Chikwangue

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bâton de manioc.
Pain de manioc vendu enroulé (supra), puis déballé (Congo)

La chikwangue (kwánga en lingala) – également appelée « bâton de manioc » – est un mets traditionnel du bassin du fleuve Congo, consommé notamment en République démocratique du Congo, en République du Congo[1] et en République centrafricaine[2]. Comme le foufou, c'est un produit dérivé du manioc[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fillette vendant de la chikwangue à Basankusu

Selon W. O. Jones[4], qui a étudié la diffusion du manioc en Afrique – depuis le Brésil –, sa culture s'est développée dans le bassin du Congo vers 1640-1650, date à laquelle les populations auraient appris à fabriquer le « pain de manioc ». Mais c'est seulement au début du XXe siècle que le manioc est devenu l'aliment de base dans la région.
De nos jours, la chikwangue se fabrique et se consomme aussi au sein de la diaspora africaine[1].

Préparation[modifier | modifier le code]

La préparation de ce plat est assez longue. Dans le sud du Congo, elle nécessite une ou deux semaines. Il faut d'abord laisser tremper les tubercules, les émietter à la main dans l'eau, tamiser et retirer les fibres à l'aide d'un couteau. Puis on laisse égoutter la pâte obtenue pendant deux jours dans un sac. Elle est ensuite travaillée à la main sur une planche en bois avec un rouleau, puis cuite à la vapeur. On lui donne alors la forme de boudins (bâtons) qu'on enveloppe dans des feuilles. Il peut s'agir de feuilles de bananier, mais, dans la mesure du possible, celles de Megaphrynium macrostachyum (ngungu, mikungu) sont privilégiées car elles donneraient une saveur particulière à la préparation[5]. Il faut au moins deux feuilles pour envelopper un bâton. Ensuite, on fait à nouveau cuire le tout[3]. Le produit obtenu est de consistance élastique, il a peu de goût, mais il est très nourrissant[1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La chikwangue accompagne de nombreuses préparations d'origine animale ou végétale. On l'utilise aussi pour manger une sauce avec les doigts[1].
Comme elle peut se conserver plusieurs jours, c'est un en-cas idéal pour le voyageur[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Chantal Bondedi, « La chikwangue », in Les saveurs du Congo-Kinshasa, Publibook, 2011, p. 15-16 (ISBN 9782748361766)
  2. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, République Centrafricaine 2013-14, Petit Futé, 2012, p. 65 (ISBN 9782746959705)
  3. a, b et c (en) Ken Albala, « Central Africa », in Food Cultures of the World Encyclopedia, vol. 1, Africa, Middle East, ABC-CLIO, 2011, p. 36-37 (ISBN 9780313376276)
  4. (en) W. O. Jones, Manioc in Africa, Stanford University Press, Stanford, 1959, p. 31 ; 60, cité par Angelo Barampama, Le manioc en Afrique de l'Est : rôle et perspectives dans le développement agricole, Karthala, Paris ; IUED, Genève, 1992, p. 73 (ISBN 2-86537-388-6)
  5. (en) Dyfed Lloyd Evans, « Bâton de manioc (Cassava sticks) », in The Recipes of Africa, p. 105

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chantal Bondedi, « La chikwangue », in Les saveurs du Congo-Kinshasa, Publibook, 2011, p. 15-16 (ISBN 9782748361766)
  • Paul Latham, Plantes utiles du Bas-Congo, Republique Democratique du Congo, Mystole Publications, Canterbury, 2007, 344 p.
  • O. Legros, B. Malonga, E. Avouampo, R. Mabounda, « Ligne mécanisée de production de chikwangue au Congo », in T. Agbor Egbe, A. Brauman, D. Griffon, S. Trèche (s dir.), Transformation alimentaire du manioc, ORSTOM, 1995, p. 603-621, [lire en ligne]
  • Serge Trèche, Olivier Legros, Étienne Avouampo, José Muchnik et Joachim Massamba, Fabrication de chikwangue au Congo, ORSTOM, Paris, juin 1993, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]