Chevillard (métier)

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Dans la boucherie, un chevillard est un grossiste habilité à abattre des bêtes. Il revend ensuite la viande à des bouchers-détaillants. Ce métier est aussi connu dans certaines régions (notamment le Nord de la France) sous le terme de chevilleur.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme tire son origine de la cheville, croc auquel sont suspendues les carcasses entières. Par extension, la cheville désigne aussi le négoce des carcasses[1].

Apparition du métier[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Alors que traditionnellement, depuis la popularisation de la consommation de viande bovine dans les villes, l'approvisionnement en bovins relevait du rôle du boucher, qui allait acheter sa viande sur pied, puis l'abattait et la découpait avant de la vendre, la situation change en 1811. Dans les grandes villes, il est fait obligation d'utiliser des abattoirs publics[2]. Le métier se scinde alors en deux spécialités, le boucher qui travaille la viande abattue, et le chevillard, qui s'approvisionne auprès d'éleveurs ou de négociants, abat les animaux, et les revend sous forme de carcasses aux bouchers[3].

À Paris, 300 d'entre eux exerçaient au sein des abattoirs de la Villette, avant leur disparition dans les années 1970[4].

La mise en place de circuits courts de distribution, via les coopératives comme en Bretagne, ou via des formules « du producteur au consommateur », constitue une menace pour le métier[1].

Conditions d'accès à la profession[modifier | modifier le code]

En Belgique, l'accès à la profession est soumis à conditions, sous forme d'une expérience minimale de cinq ans, de possession d'un titre, ou à défaut, via un examen[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Anne-Élène Delavigne, « La viande ordinaire et « l'extra » : le goût contre les normes », Paris, Anthropozoologica, no 45(1),  éd. Muséum national d'histoire naturelle, juin 2010, p. 173-184.
  2. Sous l'impulsion de Napoléon 1er, qui décide l'année précédente de la construction de cinq abattoirs dans Paris.
  3. J.F. Soufflet, « La filière viande bovine, dans ses rapports avec l'élevage : types d'entreprises, concurrence, évolution à long terme », Économie rurale, no 158, novembre-décembre 1983, p. 51-60.
  4. Pierre Haddad, Les Chevillards de La Villette, naissance, vie et mort d’une corporation, ANRT, 1997 (ISBN 978-2284003588).
  5. Grossiste en viandes-chevillard.

Liens externes[modifier | modifier le code]