Chris Hani

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Chris Hani, né Martin Thembisile Hani () est un militant politique d'Afrique du Sud de l'ethnie Xhosa, secrétaire général du Parti communiste sud-africain et l'un des chefs militaires de Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l'ANC.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tembisile Chris Hani est né dans le village rural de Sabalele, au fin fond du bantoustan du Transkei, cinquième des six enfants de Gilbert et Mary Hani. Il adoptera le nom de Chris comme nom de guerre en hommage à un de ses frères décédés en bas age.

Il est élevé principalement par sa mère alors que son père, pour faire vivre sa famille, a dû quitter le Transkei pour travailler dans une grande ville sud-africaine.

D'une famille catholique, Hani est envoyé à l'école catholique où il découvre le latin et les lettres classiques. Dans un premier temps, il envisage de devenir prêtre.

Son activisme politique contre l'apartheid commence en 1957 quand il adhère à la ligue de jeunesse de l'ANC (African National Congress Youth League - ANCYL). Il est alors influencé par son père mais aussi par son oncle Milton Hani ainsi que par Govan Mbeki qui apprend au jeune Hani les rudiments du marxisme-léninisme.

Il est diplômé de l'enseignement secondaire en 1958 à l'institut Lovadale. Il continue des études supérieures à l'université de Fort Hare puis à l'université Rhodes à Grahamstown où il est diplômé en latin et en anglais.

En 1960, l'ANC est interdite et Hani rejoint sa toute nouvelle branche armée, Umkontho We Sizwe (la lance de la nation), dont il fait rapidement parti de la direction.

En 1962, il est arrêté pour la première fois par la police et est emprisonné pour violation de la loi interdisant l'activisme en faveur du communisme.

Libéré sous caution, il fuit au Bechuanaland pour assister à la conférence de Lobatsi tenu par l'ANC puis revient en Afrique du Sud où il est arrêté de nouveau dès la frontière. Il est condamné alors à 18 mois de prison.

Après avoir purgé sa peine, il rejoint la Zambie pour suivre un entrainement militaire et devient commissaire du régiment Luthuli de Umkontho en 1967. Il participe également à des incursions en Rhodésie du Sud avec des militants de la Zimbabwe African People's Union (ZAPU).

Il est arrêté au Botswana pour possession d'armes à feu et condamné à 6 ans de prisons. Libéré au bout de deux ans, il retourne en Zambie, aigri que la direction de l'ANC n'ait pas interféré auprès du gouvernement du Botswana pour le faire libérer. Il demande la convocation d'une conférence de tous les membres de l'ANC en exil qui se tient en 1969 au Maroc. Il en ressort que dorénavant les blancs, métis et indiens pourront adhérer à l'ANC et que l'action politique sera soutenue par une action militaire. Un conseil révolutionnaire est mis en place comprenant des blancs et des métis.

Hani revient secrètement en Afrique du Sud en 1973 pour établir ou réorganiser les structure internes de l'ANC dans l'ouest de la province du Cap.

Il est ensuite nommé Commandant adjoint de Umkontho.

En 1983, il combat au côté du gouvernement communiste d'Angola pour expulser, de la province de Malanje, les rebelles de l'UNITA dirigés par Jonas Savimbi.

En 1987, Hani devient le chef d'état-major d'Umkontho qui intensifie sa lutte par des actions de sabotage en Afrique du Sud. Des nouveaux camps d'entrainements sont aussi construits en Tanzanie.

Durant les années 80, alors qu'il est évident que des espions du gouvernement sud-africain ont infiltré l'ANC et sa branche armée, Hani se montre sans pitié contre tous ceux accusés de trahison et de nombreux militants sont sommairement exécutés. Il n'est pas à l'époque un adepte du compromis ou de la négociation avec le pouvoir afrikaner et se fait le chantre de l'insurrection générale contre le gouvernement blanc.

En 1986, il est pourtant présent quand des hommes d'affaires blancs d'Afrique du Sud viennent en Zambie y rencontrer la direction de l'ANC.

Ce n'est vraiment qu'au début des années 90, après la levée de l'interdiction de l'ANC et la libération de Nelson Mandela, qu'il souscrit aux principes de négociations pour la paix et la réconciliation.

À la suite du retrait de Joe Slovo de la direction du Parti communiste sud-africain (SACP), il entre au Politburo et devient en 1991 le secrétaire général du parti.

Chris Hani est assassiné le 10 avril 1993 devant la porte de sa maison dans la banlieue de la ville ouvrière et afrikaner de Boksburg, fief de l'extrême droite, dans la banlieue de Johannesburg. Le meurtrier Janusz Walus et son commanditaire, le député anglophone du Parti conservateur d'Afrique du Sud, Clive Derby-Lewis, seront condamnés à mort, peine commuée en 1995 à la perpétuité.

Chris Hani laisse derrière lui sa femme Limpho et ses trois filles, Nomakhwezi, 15 ans en 1993, Neo (alors âgée de 20 ans) et Lindiwe (âgée de 12 ans). Il est enterré au cimetière de Els Park à Boksburg.

En, 1993, Jacques Derrida lui a dédicacé la conférence qui fait l'œuvre "Spectres de Marx".

En 1997, l'hôpital Baragwanath de Soweto a été rebaptisé Chris Hani Baragwanath Hospital.