Cheval au XVIe siècle

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L'histoire du cheval au XVIe siècle est marquée par la fin de la domination des destriers et de la cavalerie lourde sur les champs de bataille. Une nouvelle orientation de la sélection des chevaux de guerre voit le jour, les animaux sont recherchés plus légers et plus maniables que les puissants destriers. Le dressage classique s'est énormément développé, des haras importants sont créés. Parallèlement, le cheval gagne les Amériques, où il s'était éteint depuis 10 000 ans.

La fin des destriers[modifier | modifier le code]

Des défaites françaises comme celle de Crécy-en-Ponthieu, pendant la guerre de Cent Ans, montrent l'insuffisance et la piètre qualité de la cavalerie. Les écuries royales prennent de l'importance sous François Ier[1]. La puissance de feu de l'artillerie limite les destriers, peu maniables.

Les académies équestres et le dressage académique[modifier | modifier le code]

Travail au pilier unique (L'instruction du roi en l'exercice de monter à cheval d'Antoine de Pluvinel - ed. 1625)
Courbette dans les piliers (L'instruction du roi en l'exercice de monter à cheval d'Antoine de Pluvinel - ed. 1625)
Article connexe : Dressage classique.

Des académies d'équitation sont créées, notamment en Italie, pour obtenir des chevaux plus légers, maniables, permettant de sortir de la mêlée des combats[2]. Mais plus important encore, la "civilisation des mœurs" (Norbert ELIAS) qui s'élabore dans les cours princières demande un autre usage du cheval. À l'utilisation pour la guerre et la chasse, s'ajoutent les besoins du paraître, notamment dans les entrées princières, dans les fêtes et dans ces nouvelles occasions de montrer son élégance que sont les carrousels et ballets de chevaux. Les joutes et tournois qui simulaient les gestes guerriers au Moyen Âge se transforment en exercices de virtuosité. L’Italie accueille les principales académies d'équitation de la Renaissance. Frederico Grisone relance l'Académie de Naples en 1532. Il rédige le traité d'équitation Ordini di cavalcare en 1550. Cesare Fiaschi fonde sa propre académie en 1534. Dans l'académie de Grisone, Gianbatista Pignatelli forme les deux écuyers français Salomon de La Broue et Antoine de Pluvinel.

Toutes les cours d'Europe reprennent ce modèle né en Italie, vraisemblablement sous l'influence de pratiques équestres venues, via l'Espagne ou Byzance, des cours arabes (Bagdad, Damas, etc.) À la Renaissance, les chevaux deviennent des présents de grand prix qu'on offre aux autres chefs d'État, les prouesses équestres rivalisent de virtuosité et de recherche esthétique. En France, la cour du roi, comme en Lorraine la cour ducale, reprend le souci d'un art de monter à cheval et les moyens de l'enseigner aux jeunes nobles. Le futur roi est lui aussi formé à cet art. Nous connaissons cet enseignement parce que Monsieur de Pluvinel, chargé de l'instruction du futur Louis XIII, publiera le premier traité d'équitation en français. Ses préceptes et les gravures qui les accompagnent fondent l'équitation de tradition française. Déjà la recherche de la discrétion des aides, de la coopération du cheval plutôt que de sa contrainte, la volonté d'élégance et d'harmonie accompagnent l'exercice de la plus haute virtuosité.

La famille impériale des Habsbourg fonde en 1580 un nouveau haras dans la localité slovène de Lipica, appartenant à l'époque à l'Empire autrichien. L'élevage du lipizzan est liée à ce haras. En 1572, le premier hall de l'école espagnole (Spanische Reitschule) de Vienne est construit[3].

L'arrivée dans les Amériques[modifier | modifier le code]

En Amérique, les premiers colons espagnols réintroduisirent le cheval barbe et andalou dans les deux sous-continents américains. L'espèce y avait alors disparu depuis plus de huit millénaires. En 1519, les conquistadores de Hernán Cortés, amènent avec eux onze chevaux et six juments[4], dont deux avaient une robe pie et cinq autres une robe tachetée. Ils étaient les premiers ancêtres des mustangs, ces chevaux retournés à l'état sauvage et qui ont pour la plupart une robe tachetée. Le fait que les Amérindiens n'aient jamais vu ces animaux aida les conquistadores à se faire passer pour des divinités et à remporter ainsi de nombreuses batailles. Cortez aurait déclaré : « Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux ». Le cheval se répand rapidement sur ces terres, principalement en Amérique du Nord.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, Les plus beaux chevaux du monde, Atlas, coll. « Atlas Nature », (ISBN 2723451402), p. 216-217
  2. (en) Alois Podhajsky, The Complete Training of Horse and Rider, Londres, Doubleday, (ISBN 0-948253-51-7)
  3. (en) Alois Podhajsky (trad. de l'allemand), The Complete Training of Horse and Rider, Londres, Doubleday, (ISBN 978-0-948253-51-5)
  4. Hernan Cortés dans www.americas-fr.com