Chicotte

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Usage de la chicotte au Congo belge

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La chicotte (au Congo, en Amérique du Sud et dans les colonies africaines portugaises; le mot signifiant fouet en Espagnol et en Portugais) est un fouet à lanières nouées. Traditionnellement en cuir (peau d'hippopotame ou de rhinocéros séchée[1]), il peut aussi être en plastique. On utilise aussi les mots sjambok (en Indonésie et en Afrique du Sud), litupa, mnigolo (hippopotame en malinke), imvubu (hippopotame en zoulou), kiboko (hippopotame en swahili) ou fimbo (fouet en lingala)

Histoire[modifier | modifier le code]

Quelle que soit son appellation, le fouet à lanières nouées est utilisé sur tous les continents (le mot afrikaans sambok semble ainsi avoir été apporté d'Indonésie par des esclaves malais, mais dériverait du persan chabuk), de la nuit des temps à nos jours, principalement comme outil agricole (mener les bœufs et chevaux, éloigner les chiens, tuer les serpents etc.) et accessoirement comme instrument de sanction physique, privée ou publique.

Le mot chicotte est cependant surtout associé aujourd'hui à l'esclavagisme, aux brutalités de la colonisation, en particulier dans l'État indépendant du Congo, ainsi qu'à la période de l’apartheid en Afrique du sud.

La chicotte servait ainsi à punir les indigènes au Congo, surtout à l'époque de l'État indépendant du Congo lorsque le roi des Belges, Léopold II, régnait en souverain absolu sur cette possession personnelle, alors qu'en Belgique il avait des pouvoirs restreints par la constitution. Le châtiment était souvent administré par un commis congolais sur les fesses du condamné dévêtu, allongé au sol, membres étirés. Cette pratique symbolise la répression inhumaine à laquelle étaient soumis les Congolais pendant la colonisation et témoigne de la cruauté avec laquelle ils étaient traités[2]. Un Recueil à l'usage des fonctionnaires et des agents du service territorial au Congo belge témoigne dans ce cadre: "Comment obtenir la collaboration d'une population indolente qui trouve aisément, dans son propre milieu, à satisfaire à ses modestes besoins en matière d'alimentation, de logement et d'habillement ? (Ceci) résume presque tout le problème colonial[3]." Cette punition coutumière est restée d'application après l'indépendance du Congo par le président Mobutu.

En Afrique du Sud, le sjambok ou sambok est aussi souvent associé à l'ère de l'apartheid ainsi qu'à celle de l'esclavage[4]. Le mot semble provenir du mot indonésien cambuk, une tige en bois pour punir les esclaves. Quand les esclaves malais sont arrivés en Afrique du Sud dans les années 1800, l'instrument et son nom ont été importés avec eux. Une bande de peau de 1 à 1,5 mètre sur 25 mm d'épaisseur que l'on roulait en cylindre composait ce fouet, aussi flexible que durable. Le sjambok était aussi utilisé pour la conduite du bétail, et par les Voortrekkers pour diriger leurs chars à bœufs durant leur migration depuis le Cap de Bonne-Espérance. Plus tard, une version en plastique a été élaborée pour les Services de Police sud-africains et a été utilisée pour contrôler les émeutes. Le sambok est encore utilisé en Afrique du Sud. [réf. souhaitée]. C'est ainsi que, dans un incident d'avril 2010, des grévistes ont fouetté une dame dans sa maison à l'aide d'une chicotte[5], selon elle, aux cris de « Tuez le Boer », chant qui fait l'objet de controverse en Afrique du Sud[6].

Comme indiqué ci-dessus, le châtiment de la chicotte est toujours utilisé dans de nombreux pays, notamment africains (comme le Bénin, la République centrafricaine ou le Burkina Faso [réf. souhaitée]) dans l'éducation des enfants. [réf. souhaitée] Au Bénin, jusqu'en 1991, il était habituel de donner la chicotte aux élèves qui n'apprenaient pas leurs leçons, ou qui étaient mauvais en orthographe (française) ou en arithmétique. [réf. souhaitée] La correction était alors infligée selon le nombre d'erreurs (exemple : cinq erreurs autorisées dans une dictée ; la sixième erreur entraîne cinq coups de chicotte, la septième le double, etc.). [réf. souhaitée]

Selon l'écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, la chicotte aurait été inventée par un certain monsieur Chicot, un capitaine de la gendarmerie coloniale au Congo belge[7]. C'est néanmoins douteux, car il s'agit d'un mot d'origine portugaise[8] et espagnole[9] (certes provenant du Français), signifiant d'abord extrémité d'un cordage puis fouet, dont l'usage est recensé dès 1820 au Brésil par Jacques Arago, donc très largement avant la naissance du Congo belge (1909)[10] et même celle de l'État indépendant du Congo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « YouTube »
  2. « intal »
  3. Recueil à l'usage des fonctionnaires et des agents du service territorial au Congo belge, 5e édition, p. 427
  4. « Rough justice », The Guardian,‎
  5. http://www.ewn.co.za/articleprog.aspx?id=37202
  6. lefigaro.fr, « Afrique du Sud: 'tue le Boer' fait débat »
  7. « L'inventeur, disait-on, avait été un capitaine de la Force publique nommé M. Chicot, un Belge de la première vague [...] », Mario Vargas Llosa, Le Rêve du Celte, édition consultée : Folio, 2013, p.60 (ISBN 978-2-07-045165-4)
  8. « Priberam »
  9. « RAE »
  10. « CNRTL » (consulté le 7 septembre)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]