Chartreuse de la Part-Dieu

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Chartreuse de la Part-Dieu
Image illustrative de l'article Chartreuse de la Part-Dieu
Présentation
Protection Bien culturel suisse d'importance nationale
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Fribourg Fribourg
Ville Gruyères
Coordonnées 46° 35′ 50″ nord, 7° 01′ 01″ est

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Chartreuse de la Part-Dieu

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Chartreuse de la Part-Dieu

La chartreuse de la Part-Dieu est une ancienne chartreuse suisse, sise sur le territoire de l'actuelle commune de Gruyères près de Bulle (district de la Gruyère) dans le canton de Fribourg.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La Part-Dieu fut fondée en 1307 par la comtesse Catherine de Weissenbourg épouse de Pierre III de Gruyère, sur les terres du comté du même nom, avec l'assentiment du comte Pierre IV, son fils. Elle était située dans le territoire du diocèse de Lausanne et dépendait au temporel du comte de Gruyères et de la Savoie. Les comtes de Gruyère la dotèrent chichement, mais suffisamment pour qu'elle pût survivre, non sans de nombreuses difficultés matérielles, entretenant un personnel peu nombreux (rarement plus de 15 religieux, pères et frères compris). Le comte Pierre III y fit élection de sépulture.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 1800, le monastère fut entièrement détruit par un incendie qui ne laissa debout que le moulin et les écuries, de sorte que pendant 5 ans les moines furent dispersés dans des habitations des localités avoisinantes, puis à Marsens et enfin au château de Vuippens.

Sous le Premier Empire, entre 1810 et 1816, La Part-Dieu fut la seule maison vivante de l’ordre cartusien. Le 10 juin 1810, son prieur, Dom Romuald Moissonnier, profès de la Grande Chartreuse, avait été nommé scribe de Dom Antoine Vallet, vicaire général de l’ordre. (Il n’y avait plus de supérieur général depuis la dispersion de la communauté de la Grande Chartreuse, seule habilitée à donner un supérieur à l’ordre). À la mort de Dom Antoine, Dom Romuald devint vicaire général de l’ordre à sa place, avec approbation du Saint-Siège. C’est depuis la Part-Dieu qu’il prépara la restauration de la Grande Chartreuse. Il quitta la Part-Dieu le 25 juin 1816 pour la Grande Chartreuse dont il reprit possession au nom de l’ordre le 8 juillet 1816.

La Part-Dieu fut supprimée en 1848 par le gouvernement radical fribourgeois et tous ses biens sécularisés. Les religieux (treize pères et deux frères convers) furent dispersés, certains restant dans les environs sous l’habit séculier (Dom Augustin Blanc), d’autres se réfugiant dans des maisons françaises qui se relevaient péniblement de la Révolution française et de l’Empire.

Abandonnés, les lieux subissent alors de graves déprédations : on y boit, on y danse et on y dérobe des matériaux (meubles, fenêtres, pierres). L’État de Fribourg cherche à s’en débarrasser en mettant plusieurs fois aux enchères ce grand domaine qui comprend bâtiments conventuels, fermes, alpages et forêts.

En 1856, un acquéreur est trouvé en la personne de Rudolphe-Edouard Paravicini, industriel bâlois, qui la revend aussitôt à un certain Dumont tout en conservant l’usufruit des forêts. Puis, en 1858, le domaine est acquis par la comtesse de Rumine, d’origine russe et réfugiée à Lausanne, qui cède le mobilier sacré restant à différentes paroisses de la région. Dès 1859, démolition du grand cloître et des cellules, les pierres sont vendues pour des constructions de bâtiments à Bulle notamment.

En 1863, à la suite de la chute des radicaux, le grand conseil fribourgeois vota le rétablissement de la chartreuse de La Valsainte au détriment de celle de La Part-Dieu.

À la mort de Gabriel de Rumine en 1871, dernier descendant de la famille de Rumine, La Part-Dieu fut léguée au banquier d’origine vaudoise François Clavel, homme d’affaires et père de son ami Auguste Clavel. Ce dernier consacrera une grande partie de sa vie et de sa fortune à entretenir le site, à rendre les bâtiments habitables et à embellir le parc. Rien ne fut fait cependant par ce protestant pour restaurer l’église et le caractère sacré du lieu[réf. nécessaire].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans son testament, Auguste Clavel stipula que la Part-Dieu ne devrait jamais revenir en mains catholiques[réf. nécessaire]. À sa mort en 1933, le domaine resta donc dans sa famille, passant de mains en mains, se dégradant de plus en plus. Dès 1939, la communauté des Bénédictins de Corbières (canton de Fribourg), installée au Bouveret (canton du Valais) depuis 1959, chercha à acquérir la Part-Dieu par des « tractations multiples et laborieuses ». Elle consentit aux propriétaires un gage hypothécaire de 70 000 francs de l'époque, qui, en 1965, n'avait toujours pas été remboursé, sans que la transaction espérée ne put être menée à bien. Malgré d'autres tentatives de rachat, le monastère continua à se dégrader, faute d'argent et de volonté, jusqu'à ce qu'un arrêté préfectoral obligea les propriétaires, en 1980, à entreprendre les travaux d'entretien et de restauration devenus les plus urgents.

En 1981, une association fut fondée afin de revitaliser les lieux et de restaurer les parties historiques.

En 2014, la Part-Dieu est une propriété privée, inscrite comme bien culturel suisse d'importance nationale[1], habitée et entretenue. Il ne subsiste plus de l'ensemble conventuel que la chapelle extérieure, les anciens bâtiments prioraux, la cuisine, les communs ou obédiences, le petit cloître avec l'église reconstruite en 1805 (profondément remaniée par sa transformation en habitation privée), le réfectoire et le chapitre primitifs érigés en 1307, ainsi que le mur d'enceinte qui entoure l'ancien grand cloître aujourd'hui entièrement disparu et dont il ne demeure plus une seule cellule.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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