Charles de L'Écluse

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Charles de L'Écluse

Jules Charles de L'Écluse (ou de L'Escluse), Carolus Clusius sous sa forme latine, né le à Arras (Pays-Bas espagnols à l'époque) et mort le à Leyde, est un médecin et un botaniste flamand de langue française, l'un des plus fameux du XVIe siècle. Il est le créateur de l'un des premiers jardins botaniques d'Europe à Leyde, et peut être considéré comme le premier mycologue au monde et le fondateur de l'horticulture. Il est également le premier à fournir des descriptions réellement scientifiques des végétaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entame ses études de droit à Gand puis à l'université de Louvain[1]. En 1548, il part pour Marbourg, avant d'aller à Wittenburg suivre l'enseignement de Melanchthon en 1549. Sur les conseils de celui-ci, il abandonne le droit pour l'étude de la médecine et de la botanique. En 1551, il étudie la botanique à Montpellier sous la direction du célèbre médecin Guillaume Rondelet (1507-1566), qui l'héberge chez lui durant trois ans, en qualité de secrétaire.

Nymphaea lutea major, illustration extraite de Rariorum Plantarum Historia (1601).

En 1557, il traduit en français l'herbier de Rembert Dodoens (1517-1585) : Histoire des plantes. En 1567, il traduit en latin le Colloque des Simples de Garcia da Horta[2]. Ses études achevées, Charles de L'Écluse occupe des fonctions variées. En 1573, l'empereur Maximilien II (1527-1576) le nomme médecin de cour et responsable du jardin impérial. Grâce à cette protection, il peut voyager dans toute l'Europe, rassemble de nombreuses observations et réunit de nombreux spécimens de végétaux, certains venus de contrées lointaines comme la tulipe (qu'il introduit aux Pays-Bas) et la pomme de terre À la mort de son protecteur, il doit quitter Vienne après y avoir passé quatorze années.

En 1576, de L'Écluse fait paraître une flore d'Espagne (Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia) suivi en 1583 de la description des plantes d'Autriche et des régions voisines (Rariorum aliquot stirpium, per Pannoniam, Austriam, & vicinas quasdam provincias observatarum historia).

En 1587, il fonde le jardin botanique (hortus botanicus), différent du jardin médicinal (hortus medicus), à l'université de Leyde. Il y cultive des plantes rares venant d'Europe du Sud, d'Espagne, du Portugal, de Hongrie. À cette même université, il obtient le poste de professeur de botanique (1593) qu'il occupera jusqu'à sa mort.

De L'Écluse publie un important traité de botanique et de mycologie, Rariorum plantarum historia : Fungorum in Pannoniis observatorum brevia historia (1601), illustré par plus de mille gravures et où il tente de regrouper les espèces par affinités. Ses observations sont remarquablement précises. Il est, sans doute, le premier botaniste à établir des diagnoses véritablement scientifiques. Il décrit, pour la première fois de nombreuses espèces comme le marronnier (qu'il introduit en Hollande), le jasmin et l'aralia. Il aurait été un des premiers à décrire la pomme de terre papas peruanum [1] plus d'un siècle avant Parmentier[3]. Cet ouvrage constitue en outre la première grande monographie mycologique et la première flore régionale de champignons. Clusius y donne la description de 105 espèces de champignons de Hongrie, dont 45 comestibles.

En 1605, il fait paraître Exoticorum libri decem où il souhaite décrire toutes les espèces exotiques, animales ou végétales, qu'il peut obtenir. Vivant à Leyde, il occupe une place de choix pour obtenir, des vaisseaux qui arrivent aux Pays-Bas, des spécimens. Son livre décrit de nombreuses espèces nouvelles : le casoar (du genre Casuarius), le manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus), le perroquet maillé (Deroptyus accipitrinus), le lori noira (Lorius garrulus), l'ibis rouge (Eudocimus ruber) et bien d'autres. Il décrit aussi le grand pingouin (Pinguinus impennis) dont il reçoit, en 1604, un spécimen avec d'autres espèces, d'Henrik Højer qui explore les îles Féroé.

On le considère comme un des premiers à avoir essayé d'établir une classification, encore hélas trop basée sur des considérations d'usage, un peu floues telles que comestible, nuisible pernicieux par exemple pour les champignons[1].

Éponymie[modifier | modifier le code]

Le botaniste Charles Plumier (1646-1704) lui a dédié le genre Clusia de la famille des Clusiaceae.

Lui ont également été dédiées les espèces suivantes :

Ses écrits[modifier | modifier le code]

  • 1561: Antidotarium sive de exacta componendorum miscendorumque medicamentorum ratione ll. III … nunc ex Ital. sermone Latini facti Antverpiae : Ex officina Plantiniana.
  • 1570: Galliae Narbonensis ora marittima Antverpiae : Abraham Ortelius.
  • 1571: Hispania nova descriptio Antwerpiae : Abraham Ortelius.
  • 1576: Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia Antverpiae : Christophorus Plantinus (Digitalisation).
  • 1582: Aliquot notae in Garciae Aromatum historiam Antwerpiae : Ex officina Plantiniana.
  • 1583: Rariorum aliquot stirpium, per Pannoniam, Austriam, et vicinas quasdam provincias observatarum historia, IV libris expressa Antverpiae : Ex officina Plantiniana (Digitalisation).
  • 1584: Stirpium nomenclator Pannonicus. Nemetvyawarini: Joannes Manlius (Digitalisation).
  • 1601: Rariorum plantarum historia / Fungorum in Pannoniis observatorum brevis historia... Antwerpiae : Ex officina Plantiniana apud Ioannem Moretum (Digitalisation)
  • 1605: Exoticorum libri decem: quibus animalium, plantarum, aromatum, aliorumque peregrin. fructuum historiae describuntur / item Pt. Bellonii Observationes, eodem C.C. interprete Leiden: Ex officina Plantiniana (Digitalisation).
  • 1611: Curae posteriores, seu plurimarum non antè cognitarum, aut descriptarum stirpium, peregrinorumque aliquot animalium novae descriptiones: quibus et omnia ipsius opera, aliáque ab eo versa augentur, aut illustrantur: accessit seorsim Everardi Vorstii. .. de eiusdem Caroli Clusii Vita & obitu oratio, aliorumque Epicedia Leiden/Antverpia : Ex officina Plantiniana (Digitalisation).
  • 1619: Summi Galliae Belgicae corographica descriptio posthuma, ed. Joachim Morsius. Leiden: Jac. Marcus (Digitalisation).
  • 1630: Appendix cultori plantarum exoticarum necessaria. Marburg: In Herbarium Horstianum.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c * Jean-Marie Pelt, « Charles de Lécluse, prince des descripteurs », dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
  2. Clusius, Carolus (Charles de l'Ecluse). Aromatum et simplicium aliquot medicamentorum apud Indos nascentium historia, Primum quidem Lusitanica lingua per Dialogos conscripta, D. Garcia ab Horto, Proregis Indiæ Medico, auctore. Nunc vero Latino sermone in Epitomen contracta, et iconibus ad vivum expressis, locupletioribusque, annotatiunculis illustrata a C. Clusio Atrebate. Antverpiae, ex officina Christophori Plantini. 1574. De l'Ecluse n'a pas traduit fidèlement, mais utilisé et réarrangé certaines parties du texte de Garcia
  3. Eberhard Teuscher, Eberhard Anton et Annelise Lobstein, Plantes aromatiques : Épices, aromates, condiments et huiles essentielles, Édition Tec & Doc,‎ 2005, 521 p. (ISBN 9782743007201), p. 60

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • (en) Florike Egmond, Paul Gerardus Hoftijzer et Robert Paul Willem Visser (dir.) (2007). Carolus Clusius : towards a cultural history of a Renaissance naturalist, Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen (Amsterdam) : vi + 349 p. + 12 pl. (ISBN 90-6984-506-7)
  • Jean-Marie Pelt, « Charles de Lécluse, prince des descripteurs », dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
Clus. est l’abréviation botanique officielle de Charles de L'Écluse.
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