Chemins de fer départementaux des Ardennes

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Chemins de fer départementaux des Ardennes
Création 1895
Disparition 1961
Fondateur(s) Joly, Beldant et Baert
Successeur RDTA

Forme juridique SA
Sigle CA
Siège social Drapeau de France Charleville (France)

Écartement des rails 800 mm et 1 m
Un train en gare du Chesne avec la locomotive Corpet-Louvet N°5

Les Chemins de fer départementaux des Ardennes (CA) sont une ancienne compagnie de chemin de fer secondaire à voie métrique et étroite (800mm) du département des Ardennes (France). Cette société avait été fondée en 1895, et, en 1909, elle exploitait 342 km de voies[1]. À partir de 1947, les lignes à voie métrique ont été transférées à la Régie départementale des transports des Ardennes (RDTA). L'année 1950 a vu la suppression des lignes à voie métrique à caractère industriel dans le département (lignes Tremblois-Rocroi-Hiraumont, Nouzonville-Gespunsart et Monthermé-Sorendal).

Le CA était un chemin de fer « secondaire » français typique, utilisant la traction à vapeur, exigeant (exceptionnellement) un rayon de courbure minimal de 50 mètres et comportant des rampes maximale de 30 mm/m.

La compagnie des chemins de fer départementaux à voie étroite des Ardennes[modifier | modifier le code]

Cette compagnie, fondée par MM. Joly, Beldant et Baert, obtient la concession d'un réseau dans le département des Ardennes (loi du 9 août 1894)[2],[3]. Elle appartient au groupe Baert-Verney.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Le premier réseau[modifier | modifier le code]

Le premier réseau est construit à l'écartement de 800 mm pour des raisons stratégiques. Il comprend les lignes suivantes :

  • Tremblois-lès-Rocroi - Rocroi : novembre 1895 (12km) ;
  • Nouzon - Gespunsart : août 1896 (8km);
  • Wasigny - Signy-l'Abbaye (11,5km) :
Wasigny - Signy-Gare : novembre 1897,
Signy-Gare - Signy-Place : août 1898 ;
  • Vouziers - Raucourt - Buzancy (59 km) :
Vouziers - Le Chesne : octobre 1897,
Le Chesne - Raucourt : 1898 ;
Chatillon - Buzancy (embranchement) : octobre 1897.

Le deuxième réseau[modifier | modifier le code]

Site de la gare de Monthermé.
Ruines de la gare de Vouziers, pendant la Première Guerre mondiale.
La gare se trouvait sur la ligne d'Amagne - Lucquy à Revigny des chemins de fer de l'Est, et était desservie, en mai 1914, par des trains assurant la liaison entre Revigny, Sainte-Menehould, Challerange et Hirson.
Elle était également l'origine de lignes des CA qui la reliait, à partir de 1906, à Raucourt et Buzancy (en 1897) et à Juniville et au Châtelet-sur-Retourne[4].

Le deuxième réseau comprend les lignes suivantes :

Lignes complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Vendresse - Poix : 15 mai 1904 (19,2 km) ;
  • Attigny - Bâalons : 15 mai 1904 (17,4 km) ;
  • Rocroi - Hiraumont - Petite Chapelle (Belgique) : décembre 1905 (3,9 km) ;
  • Juniville - Vouziers : novembre 1906 ;
  • Signy-l'Abbaye - Mézières - Mohon : mars 1908 (32,7 km) ;
  • Wasigny - Renneville : avril 1909 ;
  • Dizy-le-Gros - Sissonne - Saint-Erme : mai 1909 ;
  • Asfeld - Dizy-le-Gros - Montcornet : mai 1909 ;
  • Sedan - Frontière (Corbion, Belgique) : juillet 1910 ;
  • Les Hautes Rivières - Sorendal : 1914 (1,7 km).

Deux sections n'ont pas été terminées en 1914, avant le début du conflit.

  • Sorendal - Frontière belge : (3,2 km) ; ouverture en 1938
  • Gespunsart - Frontière belge : (3,3 km) ; ouverture en 1925

Transformation à l'écartement métrique[modifier | modifier le code]

Alors que les lignes du deuxième réseau sont en construction, l'interdiction d'utiliser la voie métrique est levée. Les nouvelles lignes seront construites à cet écartement et certaines lignes existantes transformées.

L'écartement de 800 mm sera conservé pour la ligne Raucourt - Buzancy et les nouvelles extensions de cette ligne vers Attigny et Poix, ainsi que pour la ligne Le Chatelet - Vouziers.

Liaisons avec la Belgique[modifier | modifier le code]

Carte avec les connexions de CFDA avec la Belgique (lignes pourpre).

À l'origine, sur ordre de l'armée, les voies n'avaient qu'un écartement de 800 mm pour limiter leur utilisation par une armée ennemie en cas d'invasion. Cependant, on y a rapidement renoncé et les lignes primitives ont été transformées en voies métriques.

Le CA avait quatre liaisons avec les chemins de fer vicinaux belges voisins, à voie métrique eux aussi. Il s'agissait des lignes :

À Petite-Chapelle, il y avait correspondance avec les lignes vicinales belges à destination de Chimay et Couvin. Tremblois est une station sur l'ancienne ligne ferroviaire Charleville-Mézières - Hirson par Auvillers. La ligne fut ouverte le 18 novembre 1895 jusqu'à Rocroi avec un écartement de 800 mm, le 15 septembre 1903 avec une voie métrique, puis prolongée vers Petite-Chapelle en 1905. Toute la ligne a été supprimée en 1950. Elle avait une longueur de 15,445 km. (route Internet-web-browser.svgPetite-Chapelle Tremblois)
De Monthermé à Bohan, la ligne suit la rivière du côté nord. Le 19 octobre 1901, la ligne est ouverte jusqu'à Hautes-Rivières et le 1er mai 1914 jusqu'à Sorendal. La liaison avec la Belgique vers Bohan n'est ouverte qu'à partir du 17 octobre 1938. Les trains CA n'ont jamais roulé plus loin que Sorendal. Les vicinaux belges, de leur côté, n'ont atteint Bohan qu'à partir de 1935, après de lourds travaux : un tunnel de 220 mètres et deux ponts. Dès le début des hostilités, le trafic international a été interrompu et n'a jamais repris après la guerre. Entre Bohan et Membre, les ponts et le tunnel ont été détruits lors du retrait des Allemands et n'ont jamais été reconstruits (22,6 km ; la partie française a été fermée en 1950).
Le 23 mai 1903, la ligne a été exploitée à voie métrique depuis le 13 mai 1903 et prolongée le 1er mai 1925 vers Pussemange et le réseau belge des chemins de fer vicinaux (11,2 km, fermée en 1950).
Près de Corbion, il existait une ligne vicinale belge qui quittait la ligne CA après la frontière en France pour rejoindre par le territoire français les communes belges de Sugny et Pussemange. La ligne CA de Sedan était donc connectée avec la ligne CA de Nouzonville par le territoire belge. Cette ligne mesurait 20,7 km ; elle a été fermée le 31 aout 1933. La ligne belge vers Pussemange a été fermée le 16 juillet 1955 pour les voyageurs et le 1er juin 1960 pour le trafic des marchandises.(Internet-web-browser.svgroute Corbion Olly)

Toutes les liaisons encore existantes avec la Belgique ont donc été interrompues au début de la Seconde Guerre mondiale et ne furent jamais rétablies.

Autres lignes[modifier | modifier le code]

Carte du réseau autour de Vendresse (lignes pourpre).
Les deux lignes CFDA autour de Charleville-Mézières (lignes pourpre). À Gespunsart, la ligne n'a pas encore été prolongée vers la Belgique.

Quelques lignes sont en partie dans le département de l'Aisne.

Exploitation[modifier | modifier le code]

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Matériel roulant[modifier | modifier le code]

  • Matériel d'origine à l'écartement de 80 cm :
    • Locomotives nos 1 à 11, type 030T Corpet-Louvet, numéros de construction 628-638, en 1895[6]
    • Locomotives nos 12 à 13, type 021T Corpet-Louvet, numéro de construction 779-80, en 1899
    • Locomotive no 14, type 030T Corpet-Louvet, numéro de construction 1025, en 1905
  • Matériel d'origine à l'écartement de 1 mètre :
    • Locomotive no 31, type 030T Corpet-Louvet, numéro de construction 762, en 1900
    • Locomotive no 32, type 030T Corpet-Louvet, numéro de construction 846, en 1900
    • Locomotive no 33, type 030T Corpet-Louvet, n° 860 en 1900
    • Locomotive nos 34 à 37, type 030T Corpet-Louvet, n° 904-907, en 1902
    • Locomotives nos 38 à 39, type 030T Corpet-Louvet, n° 1000-1001, en 1902
    • Locomotives nos 51 à 52, type 130T Corpet-Louvet, n° 1023-1024, en 1905
    • Locomotive no 53 à 54, type 130T Corpet-Louvet, n° 1037-1038, en 1905 et 1906
    • Locomotives nos 55 à 59, type 130T Corpet-Louvet, n° 1147-1151, en 1908
    • Locomotive no 60, type 130T Corpet-Louvet, n°1160, en 1908
    • Locomotives nos 61 à 63, type 130T Corpet-Louvet, n° 1168-1170, en 1908
    • Locomotives nos 64 à 66, type 130T Corpet-Louvet, n° 1204-1206, en 1909
    • Locomotives nos 71 à 85, type 130T Corpet-Louvet, n° 1636-1650, en 1924 et 1925
  • Matériel complémentaire à l'écartement de 1 mètre :

Vestiges et matériels préservés[modifier | modifier le code]

Gares[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The vicinal story, Light Railways in Belgium 1885 - 1991, par W.J.K.Davies, Appendix 5.
  2. https://archive.org/stream/annalesdesponts09annagoog/annalesdesponts09annagoog_djvu.txt
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215031d/f1.image.r=Bulletin%20des%20lois.langFR.swfv
  4. Livret Chaix continental (Partie Française) : Guide officiel des voyageurs sur tous les chemins de fer français, t. 2, Paris, Librairie Chaix, (réimpr. 1982) (ISBN 2-7317-0010-6), p. VI-81 et VI-131à 132
  5. À Asfeld, il y avait des connexions sur le réseau du CBR (Chemins de fer de la Banlieue de Reims)
  6. Liste des locomotives Corpet Louvet produites sur le site Corpet-Louvet établie par Sébastien Jarne
  7. Voir liste Corpet-Louvet sur le site

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Domengie, Les Petits trains de jadis, éditions du Cabri,
  • Hubert Mozaive, « Les lignes secondaires des Ardennes », Chemins de fer régionaux et urbains, FACS, vol. 2008-4, no 328,‎ , p. 4-32 (ISSN 1141-7447).
  • Hubert Mozaive, Les Ardennes en petit train : de 1865 à nos jours, Éd. SOPAIC, , 210 p. (ISBN 2912775035).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]