Charmant Som

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Wikipédia:Bons articles Vous lisez un « bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Som.

Charmant Som
Vue du Charmant Som depuis le sommet de Chamechaude
Vue du Charmant Som depuis le sommet de Chamechaude
Géographie
Altitude 1 867 m[1]
Massif Massif de la Chartreuse (Alpes)
Coordonnées 45° 19′ 31″ nord, 5° 45′ 51″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Ascension
Voie la plus facile crête méridionale depuis la route départementale D57d
Géologie
Roches Calcaires
Type Mont anticlinal

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Charmant Som

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Charmant Som

Le Charmant Som est un sommet du département français de l'Isère culminant à 1 867 mètres d'altitude dans le massif de la Chartreuse, dans les Alpes. Il est constitué de calcaires mais possède un relief moins marqué que les sommets environnants, ce qui lui vaut d'être couvert de prairies d'alpage à l'origine de son nom. Celles-ci sont occupées et entretenues par des bergers depuis le Moyen Âge. Elles sont accessibles par une route construite durant l'entre-deux-guerres depuis le col de Porte jusqu'à 200 mètres sous la cime principale. La route aboutit à deux bâtiments servant désormais à la fois d'auberge, de chalet et de fromagerie ; la vente des produits s'effectue sur place.

La montagne fait partie du parc naturel régional de Chartreuse, d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique et d'une zone Natura 2000. Ces aires protégées sont destinées à conserver la grande biodiversité de la flore ainsi que la faune. Elles autorisent toutefois la pratique de la randonnée pédestre, de la spéléologie et du ski qui se sont développés respectivement à partir des années 1960 et la fin des années 1970, du cyclisme, de l'escalade et du parapente.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Charmant Som est issu de Chalmenson, signifiant « sommet de la petite chalme », du latin summus « point le plus haut » et culmen « cime, élévation rocheuse », qui désigne plus spécifiquement un pâturage et le sommet qui le domine[2],[3],[4] ; il a donné également le mot « chaume ». De ce fait, In Alpe Chalmenson des calendes de juin 1185 introduit un toponyme pléonastique, l'alpage étant un pâturage de montagne[3]. Par la suite, une déformation phonétique courante dans la région a transformé le l en r[2],[5]. Ainsi, on trouve Charmencson en 1357 puis Charmenson en 1540, Chalmenson réapparaît dans les Titres de la Grande Chartreuse au XVIIe siècle, avant de laisser place à Charmanson en 1700 (Réformation des forêts, II) et 1725 (nouveaux Titres de la Grande Chartreuse)[2],[5]. Finalement, la montagne apparaît sous le nom Charmant Som sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Paysage de montagnes, de prairies d'altitude et de forêts.
Vue du Charmant Som et de Chamechaude (à droite) depuis le col de la Grande Vache à l'ouest.

Le Charmant Som est situé dans le Sud-Est de la France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de l'Isère, sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse. Il se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de Grenoble et à près de cent kilomètres au sud-est de Lyon. Il fait partie du massif préalpin de la Chartreuse.

Il est entouré par la Grande Sure (1 920 m) à l'ouest, la Pinéa (1 771 m) sur la même ligne de crêtes au sud-ouest, Chamechaude qui est le point culminant du massif de la Chartreuse (2 082 m) au sud-est, le roc d'Arguille à l'est (1 768 m) et le Grand Som (2 026 m) au nord-est.

Topographie[modifier | modifier le code]

Le sommet s'élève à 1 867 mètres d'altitude. À ses pieds se trouvent le col de la Charmette (1 261 m) à l'ouest, le col de Porte (1 326 m) au sud et les gorges du Guiers Mort au nord[1].

Petit vallon de montagne couvert de prairies verdoyantes et prolongé par un sommet.
Vue des alpages et de l'antécime méridionale du Charmant Som depuis le sud.

Le Charmant Som se présente comme un « Y ». La jonction de ses trois branches est constituée par un dôme rocheux coupé au nord par des falaises qui forment le Promontoire[6]. La crête de Chamechine au nord-ouest abrite la combe de l'If. Au nord-est se trouve l'arête de Bérard. La branche méridionale, dite de Canaple, a une pente plus douce et abrite des alpages où mène la route départementale D57d au départ du col de Porte[1].

Géologie[modifier | modifier le code]

Rocher calcaire parcouru de cannelures.
Karstification du calcaire urgonien[7] à l'arrière de la fromagerie.

Contrairement à la plupart des sommets de la Chartreuse, le Charmant Som n'est pas un crêt acéré mais un mont arrondi formé par l'anticlinal médian du massif[6]. Les trois crêtes et le sommet sont constitués de calcaire urgonien. Près des chalets au sud du sommet, dans le pendage, l'Urgonien est recouvert par des reliquats de Sénonien. Au nord, dans le pli anticlinal entre la crête de Chamechine et l'arête de Bérard, l'érosion a au contraire mis au jour des couches plus anciennes : le Hauterivien, puis les calcaires du Fontanil, les rocheuses marneuses du Berriasien jusqu'au calcaire tithonique[6],[8].

Climat[modifier | modifier le code]

Le massif de la Chartreuse est soumis à un climat océanique montagnard. Il agit comme une barrière face aux vents dominants d'ouest venant de l'océan Atlantique et reçoit ainsi une grande quantité de précipitations, avec un pic au début du printemps et un autre au début de l'automne. Un tiers de ces précipitations se produit sous forme de neige. De ce fait, l'épaisseur du manteau neigeux au col de Porte (1 326 m) avoisine un mètre fin février, mais a atteint des hauteurs record de 200 à 230 centimètres pour la même période en 1979, 1982 et 1985. Toutefois, l'enneigement moyen, qui a diminué de moitié depuis cinquante ans[9], est mesuré à cinquante centimètres en moyenne depuis dix ans au cours de l'hiver. Ainsi, depuis les années 2000, la neige se maintient en moyenne 150 jours par an au col de Porte, soit trente jours de moins que dans les années 1960 ; la présence d'un manteau neigeux supérieur à un mètre a reculé de quinze jours tous les dix ans en moyenne sur la même période. Cette observation coïncide avec une hausse des températures de 1,4 °C depuis un demi-siècle sur une période du 1er décembre au 30 avril[10].

Relevé météorologique du Charmant Som (1994-2014)[11]
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −6,3 −6,1 −2,7 0,2 3,8 7 9,1 8,8 6,7 2,6 −2,8 −5 1,3
Température moyenne (°C) −3,5 −2,7 1,8 3,7 7,6 11,1 14,8 13,2 10,5 6 1,2 −1,7 5,2
Température maximale moyenne (°C) 1 2,1 5,6 9,7 13,9 17,7 20,5 19,8 16,6 9,2 5,6 1,6 10,3
Nombre de jours avec gel 12 11 8 5 2 2 1 1 2 3 7 11 65
Ensoleillement (h) 97 126 184 210 244 266 305 269 214 157 97 82 2 251
Précipitations (mm) 74 54 68 83 95 67 49 73 132 113 82 74 964
Nombre de jours avec précipitations 11 10 11 13 13 10 7 8 10 12 11 11 127
Source : Weather, forecasts, history, risks in Sommet Charmant, Rhône-Alpes, France
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
1
−6,3
74
 
 
 
2,1
−6,1
54
 
 
 
5,6
−2,7
68
 
 
 
9,7
0,2
83
 
 
 
13,9
3,8
95
 
 
 
17,7
7
67
 
 
 
20,5
9,1
49
 
 
 
19,8
8,8
73
 
 
 
16,6
6,7
132
 
 
 
9,2
2,6
113
 
 
 
5,6
−2,8
82
 
 
 
1,6
−5
74
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Parmi les mammifères recensés figurent le chamois et des chiroptères : la Barbastelle d'Europe, la Sérotine de Nilsson et l'Oreillard septentrional[12]. La présence du Lynx boréal est également avérée[13]. Le chevreuil, le sanglier et le cerf fréquentent la Chartreuse centrale[14]. Les oiseaux présents au Charmant Som sont en particulier l'Aigle royal, le Tichodrome échelette, le Chocard à bec jaune et le Tétras lyre[12]. La Rosalie des Alpes est une espèce de coléoptère protégée[13].

Plante à fleur avec une longue tige et des pétales blancs dans une prairie d'altitude.
Vérâtre blanc dans les alpages du Charmant Som ; souvent confondu avec la Gentiane jaune une fois sec, il est toxique pour l'homme comme pour le bétail, qui en consomme toutefois en petite quantité à l'automne.

Les rochers et forêts d'Érable sycomore ou d'Épicéa commun[12],[15] sont remarquables pour la diversité floristique et comptent des espèces protégées rares. Parmi celles-ci figurent le Sabot de Vénus[12],[13]. Les autres espèces recensées dans ces milieux sont l'Aconit anthore, l'Aconit paniculé, l'Ail de la Sainte-Victoire, l'Arabette à feuilles de serpolet, le Buplèvre à longues feuilles, la Campanule à larges feuilles, la Centranthe à feuilles étroites, la Dorine à feuilles opposées, la Circée des Alpes, la Clématite des Alpes, le Cystoptéris des montagnes, le Daphné des Alpes, le Gaillet oblique, le Gaillet des Alpes occidentales, la Gentiane croisette, l'Orchis odorant, l'Avoine soyeuse, l'Épervière de Lawson, le Millepertuis à sous, la Balsamine des bois, le Laser de France, la Limodore à feuilles avortées, la Listère cordée, la Lunaire vivace, la Minuartie à feuilles capillaires, l'Orobanche du sermontain, le Peucédan à feuilles de carvi, le Polystic à aiguillons, le Polystic à soies, la Potentille luisante, la Primevère oreille d'ours, l'Orpin rose, la Saxifrage fausse mousse et la Tozzie des Alpes[12]. La Pensée des Alpes, le Narcisse jaune, l'Orchis sureau, le Trolle d'Europe, la Nigritelle noire, le Lis martagon, la Gentiane à feuilles étroites et le Vérâtre blanc fleurissent généralement les 200 hectares d'alpages, dont le maintien repose sur la pratique du pastoralisme[16],[17].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le Charmant Som est d'abord la propriété de l'abbaye de Bonnevaux, fondée sur l'actuelle commune de Villeneuve-de-Marc, qui pratique vers la montagne une courte transhumance depuis les Terres froides. Elle est ensuite cédée à la Grande Chartreuse, quelques décennies après sa fondation en 1084 dans le vallon de Saint-Bruno, face au Charmant Som[18]. L'alpage est déboisé afin de faire paître les troupeaux. L'oratoire d'Orgeval, dédié à saint Pierre, est construit vers 1535 afin de marquer la limite méridionale des possessions du monastère[17]. À la suite de la Révolution, en 1790, l'alpage devient bien national, puis est vendu à l'hospice de Grenoble en 1807[18]. La présence d'une croix sommitale est attestée dès 1902[19]. Après la Première Guerre mondiale, il est racheté par les Eaux et Forêts qui le louent par adjudication à des bergers provençaux, lesquels rétablissent la transhumance, avec pour conséquence la perte momentanée de la production locale de fromages[18].

Deux bâtiments aux toits en taule bleutée sous un sommet couvert d'alpages.
Vue contemporaine des chalets du Charmant Som sous l'antécime méridionale.

Ces mêmes bergers en profitent toutefois, de 1932 à 1937, pour construire l'actuelle route à la place de l'ancien sentier muletier menant vers les alpages[18]. Le Touring club de France, présent à Saint-Pierre-de-Chartreuse depuis la fondation d'un syndicat d'initiative en 1905 et encouragé par le classement de la commune comme station climatique[20], participe à la viabilisation de la route[21]. Il reprend également une grande partie des anciens haberts pour les transformer en un chalet, inauguré en septembre 1937[22].

En 1941, en pleine période de pénurie provoquée par la Seconde Guerre mondiale, les Eaux et Forêts décident de louer les alpages à un entrepreneur des Adrets, qui en donne aussitôt la gestion à un habitant de Theys, le bétail étant conduit en estive depuis ces deux villages dauphinois du pied de Belledonne vers le massif de la Chartreuse[18]. Dans le même temps, des camps de Jeunesse et Montagne et des Chantiers de la jeunesse française sont implantés au Charmant Som, au col de Porte et à la Malamille. D'abord soutenus par le Régime de Vichy, ces camps font acte de résistance, à la fin de la guerre, en accueillant des réfractaires au service du travail obligatoire entrés dans le maquis[18].

Le gouffre Criska est découvert en 1962 à l'aide du chien éponyme[23], du Spéléo-club cartusien, puis exploré par un membre des Spéléos grenoblois du Club alpin français. Dans les trois années suivantes, la profondeur de −230 mètres est atteinte. Durant l'été 1967 et le printemps 1968, le Spéléo-groupe de Fontaine-La Tronche fait face à plusieurs obturations ; ils procèdent à des élargissements artificiels par dynamitage. Les mois suivants, ils effectuent des explorations en profondeur et atteignent −700 mètres. En 1969, le mauvais temps contraint les spéléologues à explorer le haut du réseau ; ainsi, les liaisons sont effectuées entre le gouffre Criska et la grotte de la Vire, le puits de l'Escalade, le puits des Corneilles, puis le puits de l'Aura qui devient l'entrée la plus haute du réseau à 1 624 mètres d'altitude. Finalement, le , la profondeur terminale de −780 mètres est atteinte ; la partie haute du réseau est déséquipée[24],[23]. Le gouffre est renommé puits Kriska[23]. Le réseau Ded, baptisé en hommage à André Méozzi[23], fait un temps partie, en 1976, des vingt cavités les plus profondes du monde[25].

Un télésiège trois places est installé en 1978. Construit par Poma avec un système d'attaches fixes, il s'agit d'un des premiers de la sorte en France. Il présente une longueur de 1 763 mètres pour un dénivelé de 502 mètres, avec une gare d'arrivée à proximité de l'extrémité méridionale des alpages, au-dessus du vallon de Canaple. Bien que rattaché au domaine du col de Porte, il est entièrement situé sur la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse. En raison du manque d'investissements et après plusieurs vandalismes, l'exploitation s'arrête au milieu des années 2000 ; contrairement au reste de la station du col de Porte, le télésiège n'est pas remis en fonctionnement à partir de 2009[26].

Petit monument en pierre, de forme cubique avec une niche dont l'ouverture est protégée par une grille, le tout surmonté d'une croix.
Vue de l'oratoire d'Orgeval, avec Chamechaude en arrière-plan dans les nuages.

En 1992, l'oratoire d'Orgeval est restauré et déplacé au bord de la route[18], à l'endroit où elle débouche de la forêt vers les alpages. Finalement, en 1993, l'exploitation de l'alpage du Charmant Som revient à des Savoyards[18]. La croix sommitale échappe à la vague de vandalismes que subissent plusieurs croix du massif de la Chartreuse au début de l'année 2000 et en [27],[28] ; elle bénéficie d'un remplacement en 2006[19].

Activités[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Bâtiment avec une façade en pierre surmonté d'un toit de taule avec des panneaux solaire et des alpages en arrière-plan.
Vue de la fromagerie et du bétail en arrière-plan.

L'auberge au sommet du Charmant Som est exploitée par les éleveurs bovins de juin à fin septembre[18],[29]. Le bétail pâture alternativement dans quatre parcs différents et n'a généralement pas besoin de la surveillance d'un berger[18],[29] ; il compte entre 60[29] et 80 vaches[30] de racine tarine pour une traite moyenne de 800 litres de lait[29]. Faute de source, l'eau est montée par camion-citerne par la route[18],[29]. Le lait est transformé directement en fromage[31]. Le sérac, un temps considéré comme un « fromage du pauvre »[32], fait un retour en vogue ; il peut être consommé en salade[31]. De la tomme baujue et de la faisselle de fromage blanc sont également fabriquées[29],[30]. Environ 70 % de la production sont consommés par les touristes, à qui le repas est servi à l'auberge, ou vendus directement sur place à la fromagerie[31].

Randonnée[modifier | modifier le code]

L'itinéraire classique en randonnée pédestre commence aux chalets du Charmant Som, à l'extrémité de la route départementale D57d accessible depuis le col de Porte. L'été, ils offrent une cinquantaine de lits ; en hiver, l'étable reste ouverte et il est possible de dormir sur la paille[33]. Le sentier remonte sans difficulté la crête méridionale au-dessus des alpages jusqu'à l'antécime sud. Deux cents mètres la sépare ensuite de la cime principale[CC 1]. Le sentier, fréquenté par 10 000 à 20 000 personnes chaque année, a été aménagé en 2007 afin d'enrayer l'érosion des sols. L'ancien sentier permet depuis les chalets d'accéder au sommet en passant à l'ouest sous l'antécime, puis en remontant par des pierriers dans une petite combe[1].

Trois itinéraires pédestres permettent de rejoindre la route à proximité de l'oratoire d'Orgeval, dans les alpages au sud : au départ du col de la Charmette en passant par le Fournel sur le versant occidental, par le GR du Tour de Chartreuse depuis le col de Porte en traversant le flanc nord-est de la Pinéa et le long de la balme de l'Air sur la crête méridionale[1], ou au départ du hameau des Cottaves sur le versant oriental[1],[CC 2].

Depuis le nord-est, l'ascension s'effectue par le Collet puis en traversant les dalles de la face orientale jusqu'au sentier principal menant à l'antécime puis au sommet. Le Collet est accessible soit au nord depuis le vallon de Valombré, soit au nord-est par un sentier non balisé le long de l'arête de Bérard, soit à l'est par le GR du Tour de Chartreuse au départ du hameau de la Martinière, qui peut également être rejoint depuis le hameau des Revols[1],[CC 3],[CC 4]. La cabane de Frettevieille, au-dessus de la Martinière, peut servir d'abri sommaire avec de la paille à disposition[34].

Autres activités sportives[modifier | modifier le code]

Portion de route remontant des alpages.
Vue de la route du Charmant Som au sortir de la forêt.

L'ascension, à vélo, jusqu'aux chalets, par la route départementale D57d depuis le col de Porte est longue de 5,6 kilomètres, dont près de 4,5 kilomètres en forêt. Elle propose une pente moyenne d'environ 6,1 % (7,5 % en excluant les premiers 1 500 mètres en faux-plat) avec un passage à 11 %[35].

La route du Charmant Som étant fermée en hiver, il est possible d'effectuer l'ascension complète en ski de randonnée depuis le col de Porte jusqu'aux chalets, puis jusqu'à la cime par les alpages enneigés[CC 1]. Ce tracé a servi de parcours de repli lors de l'épreuve de ski de fond de la Traversée de Chartreuse en 2011[36]. Malgré la fermeture du télésiège, l'ancienne piste rouge reste praticable en ski de randonnée entre son aval et son croisement avec la route sous Canaple[CC 5]. L'itinéraire des Cottaves est envisageable à la montée comme à la descente[CC 2], tout comme le couloir nord-ouest depuis le col de la Charmette[CC 6] ou le Collet depuis la Malamille[CC 7]. La balme de l'Air s'effectue en traversée depuis le mont Fromage, entre la Pinéa et l'oratoire d'Orgeval[CC 8]. Les dalles de la face orientale sont intéressantes à la descente mais sont l'itinéraire le plus technique (cotation 4.3) avec des pentes à 40 ou 45°[CC 9]. Différentes boucles sont praticables autour du sommet, en passant par l'Oursière, Pré Bâtard, la combe de l'If, l'arête de Chamechine, le couloir nord-ouest, le Promontoire ou encore le Collet[1],[CC 10],[CC 11],[CC 12],[CC 13].

Itinéraire dans une paroi calcaire.
Tracé de la voie d'escalade dans les dalles de la face est du Charmant Som.

La partie haute des dalles calcaires de la face est permet une initiation à l'escalade dans une voie cotée 3c. Elle est accessible depuis le sentier entre les chalets et le Collet et remonte sur une centaine de mètres de dénivelé en direction du sommet pour se terminer en randonnée[CC 14]. Il est possible de débuter depuis la partie basse des dalles, sous le sentier, en effectuant l'approche depuis le hameau des Revols. Les difficultés, légèrement supérieures à la partie haute (cotation 4b), présentent un dénivelé de 130 mètres dans une voie également plus variée et plus intéressante[CC 15]. La voie du Dièdre oublié, ouverte en 1996, est située dans le versant occidental et présente des passages cotés 6b pour une hauteur totale de 80 mètres[CC 16].

Le puits Kriska[N 1] est accessible aux spéléologues depuis le Collet, à 1 558 mètres d'altitude, environ 300 mètres au nord-est du sommet. Le réseau Ded s'enfonce ensuite dans le calcaire urgonien par une série de puits et de galeries étroites. Des colorants ont mis en évidence en 1991 que sa résurgence est située à la Porte de l'Enclos dans les gorges du Guiers Vif, à 780 mètres d'altitude, à l'extrémité de l'arête de Bérard. La partie explorée se termine donc quarante mètres plus haut, par un siphon à trois kilomètres de la source. Il s'agit malgré tout de la cavité la plus profonde de Chartreuse[24],[23],[37],[38].

Le sommet du Charmant Som est un départ en parapente. L'aire de décollage se trouve dans les dalles calcaires en face orientale et bénéficie de bonnes conditions aérologiques en matinée. L'atterrissage se fait au hameau des Revols ou au village de Saint-Hugues, sur la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse[39],[40].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le Charmant Som est situé au sein du parc naturel régional de Chartreuse, qui a été créé en 1995 et couvre depuis la révision de sa charte en 2008 767 km2[41]. Le sommet fait également l'objet d'un classement en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I, qui s'étend sur 1 140,8 hectares des deux crêtes septentrionales de la montagne jusqu'à la Pinéa en incluant les alpages[12]. Enfin, le versant septentrional de la montagne, jusqu'aux gorges du Guiers Mort au nord et au col de la Grande Vache à l'ouest[42], fait partie d'une zone Natura 2000 destinée à préserver la biodiversité sur 2 329 hectares sous l'appellation « Ubacs du Charmant Som et gorges du Guiers Mort ». Elle est reconnue site d'intérêt communautaire depuis 2013[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le gouffre Kriska a pour coordonnées 45° 19′ 33″ N, 5° 46′ 11″ E.

Références[modifier | modifier le code]

Site camptocamp.org

Autres sources

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Cartes IGN et carte de Cassini disponibles sur Géoportail.
  2. a, b, c et d Revue alpine, Volume 14, Section lyonnaise du Club alpin français, 1908, page 202.
  3. a et b Toponymie, Étymologie.
  4. Jean-Claude Bouvier, Noms de lieux du Dauphiné, Christine Bonneton, 2002 (ISBN 978-2862532998).
  5. a et b Henri Ferrand, Recherches sur quelques anciens noms de lieux: archéologie alpine, A. Genestre, 1908, page 11.
  6. a, b et c Les abrupts du Charmant Som, geol-alp.com.
  7. Les alpages du Charmant Som, geol-alp.com.
  8. Cartes détaillées du chaînon du Charmant Som, geol-alp.com.
  9. L'eau entre mémoire et devenir - Hydrographie et pluviométrie en Chartreuse - Un massif arrosé toute l’année, Amis des parcs naturels régionaux du Sud-Est.
  10. Hivers au Col de Porte, Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.
  11. (en) Weather, forecasts, history, risks in Sommet Charmant, Rhône-Alpes, France.
  12. a, b, c, d, e et f [PDF] Massif du Charmant Som ZNIEFF de type I no  régional : 38150010, Inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, 2e édition, 2007.
  13. a, b, c et d [PDF] FR8201741 - Ubacs du Charmant Som et gorges du Guiers Mort.
  14. Parc naturel régional de Chartreuse, Fédération des parcs naturels régionaux de Frace.
  15. La forêt de Chartreuse, une forêt très présente, parc naturel régional de Chartreuse.
  16. Le Charmant Som, Isère tourisme.
  17. a et b En forêt de la Grande Chartreuse - Les sites à découvrir, Office national des forêts.
  18. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Charles Gardelle, Alpages, terres de l'été : Tome 2, Dauphiné, La Fontaine de Siloé, 2002 (ISBN 978-2842061494), page 68.
  19. a et b Les croix de Chartreuse et petits monuments.
  20. Lorsqu'en l'an 1084..., site de la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse.
  21. Raoul Blanchard, Revue de geographie alpine, Volume 91, no 1 à 4, Imprimerie Allier frères, 2003, page 32.
  22. « La vie sportive : un nouveau chalet de montagne installé par le T.C.F. », L'Homme libre, 19 et 20 septembre 1937, page 4.
  23. a, b, c, d et e Baudouin Lismonde, Philippe Drouin, Chartreuse Souterraine, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, Grenoble, 1985 (ISBN 978-2902670192), pages 101-106.
  24. a et b [PDF] Scialet, bulletin du Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 1, 1972, pages 33-35.
  25. Les grandes cavités mondiales.
  26. TSF3 du Charmant Som et forum de discussion, remontees-mecaniques.net.
  27. Jean-Louis Ruchon, Qui en veut aux croix de la Chartreuse ?, site du Parisien, 29 juillet 2000.
  28. Nicolas GAMBY, photos de montagne, d'ici et d'ailleurs - Chamechaude.
  29. a, b, c, d, e et f Serge Chevallier, Harmonies pastorales: les bovins rustiques sauvegarde des terroirs, Éditions du Gerfaut, 2002 (ISBN 978-2914622103), page 137.
  30. a et b Gîte du Chant de l'Eau.
  31. a, b et c Charles Gardelle, op. cit., page 69.
  32. Cuisine française - sérac.
  33. Auberge et Chalets du Charmant Som 1686 m (cabane non gardée), refuges.info.
  34. Cabane de Frettevieille 1060 m (cabane non gardée), refuges.info.
  35. Chalet de Charmant Som depuis Grenoble : 1680 m.
  36. La 26e Traversée de Chartreuse, c'est le dimanche 15 janvier 2012 > toutes les infos.
  37. [PDF] Bruno Talour, Quelques classiques spéléologiques en Chartreuse, Spéléo-club de Chartreuse, juin 1995, pages 25-27.
  38. Maurice Gidon, Sentiers de Chartreuse : commentaires géologiques - Au Charmant Som, depuis Saint-Pierre-de-Chartreuse par le Collet.
  39. Club de vol libre de la Buissière - La Chartreuse.
  40. Charmant Som par la face Est depuis Saint Hugues (1867m), bivouak.net.
  41. Parc naturel régional de Chartreuse, Savoie / Isère, Rhône-Alpes, France - Présentation du Parc.
  42. Cartographie du site Natura 2000, Inventaire national du patrimoine naturel.
Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 15 septembre 2014 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.
La version du 15 septembre 2014 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.