Charlie et la Chocolaterie (film, 2005)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Charlie et la Chocolaterie
Description de l'image Catcf-logo.svg.

Titre original Charlie and the Chocolate Factory
Réalisation Tim Burton
Scénario John August d'après le roman de Roald Dahl[1]
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Village Roadshow Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[2]
Drapeau de l'Australie Australie[3]
Genre Comédie
Fantastique
Durée 115 minutes
Sortie 2005


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Charlie et la Chocolaterie (Charlie and the Chocolate Factory) est un film américain réalisé par Tim Burton, sorti en 2005. C'est une adaptation du roman de Roald Dahl[1], sorti en 1964.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Charlie Bucket est un petit garçon vivant avec ses parents et ses quatre grands-parents dans une frêle maison en bois, non loin d'une immense chocolaterie dirigée par Willy Wonka, auquel la famille voue une grande admiration. Wonka prit la décision il y a fort longtemps de fermer à jamais la chocolaterie à tout visiteur suite à de nombreux espionnages dans le but de lui voler ses recettes, ce qui l'amena également à licencier tous ses employés, dont Joe, le grand-père de Charlie. Un jour d'hiver, Wonka annonce qu'il organise un grand concours : il a placé dans cinq tablettes de chocolat, distribuées à travers le monde, cinq tickets d'or. Ceux qui les trouveront gagneront alors une visite guidée de la chocolaterie ainsi qu'un approvisionnement de chocolat à vie, et un des cinq gagnants se verra offrir un cadeau spécial à la fin de la visite.

Les ventes de Wonka montent en flèche et les quatre premiers tickets sont rapidement trouvés. Les gagnants sont alors Augustus Gloop, un garçon allemand très glouton ; Veruca Salt, la fille du patron d'une lucrative entreprise britannique, pourrie-gâtée par ses parents riches ; Violette Beauregard, une jeune mâcheuse de chewing-gum américaine sportive et arrogante, élevée par sa mère dans le culte de la performance absolue ; et Mike Teavee, un garçon américain surdoué, addict aux jeux vidéo et à la télévision et au mauvais caractère. Charlie essaye à deux reprises de trouver un ticket, mais les deux tablettes qu'il parvient à s'acheter n'en contiennent pas. Après avoir entendu une rumeur selon laquelle le dernier ticket aurait été trouvé en Russie, Charlie trouve un billet de 10 dollars dans la rue, et en profite pour s'acheter une tablette de chocolat Wonka. Au même moment, une femme dans la boutique lisant le journal annonce que le ticket russe était un faux, et Charlie découvre le véritable cinquième et dernier ticket dans sa tablette. On lui propose alors d'importantes sommes d'argent contre ce ticket, mais il décide de le garder et invite son grand-père Joe à l'accompagner lors de la visite.

Les cinq enfants et leurs familles sont accueillis dans la cour de la chocolaterie par Wonka, qui les emmène dans des différentes usines, plus loufoques les unes des autres. Les différents défauts de caractère des quatre enfants indisciplinés les amènent à leur perte :

  • Augustus Gloop tombe dans une rivière de chocolat d’où il boit, et se fait aspirer par un tuyau ;
  • Violette Beauregard mâche un chewing-gum équivalent à un repas complet, refusant d'écouter Wonka qui l'avertit que le produit n'est pas encore au point, et se fait transformer en une énorme myrtille ;
  • Veruca Salt, à qui Wonka refuse de vendre un écureuil trieur de noix, franchit les barrières de sécurité pour aller s'en chercher un elle-même, et se fait par conséquent trier par les écureuils comme une « mauvaise graine » et jeter aux détritus, avant que son père n'aille la chercher et se fasse également jeter aux détritus par un écureuil ;
  • Et enfin, Mike Teavee se fait miniaturiser par une caméra de télévision conçue pour diffuser des échantillons de barres de chocolat par voie télévisuelle, en déclarant que ce "téléporteur" pourrait révolutionner le monde.

Les Oompa-Loompas, les ouvriers de Wonka, chantent pour chacun des enfants punis une chanson moralisatrice à chacune de leur élimination.

Pendant la visite, des flashbacks révèlent le passé de Wonka : son père, un éminent dentiste, interdisait formellement à son fils de manger des sucreries et du chocolat en raison des effets néfastes que cela pouvait avoir sur ses dents. Après en avoir goûté un en cachette, Willy devint fou des sucreries et s'enfuit pour suivre ses rêves. Mais quand il revint un jour chez lui, son père et sa maison avaient disparu.

Après la visite, les quatre enfants punis ressortent de la chocolaterie avec pour chacun une particularité physique dérangeante : Augustus est recouvert de chocolat ; Violette, bien que très souple, est complètement bleue ; Veruca et son père sont recouverts de détritus ; et Mike Teavee est quant à lui géant et extrêmement maigre après s’être fait étiré par « la machine à guimauves » pour tenter de le sortir de sa taille miniaturisée. Wonka, Charlie et Joe les observent quitter la chocolaterie en l'air, dans un ascenseur en verre volant, qui les ramène ensuite chez les Bucket. Là, Wonka révèle aux Bucket le prix spécial remporté par Charlie: la chocolaterie elle-même. Le chocolatier explique avoir rendu compte qu'il fallait trouver un héritier après avoir retrouvé un cheveu gris sur son épaule en se faisant couper les cheveux quelques mois plus tôt. Il décida alors de trouver cinq enfants à inviter dans la chocolaterie avec l'intention de céder éventuellement son usine à celui qui s'avérerait être le « moins pourri ». Mais en apprenant qu'il devrait abandonner à jamais sa famille pour se faire autoriser à vivre et à travailler dans l'usine, Charlie finit par refuser l'offre de Wonka.

Un an plus tard, Charlie et sa famille vivent paisiblement. Cependant, Willy Wonka est trop déprimé pour faire des sucreries comme auparavant, ainsi ses produits se vendent moins bien et sa compagnie fait doucement faillite. Il rend donc visite à Charlie pour qu'il puisse lui donner des conseils. Le jeune garçon tente de lui expliquer ce qu’est selon lui le sens de la famille, mais Wonka semble réticent à cette idée. Il fait néanmoins allusion à son père en indiquant les raisons lui ayant fait prendre ses distances avec ce dernier. Il affirme également que même s’il décidait de tourner la page en allant le voir pour tenter de renouer les liens et comprendre les mots de Charlie, il refuse cependant d’y aller seul. Charlie propose alors d’accompagner Wonka chez son père afin que ce dernier se réconcilie avec lui, ce qu’il accepte ; Wonka réalise plus tard la valeur de la famille, tandis que son père apprend à aimer son fils pour qui il est, et non pas pour ses actions. Suite à cet événement, Willy Wonka propose une nouvelle offre à Charlie, et permet à la famille de ce dernier d'installer leur maison dans la chocolaterie afin qu’ils puissent tous y vivre sans jamais manquer de rien.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : Version française (VF) sur Voxofilm[5] et selon le carton de doublage français.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

L'idée d'adapter au cinéma le roman de Roald Dahl a germé dans l'esprit de Tim Burton dès la fin des années 1980. Cependant Roald Dahl, déçu par l'adaptation de Mel Stuart en 1971, s'y opposa. Le projet semblait alors envolé pour Burton, mais la mort de Dahl en 1990 lui permet de retenter sa chance auprès des héritiers du romancier. Il faudra pourtant attendre 1998 pour qu'un accord soit trouvé et 2003 pour que le réalisateur, aidé par ses deux derniers succès, La Planète des singes (2001) et Big Fish (2003), décide de se lancer dans cette adaptation.

Casting[modifier | modifier le code]

Jim Carrey[6],[7], Michael Keaton[6], Brad Pitt[6], Will Smith[6], Robin Williams[7], Adam Sandler[7] et Patrick Stewart[7] furent évoqués pour incarner Willy Wonka avant que le rôle ne revienne à Johnny Depp.

Un tournage gigantesque[modifier | modifier le code]

Les décors utilisés pour le film nécessitent l'ensemble des sept plates-formes des studios de Pinewood. Le grand fleuve en chocolat et sa cascade ont été remplis de 120 000 litres de chocolat. L'herbe se trouvant au même endroit a été fabriquée en sucre, permettant ainsi aux enfants de manger réellement l'herbe pendant le tournage.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Références cinématographiques[modifier | modifier le code]

Tim Burton ajoute des références à d'autres films notamment lors des ballets chantés et dansés par les Oompas Loompas. On reconnaît facilement Le Bal des sirènes lors de la disparition d'Augustus Gloop, Men in Black pour celle de Violet Beauregard et 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick pour celle de Mike Teavee, accompagnée par Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Il y a aussi des références au Magicien d'Oz de Victor Fleming, en particulier à la fin du film : la maison délabrée de Charlie au milieu de l'univers coloré de la chocolaterie renvoie à la maison également délabrée de Dorothy dans le pays également très coloré des Munchkins. Mais Burton fait aussi référence à sa propre œuvre, lorsque l'on voit Willy Wonka inaugurer, paire de ciseaux à la main, sa chocolaterie, évidente référence à Edward aux mains d'argent (Willy Wonka et Edward aux mains d'argent étant tous deux joués par Johnny Depp). Aussi, dans la salle des inventions juste avant que Violet ne devienne une grosse myrtille, il y a une référence au Cousin Machin, de La Famille Addams. Il y a également le thème musical de Psychose d'Alfred Hitchcock lors de la disparition de Mike Teavee.

De façon moins reconnaissable, Tim Burton affirme avoir fait une référence au film L'Homme au masque de cire d'André de Toth, sorti en 1953 et mettant en vedette Vincent Price, l'un des acteurs préféré de Burton : en effet, en voyant la scène où le musée de cire prend feu, Tim Burton aura été choqué lors de la fonte des sculptures en cire. Il essaye donc de reproduire cette scène lors du spectacle des marionnettes qui prend feu à l'entrée de la chocolaterie. Burton ajoute donc au film une touche très personnelle[8]. Autre clin d’œil non dénué d'ironie, le père dentiste de Willy est interprété par Christopher Lee, que le rôle de Dracula avait rendu célèbre.

Parodie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Différences entre le livre et le film[modifier | modifier le code]

Bien que le film soit dans l'ensemble fidèle au livre, on peut relever quelques différences :

  • Le personnage de Wilbur Wonka, dentiste antipathique et père de Willy (incarné par Christopher Lee) est une invention du film. Tous les flashbacks qui traitent de la dure enfance de Willy Wonka, et qui expliquent sa fascination pour le chocolat, et la réconciliation à la fin sont absents du roman. C'est la seule différence réellement importante entre le roman et le film.
  • Dans le livre, tous les parents des enfants (excepté Charlie) sont présents lors de la visite à la chocolaterie, alors que dans le film il n’y en a qu'un par enfant.
  • Le personnage de Willy est également différent du roman, étant petit et agité avec une barbiche dans le livre, et grand et sans barbe avec les cheveux mi-long dans le film et le teint très pâle.
  • La salle des bonbons carrés qui ont l'air d'être ronds est absente du film. Cependant, ceci est justifié car elle prend assez peu d'importance dans le roman, bien qu'elle contribue à renforcer l'étrangeté des inventions de Willy Wonka.
  • Le fait que Grand-papa Joe ait travaillé pour Willy Wonka dans le passé est aussi un ajout du film.
  • Dans le livre, Augustus sort de la chocolaterie complètement maigre, compressé par le tuyau, alors que dans le film, le physique d'Augustus n'a pas changé, mais il est rempli de chocolat, et il est sous-entendu qu'il est lui-même devenu du chocolat.
  • Dans le livre, Willy Wonka a une bonne soixantaine d'années et il adore les enfants. Dans le film, il est beaucoup plus jeune et ils le mettent mal à l'aise.
  • La mauvaise vue du père de Charlie (qui n'arrive pas à lire son journal car il n'a pas les moyens de se payer des lunettes) est un détail du livre totalement absent du film.
  • Charlie trouve un billet d'1 dollar par terre dans le livre, de 10 dollars dans le film.
  • Dans le film, seules les tablettes de chocolat Wonka contiennent les Tickets d'Or, alors que dans le livre, ils sont placés dans toutes sortes de confiseries Wonka (tablettes, barres...).
  • Mike Teavee est accro à la télé, et notamment aux westerns violents dans le livre (il est tout le temps déguisé en cow-boy avec des pistolets en plastique à bouchons). Dans le film, bien qu'il dise aussi tout le bien qu'il pense de la télé, il n'est déguisé en rien de particulier et, 2005 oblige, est accro aux jeux vidéos de massacre.
  • Willy Wonka porte un costume vert bouteille dans le livre, plutôt rouge sombre dans le film.

Adaptation[modifier | modifier le code]

Le film a fait l'objet d'une adaptation en jeu vidéo sous le titre Charlie et la Chocolaterie sur Windows, PlayStation 2, GameCube et Game Boy Advance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme directeur artistique superviseur.
  2. Coproducteur.
  3. Associé.
  4. Comme Felicity Dahl.
  5. Comme superviseur post-production.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « 1960s - Roald Dahl : Stories » [« Histoires écrites par Roald Dahl dans les années 1960 »], sur le site officiel de l'écrivain (consulté le 8 décembre 2015).
  2. « LUMIERE : Film #23720 : Charlie and the Chocolate Factory », sur lumiere.obs.coe.int (consulté le 30 septembre 2019).
  3. (en) « Charlie and the Chocolate Factory (2005) », sur BFI (consulté le 30 septembre 2019).
  4. a et b (en) « Charlie and the Chocolate Factory (2005) : Box office / business », sur IMDb.
  5. « Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm.
  6. a b c et d (en) Nick Romano, « The lost roles of Brad Pitt: 10 movies the 'inglourious basterd' almost starred in », sur ifc.com, (consulté le 24 juillet 2017).
  7. a b c et d (en) Katie Baillie, « Here's what the kids from Charlie and the Chocolate look like 10 years on », sur metro.co.uk, (consulté le 24 juillet 2017).
  8. Kent1, « Les références de Charlie et la Chocolaterie », sur tim-burton.net, (consulté le 14 septembre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]