Chez nous (film, 2017)

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Chez nous
Réalisation Lucas Belvaux
Scénario Lucas Belvaux
Jérôme Leroy
Acteurs principaux
Sociétés de production Synecdoche
Artémis Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Drame
Sortie 2017

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Chez nous est un film franco-belge de Lucas Belvaux, sorti en 2017.

Synopsis[modifier | modifier le code]

A Hénart, dans le Pas-de-Calais, Pauline Duhez est infirmière libérale. Tous les jours, elle est confrontée à la misère sociale, à la disparition des services publics, tout en jonglant avec une vie personnelle bien remplie : son père, ancien métallurgiste malade de l'amiante dont elle s'occupe, et ses enfants, qu'elle élève seule. Un jour, le docteur Philippe Berthier, médecin fortuné et ancien député européen, lui propose de se présenter aux élections municipales en tête de la liste du Rassemblement national populaire (RNP), un parti d'extrême droite fondé par Agnès Dorgelle. Réticente, Pauline se laisse séduire par le discours de la présidente du RNP, à la fibre sociale et en appelant au peuple, du docteur Berthier, qui évoque la notoriété et l'empathie de Pauline, et le soutien de ses amis, dont certains se révèlent ouvertement racistes. Après avoir accepté d'être candidate, la vie de Pauline change radicalement, certains de ses proches se détournent d'elle et elle n'est plus la bienvenue chez certains de ses patients.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réactions[modifier | modifier le code]

Le film décrit l’implantation d’un parti d’extrême droite dans le Nord de la France, ce qui suscite plusieurs réactions de dirigeants du Front national.

Le vice-président du FN, Florian Philippot déclare dans l'émission Grand rendez-vous Europe 1-iTélé-Les Échos diffusée le que ce film est selon lui « absolument inadmissible » en raison de son sujet et de sa sortie programmée peu de temps avant l'élection présidentielle de 2017[1]. « On est à deux mois de l'élection présidentielle. Les films français sont financés par le contribuable français, donc en partie par beaucoup d'électeurs du Front national [...] Nous trouvons cela absolument inadmissible. Peut-être faudrait-il mettre le budget de ce film sur les comptes de campagne de nos adversaires. Je ne plaisante même pas en disant cela », ajoute-t-il. Steeve Briois, le maire FN d’Hénin-Beaumont, publie un tweet désobligeant : « Pauvre Marine Le Pen, qui est caricaturée par ce pot-à-tabac de Catherine Jacob. Un sacré navet en perspective »[2].

En réponse à ces accusations, le réalisateur Lucas Belvaux répond que si son film est « un film engagé », ce n'est pas un « film militant », que « ce n'est pas tant un film anti-FN qu'un film sur le discours populiste »[3].

La municipalité FN du Luc décide en mars 2017 de déprogrammer la diffusion en salle du film, obligeant la ministre de la culture à réagir[4].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Lucas Belvaux explique dans une interview au journal Le Monde[2], que son film porte « l’ambition de décrire dans sa complexité l’implantation d’un parti en quête de respectabilité ». Il se définit comme un « cinéaste de gauche, mais refuse que son étiquette politique colle à son film »[5]. A ses yeux, le FN est un parti « pétainiste [...], fasciste, antisémite, raciste » qui « aime une France morte héritée du gauchisme ». Il reconnaît également « qu'on s'est dépêché pour être prêt à temps » avant l'élection présidentielle afin de « participer au débat »[6],[7].
  • Jérôme Leroy coscénariste du film est aussi l'auteur en 2011 du livre remarqué Le Bloc (Gallimard)[8] qui mettait en scène un parti d’extrême droite[2].
  • Le titre du film est une reprise du slogan « On est chez nous ! » fréquemment scandé dans les meetings et manifestations d'extrême droite[9],[10].
  • Le rôle de Catherine Jacob qui incarne la cheffe d'un parti nationaliste fait référence à la femme politique Marine Le Pen[11],[12]. Pour les besoins de ce rôle, elle a les cheveux blonds coupés au carré et porte des tenues similaires à celles que porte la présidente du Front national.
  • André Dussollier et Guillaume Gouix incarnent des membres du « Bloc patriotique » qui sont les deux faces opposées et contradictoires de ce parti extrémiste : le premier un médecin en costard-cravate au discours policé qui tente de « dédiaboliser » son parti, tandis que le second en blouson en cuir scande des propos xénophobes et tabasse des immigrés la nuit.
  • Le film se déroule dans la région Hauts-de-France (participation à un match du Racing Club de Lens au stade Bollaert, terrils du bassin minier environnant, maisons en brique rouge, domaine skiable de Nœux-les-Minesetc.) où Marine le Pen est conseillère régionale. L'histoire se passe dans la commune fictive d'Hénard, mais on y devine une transposition de la commune d'Hénin-Beaumont dirigée par le Front national, commune dont le nom jusqu'en 1971 était Hénin-Liétard. C'est ce dernier nom contracté (Hénin-Liétard) qui sert pour la commune fictive[13].

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Mathieu Macheret du Monde regrette que le réalisateur Lucas Belvaux en s'engageant ainsi sur le front politique, perde son cinéma. Le film serait plombé « par une mise en scène sursignifiante. »[14]. Pour Les Inrocks, ce portrait de campagne « n’évite pas toujours le schématisme », le film n´échappant pas aux « raccourcis et surlignages »[15]. Le critique de cinéma Laurent Dandrieu apprécie la justesse d'interprétation de certains rôles (André Dussollier), regrettant néanmoins que le personnage campant Marine Le Pen soit « une caricature épaisse, comme l’ensemble du scénario. »[16]. Les Échos déplorent derrière l'intention à l'oeuvre un scénario « convenu », une « intrigue schématique » et des « personnages caricaturaux, à l'exception d'Emilie Dequenne » pour finalement se poser la question « si ce film sans nuances ne rate pas sa cible »[17].

Beaucoup plus positif, François Quenin, chroniqueur pour Culture-Tops, voit dans le film une « réussite exceptionnelle » servie notamment par la présence d'Émilie Duquesne[18].

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau de la France France 144 010 entrées[19] en cours
Alt=Image de la Terre Mondial NC - -

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémi Duchemin, « Philippot : le film de Lucas Belvaux, "c’est proprement scandaleux" », sur Europe 1,‎ (consulté le 9 février 2017).
  2. a, b et c Raphaëlle Bacqué, « Chez nous, le film de Lucas Belvaux qui énerve le FN », sur lemonde.fr,‎ .
  3. H. H. (avec AFP), « Le cinéaste belge Lucas Belvaux et son film Chez nous irritent le FN », sur lalibre.be,‎ (consulté le 9 février 2017).
  4. http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/evenements/une-mairie-fn-du-var-deprogramme-le-film-chez-nous-initialement-prevu-en-salle-253899
  5. "Chez nous", film sur le FN: pourquoi donc le cinéma français est-il de gauche?, lexpress.fr, 22 février 2017
  6. Lucas Belvaux : "Le cinéma n'ose plus dire les choses frontalement", laprovence.com, 21 février 2017
  7. Lucas Belvaux : « Le Front national aime une France morte », lhumanité.fr, 22 février 2017
  8. Jérôme Leroy, Le Bloc, Folio (Gallimard), , 336 p. (ISBN 978-2070453092).
  9. « Lors du meeting FN au Zénith de Paris : "On est chez nous ! On est chez nous !" », Le Monde,‎ .
  10. cf. vidéos sur Youtube avec comme mot-clé « on est chez nous ».
  11. Romain Herreros, « Devinez qui est censée incarner Catherine Jacob dans Chez Nous, film inspiré du FN », Le Huffington Post,‎ .
  12. « Chez nous : Catherine Jacob dans un rôle inspiré de Marine Le Pen », 20 minutes,‎ .
  13. Christophe Caron, « Chez nous tourné dans le bassin minier : la polémique déjà en tête d’affiche », La Voix du Nord,‎ .
  14. « Chez nous » : Lucas Belvaux monte au front politique, mais y perd son cinéma, lemonde.fr, 21 février 2017
  15. Chez nous, lesinrocks.com, 17 février 2017
  16. Laurent Dandrieu : Film « Chez nous » - un tableau du FN rattrapé par les clichés, bvoltaire.fr, 23 février 2017
  17. « Chez nous », le film qui fait débat, lesechos.fr, 22 février 2017
  18. "Chez nous": "le" film de ce début d'année, atlantico.fr, 22 février 2017
  19. « Chez nous  », sur JP box-office.com (consulté le 3 mars 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]