Chemises bleues (Chine)

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Chemises bleues
Situation
Création 1932
Dissolution 1938
Type organisation fasciste
Siège Chine
Langue chinois
Organisation
Organisations affiliées Guomindang

Les Chemises bleues (en chinois 藍衣社, Lan-i She, ou Lanyishe) sont une organisation fasciste active en Chine de 1932 à 1938. Elle est une émanation de l'une des factions du Guomindang, la clique de Whampoa, elle-même formée d'anciens étudiants de l'académie militaire de Whampoa[1].

Les Chemises bleues sont organisées en 1932 par un groupe de jeunes officiers, au nombre desquels Dai Li, issus de l'académie militaire de Whampoa, en réaction à l'invasion de la Chine par les Japonais et à l'influence communiste dans la société. L'organisation est soutenue par le Guomindang et son chef Tchang Kaï-chek. Sa structure, en trois niveaux, est pyramidale. Son idéologie est inspirée de celle du fascisme italien et du parti nazi : culte du chef, nationalisme, antilibéralisme, anti-individualisme. Les Chemises bleues jouent un rôle important dans l'encadrement idéologique de l'armée nationaliste, ainsi qu'au sein de la police. Elles fournissent des cadres au Mouvement de la vie nouvelle (en), lancé en 1934 par Tchang et Song Meiling[1].

Les Chemises bleues sont aussi le noyau à partir duquel est formé le Bureau militaire d'enquête et de statistiques, la police secrète du Guomindang dirigée par Dai Li[1].

L'assassinat politique est l'un des moyens d'action des Chemises bleues : Chinois collaborant avec les Japonais, communistes ou supposés tels, libéraux critiques à l'égard de Tchang Kaï-chek[2]

Pour le sinologue Simon Leys, l'idéologie des Chemises bleues est similaire à celle des gardes rouges de la Révolution culturelle : culte du chef, anti-intellectualisme et valorisation du travail manuel, xénophobie et anti-impérialisme[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Lloyd E. Eastman, « Nationalist China during the Nanking Decade 1927-1937 », dans John K. Fairbank et Albert Feuerwerke, The Cambridge History of China, vol. 13 : Republican China 1912-1949, Part 2, Cambridge University Press, 1986, pp. 143-144.
  2. Jay Taylor, The Generalissimo : Chiang Kai-shek and the struggle for modern China, Harvard University Press, 2009, p. 104.
  3. Simon Leys, Ombres chinoises, dans Essais sur la Chine, Robert Laffont, 1998, pp. 406-407.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lloyd E. Eastman, « Fascism in Kuomintang China : the Blue Shirts », China Quartely, n° 49, 1972.
  • Lloyd E. Eastman, « The Rise and Fall of the Blue Shirts. A Review Article », Republican China, 13, n° 1, 1987.
  • Frederic Wakeman Jr., Spymaster: Dai Li and the Chinese secret service, University of California Press, 2003.