Charles d'Hozier (1775-1846)

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Abraham Charles Augustin d'Hozier, né le à Paris et décédé le à Versailles (Yvelines), est un conspirateur royaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Denis Louis d'Hozier (1720-1788), président à la Chambre des comptes de Normandie, et d'Adélaïde Geneviève de La Croix, et le petit-fils de Louis Pierre d'Hozier.
Il a pour demi-frère ainé Ambroise Louis d'Hozier.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Charles d'Hozier a été page du roi. Il est hostile à la Révolution française.
Réfugié à Chartres, il est arrêté et incarcéré pendant la Terreur, comme son frère ainé. Il n'est libéré qu'après le 9 thermidor (27 juillet 1794).

Charles d'Hozier rejoint les insurgés de l'Ouest et combat dans les troupes royales de Vendée. Il ne veut pas accepter la paix et reprend les armes dès 1799. Il est sous les ordres de Joseph Picot de Limoëlan[1], dit Tape-à-Mort, dont il est le bras droit. Il commande une légion royaliste[2]. En 1800, il est colonel d'état-major[3].

La conspiration de la machine infernale (1800)[modifier | modifier le code]

C'est à Rennes que Charles d'Hozier adhère à la conspiration de Georges Cadoudal, Pichegru et Jean Victor Marie Moreau, visant à l'assassinat du Premier consul, le 24 décembre 1800. Limoëlan, Lahaye-Saint-Hilaire, Charles d'Hozier, de Sol, Roger et quelques autres, qui se trouvent à Rennes au mois de nivôse an IX (fin décembre 1800), sont désignés par le préfet du Morbihan comme servant d'intermédiaires entre Cadoudal et les conspirateurs de Paris[4]. Charles d'Hozier est le correspondant de Cadoudal à Rennes[5]. Il héberge ou fournit des logements à tous les comploteurs, et parfois du travail.

Le but des conspirateurs est de revenir à une monarchie[6]. Dès cette époque, Charles d'Hozier travaille pour le comte d'Artois.

Le , une machine infernale explose au passage du carrosse du Premier Consul, rue Saint-Niçaise, alors que Napoléon Bonaparte se rend à l’opéra. L’attentat fait 22 morts et une centaine de blessés. Miraculeusement rescapé, Napoléon en profite pour frapper le camp jacobin. Joseph Fouché accuse alors le camp royaliste et lance un mandat contre Charles d'Hozier. Il doit être arrêté le à la sortie d'un spectacle, mais une actrice, portant le nom de Richardi, qui est au courant de ce projet de la police, le fait échapper par les coulisses du théâtre.[réf. nécessaire]

Nouvel attentat en 1803[modifier | modifier le code]

Le Château d'If, où Charles d'Hozier est détenu pendant neuf ans

Charles d'Hozier se cache, mais reçoit l'ordre de revenir à Paris et de tenir un manège et un établissement de locations de voitures publiques. Il va à Londres et les généraux émigrés lui donnent l'ordre de tuer l'empereur. D'Hozier a tout préparé : logements, poudre, armes. Il se fixe à Paris et y fait venir plusieurs chouans, dont des anciens de l'attentat de la rue Saint-Niçaise. Il conduit lui-même le cabriolet qui mène Georges Cadoudal de Saint-Leu-la-Forêt à Paris. Charles d'Hozier est arrêté en avril 1804 et condamné à mort, comme son frère, mais ils sont graciés par Napoléon Ier. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Du château de Lourdes, il passe, en 1805, au château d'If.

Restauration[modifier | modifier le code]

Charles d'Hozier sort de prison le à la chute de Napoléon Ier. Il a 39 ans.
Le comte d'Artois, futur roi Charles X de France, le promeut colonel de cavalerie et en fait son écuyer cavalcadour.

Après 1830, il se retire à Versailles et n'exerce plus de commandement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Picot, dit le Chevalier de Limoëlan, est célèbre pour sa participation à l'affaire de la machine infernale, attentat dirigé contre Bonaparte le soir de Noël 1800.
  2. La Chouannerie sur les pas de Cadoudal, Jean Rieux, p. 318
  3. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les ..., Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Firmin Didot freres (Paris), p. 326
  4. Histoire de la révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, Armand Du Chatellier, p. 278
  5. Vendéens et Chouans contre Bonaparte, 1799-1814, Éric-Marie Guyot, p. 76
  6. Cours politique et diplomatique de Napoléon Bonaparte comme général en chef des armées ..., Lewis Goldsmith, p. 42

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]