,
  3. « C dans l'air - Casting - Télérama.fr », sur television.telerama.fr (consulté le 17 septembre 2017)
  4. Bernard Frederick, « Henri Krasucki, passion simple », L'Humanité, 27 janvier 2003, consulté le 30 janvier 2014.
  5. Hervé Nathan, « Les trois vies d'Henri Krasucki », Libération, 25 janvier 2003, consulté le 30 janvier 2014.
  6. « Henri Krasucki », Portraits de résistants, Fondation de la Résistance, consulté le 30 janvier 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]