Christianisme en Irak

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Monastère des Saints Behnam et Sarah, fondé au VIIe siècle et détruit à l'explosif en 2015.

Les chrétiens en Irak étaient encore au nombre de 636 000 environ en 2005, représentant 2 % de la population du pays, mais ils étaient presque le double, soit un million, en 1980 ; leur survie est compromise. Leur nombre a constamment diminué depuis l'invasion américaine de 2003, à cause des exactions islamistes, et ils sont aujourd'hui en voie de disparition dans une quasi-indifférence générale, surtout depuis la mainmise de plus en plus pressante de l'État islamique en Mésopotamie, après 2014. C'est une des plus anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient.

Communautés chrétiennes[modifier | modifier le code]

Distributions des chrétiens d’Irak selon les différentes confessions[1]

Église Année 2000
Église catholique chaldéenne 600 000 fidèles
Nestoriens (Assyriens) 150 000 fidèles
Église catholique syriaque 47 000 fidèles
Église syriaque orthodoxe 40 000 fidèles
Église latine 6 000 fidèles
Église arménienne catholique 5 000 fidèles
Église apostolique arménienne (Arméniens orthodoxes) 4 000 fidèles
Église orthodoxe d'Antioche (Grecs orthodoxes) 3 000 fidèles
Église grecque-catholique melkite 3 000 fidèles
Église maronite 1 000 fidèles
Protestants 1 000 fidèles
Total des Chrétiens 860 000 fidèles

Les Églises syriaques orientales[modifier | modifier le code]

La majorité des chrétiens irakiens appartient à l'Église catholique chaldéenne et représente 600 000 personnes.

  • Ancienne Église de l'Orient

Les Églises syriaques occidentales[modifier | modifier le code]

Les Églises de rite arménien[modifier | modifier le code]

Le 26 janvier 2007, en Irak, le pape Benoît XVI a confirmé l'élection de l’archevêque arménien de Bagdad, Mgr Emmanuel Dabbaghian, né en Syrie, à Alep, en 1933, qui a été ordonné prêtre en 1967. Il était auparavant curé de la paroisse arménienne catholique de Tbilissi, en Géorgie.

Les autres Églises et communautés[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au commencement du XVIIe siècle, Emir Afrasiyab de Basra entrait en affaires avec les Portugais et alors ceux-ci établirent un comptoir dans la ville et eurent même la permission d’édifier une église
Article détaillé : Église de l'Orient.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

La Libre Belgique, du 19 mai 2006, p. 15, évoque un tableau sombre du sort des chrétiens de ce pays. En Irak, les chrétiens sont persécutés et souvent contraints à l'exil, selon les déclarations d'Amine Gemayel. Ils doivent faire face à une vague de fondamentalistes, notamment à la suite de l'extrémisme musulman.

En octobre 2006, pour ne citer que quelques exemples, un prêtre syriaque orthodoxe est enlevé et décapité et un jeune garçon de 14 ans est crucifié par des intégristes musulmans[2]. Les religieuses sont brutalisées et les femmes chrétiennes sont violées.

Relations avec les non-chrétiens et échos en Occident[modifier | modifier le code]

Un article du journal Chiesa Espresso[3], du 2 juin 2007, explique la situation des chrétiens persécutés, notamment dans le quartier à majorité chrétienne de Dora, à 10 kilomètres au sud-ouest de la capitale. « Des groupes liés à al-Qaïda ont instauré un prétendu “État islamique en Irak” » et prélève le jizah, l'impôt des infidèles, qui s'élève jusqu'à 200 dollars par an, soit de quoi subvenir aux besoins d'une famille de 6 personnes pendant 1 mois.

Réunion en faveur des chrétiens d'Orient en juin 2015 au cirque d'hiver de Paris.

Certaines familles chrétiennes sont contraintes de donner une de leurs filles en mariage à un musulman pour rester. « Une fatwa interdit de porter la croix au cou. Quant aux églises, c’est à coups de grenades qu’elles ont été contraintes d’ôter les croix de leurs coupoles et de leurs façades. À la mi-mai, l’église assyrienne de Saint-Georges a été incendiée. » Le , la veille de la Toussaint, 42 personnes ont été tuées sur le coup (au total 68) et 60 autres blessées dans la cathédrale du Perpétuel-Secours de Bagdad[4]. Les deux prêtres ont été tués. L'État français se dit préoccupé verbalement par le sort des chrétiens d'Irak[5], mais les médias se saisissent peu du problème et il faut attendre 2015 pour que le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Laurent Fabius, évoque discrètement, en plus du sort des yézidis, très médiatisé, celui des chrétiens. Les évêques français attendent aussi plusieurs années avant d'évoquer la situation. La première réunion d'envergure pour briser le mur du silence se tient à Paris au cirque d'hiver en juin 2015, où une poignée de députés de différents partis est représentée.

L'histoire de Joseph Fadelle, irakien musulman converti au catholicisme, est racontée dans Le Prix à payer.

En 2014, la conquête d'une partie de l'Irak par l'État islamique conduit à une épuration de plusieurs villes habitées par des chrétiens depuis plus de 1 800 ans : ils ont le choix entre se convertir, prendre l'exil, offrir une de leurs filles à un musulman, étant rançonnés au passage, des centaines sont égorgés vifs ou fusillés. À Mossoul, le tombeau du prophète Jonas est détruit par les islamistes[6]. Des dizaines de milliers de chrétiens s'enfuient dans le Kurdistan irakien (notamment dans la région d'Erbil) ou bien à l'étranger. La situation empire en 2014-2015 avec les persécutions de Mossoul et de Qarakoch. On estime que seulement en 2014, ce sont 125 000 chrétiens qui ont quitté le pays[7]. Une minorité, cependant, a pris le parti de rester en Irak[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Le Coz, Histoire de l'Église d'Orient (Chrétiens d'Irak, d'Iran et de Turquie), Paris, Cerf, (ISBN 2204051144)
  • Jean-Marie Mérigoux, Va à Ninive ! Un dialogue avec l'Irak, Paris, Cerf, (ISBN 2204065226)
  • Joseph Yacoub, Menaces sur les Chrétiens d'Irak, Paris, C.L.D., (ISBN 2854434250)
  • Henri Tincq, « Le pape prend la défense de la communauté chrétienne d'Irak », Le Monde,‎
  • Jean-Michel Cadiot, Les chrétiens ds'Orient. Vitalité, souffrances, avenir, Salvator, 2010
  • Jean-Michel Cadiot, Noun, chrétiens de Mossoul persécutés, Paris, Editions Erick Bonnier, 2014

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]