Chatrichalerm Yukol

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Chatrichalerm Yukol
Chatrichalerm 20071020 Phuket.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Père
Anusorn Mongkolkarn (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Autres informations
Distinction
Artiste national de Thaïlande (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Le prince Chatrichalerm Yukol (thaï : หม่อมเจ้าชาตรีเฉลิม ยุคล), né le à Bangkok, est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma thaïlandais. Il est aussi désigné par le surnom Tan Mui (มุ้ย) et est apparenté à la famille royale régnante, la dynastie Chakri [1].

Parmi les réalisateurs du renouveau du cinéma thaïlandais des années 70 et 80 (Euthana Mukdasanit, Permpol Choey-Aroon, Manop Udomdej etc.), Chatrichalerm Yukol est sans doute le précurseur, le plus prolifique et le plus complet.

Biographie[2][modifier | modifier le code]

Années 60 : les études[modifier | modifier le code]

De 1957 à 1973 le cinéma et la littérature thaïlandais sont constitués essentiellement de "bluettes sirupeuses" (qui échappent à la censure du régime autocratique) et de films d'horreur qui flattent le goût du public.[3] Pendant les années 60 le jeune Chatrichalerm Yukol quitte la Thaïlande pour aller étudier d'abord en Australie puis aux États-Unis à l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA). Il obtient une licence en géologie option cinéma. Il rencontre Francis Ford Coppola [4]et Roman Polanski. Ensuite il travaille comme assistant pour Merian C. Cooper, réalisateur (avec Ernest B. Schoedsack) de Chang (1927) et du célèbre King Kong (1933).

Des années 70 aux années 90 : un cinéma social[5][modifier | modifier le code]

De retour en Thaïlande, Chatrichalerm Yukol tourne d'abord Out of Darkness (มันมากับความมืด / Mun ma gub kwam mud / It Comes Out of the Darkness) (1971), le premier film de Science-Fiction thaïlandais. Puis très vite il réalise des films décrivant avec franchise la réalité sociale de la Thaïlande contemporaine[6] :

  • La corruption générale : Dr. Karn (เขาชื่อกานต์ / Khao Chue Karn / His name is Karn / Son nom est Karn) (1973) basé sur le roman du même nom de l'écrivaine Suwanni Sukhonta. Ce film a failli être censuré mais Chatrichalerm Yukol est allé rencontré en personne le dictateur militaire anti-communiste Thanom Kittikhachon (premier ministre de la Thaïlande de 1963 à 1973) et l'a convaincu de ne pas couper son film. (A noter que le 14 octobre 1973 la contestation sociale et étudiante fait chuter le régime après 3 jours de violence contre les étudiants. Thanom Kittikhachon démissionne et est contraint à l'exil);
  • La prostitution : La madone des bordels (Hotel Angel / Angel / เทพธิดาโรงแรม / Theptida rong ram / Thep Thida Rong Raem) (1974)[7];
  • L'exode rural, les taudis et les arnaques de la ville : Taxi Driver (ทองพูน โคกโพ ราษฎรเต็มขั้น / Thongpoon khopko rasadorn temkan / Citizen 1 / Citizen Thongpon Khokpho / Citoyen à part entière) (1977)[8];
  • La spéculation immobilière et les bidonvilles de Bangkok[9] : Somsee (ครูสมศรี / Kru Somsri / Teacher Somsi) (1986);
  • La déforestation[10] et le trafic illégal du bois[11] : The Elephant Keeper (คนเลี้ยงช้าง / Khon Liang Chang / Le gardien d'éléphant) (1987);
  • Les filières de la drogue : Powder Road (เฮโรอิน / Heroin) (1991);
  • Les trafics d'armes à la frontière Thaïlande-Birmanie : Gunman 2 (Salween / มือปืน 2 สาละวิน / Muepuen 2 Salawin) (1993);
  • Les dérives d'une certaine jeunesse de Bangkok, la vie d'adolescentes rongées par la drogue[12],[13] : Daughter (เสียดาย / Sia Dai / Dommage) (1994);
  • Une affaire de sang contaminé : Daughter 2 (เสียดาย 2 / Sia Dai 2 / Dommage 2) (1996).


A partir des années 2000 : un cinéma historique, royal et épique.[modifier | modifier le code]

Le prince Chatrichalerm Yukol, dans ses derniers films, s'attache à des fresques historiques sur les rapports aux XVIème et XVIIème siècle entre la Thaïlande et l'ennemi de toujours, la Birmanie :

  • La légende de Suriyothai (2001), film racontant la vaillance de la légendaire reine Suriyothai (qui, comme le légendaire roi Arthur et ses chevaliers de la table ronde, a une existence très mystérieuse et n'aurait peut-être même jamais existé selon des historiens);
  • Les six films (deux triptyques) sur le roi Naresuan, le grand roi d'Ayuthia (de 2007 à 2015)[14].

Dans ces fresques historiques très maîtrisées, tournées avec des moyens considérables, aux personnages complexes et aux décors somptueux, Chatrichalerm témoigne surtout d'un réel plaisir de filmer et du souci de restituer aux thaïlandais leur histoire.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Out of the Darkness (มันมากับความมืด / Mun Ma Kub Kwam Mued)
  • 1973 : Dr. Karn (เขาชื่อกานต์ / Khao Chue Karn)
  • 1974 : The Colonel (ผมไม่อยากเป็นพันโท / Pom Mai Yak Pen Pan To / I Don't Want To Be a Lieutenant)
  • 1974 : Hotel Angel (เทพธิดาโรงแรม / Thep Thida Rong Raem / The Angel / La madonne des bordels)
  • 1974 : Last Love (ความรักครั้งสุดท้าย / Kuam Rak Krang Suthai)
  • 1975 : The Violent Breed (Thewada Doen Din)
  • 1975 : Dangerous Modelling
  • 1976 : Angel Who Walks on the Ground (เทวดาเดินดิน / Grounded god)
  • 1977 : Taxi Driver (ทองพูน โคกโพ ราษฎรเต็มขั้น / Citizen I / Citoyen à part entière)
  • 1978 : Sister-In-Law (น้องเมีย)
  • 1978 : Kama (กาม)
  • 1980 : The Yellowing of the Sky (อุกาฟ้าเหลือง / The Yellow Sky / Before the Storm)
  • 1981 : If You Still Love (ถ้าเธอยังมีรัก)
  • 1983 : Gunman (มือปืน / Meu peun / Le Tueur à gages)
  • 1984 : Detective, Section 123
  • 1985 : Freedom of Taxi Driver (อิสรภาพของ ทองพูน โคกโพ / Freedom of Citizen / Citizen II)
  • 1986 : Somsee (ครูสมศรี / Kru Somsri / Teacher Somsi)
  • 1987 : The Elephant Keeper (คนเลี้ยงช้าง / Khon Liang Chang / Le gardien d'éléphant)
  • 1990 : Song for Chao Phraya (น้องเมีย / Nawng Mia) [15]
  • 1991 : Powder Road (เฮโรอิน / Heroin)
  • 1993 : Salween (มือปืน 2 / Gunman 2)
  • 1994 : Daughter (เสียดาย / Sia Dai / Dommage)
  • 1995 : Daughter 2 (เสียดาย 2 / Sia Dai 2 / What a Shame 2 / Dommage 2)
  • 1998 : Box (Klong)
  • 2001 : La Légende de Suriyothai (สุริโยไท / Suriyothai)
  • 2003 : Last Love (ความรักครั้งสุดท้าย / Kuam Rak Krang Suthai / remake de son film de 1974)
  • 2007 : King Naresuan (2007) (les premier et deuxième des six films sur Naresuan)
  • 2011 : King Naresuan 3 et 4
  • 2014 : King Naresuan 5
  • 2015 : King Naresuan 6

Notes et références[modifier | modifier le code]

"Celui qui leur (à Euthana Mukdasanit, Permpol Cheyaroon, Manop Udomdej...) avait ouvert la voie et continuait de marquer profondément le paysage du cinéma thaïlandais était M.C. Chatri Chalerm Yukol. Dans une longue suite de films dont il convient au moins de citer Thongpoon khopko rasadorn temkan (Thongpoun Khopko, citoyen à part entière, 1977) ou Muepuen (Le Tueur à gages, 1983), il a abordé l'essentiel des problèmes de la société thaïlandaise contemporaine."

Source Aséanie / Année 2003 / 12 / page 153

Référence Persée : Présentation : Profondeurs insoupçonnées (et remugles) des "eaux croupies" du cinéma thaïlandais [archive] par Gérard Fouquet

Aséanie / Année 2003 / 12 / pp 143-156.

Article "Naresuan's like a visiting uncle can't get rid of" dans le journal "The Nation" du 31 octobre 2014


Article "No, really, "Naresuan 6" is supposed to be the end" dans le journal "The Nation" du 20 novembre 2014

  1. Hélène Delye, « Plongée au coeur du cinéma thaïlandais sur Canal+ », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Sous la direction d'Adrien Gombeau, Dictionnaire du cinéma asiatique, nouveau monde (éditions), , 640 p. (ISBN 978-2-84736-359-3), Article Chatrichalerm YUKOL pages 599 et 600
  3. Arnaud Dubus, Thaïlande : Histoire, Société, Culture, La Découverte (éditions), , 224 p. (ISBN 978-2-7071-5866-6), p. La palette de saveur d'un cinéma créatif et impertinent page 204
  4. « Coppola sur la croisette », sur lesinrocks.com, Les Inrockuptibles,
  5. « Le temps du cinéma thaïlandais (par Valérie Cadet) », sur lemonde.fr, Le Monde,
  6. « Introduction au cinéma thaïlandais (par Gérard Fouquet) », sur cinematheque.fr, du 20 septembre 2006 au 1 octobre 2006
  7. « Tour du monde en bobines à Amiens », sur next.liberation.fr, Libération,
  8. Jean-Loup Passek, Dictionnaire du cinéma, Larousse, , 850 p. (ISBN 2-03-512317-8), Thaïlande page 749
  9. Jean Baffie et Thanida Boonwanno, Dictionnaire insolite de la Thaïlande, Bidonvilles de Bangkok, Cosmopole (Diffusion Marcus), première édition mai 2011 / deuxième édition juin 2013, 160 p. (ISBN 978-2-84630-084-1), p. Cinéma / Khru Somsi page 38
  10. Steve Derry, « Évolution des territoires agricoles et forestiers en Thaïlande : une interprétation cartographique », Les Cahiers d'Outre-Mer,‎ , pp. 35-58 (lire en ligne)
  11. Guido Franco, « Thaïlande », Autrement, Série monde, H.S n°43,‎ , pp. 103,104,105 et 106 (article Le pillage des forêts) (ISSN 0336-5816)
  12. Arnaud Dubus, Thaïlande : Histoire, Société, Culture, La Découverte (éditions), , 224 p. (ISBN 978-2-7071-5866-6), page 204
  13. Samira Guennif et Claude Mfuka, « La lutte contre le sida en Thaïlande : de la logique de santé publique à la logique industrielle », Sciences sociales et santé,‎ , pp. 75-98 (lire en ligne)
  14. (en) « The end is now », sur bangkokpost.com, Bangkok Post,
  15. « Le Chant De Chao Phraya », sur premiere.fr, Première

Liens externes[modifier | modifier le code]