Chiquinha Gonzaga

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le feuilleton télévisé, voir Chiquinha Gonzaga (série télévisée).
Chiquinha Gonzaga
Chiquinha 6a.jpg

Chiquinha Gonzaga

Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Francisca Edwiges Neves GonzagaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Francisca Edwiges Neves GonzagaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Chiquinha GonzagaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Genre artistique
Œuvre réputée
Ó Abre Alas (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Francisca Edwiges Neves Gonzaga, appelée plus couramment Chiquinha Gonzaga (Rio de Janeiro, État de Rio de Janeiro, - Rio de Janeiro, État de Rio de Janeiro, ) fut une compositrice brésilienne et pianiste, la première femme chef d'orchestre du Brésil.

Chiquinha Gonzaga fut la première pianiste de choro et auteur de la première marche carnavalesque, "Ó Abre Alas" (1899). Ses œuvres théâtrales, comme les opérettes "Forrobodó" et "Juriti" fut un grand succès près du public parce qu'elle utilisait des éléments de la culture populaire brésilienne de l'époque.

Au Rio de Janeiro, il y a une hermès en son honneur, œuvre du sculpteur Honorius Peçanha. En mai 2012, il a été promulgué la loi 12624 qui a établi la Journée Nationale de Musique Populaire Brésilienne, célébrée le jour de son anniversaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Fille naturelle de Rose Maria de Lime, Chiquinha Gonzaga naquit le 17 octobre 1847. Son parrain était Luís Alves de Lima e Silva, Duc de Caxias.

Pour sa mère, femme métisse et pauvre, la naissance de Francisca fut un moment très difficile, en partie à cause du risque que son époux ne reconnaisse pas la paternité de sa fille. En effet, José Basileu, militaire à la carrière prometteuse, originaire d'une famille aisée, a souffert de la pression de ses parents, qui étaient contre son union avec Rose. Malgré tous ces désaccords, il a accepté l'enfant comme sa fille.

Comme toutes les filles de militaires du XIXe siècle, Chiquinha Gonzaga a été très bien instruite. Son père, très sévère avec son éducation, a préparé pour elle un avenir prometteur : un bon mariage qui l’élèverais à la catégorie de "dame". Elle a donc appris à lire et à écrire, faire des comptes et, principalement, jouer du piano. Dès lors, la musique deviendra son unique but dans la vie. À l'âge de 11 ans, elle composa sa première œuvre musicale, "Canção dos Pastores", composé pour la nuit de Nöel de 1858.

Il faut savoir qu'au Brésil de la fin du XIXe siècle, les femmes étaient souvent conditionnées à un quasi rôle d'esclave ; peu d'entre elles osaient défier leurs parents et maris ; quand cela se produisait, elles étaient rapidement envoyées dans des maisons de correction et des couvents.

Mais depuis 1808, et de l'arrivée de la Famille Royale au Brésil (le roi Jean VI de Portugal en tête), les femmes ont commencé à circuler plus dans les rues, à danser dans des réceptions, à venir à des soirées, au théâtre et à l'opéra.

Le Rio de Janeiro de ces temps-là se transformait déjà en un centre métropolitain, au fur et à mesure que grandissaient les exigences du commerce extérieur. Les modes et la consommation se modifiaient. Le port de Rio de Janeiro était devenu le centre financier et commercial de l'Empire, où se négociaient café, esclaves et marchandises étrangères qui fascinaient les nouveaux consommateurs. La ville avait maintenant l'apparence d'une cité européenne. Même avec tous ces changements sociaux, les mœurs n'avaient pas tellement évolués. Pour la jeune Chiquinha, rien n'avait changé, elle obéissait toujours aux ordres de son père.

Mariage et famille[modifier | modifier le code]

À 16 ans, en 1863, Chiquinha est obligé à se marier avec Jacinto Ribeiro do Amaral, jeune garçon de 24 ans, officiel de la Marine Impériale. Sans pouvoir supporter la prison du navire où son mari a servi (où il passait plus de temps à travailler qu'avec sa famille), ses ordres et humiliations subies pour que Chiquinha ne joue pas la musique, Chiquinha se sépare et initie le divorce légale, ce qui fut un scandale à l'époque. Elle prend avec soi son fils aîné, João Gualberto (né en 1864). Le mari, cependant n'a pas permis qui Chiquinha garde ses enfants plus jeunes : sa fille, Maria do Patrocínio (née en 1865) et son autre fils, Hilário (né en 1867). Après avoir quitté son mari, Chiquinha a été "déclaré morte et de nom imprononçable" par son père.

En 1870, Chiquinha va habiter en Minas Gerais avec l'ingénieur João Batista de Carvalho, avec qui elle a eu une fille, Maria Alice (née en 1876). Elle a vécu de nombreuses années avec lui, mais Chiquinha n'acceptant pas les trahisons extra-conjugales, se sépare, et encore une fois perd une fille. Jean-Baptiste n'a pas laissé Chiquinha garder Maria Alice.

En 1876, Chiquinha Gonzaga, à 29 ans, habite au Rio de Janeiro avec son fils aîné, João Gualberto, pour travailler comme musicien indépendant et initier sa carrière de succès en tant que pianiste et compositrice.

En 1899, après plusieurs décennies concentrée dans sa musique, Chiquinha rencontre João Batista Fernandes Lage, un jeune homme plein de vie et talentueux apprenti musicien. Ils sont tombés amoureux mais la différence d'âge était trop grande et causerait plus de préjugés et de la souffrance dans la vie de Chiquinha. Elle était âgée de 52 ans et Jean-Baptiste, seulement 16. Chiquinha a du l'adopter comme un fils, pour pouvoir vivre ce grand amour. Cette décision a été prise pour éviter les scandales en ce qui concerne leurs enfants et la société de l'époque, et pour ne pas affecter sa brillante carrière. Pour cette raison également, Chiquinha et João Batista, ont déménage à Lisbonne au Portugal, où ils ont vécu plusieurs années loin des connaissances du Rio de Janeiro. Les enfants de Chiquinha d'abord n'ont pas accepté le couple, mais ils ont vite compris l'importance de João Batista pour la musique et la vie de Chiquinha.

Après quelques années, le couple retourne au Brésil sans éveiller les soupçons de vivre comme mari et femme. Chiquinha n'a jamais avoué publiquement sa relation avec João Batista, ce qui a été découvert seulement après sa mort, à travers des lettres et des photos du couple. Elle est morte à côté de João Batista Fernandes, son meilleur ami, partenaire et fidèle compagnon, son grand amour, en 1935, pendant le début d'un nouveau Carnaval. Elle fut enterré dans le cimetière de São Francisco de Paula, quartier du Catumbi, au Rio de Janeiro.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après la séparation de son mari, Chiquinha se dédie à vivre en tant que musicien indépendant, jouant du piano dans les magasins d'instruments de musique. Elle a donné des leçons de piano pour soutenir son fils João Gualberto, souffrant le préjugé de la société pour créer un fils sans mari. Elle s'a consacré entièrement à la musique, ce qui a été très réussie, vue que sa carrière a grandi et elle est devenue très célèbre, tant que compositeur de polkas, valses, tangos et chansonnettes. Chiquinha a commencé à participer à des balles et des "Chorões" (réunions), normalement réservées aux hommes, où elle a rencontré le flûtiste Joaquim Antônio da Silva Callado et a commencé à jouer dans son groupe, O Choro do Calado, étant la première femme à jouer dans ce groupe.

Atraente (1877), Chiquinha Gonzaga

La nécessité d'ajuster le son du piano au goût populaire vaut à Chiquinha Gonzaga la gloire de devenir la première compositeur populaire du Brésil. Le succès a commencé en 1877 avec la polka "Atraente", "composé par le piano, comme une improvisation, au cours d'une réunion 'choro'". De la répercussion de sa première composition imprimée, elle a décidé de se jeter dans le vaudeville et la revue. Elle a fait ses débuts à composer l'opérette de costumes "A Corte na Roça" en 1885. En 1911, son plus grand succès dans le théâtre: l'opérette "Forrobodó", atteint 1500 présentations sans aprrêt après la première - à ce jour la meilleure performance de son genre au Brésil. Vers 1900 rencontre l'artiste irrévérencieuse Nair de Tefé von Hoonholtz, la première caricaturiste dans le monde, une femme bohème mais de famille noble, avec qui devient grand amie. Chiquinha voyage à travers l'Europe entre 1902 et 1910, devenant spécialement connu au Portugal, où elle a écrit des chansons pour divers auteurs. Peu après son retour d'Europe, son amie Nair Tefé épouse le président de la République Hermes Rodrigues da Fonseca, devenant la première dame du Brésil. Chiquinha est invité par Nair de Tefé à quelques soirées au Palace du Catete, le palace présidentielle, même contre la volonté de la famille Nair. À cette époque, Chiquinha était déjà très célèbre mais très critiquée par la société masculine de son temps.

Corta Jaca (1912), Chiquinha Gonzaga

Une fois, en 1914, pendant la première de « Corta Jaca » au palais présidentiel, la première dame Nair de Tefé a accompagné Chiquinha à la guitare, et maniait l'instrument, jouant un cornichon composé par la pianiste. Cet épisode a été considéré comme un scandale à l'époque, avec une critique au gouvernement et des commentaires sonores ont été faites sur les «scandales» dans le palais, pour la promotion et la diffusion de la musique dont les origines étaient dans les danses vulgaires, selon la conception de l'élite sociale aristocratique. Jouer de la musique populaire dans le palais du Gouvernement brésilien a été considéré à l'époque comme une violation du protocole, ce qui a provoqué la controverse dans les échelons supérieurs de la société et des politiciens. Après la fin du mandat présidentiel, Hermes da Fonseca et Nair de Tefé ont déménagé en France, où ils sont restés pendant longtemps. En raison de cet épisode, Chiquinha et Nair finissent par perdre contact.

En 1934, à 87 ans, elle a écrit sa dernière composition, l'opéra "Maria". Elle a été la compositeur de la célèbre opérette partition "Juriti", avec Viriato Corrêa.

Chiquinha a également été le fondateur de la Société brésilienne de Auteurs de Théâtre. À la fin de sa vie, elle a composé la musique pour 77 pièces de théâtre et a été l'auteur d'environ deux mille compositions dans différents genres: valses, polkas, tangos, lundus, matchiches, Fado, quadrilles, mazurkas, choros et des sérénades.

Engagement civique[modifier | modifier le code]

Due son origine maternelle et les plusieurs injustices vécu pendant sa vie, Chiquinha était une citoyenne très active et impliqué dans toutes sortes de mouvements sociaux qui ont eu lieu au cours de sa génération au Brésil, comme l'abolition de l'esclavage, avec la Loi d'Or de 1888, et la proclamation de la République en 1889. Dans de nombreuses situations, elle a joué dans une position de leader des mouvements suffragiste.

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