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Chartreuse du Mont-Saint-André de Tournai

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Ancienne chartreuse du Mont-Saint-André de Chercq
Conventis Montis Sancti Andreæ Apud Tornacum
Grange de l'ancienne chartreuse de Chercq
Grange de l'ancienne chartreuse de Chercq
Existence et aspect du monastère
État de conservation Vestiges (une grange et un puits)
Affectation ultérieure Château de la chartreuse construit sur le site en 1811
Identité ecclésiale
Culte Culte catholique
Diocèse Tournai
Type Monastère d'hommes
Armoiries ou sceau du monastère
Image illustrative de l’article Chartreuse du Mont-Saint-André de Tournai
Blasonnement D'azur semé de billettes d'argent, au lion du même, armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout
Présentation monastique
Fondateur Jean de Werchin
Origine de la communauté À la suite d'un vœu, le fondateur a fait le don aux chartreux d'une terre située à Chercq
Ordre Chartreux
Province cartusienne Picardie
Historique
Date(s) de la fondation 1377
Fermeture 1782
Architecture
Dates de la construction ~1377, mais pillée en 1478 puis reconstruit, dévastée en 1566 puis reconstruit, ravagée en 1712
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Ville Tournai
Village Chercq

La chartreuse du Mont-Saint-André était un monastère de l'ordre des Chartreux situé à Chercq au bord de l'Escaut, dans la Belgique actuelle, dans la province de Hainaut. Cette chartreuse a été fondée en 1377 par un croisé libéré de Terre sainte et qui avait fait ce vœu. Le monastère fut interrompu dans son développement par la soldatesque bourguignonne en 1478, dévastée pendant la guerre des Gueux au XVIe siècle, puis à nouveau ravagé en 1712.

La chartreuse est fermée en 1782 à la suite d'une réforme religieuse de Joseph II. Les moines sont alors dispersés et les bâtiments du monastère ainsi que son mobilier, vendus.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

L'ancienne chartreuse de Chercq se trouve au bord de l'Escaut, dans ce qui constitue aujourd'hui le village de Chercq, administrativement lié à la commune de Tournai, en Belgique, dans la Province de Hainaut.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Jean de Werchin, sénéchal du Hainaut et croisé en Terre sainte, est fait prisonnier par les Sarrasins. Il fait le vœu, en cas de libération et de retour au pays, de fonder (financièrement) un monastère « pour le salut de son âme et de sa famille ». C’est ce qui arrive. Il invite les chartreux en leur faisant le don d’une terre à Chercq. Le chapitre général de l'ordre des Chartreux donne son consentement le , et le mois suivant l'évêque de Tournai approuve le projet. Comme il est de coutume en ces temps-là, la contrepartie de cette fondation demande que le monastère devienne la nécropole officielle des seigneurs de Werchin. Chercq est la 10e fondation de la Province cartusienne de Picardie, et en fait, la seule dans ce qui est la Belgique actuelle.

Développement[modifier | modifier le code]

D'autres donations permirent au monastère d’accroître son patrimoine. En 1419, les moines achetent la seigneurie de Chercq, leur donnant des droits divers sur la population et les chargeant de l’administration de la justice. En 1431, ils acquierent la brasserie du village. La chartreuse est une première fois pillée par la soldatesque bourguignonne en 1478. Suivit une période de paix et prospérité.

Guerre des Gueux puis reconstruction[modifier | modifier le code]

Un siècle plus tard, comme beaucoup d'autres monastères dans les Pays-Bas, la chartreuse est dévastée pendant la guerre des Gueux, quand les iconoclastes calvinistes se révoltèrent contre la présence espagnole, le jour de Noël 1566. La sépulture des Werchin est violée. Les moines se réfugient pendant trois ans au château du Biez à Wiers, propriété de la famille de Werchin.

Le monastère se relève de ses ruines, mais pour ce faire les chartreux doivent emprunter et aliéner leurs biens. Divers dons aidant, ils parviennent à le reconstruire. Il est une nouvelle fois ravagé en 1712.

Disparition du monastère[modifier | modifier le code]

Le coup fatal leur est porté par Joseph II qui, inspiré par l’esprit du despotisme éclairé du siècle des lumières s’engage dans des réformes religieuses. Les congrégations et maisons religieuses jugées « inutiles » (c’est-à-dire n’ayant ni hôpitaux, ni écoles ou paroisses) sont supprimées. Les Chartreux, n’entrant dans aucune de ces catégories, sont dès lors condamnés à disparaître. En 1782, les couvents contemplatifs sont fermés, dont la chartreuse de Chercq. Les moines sont dispersés, les bâtiments du monastère et tout son mobilier, vendus.

Prieurs[modifier | modifier le code]

Le prieur est le supérieur d'une chartreuse, élu par ses comprofès ou désigné par les supérieurs majeurs.


Vestiges et souvenir[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armoiries de la chartreuse du Mont-Saint-André.

Les armes du monastère se blasonnent ainsi :
D'azur semé de billettes d'argent, au lion du même, armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Des bâtiments de l'ancienne chartreuse ne restent que quelques vestiges : une grange et un puits. En 1783, une partie du mobilier est rachetée par des curés des environs pour leur église. Nous retrouvons, à l'église de Chercq, deux bustes dorés et un tableau, et à l'église Saint-Vaast de Gaurain (aujourd'hui Gaurain-Ramecroix), un maître-autel, des sculptures, des stalles et un confessionnal. Quant à Herquegies, on peut voir des stalles admirablement sculptées.

S'il ne reste presque rien de la chartreuse de Chercq, la toponymie des lieux rappelle l'ancienne présence, pluriséculaire, des ermites de saint Bruno. Là où se trouvait le monastère fut construit, en 1811, un château (par l'architecte Bruno Renard). On l'appelle communément château de la Chartreuse. Le village de Chercq a sa rue abbaye des chartreux. À Tournai, à la Rue Saint-Bruno, se trouve un hôtel de maître qui était sans doute le refuge urbain des chartreux de Chercq.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane. Tome 1, 1718. sur Gallica
  2. a b et c Cuvelier, Michel (Dom), Mémoires sur la vie de M. Jean Levasseur, mayeur de la ville de Lille au XVIIe siècle : et sur la fondation de la chartreuse de La Boutillerie, Lille, L. Lefort, imprimeur-libraire, , 174 p. (lire en ligne).
  3. Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai, 1926.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lefebvre, F.A., Saint Bruno et l’Ordre des chartreux, t. 2, Paris, Librairie catholique internationale, , 682 p. (lire en ligne), p. 314.
  • (la) Le Couteulx, Carolo, Annales ordinis Cartusiensis, vol. VI, Montreuil-sur-Mer, 1887/91, p. 169-175..
  • F. Desmons, « La chartreuse du Mont-Saint-André à Chercq près de Tournai, première période, 1375-1566 », Annales de la Société historique et archéologique de Tournai,‎ , p. 47-83 (lire en ligne, consulté le ).
  • F. Desmons, « La chartreuse du Mont-Saint-André à Chercq près de Tournai, seconde période, 1566-1783 », Annales de la Société historique et archéologique de Tournai,‎ , p. 83-123 (lire en ligne, consulté le ).
  • Ursmer Berlière, « Chartreuse du Mont-Saint-André », Monasticon Belge, t. 1, Province de Namur et de Hainaut, 1er fascicule, Liège, 1961.
  • Bolle, Pierre, « Nouvelles sources pour servir à l’histoire du couvent des chartreux de Chercq », Mémoires de la Société royale d’histoire et d’archéologie de Tournai, n°3, 1982, pp.5-9.

Liens externes[modifier | modifier le code]