Chick Tracts

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Chick Tracts est une collection de tracts évangéliques, créée et publiée à l'origine par Jack T. Chick, un éditeur américain et caricaturiste religieux conservateur, et publiées par Chick Publications à partir des années 1970[1]. Depuis sa mort, sa société Chick Publications a continué d’imprimer de nouveaux tracts en utilisant d’autres auteurs travaillant pour la société.

Les tracts visent à convertir le jeune public au christianisme. Bien que de nombreux Chick Tracts expriment des opinions généralement acceptées dans la théologie chrétienne, plusieurs tracts ont exprimé des points de vue controversés. Plus particulièrement, les Chick Tracts sont connus pour avoir exprimé des points de vue fortement anti-catholiques, ainsi que ses critiques vis-à-vis des autres religions, notamment l'islam et le mormonisme, à un tel point que les Chick Tracts ont été interdits au Canada.

Format[modifier | modifier le code]

Les tracts eux-mêmes mesurent environ trois pouces de haut sur cinq pouces de large et environ vingt pages de long[2]. Le matériel est rédigé sous forme de bande dessinée (comic strip), avec le panneau avant reprenant le titre du tract et le panneau intérieur dédié à la prière d'un pécheur standard. La couverture arrière du tract contient un espace vide, permettant aux églises d'indiquer leur nom et leur adresse ; Chick Publications est disposée à imprimer des couvertures personnalisées, mais au moins 10 000 tracts doivent être commandés.

Thèmes récurrents[modifier | modifier le code]

Comme dans la quasi-totalité de son œuvre, le but de Jack T. Chick avec les Chick Tracts est de convertir le lecteur au christianisme[3]. Dans la plupart de ces tracts, il s'agit d'une prière standard pour le salut du pécheur. Dans les tracts traitant des « fausses religions », la prière comprend une clause permettant de rejeter ces religions. Les Chick Tracts se terminent par une suggestion de prière invitant le lecteur à accepter Jésus-Christ[4].

Dans cette série, Jack Chick tente de convaincre son lectorat qu'il est irrémédiablement condamné à l'enfer s'il ne se convertit pas. Il condamne aussi tous ses opposants ou les personnes et les traditions qui lui déplaisent, quels qu'ils soient : les catholiques, les musulmans, les partisans de l'avortement, la fête d'Halloween, le suicide...

Dans l'ouvrage Strips, Toons, and Bluesies écrit par Douglas Bevan Dowd et Todd Hignite, les auteurs déclarent qu'il est « sûr de supposer que Chick a vu au moins quelques » Bibles de Tijuana depuis les livres et, selon Dowd et Hignite, les Chick Tracts sont « étonnamment similaires » aux bibles de Tijuana ; les tracts visent principalement les jeunes des classes socio-économiques inférieures et sont « chargés de stéréotypes ». Les auteurs indiquent que les Chick Tracts contiennent des représentations « extravagantes » de la consommation de drogues à des fins récréatives et dépeint « la révolution sexuelle ». En outre, les bandes dessinées comprennent des éléments surnaturels, des rituels occultes, des tortures et du cannibalisme[5].

Critiques[modifier | modifier le code]

Un message de haine[modifier | modifier le code]

Dans son livre La Propagande dans la BD, Fredrik Strömberg (en) parle ainsi des Chick Tracts[6] :

« Le lecteur athée (tel que votre serviteur) sera probablement sidéré, voire effrayé par le ton péremptoire, l'interprétation littérale des Écritures, et surtout l'âpreté avec laquelle les Chick Tracts tentent de faire accepter leur vérité comme la seule acceptable. Le Canada les a fait interdire, les jugeant coupables d'« incitation à la haine », une sentence qui me paraît juste. Le message d'amour du Christ en est remarquablement absent, remplacé par une condamnation catégorique de l'autre. »

Il précise ensuite que le plus choquant dans les Chick Tracts est « leur clarté et leur accessibilité, notamment pour un lectorat jeune et impressionnable ». Ainsi, le catalogue de Chick Publications cite l'anecdote qu'une fillette de cinq ans aurait reconnu le Christ comme son sauveur après une lecture d'un tract par sa mère, ce qui démontrerait si cette anecdote était avérée l'influence néfaste que ces bandes dessinées à l'apparence enfantine peuvent avoir sur leurs lecteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue des tracts de la collection, Chick.com
  2. Jason Bivins, Religion of Fear : the Politics of Horror in Conservative Evangelicalism, Oxford New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-534081-5), p. 41
  3. (en) [vidéo] A Look into the Bizarre World of Christian Comics sur YouTube
  4. (en) « The Nightmare World of Jack T. Chick - Catholic Answers » [archive du ], Catholic.com (consulté le 2 décembre 2013)
  5. Dowd, Douglas Bevan et Todd Hignite, Strips, Toons, and Bluesies, Princeton Architectural Press, (lire en ligne), p. 40
  6. Fredrik Strömberg (en) (préf. Peter Kuper), La Propagande dans la BD, The Illex Press Limited, , 176 p. (ISBN 9782212127195, présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Jack Chick, l'auteur
  • Alberto, une autre bande dessinée de l'auteur que l'on peut considérer comme de la propagande religieuse.