Chirac (Lozère)

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Chirac
Image illustrative de l'article Chirac (Lozère)
Blason de Chirac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Lozère
Arrondissement Mende
Canton Chirac
(bureau centralisateur)
Commune Bourgs-sur-Colagne
Statut Ancienne commune
Code postal 48100
Code commune 48049
Démographie
Gentilé Chiracois
Population 1 166 hab. (2013)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 31′ 29″ nord, 3° 15′ 58″ est
Altitude Min. 605 m – Max. 1 254 m
Superficie 33,79 km2
Historique
Date de fusion 1er janvier 2016
Commune(s) d’intégration Bourgs-sur-Colagne
Localisation

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Liens
Site web www.chirac-en-lozere.com

Chirac est une ancienne commune française, située dans le département de la Lozère en région Occitanie.

Le , elle devient une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Bourgs-sur-Colagne[1].

Ses habitants sont appelés les Chiracois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le Massif central sur la Colagne. Le relief de la commune est très accidenté. Le village de Chirac se situe à 630 mètres d'altitude. Le point le plus bas de la commune se trouve sur les bords de la Colagne à 613 mètres et son point le plus élevé, sur la montagne de Mountasset à 1 226 mètres. Le village de Chirac est dominé à l'est par le Massif de Saint Bonnet et à l'ouest par le truc de la Fare.

La commune de Chirac s'étend sur 3 379 hectares et elle compte le village proprement dit et quinze hameaux. Le dernier recensement effectué en 2009 a comptabilisé 1182 habitants.

Comme dans la majorité des communes de la Lozère, l'activité principale est l'agriculture. Cependant, le secteur tertiaire est largement représenté sur Chirac avec quatre établissements pour personnes handicapées (un ESAT, un foyer d'accueil et deux MAS), ainsi qu'une maison de retraite. Par ailleurs, le village abrite deux communautés religieuses : les Ursulines, les Frères du Sacré-Cœur.

La commune de Chirac comporte plusieurs hameaux :

  • les Violes
  • le Massibert
  • Alteyrac
  • Volmanières
  • les Redondes
  • le Régourdel
  • la Chazette
  • Ginestous
  • Fabrèges ("la forge", du latin Fabrica)
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Histoire[modifier | modifier le code]

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Les maîtres des lieux[modifier | modifier le code]

Au début des années mille, pour Chirac, le nom des Peyre était tout un symbole car le village était une cité bâtie dans la vallée de la Colagne, à l'ombre d'un château fortifié sous la suzeraineté des seigneurs de Peyre. La baronnie des Peyre, la plus importante des huit baronnies du Gévaudan, s'étendait sur près de 60 paroisses de Lozère, du Cantal et de l'Aveyron. Les seigneurs de Peyre avaient sous leur dépendance d'autres seigneurs qui leur devaient hommage. À ces fiefs laïcs s'ajoutaient plusieurs fiefs ecclésiastiques. Le prieur du monastère de Chirac (Le Monastier), seigneur de la ville de Chirac, qui possédait le château fort du Buisson et beaucoup d'autres biens, prêtait hommage aux seigneurs de Peyre. Quatre familles ou dynasties ont régné sur Peyre de la féodalité jusqu'à la Révolution. En 908, la maison des Astorg donnait un évêque à Mende : Guillaume de Peyre. Dès l'origine du christianisme, des individus ont souhaité se retirer du monde et se consacrer à la prière. En Occident, saint Benoit de Nursie, ermite à Subiaco et fondateur du monastère de Monte Cassino en Italie, rédige la "règle bénédictine" au VIe siècle.

Les grandes abbayes de Saint-Victor de Marseille, Saint-Chiffre du Monastier et Cluny suivent cette règle. Les abbés de ces grandes abbayes sont, comme les évêques, souvent issus des familles seigneuriales locales et jouent un rôle politique fondamental à l'échelon régional ou national. La situation du Gévaudan, entre Auvergne et Midi, a exacerbé la rivalité entre Saint-Chifre du Monastier (Haute-Loire) et Saint-Victor de Marseille qui se disputaient les revenus liés à la transhumance. C'est pour cette raison que s'implantèrent les ordres militaires, Templiers et Hospitaliers, et l'expansion des abbayes au XIe siècle va être tout profit pour toute la vallée de la Colagne.

Une date clé : le 26 mars 1062[modifier | modifier le code]

L'implantation des Bénédictins dans la vallée de la Colagne va se révéler très bénéfique pour toute cette région. Pour l'historien[Qui ?], elle démontre de manière typique les liens étroits entre les familles importantes du Gévaudan qui se sont succédé à la tête de l'évêché, de la vicomté du Gévaudan et de Millau et des grandes abbayes méridionales. Le 17 juin 1060, Gui Gauscelin de Canilhac, avec l'accord et la signature de l'évêque Aldebert et du chanoine Girard, cède au monastère Saint-Victor de Marseille le terroir du Coulagnet.

Les Bénédictins s'y installent et y fondent une église-prieuré sous le vocable de Saint-Martin. Le 16 mars 1062, Aldebert Ier de Peyre, évêque de Mende et son frère, Astorg Ier, baron de Peyre, sous l'abbatiat de Durand, signent l'acte de fondation du monastère Saint-Sauveur, destiné à la prière à perpétuité pour le salut de l'âme des généreux donateurs. Ce monastère, qu'ils avaient commencé de construire, suivra la règle de toutes les communautés de l'ordre de Saint-Benoît.

Pourquoi implanter ce monastère dans la vallée sablonneuse de la Colagne plutôt qu'aux environs du château familial haut perché ; le climat moins rude et la situation géographique du village de Chirac jouèrent-ils un rôle déterminant dans ce choix ? Le Castrum Cyriacum était alors protégé par ses murs d'enceinte, ses fossés et son château fortifié. Le temps des monastères isolés du monde était révolu et les moines cherchaient appui auprès des localités défendues par les seigneurs.

Un doute subsiste quant à la situation primitive de ce monastère. Saint-Sauveur, avant d'être transféré au cours du XIIIe siècle, aurait été construit entre l'actuelle RN 9 et la Colagne, au pré d'Arnal, à proximité des actuels terrains de tennis. Théophile Roussel réfute la thèse : selon lui, « il existait à faible distance de Chirac, un monastère de l'ordre de Saint-Benoît, dont les ruines se voient encore au village du Monastier qui lui doit son origine »[2]. « Le monastère de Chirac » a donné « le Monastier ».

La commune de Chirac obtint, en mars 1481, sa protection royale par lettres patentes de Louis XI[3].

L'apport des Bénédictins[modifier | modifier le code]

L'implantation d'une nouvelle abbaye se révéla une source de richesse pour tout le pays en raison de la personnalité des moines accueillis.

La règle monastique, consacrée exclusivement au service de Dieu, proposait une vie rythmée par la méditation religieuse, la lecture des textes saints et le travail physique. Les travaux manuels occupaient une large part de la journée avec le défrichement de régions incultes, l'assèchement des marais.

Les Bénédictins construisirent des monastères et contribuèrent à la diffusion de l'art roman (Cluny). Le monastère devait se suffire à lui-même : c'est pourquoi les Bénédictins développèrent diverses activités artisanales comme le travail du métal et le tissage. Ils développèrent la sculpture (portail de Vézelay), la musique (le chant grégorien) et l'écriture musicale telle que nous la connaissons aujourd'hui. Ils ont recopié à la main, avec de riches enluminures, des ouvrages anciens des Pères de l'Église et des œuvres d'écrivains latins tels que Cicéron, Jules César et Tacite.

Pour leur première implantation en Lozère, leur premier souci fut de contenir les eaux de la Colagne : elles avaient déjà causé une terrible inondation en 1090. Les Bénédictins de Saint-Sauveur acclimatèrent la vigne sur les pentes volcaniques de la Fare qui jouit d'une exposition ensoleillée. Ils furent les promoteurs de l'industrie lainière qui tiendra par la suite une place importante à Chirac et dans le Gévaudan. Ils apportèrent aussi le travail d'assouplissement du cuir (le corroyage).

En contribuant à améliorer le niveau de vie de la population, ils jouèrent un rôle éminent dans le domaine de l'éducation, domaine où excellera désormais la ville de Chirac. Ils se lancèrent aussi dans la culture du safran, plante orientale utilisée comme médicament, comme parfum et dans les préparations culinaires et les teintures. C'était un très dur labeur : en effet, il fallait 150 000 fleurs pour obtenir finalement un kilogramme de pistils secs. Le safran était une des épices les plus chères qui soient.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville-fr Chirac 48.svg

Le blasonnement de Chirac est : d'hermines au chef de France sur le tout d'or au lion couronné de gueules

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Chirac[4]
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1801 Jean-Antoine-Louis Raynaldy (1750-1817)    
1801 1815 Romain Dieulofes    
1815 1815 Pierre Paulin Benoit (1785-1850)    
1815 1815 Romain Dieulofes    
1815 1825 Jean-Baptiste Vidal    
1825 1826 Jean-Baptiste Combettes    
1826 1829 Jean-Antoine Lavigne    
1829 1830 Antoine Astruc    
1831 1832 Jacques Laurens    
1832 1834 Ferdinand Valette    
1834 1840 Joseph Rodier    
1840 1848 Pierre-Paulin Benoit (1785-1850)    
1848 1879 Guillaume-Honoré Charrier (1804-1879)    
1879 1888 François-Marie-Gabriel-Honoré Charrier (1848-1897)    
1888 1892 Charles Jory    
1892 1921 Basile Balmadier (1851-1921)    
1921 1930 Joseph Roujon    
1930 1931 Ferdinand Valette    
1931 1944 Joseph Roujon    
1944 1945 Marius Boucharenc (1886-1962)    
1945 1953 Joseph Roujon    
1953 1965 Émilien Constans (1886-1969)    
1965 1988 Marceau Crespin (1915-1988)    
1988 1989 Jean Hugonnet (1923-2003)    
1989 2008 Gilbert Reversat (1945-)    
2008 2015 Henri Boyer (1958-)    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6],[Note 1].

En 2013, la commune comptait 1 166 habitants, en augmentation de 2,91 % par rapport à 2008 (Lozère : -1,05 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 560 1 708 1 855 1 520 1 238 1 549 1 481 1 535 1 696
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 825 2 039 1 666 1 664 1 383 1 613 1 391 1 298 1 322
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 215 1 104 922 900 944 948 923 862 722
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2013
801 789 689 894 983 1 006 1 080 1 161 1 166
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006 [8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le dolmen et le truc de la Fare.
  • L'église romane Saint-Romain du XIIe siècle.
  • La chapelle de Saint-Jean-Baptiste
  • Les chapelles de la Chazette et de Volmanières
  • La croix des Anglais :
    Les Anglais, qui ravageaient le pays au XIVe siècle, subirent une déroute sur les hauteurs du village. Ce lieu porte aujourd'hui le nom de « cimetière des Anglais » ou « croix des Anglais ». Une croix, sur laquelle on lit la mention « CH des M » et « 1701 - 1922 », symbolise le lieu des combats. Cependant, lors de la construction de l'autoroute A75, cette dernière fut rénovée et déplacée de quelques mètres.
  • Le pont de la Colagne

Les activités[modifier | modifier le code]

Comme dans la grande majorité des communes de la Lozère, l'activité principale reste l'agriculture. Cependant, le secteur tertiaire se développe de plus en plus.

  • Le secteur primaire :
    L'élevage est essentiellement ovin et bovin. Les larges pâturages permettent aux agriculteurs d'avoir des troupeaux relativement importants.
  • Le secteur secondaire :
    Au point de vue industriel. Quelques métiers de l'artisanat sont représentés :
    • Boucherie,
    • Charcuterie,
    • Plomberie,
    • Couvreur,
    • Menuisier,
    • Dépanneur,
  • Le secteur tertiaire :
    Malgré sa petite taille, Chirac possède beaucoup d'activités de service. On trouve un kinésithérapeute, un médecin généraliste, une pharmacie, un centre de secours des sapeurs-pompiers, 2 maisons de retraite, 2 maisons d'accueil spécialisées (MAS), une boutique, une poste, une boulangerie, une pizzeria, 2 écoles primaires (une publique et une privée), une bibliothèque municipale, une garderie, une maison des jeunes...

Dans les années 1950/1960 le village accueillit une colonie de vacances catholique de la paroisse « Sainte Odile » de la porte de Champerret à Paris.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « recueil des actes administratifs de Lozère »
  2. Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère, vol. 8, (lire en ligne), p. 24
  3. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA616 Lettres de Louis XI, Plessis-du-Parc-lèz-Tours, mars 1481 (1480 avant Pâques)
  4. D'après FranceGenWeb.org
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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