Chaux-des-Crotenay

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Chaux-des-Crotenay
Mairie
Mairie
Blason de Chaux-des-Crotenay
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Lons-le-Saunier
Canton Saint-Laurent-en-Grandvaux
Intercommunalité Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura
Maire
Mandat
Daniel Vionnet
2014-2020
Code postal 39150
Code commune 39129
Démographie
Gentilé Chauliens, Chauliennes
Population
municipale
417 hab. (2014 en augmentation de 1,21 % par rapport à 2009)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 39′ 30″ nord, 5° 58′ 05″ est
Altitude Min. 560 m
Max. 859 m
Superficie 11,67 km2
Localisation

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Chaux-des-Crotenay

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Chaux-des-Crotenay

Chaux-des-Crotenay est une commune française située dans le département du Jura et dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle fait partie de la Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Syam Rose des vents
Le Vaudioux
Châtelneuf
N Les Planches-en-Montagne
O    Chaux-des-Crotenay    E
S
La Chaux-du-Dombief Entre-deux-Monts
Panorama de Chaux-des-Crotenay, depuis le belvédère du Rachet, au sud du village.

Économie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Chaux proviendrait selon les linguistes Albert Dauzat et Charles Rostaing du bas latin calmis, signifiant « hauteur dénudée » basé sur un thème pré-celtique *kal- pouvant avoir les sens de « pierre, rocher, hauteur dénudée »[1], alors que le toponymiste Ernest Nègre donne au terme d'oïl chaux, issu du bas latin calmis, le sens de « terre inculte »[2]. Le toponyme Chaux est commun et répandu dans cette région du Jura, confère La Chaux (Doubs), La Chaux-du-Dombief, ou La Chaux-de-Fonds.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'archiviste et archéologue André Berthier a proposé, en 1962, après une recherche par « portrait robot », de situer le lieu de la bataille d'Alésia à Chaux-des-Crotenay. Le site de Chaux-des-Crotenay en tant qu'Alésia est notamment défendu par le journaliste Franck Ferrand et certaines associations comme ArchéoJuraSites (ex A.L.E.S.I.A) créée par André Berthier et l'association AAB/CEDAJ, créée par Danielle Porte.

Napoléon, l'armée des Alpes, Marengo[modifier | modifier le code]

Dans le numéro 250 de la revue "Historia", en date de septembre 1967, André Castelot publie un article intitulé "Marengo ou la consécration du régime", dans lequel il décrit l'itinéraire de l'armée de réserve, constituée par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, rassemblée à Dijon, et qu'il emmène jusqu'au col du Grand Saint-Bernard et qui s'illustrera par une victoire éclatante à Marengo, en Italie :

« Le 7 mai, de grand matin, il quitte Avallon.... Puis c'est Auxonne et ses souvenirs : les maisons familières, son ancien professeur de musique.... La course reprend le long de la route où s'échelonne l'armée qui l'acclame au passage. Il passe ainsi à Dole, à Champagnole, arrive à la nuit à Morez où toutes les fenêtres sont illuminées. Le maire, Perrad, s'approche de la voiture : - Citoyen Premier consul, fais-nous le plaisir de te montrer - Bonaparte paraît à la portière. Aussitôt des cris fusent : - Bonaparte, montrez-vous aux habitants du Jura ! Est-ce bien vous ? Vous nous donnez la paix ? - Oui, oui... répond-il d'une voix altérée, précise un témoin, qui ajoute : - Il avait l'air content. Le sourire était toujours sur ses lèvres... À trois heures du matin, le 9 mai - il arrive à Genève »[3].

En traversant Chaux des-Crotenay, l'armée de réserve n'éprouva pas autant de difficultés que celles qu'elle rencontra quelques semaines plus tard, entre le 10 et le 18 mai 1800, en passant par le Col du Grand-Saint-Bernard pour aller en Italie. La route passant par Chaux-des-Crotenay était connue depuis l'antiquité : elle suit à peu près le tracé de la Nationale 5, maintenant départementale, et est marquée sur les cartes anciennes comme "Grande route royale de Genève". Napoléon lui-même put donc ainsi rester dans sa diligence jusqu'à Genève, ainsi qu'il vient d'être dit. Néanmoins, il ne passa sans difficulté qu'au printemps, car cette route, à flanc de montagne, longeant un fleuve impétueux, la Lemme, bordée par les rives abruptes de l'éperon barré, pratiquée depuis l'Antiquité par les charrois portant le sel de Salins jusqu'en Suisse, pouvait être impraticable en hiver, obligeant les voyageurs à séjourner à Syam[4].

Vie culturelle et associative[modifier | modifier le code]

L'association ArchéoJuraSites[5] a pour but l'identification, le repérage, la mémoire et la valorisation des vestiges archéologiques de Chaux-des-Crotenay et des communes des environs. L'association a son siège et est installée dans l'immeuble de l'ancienne poste de Chaux-des-Crotenay (mise à disposition par la municipalité et remise en état grâce à des subventions de la communauté de communes Champagnole Porte du Haut Jura). Une exposition permanente y est installée (Espace André Berthier). On peut y voir une maquette topographique du site de Syam-Cornu d'après les cartes IGN, accompagnée des représentations des théories d'André Berthier sur la recherche du site par "portrait-robot". ArchéoJuraSites publie un Bulletin annuel et de nombreux ouvrages et organise régulièrement des visites de terrain (vestiges anthropiques, château de Chaux...).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 Philippe Delavenne    
mars 2014 en cours Daniel Vionnet DVD Retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[7].

En 2014, la commune comptait 417 habitants[Note 1], en augmentation de 1,21 % par rapport à 2009 (Jura : -0,23 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
545 522 560 597 623 590 565 562 570
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
540 552 568 502 550 551 503 552 523
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
505 519 496 403 455 453 472 449 487
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
468 454 418 394 362 375 402 406 410
2013 2014 - - - - - - -
412 417 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine médiéval[modifier | modifier le code]

Château des Mottes [10] : ruines de l’ancien château médiéval

Dès 2006, le château médiéval du Champ des Mottes à Chaux-des-Crotenay s'est révélé être un site particulier dans le paysage castral franc-comtois. Lancée par ArchéoJuraSites en 2010, une opération de fouille archéologique pluriannuelle autorisée et financée par les fonds propres de l'association[11], a été dirigée par l’archéologue Stéphane Guyot de 2011 à 2016[12],[13]. Le château du Champ-des-Mottes est situé sur un rebord rocheux du deuxième plateau du massif jurassien, à l’altitude de 808 m, en surplomb de l'église classée Monument Historique. La plateforme sur laquelle il s’élève est entièrement construite à l’époque moderne, le château au nord et le bourg au sud semble-t-il. Avant un quadruple accroissement engendré par l'activité et les besoins de surface, la date de sa construction n'est pas connue précisément même si certains auteurs l'identifient postérieure à 1186, date à laquelle Simon de Commercy qui détenait le château de Montrivel fit construire celui de Château-Villain. À l'instar de cette indigence, l'histoire architecturale du monument n'est pas restituable et demande un travail de recherche non négligeable dans les sources écrites. Seul le démantèlement est organisé en 1691 par les gens de Foncine  qui exécutent l'ordre de Louis XIV.

Plusieurs structures découvertes lors des fouilles de 2011 à 2016 sont inédites dans la région. Ainsi les piles d’un pont au tracé courbe ont été mises au jour. La porterie étudiée en détail lors de l'opération 2015 montre de même une physionomie unique avec un pont levis à basculement interne par l’arrière. Suite à ces investigations, le château de Chaux-des-Crotenay est désormais considéré comme un site de référence en contexte castral.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte-Marguerite (XVe siècle-XVIIe-XVIIIe s), classée MH depuis 1992[14];
  • Ancienne fonderie (XVIIIe-XIXe s), puis scierie, au lieu-dit "le Pont de la Chaux", inscrite à l'IGPC depuis 1997[15];
  • Fromagerie (XIXe siècle), Grande Rue, inscrite à l'IGPC depuis 1997[16];
  • Gare (XIXe siècle), au lieu-dit "le Pont de la Chaux", inscrite à l'IGPC depuis 2004[17];
  • Ponts ferroviaires (XIXe), sur la RN5, au lieu-dit "les Belettes", inscrits à l'IGPC depuis 2004[18];
  • Viaduc de la Renvoise et tunnel ferroviaire (XIXe siècle), dit souterrain des Belettes, au lieu-dit "les Belettes", inscrits à l'IGPC depuis 2004[19].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 132b
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, 1990, Volume 1er, p. 74, n° 1447 (lire en ligne) [1]
  3. André Castelot "Marengo ou la consécration du régime" Revue Historia no 250, page 44
  4. Annie Gay "Les Jobez Maîtres de forges jurassiens au XIXe siècle" Edition Cabédita CH-1137 Yens sur Morges 2002, page 82 "La neige arrivait parfois dès la fin du mois d'Octobre... A Saint-Laurent, il ne fut plus possible de continuer".
  5. archeojurasites.org
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  10. Château des Mottes
  11. Pour un montant de 27 000 euros
  12. Éveha. Résultats des fouilles 2012-2015 par Stéphane Guyot. Voir aussi certains éléments architecturaux replacés en contexte régional : stéphane Guyot et Serge David
  13. Les résultats des travaux 2011-2015 ont aussi été publiés dans Cahier ArchéoJuraSites N°2
  14. « Église Sainte-Marguerite », notice no PA00101826, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Fonderie », notice no IA39000198, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Fromagerie », notice no IA39000199, base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Gare », notice no IA39001110, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Ponts ferroviaires », notice no IA39001109, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Viaduc et tunnel ferroviaires », notice no IA39001108, base Mérimée, ministère français de la Culture