Chasse au Québec

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L'orignal est la principale espèce chassée au Québec.

Au Québec, la chasse est une activité pratiquée par environ 285 000 personnes, ayant un rôle culturel et économique important. Encadrée par la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, la pratique s'articule autour d'un réseau structuré d'établissements fauniques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chasse de subsistance et traite des fourrures[modifier | modifier le code]

Camp de chasse en hiver, Cornelius Krieghoff, 1858.

Les premiers hommes à s'établir sur le territoire québécois, après la dernière période glaciaire, vivent essentiellement de la chasse. Au fil des siècles, ces différents peuples autochtones développèrent, en fonction des régions qu'ils habitent, différentes techniques adaptées aux espèces chassées et à la géographie. Jusqu'au XXe siècle, la chasse est pour nombre d'entre eux une activité de subsistance qui gouverne tous les aspects de la vie, de la satisfaction des besoins élémentaires (alimentation, habillement pour l'hiver) mais aussi religieux et politiques (animisme, chamanisme). À l'arrivée des Européens, et plus particulièrement avec le commencement de la traite des fourrures au XVIIe siècle, la chasse devient soudainement une activité commerciale intense. Le commerce de la fourrure en Nouvelle-France sert essentiellement des intérêts économiques extérieurs (la France ou la Grande-Bretagne). Les politiques coloniales, favorisant l'agriculture et l'élevage, n'encouragent pas la pratique de la chasse, associée aux « sauvages ». Les voyageurs et les coureur des bois transigent d'ailleurs plus qu'ils ne chassent.

Une chasse réservée à la bourgeoisie[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XXe siècle, la chasse est une activité de luxe réservée à l'élite.

L'intérêt économique de la chasse, notamment pour les fourrures, s'estompe au début du XIXe siècle. Les peuples autochtones du nord continuent toutefois de la pratiquer pour subsister alors qu'elle constitue parfois, durant l'hiver, une source d'alimentation supplémentaire pour les Blancs dans les régions rurales[1]. Bientôt, la bourgeoisie, d'abord surtout anglo-écossaise, amène le concept de chasse dite « sportive » ou de loisir. Des dizaines de clubs privés, tel le Triton Fish & Game Club, se forment et se partagent les territoires les plus sauvages et populeux en gibier. À titre d'exemple, le français Henri Menier et sa famille possède à lui-seul l'île d’Anticosti (7 923 km²) de 1895 à 1926. Le gouvernement soutient cette chasse privée car la vente des terres publiques lui assure des revenus faciles. Cette vision aristocratique européenne de la chasse est progressivement contrebalancée, dans les années 1950, par la démocratisation de la chasse sportive dans la toute la population. En 1960, on retrouve approximativement 2200 clubs privés au Québec[2]. En 1963, le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche est créé.


Démocratisation de la chasse[modifier | modifier le code]

Amorcée vers les années 1950, la démocratisation de la chasse sportive s'est accrue avec la déprivatisation du territoire public en 1976.

En 1976, sous la pression populaire, le gouvernement René Lévesque abolit les clubs et rachète d'importantes parties du territoire. L'accès public au terres du domaine de l'État est alors énormément facilité avec la mise en place des réserves fauniques (1979), des zones d'exploitation contrôlée (1978) et des pourvoiries sans droit exclusifs ou sinon limitées par bail. Le territoire est progressivement décloisonné jusqu'en 2013[3]. Cette action gouvernementale, conjuguée à l'amélioration du pouvoir d'achat et à la population faunique importante, fait naître une véritable industrie et culture de la chasse au Québec. En 1983, la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune est adoptée par l'Assemblée nationale du Québec.

En 2012, 550 876 permis sont délivrés à des chasseurs au Québec[4]. L'orignal, avec 172 073 permis, est l'espèce la plus chassée, suivie de près par le cerf de Virginie.

La chasse sportive du caribou migrateur sera définitivement interdite d'ici le en raison du déclin de l'espèce[5].

Économie[modifier | modifier le code]

La chasse génère approximativement 360 millions de dollars[6],[7].

En 2012, le gouvernement a commandé l'Étude ventilant par espèce et par région les retombées économiques engendrées par les chasseurs, les pêcheurs et les piégeurs québécois. Elle révèle que la chasse représente une activité économique très importante dans certaines régions, dont l'Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et la Mauricie[8]. Pourtant, c'est en Montérégie (région agricole et densément peuplée) où l'on retrouve le plus grand nombre de chasseurs et où l'on pratique le plus la chasse. Dans les régions de moins de 500 000 habitants, le gouvernement estime que 66 % des retombées vont directement dans l'économie locale.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Certification de chasse[modifier | modifier le code]

Une certification F est requise pour les chasseurs à arme à feu.

L'obtention d'un certificat est requis pour toute personne désirant chasser au Québec avec une arme à feu, une arbalète, un arc ou par piégeage. Seule une personne domiciliée au Québec depuis au moins 183 jours et âgée de plus de 12 ans peut obtenir ce certificat. Une formation doit être suivie selon le type de certification souhaitée :

  • Code A : chasse avec arc ou arbalète.
  • Code B : chasse avec arbalète.
  • Code F : chasse avec arme à feu (Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu).
  • Code P : piégeage.

Avant l'âge de 12 ans, il est possible d'obtenir un « Permis d’initiation à la chasse » pour accompagner un chasseur âgé d'au moins 25 ans[9].

Permis de chasse[modifier | modifier le code]

Seul une personne titulaire d'une certification de chasse peut demander un permis de chasse. Ce permis donne l'autorisation de chasser une espèce dans une période donnée. Il doit donc être renouvelé annuellement. Son coût et ses conditions dépendent de la zone de chasse choisie. En plus du permis, la participation à un tirage au sort peut être requis à certains endroits populaires.

Zones de chasse[modifier | modifier le code]

Le Québec est divisé en 7 districts et 29 zones (28 pour la chasse et 1 pour la pêche)[10]. Les zones de chasse permettent de contrôler la population faunique en assurant la pérennité des espèces. Certaines zones sont elles-mêmes divisées en secteurs, tel le territoire Weh Sees Indohoun dans la zone 22, afin de protéger des écosystèmes locaux.

Problématiques[modifier | modifier le code]

Un flou juridique subsiste autour des pratiques de chasse des autochtones.

Un flou juridique subsiste quant aux droits de chasse des autochtones[11]. L'appel au droit ancestral peut être perçu dans la société comme un passe-droit[12], surtout dans des cas de non-respect de la loi (période ou quota de chasse). Par exemple, le caribou des bois, bien qu'interdit de chasse en raison de son statut vulnérable[13], continue d'être chassé par des autochtones.

Cependant, la principale problématique concernant la chasse au Québec est probablement l'accaparement d'une partie du territoire publique par certains citoyens. Puisque les terres du domaine de l'État sont accessibles à tous, certains chasseurs décident de s'approprier un secteur. Cependant, la compétition entre chasseurs entraîne du vandalisme et de l'intimidation qui nuit grandement à l'image et au plaisir de la chasse sportive[14]. Les pouvoirs des agents de conservation de la faune sont limités dans ces cas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]