Chaumot (Yonne)

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Chaumot
Chaumot (Yonne)
Le village de Chaumot vu des bois du Parc.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Villeneuve-sur-Yonne
Intercommunalité CC du Gâtinais en Bourgogne
Maire
Mandat
Sylvie Guilpain
2014-2020
Code postal 89500
Code commune 89094
Démographie
Population
municipale
781 hab. (2015 en augmentation de 12,7 % par rapport à 2010)
Densité 53 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 04′ 54″ nord, 3° 13′ 07″ est
Altitude Min. 90 m
Max. 201 m
Superficie 14,86 km2
Localisation

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Chaumot est une commune française située dans le département de l'Yonne et la région de Bourgogne-Franche-Comté, bien que n'appartenant pas historiquement à la Bourgogne, mais à la Champagne. Son clocher massif perché sur la Montagne marque l'entrée de la région naturelle du Gâtinais. Cette commune à l'origine trois fois moindre et morcelée a été fondée à la Révolution française sur le regroupement de trois seigneuries : Chaumot, Mardelin et Préaux qui avaient chacune leur château, prison, colombier, fiscalité, contributions directes et juridiction. Elle compte actuellement presque 800 habitants. Selon les travaux historiques de Mathieu Couty et de Patricia Colfort, la population de Chaumot (environ 350 habitants) était dans son âge d'or, et ce durant plusieurs années, à 25% germanophone dès 1771 suivant la courte installation au château de Chaumot de la cour des princes et princesses de Saxe comprenant "120 personnes et 60 chevaux".

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Chaumot se trouve dans le canton de Villeneuve-sur-Yonne et le village domine les alentours sur une très haute colline dite la Montagne dont la pente sud est flanquée de falaises de craie percée de vinéees. Son point le plus haut est à 201 mètres (hameau du Moulin à Vent), le plus bas à 90 mètres (Préaux), au château d'eau à proximité du hameau de la Guetterie, sur un plateau datant de l'ère tertiaire, au sol gras rouge et gris à silex, avec des argiles jaunâtres et du sable blanc siliceux. La commune est parsemée de grands bois et autrefois d'arbres à cidre; dans le vallon-gorge, on voit à nu la craie blanche à silex, avec deux puits de 40 mètres de profondeur; les deux puits du village (sur le plateau) tarissent lorsque le temps est sec. Ils mesurent d'abord 16 mètres de profondeur pour atteindre 72 m dans la craie.

Des sols de grès sauvages se trouvent au lieu-dit des Pieds-Gras et aux Roux et des amas pauvres d'argile jaunâtre et de sable à Mardelin. D'anciennes marnières sont situées sur le plateau et dans le vallon. Elles servaient à amender les terres autrefois. Les côtes sont de terre rouge caillouteuse et crayeuse et avant la crise du phylloxéra à la fin du XIXe siècle étaient recouvertes de vignobles. La nature des sols se retrouve dans les constructions. En effet, traditionnellement les longères, fermes et anciennes maisons de vignerons sont construites en cailloux et grès sauvages avec des chemins en silex, aujourd'hui recouverts de macadam.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Dans le vallon trois belles sources donnent naissance au ru de Chaumot. Elles alimentaient autrefois trois étangs au lieu d'un aujourd'hui. La source principale, dite la Fontaine-Rouge se trouve près du Moulin Neuf, entouré de grandes prairies sur un sol d'alluvions glaiseux d'un gris noirâtre ; un lac dit étang de 35 arpents (presque 18 hectares) se trouvait jadis aux Lagneaux, d'autres lacs plus petits, mais pas moins immenses se trouvaient à Mardelin : étang des Madeaux, à Tourneboules : étang des Tourneboules, aux Taffoireaux: étang des Taffoureux, les deux chapelets d'étangs aux Garangers : étangs des Garangères, mais aussi des étangs à proprement parler à la Fontaine-Rouge : étang des Préaux, et le chapelet d'étangs d'agrément de l'ancien château : le grand miroir d'eau des fontaines de Bourienne et son réservoir inférieur toujours existant où se situe le lavoir construit par Paul Delpech en 1736 sur l'emplacement d'un ancien moulin à eau, et en face duquel est l'actuel moulin de tournebride (XIXe s).

Une grande machine à roue et pompes hydrauliques construite par Paul Delpech en 1714 était derrière ce lavoir dans une cave à étages. Détruite en 1792 au moment du sac du château de Chaumot avant que ces éléments ne soient entreposés et vendus à Villeneuve-sur-Yonne, cet important dispositif de pompage des eaux des fontaines de Bourienne était destiné à alimenter en eau les jardins du château et le parc de Chaumot, en tout sept imposants jets d'eaux.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Égriselles-le-Bocage Marsangy Rousson Rose des vents
Vernoy N
O    Chaumot    E
S
Piffonds Bussy-le-Repos

Toponymie[modifier | modifier le code]

Chaumot se nommait Chaumoth et plus anciennement Calmottum : calm de kal et de calmis signifiant roche ou hauteur dénudée, ce qui s'accorde bien avec l'apparence du site. Les correspondances germanophone et italophone du prince François-Xavier de Saxe et son épouse la comtesse Claire Spinucci présentent parfois "Chaumote", indiquant ainsi la manière orale de prononcer Chaumot sous l'Ancien Régime.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790 1794 François Genty    
1794 1795 Pierre Larrouf    
1795 1796 Jean Vieillard    
1796 1797 Jacques Leriche    
1797 1798 Pierre Larrouf    
1799 1801 Philibert Mayet    
1801 1813 Jean Vieillard    
1813 1814 Jean Brissot    
1815 1817 Jules de Boisperré    
1817 1843 Claude Pesloux    
1844 1847 Jean Brissot    
1847 1849 Etienne Lasseron    
1850 1870 François Landrier    
1871 1872 François Vieillard    
1872 1874 Pierre Creuzard    
1874 1878 Romain Labbé    
1879 1900 Auguste Richer    
1900 1904 Louis-Charles Piat    
1904 1905 Louis-Aléxis Piédaler    
mars 2001 2008 Jean-François Grégoire    
mars 2008 en cours Sylvie Guilpain[1]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3].

En 2015, la commune comptait 781 habitants[Note 1], en augmentation de 12,7 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
602618572558613654705748717
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
728795772774705665686682642
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
608588523433397413409387366
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
325388385406464503608686773
2015 - - - - - - - -
781--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

François-Xavier de Saxe et sa propriété du château de Chaumot, 1772.
  • Le château de Chaumot fut édifié au cours du Xe siècle et reconstruit à la moderne au XVIe siècle dans le creux du vallon, au sud-est du hameau des Vinées. La légende raconte que Saint Louis aurait fait jaillir de sa lance les trois sources du château.
    Après avoir appartenu au prince François-Xavier de Saxe où il logeait sa cour et sa famille, oncle de Louis XVI, il fut détruit et pillé après la Terreur. Louis Jacques Thénard en avait déplacé les deux tourelles et les a rattachées à sa ferme ; il n'en reste qu'une seule. Il ne subsiste du château que ruines, aqueducs souterrains, parc, sources, traces de bassins et jardins, caves, quelques communs.

Deux princesses sont nées dans la chapelle Sainte-Marie-Madeleine du château de Chaumot : Béatrix de Saxe épouse Rario-Sforza di Corleto en 1772, et Cunégonde de Saxe épouse Patrizi Naro Montoro en 1774.

Article détaillé : château de Chaumot.
Article détaillé : Machine hydraulique de Chaumot.
  • L'église Saint-Louis, érigée par Paul Delpech, dresse la masse imposante de son clocher au cœur du village.
  • Il existe (non à l'air libre) entre le village et les Vinées, une nécropole mérovingienne et carolingienne, située sur un terrain pentu et en bord de falaise, jadis recouverte par les vignes.
  • Le lavoir, le mardelin, le tourne-bride, les caves du château, le moulin vieux en ruines et sa cascade, le moulin neuf ayant appartenu à l'actrice et danseuse Leslie Caron (dit moulin de la Fontaine-Rouge), le moulin de Tournebride et sa roue, les digues d'anciens étangs, les grandes sources l'étang et le parc, les bois du legs Thénard, la jardinerie et la serrurerie du château, le vieux café, le presbytère, la mairie et l'école. L'artiste Berthold Mahn avait sa dernière maison au hameau des Lorris où il finit ses jours.
  • L'actuel n°32 rue Louise Thénard, place Saint Louis, abritait pendant l'occupation nazie une Ortskommandantur et ses officiers allemands logeant chez l'habitant, vis-à-vis la façade nord de l'église sur laquelle pendait un grand drapeau rouge avec croix gammée.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L’église Saint-Louis de Chaumot, par Jean-Luc Dauphin, les Amis du vieux Villeneuve, 1996
  • Les terrasses de Chaumot, Guillaume Cardascia, les Amis du Vieux Villeneuve, 2002
  • Le château de Chaumot à la veille de la Révolution française", par Patricia Colfort, 2006
  • Le savant et les chenilles : Chaumot 1838-1839, par Jim Serre Djouhri, Amis du Vieux Villeneuve, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.