Chaumet (entreprise)

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Chaumet International Sa
logo de Chaumet (entreprise)
L'hôtel Baudard de Saint-James au 12 place Vendôme à Paris, où se trouve la boutique Chaumet.

Création 1780

1987 sous la forme actuelle

Fondateurs Marie-Étienne Nitot
Personnages clés Joseph Chaumet
Forme juridique SA à conseil d'administration
Siège social 12 place Vendôme (Paris)
Drapeau de France France
Direction Antonio Belloni depuis le 10/02/2015
Actionnaires LVMH Moët Hennessy Louis VuittonVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Commerce de gros d'articles d'horlogerie et de bijouterie
Société mère LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton SA
Effectif 210 en 2017
Siren 342966942
Site web http://www.chaumet.com

Résultat net 2,7 millions d'euros (perte en 2017)

Chaumet est une maison française de joaillerie, de bijouterie et d’horlogerie fondée en 1780 par Marie-Étienne Nitot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période Nitot (1780-1815)[modifier | modifier le code]

Après avoir fait son apprentissage[1] chez Ange-Joseph Aubert (1736-1785), à l'époque joaillier de la reine Marie-Antoinette[2], Marie-Étienne Nitot (1750-1809) lance sa boutique en 1780 rue Saint-Honoré à Paris. La bijouterie Nitot devient en 1802 le joaillier attitré de Napoléon Ier[3] et le plus recherché d'Europe[4]. En 1805, il s'installe 15 place Vendôme, dans l'hôtel de Gramont (futur hôtel Ritz)[4].

Nitot s'associe avec son fils François-Régnault (1779-1853). Les bijoux du mariage de Napoléon avec Joséphine de Beauharnais puis avec Marie Louise de Habsbourg-Lorraine sont créés par Nitot. Il dessine et sertit aussi la couronne du sacre de Napoléon et le manche de son épée[1],[4].

François-Régnault Nitot reprend la joaillerie de son père à sa mort en 1809 et continue son activité jusqu'à la chute de l'empire en 1815. L'exil de Napoléon motive Nitot, royaliste, à se retirer de la bijouterie. Il cède donc son affaire à son chef d'atelier, Jean-Baptiste Fossin (1786-1848), rejoint en 1830 par son fils Jules Fossin (1808-1869)[5].

Périodes Fossin et Morel (1815-1885)[modifier | modifier le code]

Jules Fossin (1808-1869) et ses associés dirigent l'entreprise.

Après la révolution française de 1848, la maison Fossin ouvre une boutique à Londres avec un atelier confié à Jean-Valentin Morel (1794-1860) aidé par son fils Prosper, né en 1825. La Reine Victoria accorde à Jean-Valentin Morel le brevet de fournisseur officiel[réf. nécessaire]. Lors de l'exposition Universelle de Londres de 1851, Morel reprend la tradition de l'émaillerie des XVIe et XVIIe siècles et réalise des coupes en pierre dure à monture émaillée[6]. Les Morel retournent en France en 1852. Prosper Morel succède à Jules Fossin en 1862.

Période Chaumet : Art Déco (1885-1944)[modifier | modifier le code]

En 1885, Joseph Chaumet (1852-1928) épouse Marie Morel, la fille de Prosper Morel et prend ainsi la direction de l'affaire. En 1907, les ateliers et la boutique s'installent place Vendôme.

Marcel Chaumet (1886-1964) succède à son père Joseph en 1928, en pleine période « art déco ». Le joaillier participe à l'exposition des Arts décoratifs de 1925 de Paris.

En 1934, l'entreprise Chaumet parraine l'installation du jeune joaillier Pierre Sterlé. Cette même année, la maison ferme et rouvrira à la fin de la Seconde Guerre mondiale[7].

Période Chaumet : après-guerre (1944-1987)[modifier | modifier le code]

En 1958, les fils de Marcel Chaumet, Jacques et Pierre sont nommés directeurs exécutifs de la maison. Ils reprennent la marque Breguet en 1970. François Bodet, cadre de la maison Chaumet, positionne Breguet sur le segment haut de gamme horloger.

Dirigée par les frères Jacques et Pierre Chaumet, l'entreprise dépose le bilan en 1987 avec un passif de 1,4 milliard de francs, soit huit fois le chiffre d'affaires annuel, notamment à cause des lourdes pertes dans leur activité d'achat et de revente de diamants, à la suite de la chute du cours mondial[8]. Les deux frères sont reconnus coupables d'activités bancaires illégales, pour avoir ouvert dans leur société des comptes qui promettaient d'importants intérêts sur le principal. Un de leurs clients fut le ministre Albin Chalandon. Reconnus coupables de « banqueroute, escroquerie, abus de confiance et exercice illégal de la profession de banquier », ils sont condamnés respectivement à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme, et quatre ans dont six mois ferme, à la suite du verdict rendu en décembre 1991. Leur peine est allégée par la cour d'appel de Paris à six mois de prison, purgés en détention provisoire[9].

Période LVMH (1989-aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Après cette banqueroute frauduleuse, Chaumet est racheté en 1987 par Investcorp, fonds d'investissement de Bahreïn. Après une perte nette cumulée de 10 millions de francs en 1995-1997, le groupe obtient en 1998 un chiffre d'affaires de 280 millions de francs et il est acquis par le groupe LVMH en octobre 1999[10]. Après une tentative infructueuse de pénétrer le marché américain à la fin des années 1990, le groupe se tourne vers les marchés asiatiques pour améliorer sa croissance.

Le , Chaumet est victime d'un braquage dont le montant s'élève à 1,9 million d'euros[11].

Économie[modifier | modifier le code]

Chaumet fait partie du groupe LVMH. L'entreprise est intégrée dans les marques de montres et de joaillerie comprenant TAG Heuer, Bulgari, Zenith, Fred, Hublot, Montres Christian Dior et De Beers Diamond Jewellers (joint-venture entre les groupes LVMH et De Beers).

En 2006, la marque s’implante en Chine et ouvre 24 boutiques dans le pays. La clientèle de Chaumet est surtout japonaise et française, mais la Chine représente 25 % des ventes[12].

Implantations[modifier | modifier le code]

La place Vendôme regroupe les principales activités de l'entreprise Chaumet. Outre le siège social, l'hôtel particulier abrite le studio de création et l'atelier de haute joaillerie[13].

Joailliers[modifier | modifier le code]

Sept joailliers sous la direction d'un maître artisan réalisent à la main[14][réf. insuffisante] les commandes spéciales et les collections de haute joaillerie[15].

Depuis l'époque de l'Empire, les chefs d'atelier ont été formés par leur prédécesseur, selon le président de l'entreprise[16],[14].

L'une des pratiques spécifiques à l'entreprise est le travail des maquettes des bijoux en maillechort, qui permet de montrer la forme ou le volume du bijou au commanditaire, avant de le réaliser à l'atelier[17],[15].

Horlogerie[modifier | modifier le code]

Chaumet a commencé à fabriquer des montres au XIXe siècle.

La paire de bracelets-montres de 1811, commandée par Eugène de Beauharnais a été créée par Nitot. Faite d’or, de perles et d’émeraudes, sa fabrication conjugue joaillerie et mouvement horloger minutieux[18]. C’est à cette époque que la maison réussit à mettre au centre de ses bracelets des cadrans miniatures[19].

Contrats publicitaires[modifier | modifier le code]

Au mois de mai 2008, Lou Doillon conclut un contrat pour représenter Chaumet lors de la réédition de la bague « Liens ».

En octobre de la même année, l’actrice Sophie Marceau conclut un contrat pour représenter Chaumet[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Il fut le bijoutier attitré de Napoléon Ier », sur leparisien.fr, .
  2. Vincent Bastien, « L'orfèvre-joaillier Ange-Joseph Aubert (1736-1785), fournisseur de la reine Marie-Antoinette », Versalia. Revue de la Société des amis de Versailles, no 16,‎ , p. 31-46.
  3. Émilie Robbe, Jean-Marie Haussadis, Napoléon et les Invalides, Musée de l'Armée, , p. 164.
  4. a b et c Jean Watin-Augouard, Marques de luxe françaises, Eyrolles, , p. 90.
  5. Jean Watin-Augouard, Marques de luxe françaises, Eyrolles, , p. 93.
  6. La renaissance de l'émail sous la Monarchie de Juillet
  7. « http://www.inezstodel.com/index.jsp?USMID=50/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) The Chaumet dynasty.]
  8. Auteur inconnu, « Il y a treize ans, la banqueroute de la maison Chaumet », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  9. AFP, « Les frères Chaumet libres », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  10. XAVIER LECOEUR, « LVMH prend le contrôle du joaillier Chaumet et de l'horloger Ebel », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  11. AP, « Braquage/Chaumet : butin de 1,9 M? », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  12. « Le joaillier Chaumet veut doper ses ventes de montres », sur bourse.lesechos.fr,
  13. « Chaumet nous fait revisiter son atelier », sur parisbijoux.fr,
  14. a et b « L'atelier Chaumet, le travail en héritage », sur lefigaro.fr,
  15. a et b « Petites mains place vendôme »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur lemonde.fr,
  16. « les riches heures de Chaumet »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur valeursactuelles.com/,
  17. « Mains et Merveilles Portraits d'artisans amoureux de la matière »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur tv5.org,
  18. Les riches heures de Chaumet, Valeurs Actuelles, du 7 au 13 juillet 2011, p. 68-69
  19. Vincent Meylan, "L’heure de l’histoire", Point de vue, du 13 au 19 juillet 2011, p. 48
  20. Sophie Marceau goûte aux heures Chaumet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]