Choin (minéralogie)

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Le choin est une pierre calcaire de la région lyonnaise, notamment le nord de l'Isère et le sud de l'Ain (massif du Bugey). Il en existe plusieurs variétés dont notamment le choin ou la pierre de Villebois qui a remplacé le choin de Fay.

Choin de Villebois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : pierre de Villebois.

Choin de Fay[modifier | modifier le code]

Fay est un hameau de la commune de Peyrieu, dans l'Ain, niché dans une combe entre deux petits massifs montagneux (le Grand Thur et le mont Gela). La pierre calcaire qui constitue ces montagnes est exploitée depuis l'Antiquité[1]. Le choin de Fay est utilisé pour des inscriptions épigraphiques dont les plus anciennes datent du règne de Claude (41-54). Les Romains se servirent de cette pierre dure et très blanche en alternative au marbre et comme matériau de construction[2] pour de nombreux édifices publics et privés de Lugdunum (ancien Forum de Trajan de Fourvière, quais, canaux, voies[3]), de Vienne et d'autres lieux de la région, utilisant le Rhône (situé à 2 km à peine) pour le transport. La pierre extraite à Fay a aussi été très employée pour les monuments funéraires (stèles, mausolées)[4], ainsi que pour la construction résidentielles de la région[5].

Au Moyen Âge, les pierres des anciens bâtiments romains ruinés ont été réutilisées pour construire différentes églises lyonnaises. Une charte de 1192 réserve pour la Primatiale Saint-Jean de Lyon tous les marbres et tous les choins provenant des fouilles et des excavations réalisées sur Fourvière[6].

Le choin de Fay est un calcaire portlandien dur, fin et dense (2700kg/m³)[7]. L'intérieur est gris clair, tandis que les parties exposées à l'air prennent une teinte blanche. Les gisements de Fay permettent d'en tirer des blocs de plus d'un mètre d'épaisseur. Sa dureté est cependant moindre lorsqu'il contient des cristallisations[8].

L'exploitation du choin de Fay s'est arrêtée vers 1700, alors que les carrières de Villebois gagnaient en popularité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Flachéron, «Mémoire sur la pierre de choin de Fay», in Archives historiques et statistiques du département du Rhône, 1825.
  2. Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, Paris, 2007 (ISBN 2-87754-099-5), p. 167
  3. Edmé-Camille Martin-Daussigny, Description d'une voie romaine découverte à Lyon dans le quartier du Jardin-des-plantes en octobre 1854, Lyon, 1855.
  4. Jean-Claude Béal, «Transporteurs et propriétaires terriens en Gaule romaine : un bilan», in Revue archéologique du centre de la France, Tome 45-46, 2006-2007.
  5. Victor Thiollière, «Un nouveau gisement de poissons fossiles dans le Jura du département de l'Ain», in Annales de la Société d'agriculture, sciences et industrie de Lyon, 1849.
  6. Philippe Fabia, « Fourvière en 1493 », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 2, 62ᵉ année, 1918, p. 134 [1].
  7. Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer, Académie des inscriptions et belles-lettres, Carte archéologique de la Gaule 69/2 : Lyon, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 1e éd., 884 p. (ISBN 978-2-87754-099-5), p. 196.
  8. Jean-Baptiste Rondelet, Traité théorique et pratique de l'art de bâtir, 1812.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • H. Savay Guerraz, «Le calcaire portlandien du Bugey (choin de Fay) à l'époque gallo-romaine: carrières et construction urbaines (Lyon et Vienne), in Carrières et constructions, Actes du 115e congrès nationale des sociétés savantes, Avignon, 1990, Paris, p. 429-442.