Charlotte-Marie de Lorraine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Charlotte-Marie de Lorraine, Mademoiselle de Chevreuse, née à Richmond (Grande-Bretagne) en 1627 et morte à Paris le est une aristocrate française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlotte-Marie de Lorraine est la fille de Marie de Rohan et de Claude de Lorraine, respectivement duchesse et duc de Chevreuse. Elle a deux sœurs, Anne-Marie de Lorraine (1624-1652) son aînée, coadjutrice de l'abbaye de Remiremont[1] et sa cadette, Henriette de Lorraine (1631-1693), abbesse de Notre-Dame de Jouarre[2]. Elle est la demi-sœur utérine de Louis-Charles d'Albert de Luynes (1620-1690), 2e duc de Luynes, qui fut le premier traducteur en français de l'œuvre en latin de René Descartes[3].

Fin éclate la Cabale des Importants, menée par François de Vendôme, duc de Beaufort, avec la complicité de la duchesse de Chevreuse, visant à éliminer le cardinal Mazarin. Le complot échoue le et Beaufort est arrêté le lendemain. Faute de preuve contre Marie de Rohan, Anne d'Autriche attend cinq semaines avant de prier la duchesse de quitter la cour. Charlotte-Marie suit donc sa mère dans son exil dans son château de Couzières en Touraine, y recevant leurs amis suspects au yeux du cardinal. Anne d'Autriche ayant décidé de les éloigner davantage, Marie de Rohan et sa fille Charlotte-Anne s'enfuient à Saint-Malo afin de s'embarquer pour l'Angleterre, espérant être bien accueillies par le roi Charles Ier d'Angleterre. Mais ce dernier est en lutte contre la révolution des Têtes-Rondes, et elles restent donc bloquées pendant deux mois dans l'Île de Wight. L'intervention de l'ambassadeur d'Espagne leur permet alors de rallier les Pays-Bas espagnols d'où elles s'installent à Bruxelles.

Charlotte-Marie de Lorraine, dite alors Mademoiselle de Chevreuse, devient, pendant l'épisode de la Fronde (1648-1653), la maîtresse de Jean-François Paul de Gondi (1613-1679), futur cardinal de Retz, alors coadjuteur de son oncle, Jean-François de Gondi (1584-1654), archevêque de Paris de 1622 à 1654. Elle se tourne ensuite vers Louis II de La Trémoille, duc de Noirmoutier, puis vers Louis-François Le Fèvre de Caumartin[4].

Elle est promise ensuite à un prince du sang, Armand de Bourbon, prince de Conti, en gage de réconciliation pour effectuer l’union des Frondes. Le mariage ne se fait pas, notamment en raison de l’intervention du prince de Condé et/ou de celle de la duchesse de Longueville, respectivement frère aîné et sœur du prince de Conti.

Charlotte-Marie de Lorraine est ensuite, sans plus d’effet, promise en guise de réconciliation des frondeurs et de la cour à Paolo Mancini, neveu du cardinal Mazarin.

Peu avant sa mort, elle devint la maîtresse de l’abbé Basile Fouquet, frère de Nicolas Fouquet. Elle meurt à 25 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Religieuse à l'abbaye de Montmartre où elle fit profession en 1646, avant de devenir abbesse de l'abbaye du Pont-aux-Dames à Couilly.
  2. Également religieuse à l'abbaye de Montmartre, avant de rejoindre Anne-Marie à Pont-aux-Dames et de lui succéder en 1652, puis de prendre la direction de l'abbaye de Jouarre en 1655 et de se retirer à l'abbaye de Port-Royal de Paris ou elle meurt le .
  3. Berthault, L'Abbaye du Pont-aux-Dames…, Paris-Meaux, 1878.
  4. Guy Joli, t.I., p.139.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Sauval, Galanteries des rois de France, t.II, Paris, Moette, nouvelle édition, 1738, p. 79.
  • Jean-François Paul de Gondi, Mémoires du Cardinal de Retz, t.XLV, Foucault, 1825.
  • Françoise de Motteville, « Mémoires de Mme de Motteville, 1819-1829 », in: Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France depuis l’avènement de Henri IV jusqu’à la paix de Paris conclue en 1763, Paris, Foucault, 1819-1829. Sér. 2, t.36, p. 283 ; t.40, p. 315.
  • Georges Poisson, La duchesse de Chevreuse, Perrin, 1999.
  • Guy Joli, Mémoires de Guy Joly, conseiller au chastelet de Paris, vol.1, Fabry et Barillot, 1751.
  • François de La Rochefoucauld, Œuvres, t.II, nouvelle édition, par J. Gourdault, Hachette, 1874, p. 254.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]