Christian Troadec

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Christian Troadec
Image illustrative de l'article Christian Troadec
Fonctions
Maire de Carhaix-Plouguer
En fonction depuis le
Élection
Prédécesseur André Le Roux
Conseiller général du Finistère
(élu dans le canton de Carhaix-Plouguer)
En fonction depuis le
Prédécesseur Richard Ferrand
Conseiller régional de Bretagne
Élection
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Carhaix-Plouguer, Finistère, France
Nationalité Français
Parti politique Mouvement Bretagne et progrès
Diplômé de Université de Bretagne occidentale

Christian Troadec, né le à Carhaix-Plouguer (Finistère), est un homme d'affaires et politique français, apparenté divers gauche et régionaliste, impliqué dans le mouvement breton.

Il a cofondé le festival des Vieilles Charrues, en 1992[1] ; il a par ailleurs présidé l'association organisatrice du festival, puis en a été président d'honneur. Il a créé l'hebdomadaire Poher Hebdo en 1996 et a acheté la brasserie Coreff en 1999.

Il est actif en politique depuis le début des années 2000 en tant que maire de Carhaix-Plouguer, conseiller régional de Bretagne, conseiller départemental du Finistère et figure du régionalisme politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et entreprises[modifier | modifier le code]

Il passe son enfance à Plévin, dans les Côtes-du-Nord, au sein d'une famille d'agriculteurs.

Après des études d'histoire à l'université de Bretagne occidentale à Brest et de journalisme à Paris[2], il travaille comme reporter pour Le Télégramme. Au cours de ces années, il voyage dans les pays de Europe de l'Est, suite à la chute du mur de Berlin[3].

En 1992, il cofonde le festival des Vieilles Charrues, qui est d'abord organisé dans la commune de Landeleau. En devenant président de l'association qui gère le festival, Christian Troadec décide de le déménager à Carhaix-Plouguer en 1995, d'abord dans le centre-ville, puis sur le site de Kerampuilh en 1998. Il en reste le président jusqu'en 2001, année lors de laquelle il démissionne de ce poste. Il est président d'honneur du festival depuis lors.

En 1996, après avoir quitté Le Télégramme, il fonde, avec Charlie Grall, un journal local, Poher Hebdo[1] dans le but de relayer l'information locale autour de la ville de Carhaix et du pays Poher en particulier, du Centre-Bretagne en général.

En 1999, il revend Poher Hebdo, devenu Le Poher, au groupe Télégramme et achète la brasserie Coreff. Il en fait la bière officielle du festival des Vieilles Charrues, succédant, dans ce rôle, à la brasserie danoise Faxe. Il déménage la production des bières de la marque Coreff de Morlaix à Carhaix-Plouguer en 2005, avant de céder ses parts dans l'entreprise en 2008.

En 2008, il écrit et publie le livre Carhaix Résistance, sur son engagement dans la lutte pour le maintien de l'hôpital de Carhaix, duquel s'inspirera le film Bowling sorti en 2012.

En 2014, Charlie Grall lui consacre une biographie intitulée Christian Troadec, des Vieilles Charrues aux Bonnets Rouges, itinéraire d'un homme pressé (parue chez Coop Breizh) qui relate sa carrière d'entrepreneur et d'homme politique jusqu'au début des années 2010[4]. La même année, Christian Troadec accompagne l'implantation de l'usine chinoise Synutra à Carhaix — qui y produit du lait en poudre — , préparée par un déplacement en Chine en 2013[5].

Militantisme et carrière politique[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Il commence le militantisme politique à la fin des années 90 et au début des années 2000 en étant l'un des promoteurs de l'Appel de Carhaix (Collectif breton pour la démocratie et les droits de l'homme) et un des collecteurs de fonds des écoles Diwan.

Il est élu maire de Carhaix-Plouguer en 2001, sous une étiquette « gauche alternative », et réélu en 2008[6] malgré la présence d'une liste de la « gauche officielle » (PS-PCF). En 2004, il est élu au conseil régional de Bretagne sous l'étiquette « Gauche alternative » sur la liste UDB − Verts[7].

En mars 2008, face à l'annonce de la fermeture des services de maternité et de chirurgie de l'hôpital de Carhaix-Plouguer par l'Agence régionale de l'hospitalisation[8], devient le leader de l'opposition à cette fermeture. À la suite d'une longue et forte mobilisation, la fermeture de ces services est annulée par le tribunal administratif de Rennes[9].

Le rôle de Christian Troadec fut toutefois critiqué et, en tant que président du conseil d'administration, des médecins de l'hôpital le mettent directement en cause pour sa gestion et ses refus de mettre en place un véritable projet malgré les conseils et propositions faites depuis plus de quatre années[10],[11].

Au conseil régional de Bretagne il rompt avec la majorité de gauche lors de la séance plénière de décembre 2008, accusant cette dernière de « trahison » en raison de l'engagement de la région en faveur d'un processus de fusion-coopération avec le CHU de Brest sans garantie de maintien des services à Carhaix.

Il lance en 2008 le mouvement de rassemblement breton « Nous te ferons Bretagne » pour les élections régionales de 2010[12].

Le 5 décembre, le conseil national du Parti breton, réuni à Pornic, décide à une large majorité une alliance pour les élections régionales de 2010 avec Christian Troadec dans le cadre de la liste « Nous te ferons Bretagne ». La liste qu’il mène n'obtient que 4,29 % des suffrages et ne peut donc ni se maintenir, ni fusionner au deuxième tour. Christian Troadec apporte cependant son soutien à la liste Europe Écologie − UDB menée par Guy Hascoët[13]. En 2010 il lance le Mouvement Bretagne et progrès (MBP) avec certains de ses colistiers des élections régionales.

Années 2010[modifier | modifier le code]

En mars 2011, il est élu conseiller général du Finistère dans le canton de Carhaix-Plouguer.

Lors des élections législatives de 2012, il se présente dans la sixième circonscription du Finistère et arrive troisième avec 19,92 % des voix. Ce score lui offre la possibilité de se maintenir en triangulaire mais il se désiste au profit de Richard Ferrand (PS) afin de ne pas favoriser la droite[14].

En octobre et novembre 2013, il est l'un des hérauts du mouvement des Bonnets rouges, contre la mise en place de l'écotaxe par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault[15]. En décembre 2013, à la suite de son appel à manifester contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le mouvement se désolidarise de Christian Troadec[16].

En 2014, la liste qu'il conduit à Carhaix-Plouguer l'emporte dès le premier tour avec 65,78 % des voix, ce qui lui permet d'être réélu maire.

En orange, les villes dans lesquelles la liste menée par Christian Troadec est arrivé en tête lors des élections européennes de 2014.

En vue des élections européennes de 2014, il présente une liste, « Europe, nous te ferons », qu'il conduit dans la circonscription Ouest, et comprenant plusieurs activistes des Bonnets rouges[17]. La liste est soutenue par le Mouvement Bretagne et progrès, le Parti breton et Breizh Europa. Malgré sa cible réduite (uniquement la région de la Bretagne historique), la liste réussi à obtenir 3,05 % sur l'eurorégion, passant le cap du remboursement. Dans les départements bretons ces scores sont les suivants : Loire-Atlantique - 1,15 %, Ille-et-Vilaine - 2,73 %, Morbihan - 6,65 %, Côtes-d'Armor - 8,18 % et 11,54 % dans le Finistère[18]. Ce score est réalisé malgré la présence d'une liste menée par l'Union démocratique bretonne ainsi que d'une liste Breizhistance en alliance avec le NPA[19]. Il enregistre ses meilleurs résultats dans le centre Bretagne, région traditionnellement communiste dans laquelle le mouvement des Bonnets rouges a enregistré ses plus fortes mobilisations lors de l'hiver précédant, et dépasse la barre des 10 % dans une zone de 60 km autour de Carhaix[20],[21].

Quelques mois plus tard, alors qu'il est candidat aux élections sénatoriales, il est sévèrement battu et n'obtient que 5,5 % contre 7,86 % lors des élections de 2008.

Le , au second tour des élections départementales, Christian Troadec est élu, ainsi que Corinne Nicole, avec 66,71 % des voix, dans le canton de Carhaix-Plouguer.

Le 19 juin 2015, Christian Troadec annonce qu'il deviendra tête de liste pour les élections régionales de décembre 2015 avec l'UDB, Union démocratique Bretonne, représentée par Nil Caouissin et le Mouvement Bretagne et Progrès, MBP, représenté par André Lavanant par la signature d'un accord commun à Carhaix[22]. Cela va donner la liste Oui la Bretagne, une plateforme citoyenne ouverte car « les gens ne se retrouvent plus dans les partis politiques traditionnels, que ce soit au PS ou chez les Sarkozistes. Il faut ouvrir grandes les portes et les fenêtres de la démocratie ».

Le 8 avril 2016, il annonce sa candidature à l'élection présidentielles de 2017[23].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Régionalisme[modifier | modifier le code]

Christian Troadec est un régionaliste breton[15]; c'est ainsi qu'il se définit en premier lieu. Ainsi, déclare-t-il à LCP qui l'interroge, en juin 2016, sur son éventuelle candidature à l'Élection présidentielle: "Je suis un maire "divers gauche", mais ma candidature reste régionaliste : toutes les idées sont bienvenues, de gauche comme de droite, à l'exception, bien sûr, des idées extrêmes." [24]

Il s'est souvent associé aux partis autonomistes ou indépendantistes bretons au cours de différentes élections régionales tels que le Parti Breton ou l' UDB. Il aborde plus souvent l'écharpe aux couleurs de la Bretagne (le "gwenn-ha-du") que son écharpe tricolore de maire français aux couleurs de la République, lors d'événements publics. Ainsi, note un article de France Télévision qui lui est consacré : "Dans les cortèges, Christian Troadec délaisse son écharpe tricolore pour les couleurs du drapeau breton."[25]

Il défend le localisme, l'autonomie de la Bretagne et la défense de la culture bretonne dans une démarche qualifiée de "gauche humaniste"[26]. Il défend régulièrement les manifestations issues de l'Emsav telles que le Salon du livre de Bretagne de Carhaix ou encore les événements organisés par les écoles en langue bretonne Diwan où sont scolarisés ses enfants[27].

À gauche et ouvert à la droite[modifier | modifier le code]

Bien qu'étiqueté divers gauche, sa ligne politique est fluctuante. Soutien de la gauche modérée et du centre à ses heures — il était partisan d'une alliance entre Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) lors de l'élection présidentielle de 2007 et de François Hollande lors de l'élection présidentielle de 2012 —, il se définit comme « bien plus ancré à gauche qu'un Hollande ou un Mélenchon »[28].

Un article dans Médiapart, de décembre 2013, le voit assez proche d'hommes politiques d'extrême gauche tels que Philippe Poutou ou Alain Krivine[29].Selon ce même article, il est perçu comme étant un « bretonnant entre Marx et la Bible », en référence aux origines bretonnes et traditionnelles de son parcours; il est, en effet, issu d'une famille de droite chrétienne-démocrate soutenant Raymond Barre à la fin des années 80[30], mais s'est régulièrement ouvert à la gauche altermondialiste[31]. Il a aussi souvent travaillé avec des personnalités réputées de droite telles que Thierry Merret, président de la FNSEA dans le Finistère, lors de la révolte des Bonnets Rouges.

Il est régulièrement taxé d'opportunisme et de carriérisme par l'extrême-droite nationaliste bretonne, par la voix de Breiz Atao ou Breizh Info[32], ou encore par les sections locales du Parti Socialiste. Il est, à ce titre, souvent surnommé "Baron du Poher" ou "Seigneur de Carhaix"[33]. Un article de France TV dit à son sujet : "Christian Troadec "divise, à droite comme à gauche", [...] "Ses adversaires voient en lui un homme plus soucieux de son image que de convictions politiques. Ni de gauche, ni de droite, juste populiste, disent les plus hostiles"."[34]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gilles Médioni, « Vieilles Charrues: le sillon breton », L'Express,‎
  2. Séverine Tavennec, « Jean-Jacques Toux, programmateur des Vieilles Charrues », dans L'Étudiant, consulté sur http://www.letudiant.fr le 28 septembre 2012
  3. Pour nombre d'informations de cette section, cf. article du GRIB : Christian Troadec
  4. Cf. article de Ouest-France : "Christian Troadec" vu par Charlie Grall
  5. Cf. Christian Troadec en chine, 2013
  6. http://www.lemonde.fr/elections-municipales/2008/finistere/29270,carhaix-plouguer,29024.html
  7. Liste Verts-Union démocratique bretonne (UDB)-Gauche alternative
  8. Rapport sur l'hôpital de Carhaix
  9. http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Sante/La-justice-revient-sur-la-fermeture-de-l-hopital-de-Carhaix/(gid)/146895
  10. Article de Pierre Chapin dans le Télégramme
  11. Intervention du Dr. Lengrand, président de la commission médicale de l'hôpital de Carhaix
  12. Annonce du lancement sur le site Agence Bretagne Presse
  13. JPM, « Troadec soutient Europe Ecologie », sur breizhoo.fr,‎ (consulté le 22 mars 2010)
  14. Circonscription de Châteaulin-Carhaix : christian Troadec se retire, Le Télégrame, 10 juin 2012.
  15. a et b Nathalie Bougeard, « Christian Troadec, le tribun du régionalisme breton », in Le Figaro, jeudi 7 novembre 2013, page 3.
  16. Notre-Dame-des-Landes : les « bonnets rouges » divisés sur l'appel à manifester Le Monde, 22 décembre 2013
  17. « Christian Troadec, tête de liste dans la circonscription Ouest », Le Figaro, lundi 28 avril 2014, page 6.
  18. Résultats sur le site politiquemania.
  19. Nous te ferons Europe : tentative d’interprétation des résultats sur 7seizh.info
  20. Jérôme Fourquet, « Le vote Troadec ou quand les Bonnets rouges s'invitent aux urnes », dans Le Huffington Post, le 11 juin 2014, consulté sur www.huffingtonpost.fr le 13 juin 2014
  21. Emmanuel Galiero, « «Bonnets rouges»: un vote «spectaculaire» », dans Le Figaro, 12 juin 2014, consulté sur www.lefigaro.fr le 13 juin 2014
  22. « ABP » (consulté le 28 juin 2015)
  23. [1], dans Lemonde.fr, le 8 avril 2016, consulté le 8 avril 2016
  24. Interview de Christian Troadec : je veux mettre en avant les idées régionalistes, LCP, 12/04/2016
  25. Cf. Qui est Christian Troadec ?
  26. Cf. programme bilingue du MBP qu'il a fondé : [2]
  27. Cf. Libération : "Christian Troadec, marié à une maquettiste du Poher Hebdo, a trois enfants, scolarisés chez Diwan, école en langue bretonne." in Christian Troadec, bonnet d'âme, 17/11/2013
  28. https://www.mediapart.fr/journal/france/151213/christian-troadec-bretonnant-entre-marx-et-la-bible?onglet=full
  29. Christian Troadec, bretonnant entre « Marx et la bible » Mediapart, 15 décembre 2013
  30. Cf. Troadec, candidat du Modem, la preuve
  31. Cf. son hommage au militant de la gauche radicale Rémi Fraisse : Carhaix : une rue Rémi Fraisse à l'ordre du jour du conseil municipal, Ouest-France, 06/11/2014.
  32. Christian Troadec, un leader politique en profond décalage avec son électorat, breizh-info.com, 23/10/2015
  33. Christian Troadec, le seigneur de Carhaix ?, Médiapart, 13 décembre 2013.
  34. Cf. article de France TV : Qui est Christian Troadec, 07/11/2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]