Christian Dedet

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Christian Dedet
Description de l'image Christian Dedet Rome.jpg.
Naissance (81 ans)
Cournonterral (Hérault)
Activité principale
écrivain (romancier, essayiste et critique littéraire),
médecin, grand voyageur en Afrique,
membre de la Société des explorateurs français
Distinctions
  • Prix des libraires 1984
  • Prix Louis Castex de l’Académie française 2000
  • Prix François Sommer (Fondation de la Nature et de la Chasse) 1996
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman, récit, chronique.

Œuvres principales

  • Le Plus Grand des taureaux (1961)
  • La Mémoire du fleuve (1984)
  • Le Secret du Dr. Bougrat (1988)
  • Les Fleurs d’acier du mikado (1993)
  • Ce Violent désir d’Afrique (1996)

Christian Dedet, né le à Cournonterral (Hérault) en Languedoc, est un médecin et écrivain français.

Il est notamment l’auteur de La Mémoire du fleuve, prix des Libraires 1985, récit devenu un livre culte  pour les amoureux de l’Afrique. 

Biographie[modifier | modifier le code]

Christian Dedet est issu par ses ascendants paternels d’une famille de hobereaux languedociens, viticulteurs dont les premiers actes notariés, à Cournonterral (Hérault) remontent à 1589 et 1649 ; du côté de sa grand-mère paternelle, Rose Dessalles, à Montagnac (Hérault). Sa mère, Suzanne Causse-Daudé, orpheline à l’âge de 6 ans, élevée par une grand-mère et chez les dames de Saint-Maur, était l’héritière d’une maison de commerce fondée sous le Second-Empire, dans  l’Hérault, qui disparaît à la fin des années 1920.

Il naît le 12 septembre 1936, au château de Cournonterral, où se passe son enfance (et où naîtront également ses deux frères : en 1941 et en 1946). Á la fin du Second Conflit mondial, son père ayant créé dans le Gard une des premières entreprises d’expertise comptable, il fait ses études secondaires au lycée Jean-Baptiste Dumas, d’Alès (Gard) ; cursus assorti de plusieurs séjours linguistiques à l’Istituto ecclesiastico Maria immacolata, via del Mascherone, à Rome (Italie).  Pendant l’été 1955, avec quelques camarades, il parcourt sac au dos la Grèce continentale, le Liban, la Syrie et l’Égypte : voyage initiatique à la suite de quoi il commence ses études universitaires à la Faculté de Médecine de Montpellier.

Au cours de ces études, il publie ses premiers écrits littéraires, sous le regard amical du grand écrivain Joseph Delteil, et, toujours à Montpellier, anime la revue littéraire Les Cahiers de la Licorne, créée par l’écrivain et charpentier hollandais Henk Breuker, fixé dans le Midi, Francis Catel, les poètes Jean Joubert et F-J. Temple. Il séjourne plusieurs fois en Espagne et s’initie à la tauromachie.

Appelé sous les drapeaux en 1963 comme médecin-aspirant, il voit son service réduit à 18 mois par la fin de la guerre d’Algérie. Une fois libéré, pour répondre à sa double vocation de médecin et d’écrivain, il choisit d’exercer la médecine thermale à Châtel-Guyon, ville d’eaux réputée d’Auvergne, ce qui lui permettra de se consacrer à l’écriture, à Paris, dans son appartement d’Auteuil, pendant les 7 mois où l’on n’exerce pas. Cet arrangement parfois acrobatique, toujours heureux, se poursuivra pendant 33 ans. 

Il s’est marié le 21 octobre 1967 avec Paule Garrigue, artiste catalane (céramiste, peintre-illustrateur), spécialiste des avant-gardes russes. Ils ont une fille, Jospéhine Dedet, née en 1968 (Sciences-Po Paris, journaliste et écrivain).

Christian Dedet.jpg

L’œuvre[modifier | modifier le code]

Au fil du temps, vont s’individualiser plusieurs époques, sujets de préoccupations, et même modes de vie.

Récits d’inspiration hispanique ou tauromachique[modifier | modifier le code]

Christian Dedet a vingt ans quand, remarqué par Luc Estang pour le compte des éditions du Seuil, il publie son premier roman : Le Plus grand des taureaux, qui connaît le succès et retient l’attention du jury Goncourt. Nouveaux récits d’inspiration hispanique, en 1965, avec La Fuite en Espagne, auxquels s’ajouteront plus tard Passion tauromachique et Aÿ Sevilla ! La tauromachie, passion de jeunesse, fera souvent situer l’auteur à ses débuts sous le signe de Montherlant ; le roman Le Métier d’amant, quant à lui, tenant moins du mythe de Don Juan que de l’Homme couvert de femmes, de Pierre Drieu La Rochelle.

Romans aux marges de l’époque[modifier | modifier le code]

Toujours au Seuil paraît en 1967 le roman L’Exil, marqué par le récent drame Algérien, livre très remarqué lui aussi par la critique ; puis, à La Table ronde, le roman La Casse : une traversée ironique et désinvolte des événements de Mai 68 ; enfin, autre roman, chez Julliard, en 1973 : Le Soleil pour la soif, qui se situe dans le cadre de la coopération et des premières années de l’Algérie indépendante. Ce livre, sélectionné parmi les favoris du prix Goncourt,  bénéficie d’une importante presse.

Le chroniqueur, le critique littéraire[modifier | modifier le code]

De ses débuts en 1961 aux années 80, la passion de la lecture et de la découverte conduit Christian Dedet à publier, parallèlement à ses propres romans, près de 300 articles : chroniques, pages ou articles de critique littéraire dans les principaux organes de presse. Notamment les hebdomadaires Arts, Le Figaro Littéraire, Les Nouvelles littéraires (où il signe plusieurs fois la Une) et des textes ou études dans des revues comme La Table Ronde, La N.R.F., La Revue de Paris, La Revue des deux Mondes, L’Herne. Dans la seule revue du personnalisme chrétien Esprit, dont il sera membre du comité littéraire, 150 études ou notes de lecture, de 1965 à 1982.

Il collabore également sur des sujets d’actualité aux quotidiens Le Figaro (les livres du monde arabo-islamique), Le Monde (envoyé spécial en Afrique), et surtout à Combat, d’Henry Smadja (nombreux articles d’humeur à la Une), puis au Quotidien de Paris (pages lettres) de Philippe Tesson.

Christian Dedet Ecrivain.jpg

L’Afrique. Grands espaces et appel de l’aventure[modifier | modifier le code]

À partir des années 80, au journalisme littéraire se substitue le goût de l’Afrique et de l’aventure. Il en résulte un récit “vrai” : La Mémoire du fleuve, que lance (et qui lance) la jeune maison d’éditions Phébus. Cette histoire d’une famille de myénés orungo du Gabon, des débuts de la colonisation aux indépendances et, à travers elle, la fabuleuse destinée du métis Michonet, témoin de toutes les ambiguïtés de l’Afrique, est un des grands succès de presse et de librairie des années 84 et 85 (Prix des Libraires, Apostrophes). Paraîtront ensuite, chez Flammarion, dans la même veine narrative et anthropologique inspirée de l’Afrique : Ce Violent désir d’Afrique et Au royaume d’Abomey.

Selon le critique Pol Vandromme :

« Dans l’œuvre foisonnante de Christian Dedet, l’Afrique occupe une place prépondérante. C’est cette matière élaborée, soumise à l’attention miséricordieuse d’un médecin et au regard ardent d’un poète. »

Les romans « vrais »[modifier | modifier le code]

Combinant épisodes oubliés et aventures humaines exceptionnelles, nouveau best-seller avec Le Secret du Dr. Bougrat (un médecin marseillais condamné à tort pour homicide, évadé du bagne de Cayenne et devenu médecin des pauvres au Venezuela), 1986 ; puis une biographie romancée d’Émile Bertin, ingénieur du Génie maritime français, créateur de la marine japonaise à l’époque Meiji : Les Fleurs d’acier du mikado, en 1991. Émile Bertin, un de ces “oubliés” qui ont changé la face du monde. Le livre est qualifié de « chef-d’œuvre » par Raphaël Sorin.

Autobiographie, journal intime et littéraire[modifier | modifier le code]

À partir de  2005, Christian Dedet revient à la littérature pure et se tourne vers ses souvenirs. Plusieurs jeunes revues lui demandent d’évoquer les grands écrivains qu’il a connus : Céline, Montherlant, Delteil, Jouhandeau, Cailleux, Vialatte, le groupe des « hussards », etc.

Commence la publication de son Journal, chez son ami de jeunesse Max Chaleil (Les Éditions de Paris), à ce jour 3 volumes, qui couvrent la 5e République du général de Gaulle : Sacrée Jeunesse (Journal 1 : 1958-1962), L’Abondance et le rêve (Journal 2 : 1963-1966), Nous étions trop heureux (Journal 3 : 1967-1970, à paraître).

Par ailleurs, ses 33 saisons de médecin thermal lui ont inspiré Histoire d’eaux, livre « absolument délicieux » selon Michel Mourlet (Radio-Courtoisie), document sur les aspects pittoresque et socio-culturel du monde thermal.

Inédits, souvenirs[modifier | modifier le code]

Plusieurs romans, récits ou textes restent pour diverses raisons à ce jour inédits, notamment Le Tumulte des vendanges, roman d’un retour aux origines et aux crises du Midi viticole. Les Journées de contrebande (1- Une descente du Maroni) : le roman du romancier à la recherche de ses personnages en Amérique du Sud (Guyanes et Venezuela). La Vie dissolue de Claude Alexandre : essai biographique sur cette pionnière de la photographie érotique, amie de longue date de l’auteur, dans le mouvement des idées et des mœurs de l’après-68 à la fin des années 1990. 

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • [1]Le Plus grand des taureaux, roman, Seuil, 1960 ; Cahiers du Minotaure (édition illustrée par Édouard Maston), 1978 ; Les éditions de Paris, 1998.
  • [1]Le Métier d’amant, roman,  Seuil, 1962.
  • [1]La Fuite en Espagne, récits, Seuil, 1965 ; édition Séguier (illustrée de 40 aquarelles originales par le peintre Yves Brayer), 1988 ; La Fuite en Espagne et autres textes tauromachiques, Les éditions de Paris, 2002.
  • [1]L’Exil, roman, Seuil, 1967
  • [1]La Casse, roman, La Table ronde, 1973
  • [1]Le Soleil pour la soif, roman, éditions Julliard, 1978
  • [1]La Mémoire du fleuve, récit, Phébus, 1984 ; France-Loisirs, 1986 ; Le Livre de Poche, 1986 ; Succès du livre, 1993 ; Maxi-Livres, 1994 ; Libretto, depuis 1998
  • [1]Passion tauromachique, essais, éditions Clancier-Guénaud, 1986
  • [1]Le Secret du Dr. Bougrat, récit, Phébus, 1988 ; Pocket, 1990 ; Libretto, 2000
  • [1]Les Fleurs d’acier du mikado, récit, Flammarion, 1993
  • [1]Ce Violent désir d’Afrique, récit, Flammarion, 1995 ; France-Loisirs, 1996 ; Éditions de Montbel, 2013
  • [1]Au Royaume d’Abomey, récit, Actes Sud, 2000
  • [1]Sacrée jeunesse, journal tome 1, Les éditions de Paris, 2003
  • [1]Histoire d’eaux, récit, Éditions du Rocher, 2006 ; De Borée poche, 2015
  • L’Abondance et le rêve, journal tome II, Les éditions de Paris, 2014

Direction de dossiers, ouvrages collectifs, préfaces[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

  • Avec Roland Cailleux, collection Ivoire, Mercure de France, 1985
  • Montherlant aujourd’hui, vu par 15 écrivains et hommes de théâtre, Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2012
  • Dossier François Sentein,  revue Livr’Arbitres, 2013

Contributions[modifier | modifier le code]

  • Voyages sans frontières,  Sélection du reader’s digest, en France : 1966
  • Cahiers de l’Herne, Céline 1,  1963
  • Cahiers Élie Faure n°2 ( étude sur La Sainte face)
  • D’un Céline l’autre, édition établie par David Alliot, coll. « Bouquins »

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Éclats de cristal, de Caroline Riegel, récit, Phébus, 2013
  • Chroniques des années 30, de Pierre Drieu La Rochelle, Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2016

Prix littéraires, distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix André-Barré (Académie française) pour La Fuite en Espagne.
  • Prix du roman d’aventure au Festival du film d’Aventure vécue de La Plagne,
  • Prix des voyages Jumbo 1985.
  • Prix des Libraires 1985, pour La Mémoire du fleuve.
  • Prix Louis-Castex  de l’Académie française 2001 pour Au royaume d’Abomey.
  • Prix François-Sommer, de la Fondation de la Chasse et de la Nature, 1995 pour Ce Violent désir d’Afrique.
  • Médaille d’histoire de la médecine (Faculté de Montpellier).
  • Médaille de la ville de Nîmes.

Mouvements, épisodes, anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Christian Dedet a rendu visite le 28 juin 1961, à Meudon, à Louis-Ferdinand Céline, mort le 1er juillet ; il en fut, selon la presse, « le dernier visiteur ».
  • En 1967, Christian Dedet a établi une date capitale, jusque-là incertaine, dans la vie de Baudelaire. (cf. page du Figaro littéraire, 9.3.67, et Revue d’histoire de la littérature, année 67).
  • Le « dîner des Mousquetaires », a été fondé en 1970, dans la fidélité à leur amitié née au journal Combat, par Philippe Sénart, Gabriel Matzneff, Philippe de Saint Robert, Marc Valle, Yvan Christ et Christian Dedet. Il se perpétue depuis, aux anniversaires des morts de Mazarin et du cardinal de Richelieu.
  • Aficionado de toujours, Christian Dedet a participé à de nombreux débats pour ou contre la tauromachie, notamment à l’émission L’Arène de France, de Stéphane Bern.
  • Vieil ami de Guy Girault et de la comtesse Virginia Apponyi, demi-frère et sœur de S.M. la reine Géraldine des Albanais, Christian Dedet a été proche de cette ancienne souveraine (de 1990 à son décès en 2002). Sa fille, Joséphine Dedet, est l’auteur de la biographie historique Géraldine Reine des Albanais (1996, réédition 2012) qui fait référence.
  • Candidat au fauteuil de René Rémond, en 2005, l’Académie française lui préfère Mgr. Dagens, archevêque d’Angoulême.
  • En rapport avec sa vie aventureuse en Afrique et en Amérique du Sud, il a présidé la Guilde européenne du raid en 1995 ; il est depuis 2012 membre de la Société des explorateurs français.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Presse et réception de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Références presse[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Christian Dedet ont donné lieu à feuilletons ou études par les principaux critiques : Kléber Haedens (Paris-Presse, 20.10.62), Maurice Chapelan (Le Figaro, 30.12.65), P.H. Simon (Le Monde, 17.01.68), Philippe Sénart (Combat, 26.11.67), Alain Clerval (La Quinzaine littéraire, 15.12.67), Maurice Chavardès, Xavier Grall (Témoignage chrétien, 23.11.67 et 15.02.73), Matthieu Galey (Arts, 31.10.62) , Gilles Lapouge (Le Monde, 8.03.85), Michel Le Bis (Le Nouvel Observateur, 15.02.85), Nicole Casanova (Le Quotidien de Paris, 5.02.85, Les Nouvelles littéraires, 3.11.78), Éric Deschodts (Valeurs actuelles, 3.09.95), Pol Vandromme (Le Rappel, La Table ronde, 30.05.60, 12.11.67, 5.11.78, 25.11.84), François Nourissier (Le Point, 19.02.73), Michel Marmin (Éléments, n°112, 2004), Joël Schmidt (Réforme, 24.06.95),  André Velter (Le Monde, 30.12.88), O. Maurassin (L’Express, 14.10.88), François Cérésa (Le Figaro, 18.12.2003), Rémi Soulié ( Service Littéraire, 01.2015), ainsi qu’aux principales émissions de France-Culture et émissions TV, notamment de Patrick Poivre d’Arvor, Le Cercle de Minuit, de Laure Adler, Apostrophes (26.06.85)  de Bernard Pivot.

Livres ou études[modifier | modifier le code]

  • Pierre de Boisdeffre, Histoire de la littérature française des années 30 aux années 80 , éditions Perrin, 1985
  • André Le Vot, préface à Le Plus grand des taureaux, Cahiers du Minotaure
  • Juliette Simont, préface à La Fuite en Espagne, Éditions de Paris
  • Sarah Vajda, Christian Dedet, aficionado et gentilhomme des lettres, revue Livr’Arbitres
  • Robert Bérard, La Tauromachie, histoire et dictionnaire, coll. « Bouquins »
  • Raymond Pertus, Dictionnaire des auteurs taurins en langue française, Union des bibliophiles taurins de France, 1993
  • S. Velay - Michel Boissard - C. Bernié, Petit dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide 2009
  • Donato Pelayo, Christian Dedet, de l’Espagne à l’Afrique, Le Journal de Montpellier, 7 juin 1985
  • J. de la Hogue, Mémoire écrite de l’Algérie depuis 1950. Maisonneuve & Larose
  • Philippe Sénart, Trois Diaristes, Jacques d’Arribehaude, Christian Dedet, François Sentein, France-Forum, septembre 2004
  • Jacques d’Arribehaude, Un Français libre, journal 1960-1968, L’Âge d’homme, 2010
  • Philippe Alméras, Dictionnaire Céline, Plon, 2004
  • Jean-Pierre Caillard, Les Auvergnats, La Table ronde, 2004
  • Louis Nucéra, Une bouffée d’air frais, chroniques, Le cherche midi

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds d’archives Christian Dedet est déposé au département Patrimoine Auvergne de la bibliothèque communautaire et inter-universitaire (B.C.I.U) de Clermont-Ferrand.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n « cdbiblio », sur www.christian-dedet.com