Christian Marbach

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marbach.
Christian Marbach
Description de cette image, également commentée ci-après

Christian Marbach au colloque sur la mémoire de Georges Besse, le 14 novembre 2011.

Naissance (79 ans)
Altkirch, Drapeau de la France France
Nationalité Français
Profession
Autres activités
Formation

Christian Marbach (né le à Altkirch) est un ingénieur français, polytechnicien membre du corps des mines. Il est surtout connu pour ses actions en faveur du transfert industriel des recherches universitaires, comme la création de SOFINNOVA en 1971 et la réforme de l'ANVAR en 1979.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un professeur d'histoire-géographie alsacien, Christian Marbach entre à l’École polytechnique en 1956, puis est élève de l’École nationale supérieure des mines de Paris (promotion 1961), et licencié ès sciences.

Il commence sa carrière à la direction des carburants du Ministère de l'industrie (1962-1968), puis il est nommé chargé de mission auprès du directeur général de la politique industrielle (1968), et directeur adjoint des études et programmes (1970). Il rêve alors de promouvoir un capital-risque à la française.

Il crée SOFINNOVA (1971), première société française à financer l'innovation. Il en sera le directeur général, puis l'administrateur-directeur général jusqu'en 1979. Il crée aussi des sociétés de financement spécialisées, BATINNOVA pour l'innovation dans le bâtiment et SOFININDEX pour les entreprises exportatrices. Il développe les activités de SOFINNOVA en direction des États-Unis, où il envoie Jean Deléage en 1976[1].

En 1979, l'ANVAR, agence créée par le Ministère de l'éducation nationale pour faciliter le transfert industriel des recherches universitaires, souffre d'une crise grave. Christian Marbach diagnostique qu'une politique d'aide aux laboratoires de recherche et de valorisation de brevets n'est pas un vecteur suffisant pour les transferts, mais qu'il convient de financer directement les entreprises innovantes. Nommé par André Giraud à la tête de l'ANVAR, il obtient le transfert à cet organisme des dotations budgétaires de l'aide au développement[2]. Ces subventions, rebaptisées aide à l'innovation, désormais octroyées préférentiellement aux PME, deviennent plus systématiquement remboursables que précédemment, et leur attribution va être largement déconcentrée par des délégués régionaux de l'ANVAR. Christian Marbach préside personnellement le comité national d'attribution des aides les plus importantes, où il montre une connaissance remarquable des dossiers. Il diversifie également les types d'aides, en distinguant les aides à l'amorçage, aux opérations conjointes avec des financeurs ou des laboratoires, etc.

En 1986, lorsque Alain Madelin devient Ministre de l'industrie, un vent de libéralisme supprime plusieurs Agences nationales distributrices d'aides publiques, et épargne de justesse l'ANVAR. Christian Marbach quitte alors l'ANVAR et prend la présidence de la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette, alors en pleine organisation (1987-1988). Il organise notamment des expositions technico-industrielles temporaires. Mais Christian Marbach est soudain appelé au poste de directeur général de l'industrie au Ministère de l'industrie (1988-1991).

Il quitte à nouveau l'Administration pour devenir vice-président, puis président-directeur général de COFLEXIP, une entreprise parapétrolière innovante (1991-1996). Il préside alors l'Association pour le bicentenaire de l'Ecole polytechnique (célébré en 1994), et fait réaliser notamment un magnifique tableau qui met en scène les polytechniciens les plus célèbres.

À partir de 1996, il devient conseiller des présidents de divers groupes industriels (ISIS, Suez-Lyonnaise des Eaux) ou organismes publics, et membre de divers conseils d'administration (ERAP, CGG VERITAS, LAGARDERE) ou conseils d'orientation (OSEO, IFREMER). Il préside aussi pendant quelques années un GIE, l'Agence des PME, puis OSEO Services.

En 1999, il quitte définitivement le corps des mines avec le grade d'ingénieur général.

Il est membre de l'Académie des technologies. Il est président (1998-2004), puis président d'honneur de la Société des amis de la bibliothèque de l'École polytechnique (SABIX), ce qui lui donne l'occasion d'écrire divers articles historiques et de négocier avec des familles de scientifiques célèbres le don d'archives à la bibliothèque de l'École polytechnique. De mars 2010 à septembre 2013, il est président du comité éditorial de La Jaune et la Rouge[3].

En mai 2010, il est nommé membre du Comité de surveillance du Grand emprunt 2010.

Son fils Alain Marbach, né en 1962, appartient également au corps des mines.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revues humoristiques écrites à l’École polytechnique : Donogoo-Carva, sur un argument de Jules Romains, rédigée avec Lionel Stoléru (revue Barbe de décembre 1957) et Ces messieurs préfèrent le chewing-gum (revue Gamma de juin 1958)

L'innovation au pouvoir (essai, Fayard, 1973)

L'innovateur, ou l’incroyable et véridique histoire de Laurent Millesère racontée par douze témoins de ses audacieuses entreprises (roman, Robert Laffont, 1985)

Le jeu du créateur d’entreprise, fabliau en douze épisodes (1978)

Les dix commandements de l’innovation (1983)

Recueil des textes et allocutions, à l’occasion du Bicentenaire de l’École polytechnique, (édité par l’AX, 1994, et publié partiellement dans La Jaune et la Rouge)

Portraits de polytechniciens (2015)[4]

Divers articles historiques, publiés notamment dans le Bulletin de la SABIX ou dans La Jaune et la Rouge[5]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Deléage, investisseur au grand flair, déserte ensuite Sofinnova et devient une célébrité dans le capital-risque américain
  2. Jusqu'en 1979, l'aide au développement était gérée par le Crédit National, grâce à des budgets du Ministère de la recherche ; les demandes d'aides faisaient l'objet d'une double instruction, technique d'une part par les directions sectorielles du Ministère de l'industrie, et financière par le Crédit national. Ce système a été grandement simplifié lorsque la gestion a été transférée à l'ANVAR
  3. La Jaune et la Rouge est la revue des anciens élèves de l'Ecole polytechnique.
  4. Voir la vidéo de présentation de l'ouvrage
  5. Voir par exemple : En Louisiane, un article d'une centaine de pages publié dans le Bulletin de la SABIX, n° 38, mai 2005