Christian de Boissieu

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Christian de Boissieu

Description de cette image, également commentée ci-après

Christian de Boissieu en septembre 2013.

Naissance (67 ans)
Profession Économiste

Christian de Boissieu, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)[1], est un universitaire et économiste français. Spécialiste de questions monétaires et bancaires, il a occupé de nombreuses fonctions de conseiller économique auprès de banques et fonds d’investissements jusqu'à sa nomination au sein du Collège de l'Autorité des marchés financiers (AMF) en juin 2011[2]. Les médias francophones le font régulièrement intervenir comme expert depuis le milieu des années 2000.

Il est partisan d’une politique de l'offre[3]. Il est plus précisément wicksellien, du nom de l'économiste suédois Knut Wicksell.

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d’un membre de la Cour des comptes (et descendant par lui d’une ancienne famille du Forez dont plusieurs membres ont accédé à de hautes fonctions d’État), il fréquente les lycées parisiens Montaigne et Louis-le-Grand[1].

Il étudie ensuite à Sciences-Po, et obtient le diplôme de docteur d’État et l’agrégation en droit et sciences économiques[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il enseigne d’abord comme assistant à la faculté de droit et des sciences économiques de Paris (1971-1974), puis en province, comme chargé de cours à l’université de Rennes (1974-1975), puis maître de conférences à l’université de Rouen (1976-80)[1],[4]. Il entre comme professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) en 1978, poste qu’il conserve jusqu’en 1992[1],[5],[4],[6], puis à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne en 1980 (poste qu’il occupe toujours)[1],[5],[4],[6].

Commençant à publier, il est recruté comme Visiting Scholar aux universités de Harvard et de Northwestern en 1974, puis à l’université du Minnesota en 1978, et enfin au Bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis en 1982[1],[4]. Il est ensuite professeur au Collège d'Europe à Bruges (1999-2003)[1],[5],[4],[6].

Christian de Boissieu se spécialise dans l’étude de la finance, la banque et la monnaie[7]. Il a soutenu l’introduction de la monnaie unique européenne, y voyant un élément de stabilisation des marchés de devises[7]. Il continue de défendre la construction européenne libérale (directive Bolkestein, processus de Bologne, suppression des impôts sur les opérations de Bourse[8]). Bon connaisseur de la question des nouvelles stratégies boursières des entreprises et leur impact macroéconomique, il a étendu sa réflexion à la réforme des institutions financière mondiales, avant la crise des subprimes[7].

Son activité d’enseignant se double ensuite d’une présence dans les sociétés savantes : il est ainsi membre de l’Association française de finance (AFFI) de 1989 à 1992[1], membre en 1992 puis vice-président de la Société d’économie politique de 1996 à 1998[1] (il est président d’honneur de ces deux sociétés[6]), et enfin membre de la Société universitaire européenne de recherches financières à partir de 1991[1].

Depuis 2011, il préside le conseil scientifique du Laboratoire d'Excellence sur la Régulation Financière, formé par le CNAM, l'ENA, ESCP-Europe et l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne[9].

Carrière politique et financière[modifier | modifier le code]

Il est membre de plusieurs clubs de réflexion (il est coprésident du comité scientifique de l'Institut Amadeus, invité au Forum franco-italien depuis 2004, du conseil de coopération franco-néerlandais depuis 2004) et d'instances compétentes en matière de finances. Il a également occupé des postes importants au sein d’importantes banques internationales.

Il a été nommé au sein du Collège de l'Autorité des marchés financiers (AMF) en juin 2011[2].

Au fil de sa carrière, il a occupé différentes fonctions de conseil scientifique, notamment auprès d'institutions financières :

  • de 1984 à 2011, il est directeur scientifique du centre d’observation économique de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP)[1],[5],[4],[6] ;
  • président du conseil scientifique de Coe-Rexecode[10],[11](jusqu'en mars 2011) ;
  • président de la commission de surveillance des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) (Monaco)[1],[6] (jusqu'en juin 2011) ;
  • président de la commission de contrôle des activités financières de Monaco[10],[1],[11] (jusqu'en juin 2011) ;
  • consultant de la Banque mondiale[1],[6] ;
  • membre du conseil scientifique de l'Autorité des marchés financiers (AMF)[1],[6] (jusqu'en juin 2011) ;
  • membre du Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CECEI) de 1996 à janvier 2010[1],[6],[8] ;
  • conseiller au sein de la Banque de France, et de l'Institut européen des fusions-acquisitions.

et pour les instances politiques décisionnaires en matière économique :

Il est également responsable au sein de grandes banques ou fonds d’investissement :

Depuis quelques années, il est fréquemment invité à présider ou à participer à des commissions sur des sujets qui débordent largement de son domaine de compétence initial ; il est ainsi :

Enfin, il exerce également son influence comme chroniqueur sur plusieurs médias à forte audience en France et dans le monde (Bloomberg TV, Les Échos, Le Monde, La Tribune, Financial Times, Investir, la Revue politique et parlementaire[8]). Il publie également des articles destinés à un public un peu plus érudit (La Documentation française, Diploweb). Il est membre du Cercle des économistes. Christian de Boissieu est également président du conseil d’orientation du Forum d'Avignon - Culture, économie, média.

Controverse[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la crise des subprimes, un débat a été ouvert concernant l'indépendance des économistes financiers, débat notamment marqué par le documentaire Les nouveaux chiens de garde et l'ouvrage "Les Imposteurs de l'économie" de Laurent Mauduit. Christian de Boissieu, comme d'autres économistes dans le contexte de ce débat, a fait l'objet de deux types de critiques :

  • une première concerne son statut de « juge et partie »[10] : il a été employé à la fois par des entreprises du domaine financier et membre d’institutions de surveillance de ces mêmes entreprises (AMF, cabinet d’audit Ernst & Young), et des organismes publics qui rédigent la réglementation concernant ces mêmes entreprises. Il est ainsi soupçonné de favoriser ses employeurs privés par son soutien à la dérégulation financière[10],[11]. Toutefois, il a abandonné, conformément aux règles en vigueur, ses collaborations avec des établissements financiers lorsqu'il a rejoint le collège de l'AMF en juin 2011.
  • la seconde critique porte sur son manque d’objectivité dans ses interventions médiatiques. Étant donné ses multiples activités dans le domaine financier, il a des avis très tranchés en faveur d’une dérégulation du secteur ; mais il est toujours présenté comme une personne impartiale, un « professeur d’université ». Ses liens avec les banques, les institutions financières ou les gouvernements pouvant affecter son apparente neutralité ne sont jamais évoqués, voire censurés[8].

Cela a poussé l'observatoire des médias Acrimed à attribuer les « profits sociaux et symboliques » (voir la liste de ses décorations ci-dessous) non à son expertise scientifique (il ne publie plus dans des revues à comité de lecture), mais à ses relations[8].

Ces allégations générales ne comportent toutefois aucune mise en cause précise qui contredirait la lettre ou l'esprit tant de la déontologie que de la loi : la plupart des économistes financiers complètent leur expertise théorique par une mise en pratique.[citation nécessaire]

Christian de Boissieu reste cependant une cible du journalisme de gauche : il est présenté dans le documentaire Les nouveaux chiens de garde comme un interlocuteur privilégié des médias malgré ses nombreuses fonctions au sein d'institutions financières, et ne remettant jamais fondamentalement en question le fonctionnement d'un capitalisme financier et mondialisé puisqu'il en serait l'un des bénéficiaires. Christian de Boissieu – ainsi que d'autres économistes incriminés dans ce débat – en réponse à ce documentaire et à l'ouvrage "Les Imposteurs de l'économie" de Laurent Mauduit, objecte, notamment, que le Conseil d'Analyse Economique qu'il préside a publié plus de 100 rapports depuis sa création et est une instance pluraliste [12]. Christian de Boissieu appelle également de ses vœux l'élaboration d'un code de conduite par l'Association Française de Sciences Economiques.

Décorations et prix[modifier | modifier le code]

Récompenses pour ses travaux universitaires[1] :

Décorations en France[1] :

Décorations à l’étranger[1] :

Publications[modifier | modifier le code]

Seul[modifier | modifier le code]

  • avant-propos de Frits De Jong, préface de Bernard Ducros, Les Vitesses de circulation de la monnaie : une approche conflictuelle, Paris : Editions Cujas, 1975, collection Connaissances économiques, 260 p.
  • La Structure des taux d’intérêt, Paris : Economica, 1976, collection Recherches Panthéon-Sorbonne, Série Sciences économiques, préface d’Alain Barrère, 281 p.
  • Principes de politique économique, Paris : Économica, 1978, 603 p, (ISBN 2-7178-0174-X) (réédité en 1980).
  • La Désinflation, Reims : Banque de France, cycle de conférences 1984-1985, 16 feuilles
  • International Monetary and Financial Integration (eds), Nijhoff, 1988.
  • Fiscal Policy, Taxation and the Financial System (eds), Kluwer, 1992.
  • Monnaie et économie : chroniques de politique monétaire : États-Unis-France, Paris : Économica, 1998, (ISBN 2-7178-3727-2), 259 p.

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • avec A. Parguez, P. Zagamé (préface de Bernard Ducros), Économie du déséquilibre, Paris : Économica, 1977, collection Recherches Panthéon-Sorbonne, série Sciences économiques, 299 p.
  • avec Jean-Louis Guglielmi (coéditeurs), Formation et rôle des taux d’intérêt, actes du colloque organisé par le groupe de recherches coordonnées Économie monétaire du CNRS, (ISBN 2-7178-0562-1), 204 p.
  • avec Chr. Bordes, A. Fourcans et alii, L’Europe et la coordination des politiques monétaires, Paris : Sirey, 1991, (ISBN 2-248-01811-8), 166 p.
  • Daniel Lebègue et Christian de Boissieu (directeurs de publication), Monnaie unique européenne, système monétaire international : vers quelles ambitions ?, actes du colloque organisé le 22 mai 1989 par le Commissariat général du plan et le Cepremap, Paris : PUF, 1991, collection Politique d’aujourd’hui, (ISBN 2-13-043565-3), 123 p.
  • Banking in France (dir.) Routlege, 1990.
  • avec Donald E. Fair et Julian Alworth, Fiscal Policy, taxation and the financial system in a increasingly integrated Europe, Dortrecht ; Boston ; Lancaster : Kluwer Academic, 1992, collection Financial and monetary policy studies, (ISBN 0-7293-1451-4), 452 p.
  • avec Jean-Luc Biacabe, L’évolution du rôle international du franc et la transition vers l’union économique et monétaire, Paris : Chambre de commerce et d’industrie de Paris, 1993, collection Documents de travail, 32 p.
  • avec Alain Henriot et Sandrine Rol, Problématique des marchés émergents, Paris : Chambre de commerce et d’industrie de Paris, 1996, collection Documents de travail, (ISBN 2-85504-147-3), 47 p.
  • directeur de publication : Les Mutations de l’économie française, Paris : Économica, 1997, collection Entreprises et perspectives économiques, (ISBN 2-717-3478), 302 p.
  • « Efficiency and Stability Considerations in the Design of Prudential ratios » in Financial Markets Regulation, MacMillan, 1997.
  • directeur de publication : Les Mutations de l’économie mondiale, Paris : Chambre de commerce et d’industrie de Paris-Economica, 2000, collection Entreprise et perspective économiques, (ISBN 2-7178-4057-5), 348 p.
  • La connaissance statistique des finances publiques locales, rapport du groupe de travail présidé par Yves Fréville et Christian de Boissieu, Paris : CNIS, 2000, (ISBN 2-11-066671-4), 178 p.
  • Les Entreprises françaises 2006 ; Economica, Paris, 2006 (1re éd : 2001).
  • Les normes comptables et le monde post-Enron, rapport de Jacques Mistral, Christian de Boissieu et Jean-Hervé Lorenzi, rapport pour le Conseil d’analyse économique, Paris : La Documentation française, 2003, (ISBN 2-11-005453-0), 159 p.
  • directeur de publication : Les Systèmes financiers. Mutations, crises et régulation, Paris : Économica, 2004, (ISBN 2-7178-4828-2), 206 p. (réédité en 2006 et 2009)
  • avec Denise Flouzat, Économie contemporaine, tome 2, Les phénomènes monétaires, Paris : Presses universitaires de France, 2004, collection Thémis- Sciences économiques, (ISBN 2-13-054705-2), 545 p.
  • avec Yves Chaput, L’Endettement, richesse de l’entreprise ?, Paris : éditions Litec, 2005, (ISBN 2-7110-0640-9), 168 p.
  • avec Denise Flouzat, Économie contemporaine, tome 3, Croissance, mondialisation et stratégies économiques, Paris : Presses universitaires de France, 2006, collection Thémis-Sciences économiques, (ISBN 2-13-055542-2), 522 p.
  • Christian de Boissieu et Jacques Attali, directeurs de publication, Un monde en mouvement : enjeux et défis, 2007-2010, Forum international économique et financier, Paris : Eska, 2007, (ISBN 978-2-7472-1284-7), 262 p.
  • Perspectives internationales pour les politiques agricoles, Conseil de prospective européenne et internationale pour l’agriculture et l’alimentation, sous la présidence de Christian de Boissieu, Paris : La Documentation française, 2007, (ISBN 978-2-11-006421-9), 179 p.
  • avec Philippe Esper et Yves-Thibault de Silguy, Eurodéfense : pour une relance de l’Europe de la défense, préface de Romano Prodi, UNICOMM, 2009.
  • Division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050, rapport du groupe Facteur 4 au ministre de l’Écologie et du développement durable, sous la présidence de Christian de Boissieu, Paris : la Documentation française, 2007, (ISBN 978-2-11-006280-2), 142 p.
  • avec Christian Saint-Étienne et Jean-Paul Tchang, Au défi de la crise pour une gouvernance mondiale des économies, colloque du 13 mars 2009 de l’Association des démocrates européens (AddE), Paris : Le Manuscrit, 2009, (ISBN 978-2-304-03056-3), 231 p.
  • sous la direction de Bertrand Jacquillat et Christian de Boissieu, À quoi servent les économistes ?, Paris : PUF, 2010, collection Les Cahiers-Le Cercle des économistes, (ISBN 978-2-13-058118-5), 100 p.
  • Articles Anticipations, économie, Cote en bourse, Willem Duisenberg, Finance de marché, Indice boursier, Taux de change et Alan Greenspan de l’Encyclopædia Universalis

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse Caroline Pelletier, fille de Jean-Marc et Monique Pelletier (cette dernière, ministre sous Valéry Giscard d’Estaing, est fille de banquier)[13]. Ils sont divorcés[14].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae et af Notice du Who's who de Christian de Boissieu, mise à jour le 22 juillet 2010, consultée le 12 décembre 2010
  2. a et b Composition du Collège de l'AMF
  3. Voir par exemple interview video, 21 sept. 2007
  4. a, b, c, d, e, f et g Conseil d’analyse économique, biographie de Christian de Boissieu, consultée le 14 décembre 2010
  5. a, b, c, d et e Diploweb, « biographie de Christian de Boissieu », Diploweb, mise à jour en 2008, consultée le 14 décembre 2010
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Libération de la croissance, Notice biographique, consultée le 14 décembre 2010
  7. a, b et c Alternatives économiques, « Christian de Boissieu », Alternatives Économiques pratique no 21, novembre 2005, consulté le 14 décembre 2010
  8. a, b, c, d, e et f Mathias Reymond, Nicolas Boderault, « Un expert médiatique : Christian de Boissieu, économiste engagé… dans la finance », Acrimed (Action-Critique-Médias), publié le 13 décembre 2010, consulté le 14 décembre 2010
  9. Site du CNAM
  10. a, b, c, d, e et f Pierre Rimbert, « Au four et au moulin », Le Monde diplomatique, novembre 2009, p. 26, consulté le 14 décembre 2010
  11. a, b, c, d, e et f Jean Gadrey, « Les liaisons dangereuses », blog Alternatives économiques, publié le 21 septembre 2009, consulté le 14 décembre 2010
  12. Article du Nouvel Observateur du 2 avril 2012: "Les économistes sont-ils des imposteurs ?", « [1] »,
  13. Notice du Who's who de Monique Pelletier, mise à jour le 3 juin 2010, consultée le 12 décembre 2010
  14. Mathieu Deslandes, « Carrière ou vie privée: le dilemme », Le Journal du dimanche, 16 octobre 2010, consulté le 14 décembre 2010