Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez

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Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez
Image illustrative de l'article Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez
Présentation
Nom local Chartreuse de Sainte-Croix
Type Chartreuse
Rattachement (anciennement) Ordre des Chartreux
Début de la construction 1280
Fin des travaux 1792
Style dominant Gothique
Protection Monument historique (1946)
Site web http://www.saintecroixenjarez.com/
Géographie
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Loire
Ville Sainte-Croix-en-Jarez
Coordonnées 45° 17′ 06″ nord, 4° 23′ 07″ est

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La chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez est un ancien monastère de moines chartreux sis à Sainte-Croix-en-Jarez dans la Loire (France). Fondée en 1281 par Béatrix de la Tour du Pin ses moines en furent chassés en 1792, lors de la Révolution française. Vendue ensuite comme Bien national, elle est devenue une commune. Ce qui reste de ses bâtiments est inscrit au registre des monuments historiques en date du [1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation du monastère[modifier | modifier le code]

La forteresse de Châteauneuf en 1789, gravure
de Jean-Jacques de Boissieu

Le monastère fut fondé en 1281, dix ans après la huitième croisade par Béatrix de la Tour du Pin, veuve de Guillaume de Roussillon disparu à Saint-Jean-d'Acre en juin 1277. Elle voulut honorer sa mémoire par la prière ; pour ce faire elle se tourna vers l'ordre religieux des Chartreux, dont faisait partie un de ses oncles.
Elle possédait en fief une forteresse sur l'actuel emplacement du village de Châteauneuf, au confluent du Couzon et du Gier et carrefour stratégique des routes allant de l'Auvergne à la vallée du Rhône, à environ dix kilomètres du site choisi pour fonder le monastère.

L'acte de fondation du monastère a été passé à Taluyers le 24 février 1280 en présence de Pierre Flote damoiseau, légiste du futur dauphin Humbert de la Tour (frère de Béatrix de Roussillon) et légiste du roi de France Philippe IV le Bel. En mai 1274 eut lieu le plus grand Concile de la Chrétienté à Lyon où, en l'absence de décision pour une hypothétique neuvième croisade, l'envoi d'un nouveau contingent de forces françaises à Saint-Jean-d'Acre fut entériné par le roi Philippe III le Hardi et le pape Grégoire X. Il ne s'agissait pas d'un renfort mais d'une force d'interposition. Les chrétiens, exacerbés par la chute des Lieux Saints et le blocus de Saint-Jean-d'Acre par les musulmans, s'entredéchiraient au sein du royaume de Jérusalem. Guillaume de Roussillon se vit confier la mission délicate de calmer les belligérants en cas de disparition du chevalier Olivier de Termes qui occupait alors le poste de capitaine des forces françaises à Saint-Jean-d'Acre. Alors que son frère Aymar de Roussillon est archevêque de Lyon, Guillaume de Roussillon se prépare à partir après avoir effectué son testament en août 1275 dans son château à Annonay. Olivier de Termes décédé, Guillaume de Roussillon seigneur d'Annonay, de Roussillon, de Châteauneuf (près de Rive-de-Gier) et de Dargoire, appareillera avec ses troupes, d'Aigues-Mortes selon l'ordonnance royale. Il s'acquitte trop bien de sa mission au goût de son cousin Guillaume de Beaujeu Grand Maître du Temple, mais surtout de Charles d'Anjou roi de Sicile et frère de Louis IX (saint Louis) et disparaîtra dans la nuit du 7 au 8 juin 1277 lors du coup d'état fomenté par Charles d'Anjou à Saint-Jean-d'Acre.

De la fondation à la confiscation[modifier | modifier le code]

alternative textuelle
Emblème de l'ordre des Chartreux : un globe surmonté d'une croix et de sept étoiles, représentant les sept compagnons de Saint Bruno. Sous le globe, la devise : « Stat crux dum volvitur orbis ».

De 1792 à nos jours[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Une façade fortifiée[modifier | modifier le code]

Façade principale fortifiée

Elles se présente sous la forme d'un mur de 115 mètres de long, flanqué de tours à chaque extrémité. Au centre l'entrée principale permet de pénétrer dans la première cour ou Cour des Frères. À l'origine le mur était aveugle, seulement percé de meurtrières. Leur forme rappelle le blason de l'ordre des chartreux : le globe surmonté de la Croix. L'entrée principale située au centre de la façade est flanquée de deux tours. Son aspect actuel date du XVIe siècle.

Meurtrières cartusiennes

Première cour ou cour des obédiences[modifier | modifier le code]

De forme presque carrée elle a une surface d 'environ 3 500 m2. C'est l'endroit où se trouvaient les logements des frères et les bâtiments d'exploitation. La Cour des Frères est la cour séculière de la Chartreuse. Elle était appelée aussi Cour des Obédiences car chaque bâtiment y était destiné à une tâche particulière (obédience) : menuiserie, buanderie, forge, etc. Elle abritait une quinzaine de Frères dont les cellules se trouvaient sur le côté gauche. On y trouvait aussi granges et entrepôts, car les Frères assuraient le besoins matériels de la Chartreuse.

L'église[modifier | modifier le code]

Cette fenêtre à ébrasement oblique, était la fenêtre par laquelle Béatrix de La Tour du Pin, fondatrice de Sainte-Croix-en-Jarez, était autorisée à suivre les offices.
  • L'église primitive du monastère fut construite non loin d'une forteresse cédée à cet effet par Béatrix, chose rare pour l'époque puisque les chartreux, vivaient en communauté, mais comme des ermites, sans s'adresser la parole, le plus loin possible des agglomérations. Béatrix avait négociée le droit de rester jusqu'à sa mort en 1307 près du monastère et d'assister depuis une petite loge aménagée au flanc de l'église aux offices ; le tout en échange du legs des terres ou était en train de se bâtir le monastère. Elle vécut sans doute dans la forteresse avec ses huit enfants et sa suite. Des fouilles archéologiques en 1896 ont permis de retrouver sa tombe (ainsi que celle de Thibaud de Vassalieu) dans le chœur de l'église primitive, qui à cause de son mauvais état sert aujourd'hui d'annexe à la sacristie.
Nef de l'église
  • L' église actuelle a été aménagée au XVIIIe siècle dans la salle du chapitre et le réfectoire adjacent, à la suite d'un incendie qui en 1714 endommagea la toiture de l'église primitive. Ce changement devait être provisoire, le but étant à terme de réparer l'église. Les moines avaient conservé les stalles du XVe siècle qui entourent la nef de la nouvelle église, devenue depuis église paroissiale. Les lambris de la nef ont été ajoutés à cette époque (XVIIe). Des miséricordes ornées agrémentent les sièges des Pères et des Frères. (Pas d'ornements pour les convers ?)

Cour des pères chartreux et les ermitages[modifier | modifier le code]

C'est la deuxième cour du monastère, autour de laquelle ont été bâties les cellules et les ermitages des pères et des novices. La cour des Pères, de construction plus tardive que le monastère, a été largement remaniée au XVIIIe siècle. Les ermitages des pères était desservis par le grand cloître, détruit par les habitants en 1840. Au centre subsiste une croix de la même époque.

Un ermitage reconstitué[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Combe Jean, La chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, Saint-Etienne, Éditions Dumas, 1959
  • Derbier Josselin, Rochet Quentin, Étude historique et documentaire sur l’ancienne chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, rapport de recherche, Archeodunum, 2015 [1]
  • Jeanty François., Sainte-Croix-en-Jarez, la chartreuse du Pilat, histoires et anecdotes, 1276-1899, Saint-Etienne, Parc naturel régional du Pilat, 2006
  • Mordefroid J. L., Horrillo Escobar J., Vuillermoz D., Deprost S., « D’une cour des « obédiences » à l’autre, Archéologie & proposition de restitution de la cour du Moyen âge de Sainte-Croix-en-Jarez » dans La montagne, l’ermite et le montagnard, Unité de recherche archéologique cartusienne, 2002, pp. 47-58.
  • Vachez Antoine, La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, Lyon, L. Brun, 1904

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]