Charles d'Ambleville

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Charles d’Ambleville est un musicien et compositeur jésuite, actif en France dans la première moitié du XVIIe siècle, né dans le diocèse d’Évreux le 6 juin 1588[1] et mort à Rouen le 6 juillet 1637[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

On sait très peu de choses sur lui. Il est admis au noviciat des Jésuites le 29 septembre 1610[3]. En 1620 il était procureur d'un couvent de Rouen (donc chargé du temporel de cette maison religieuse)[4]. Il y était probablement aussi maître de musique. Entre 1626 et 1629 au moins, il occupait les mêmes fonctions au collège des Jésuites d'Orléans (maintenant le lycée Pothier)[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Vers la fin de sa vie, il a publié trois recueils de musique sacrée, qui contiennent les pièces les plus utiles de la liturgie catholique. Sur l’analyse de ses œuvres, voir Launay 1993 p. 154-157.

  • Octonarium sacrum seu canticum B.[eatæ] Virginis per diversos ecclesiæ tonos decantatum… Paris : Pierre I Ballard, 1634. 2°, 44 f., musique. RISM A 900, Guillo 2003 no 1634-A.
Contient huit Magnificat du premier au huitième ton, de 3 à 6 voix, versets impairs seuls, en style fugué.
  • Harmonia sacra seu vesperæ in dies tum dominicos, tum festos totius anni, una cum Missa ac Litaniis Beatæ Virginis cum quatuor vocibus. Paris : Pierre I Ballard, 1636. 4 vol. 4°, musique. Guillo 2003 no 1636-A.
Contient 11 psaumes en faux-bourdon (en versets impairs), 4 Magnificat, 12 psaumes en musique figurée, 31 hymnes, 5 antiennes, un Domine salvum, la messe Psallite Domino et les Litanies de la Vierge.
Dédicace à Hubert de Champagne, marquis de Villaines et baron de La Vausselle. Avertissement au lecteur dans lequel Ambleville souligne que la musique qu’il propose peut être adaptée aux divers effectifs disponibles (plain-chant seul, solistes, chœur, orgue…). Contient aussi une brève instruction sur les huit tons.
La messe Psallite Domino est mise en partition par J.-C. Frisch et disponible sur IMSLP.
  • Harmonia sacra seu vesperæ in dies tum dominicos, tum festos totius anni, una cum Missa ac Litaniis Beatæ Virginis cum sex vocibus. Paris : Pierre I Ballard, 1636. 6 vol. 4°, musique. RISM A 901[6], Guillo 2003 no 1636-B.
Contient 11 psaumes en faux-bourdon (en versets pairs), 4 Magnificat, 9 psaumes en musique figurée, 16 hymnes, 5 antiennes, un Domine salvum, la messe O Beata Cæcilia, et les Litanies de la Vierge.
Les psaumes en faux-bourdons qui débutent chaque volume peuvent être chantés à 4 et 6 voix alternativement, en double chœur, ou bien sûr plus simplement en mode alternatim (un verset en plain-chant, un verset en musique).
Dédicace à Henri II de Guise, archevêque de Reims et pair de France, et avertissement au lecteur.

Par ailleurs, Gastoué[7] attribue à Ambleville l’ouvrage suivant, mais sans donner aucune autre explication :

  • Airs sur les hymnes sacrez, odes, et noels pour chanter au catéchisme […] Avec plusiseurs excellens faux-bourdons sur les huict tons. Paris : Pierre I Ballard, 1623. 1 volume 8°, 52 f., musique notée. RISM 16234 et A 899, Guillo 2003 no 1623-C. Réédition en 1655 (RISM 16552, Guillo 2003 no 1655-A).
Musique composée sur les textes du Jésuite Michel Coyssard.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire 1914, 1er vol. Sommervogel 1890 le faisait naître en Bourgogne en 1587.
  2. De Backer-Sommervogel 1869 vol. 1, p. 126, et Sommervogel 1890 tome I col. 273.
  3. Dictionnaire 1914 (Sommervogel donne la date du 21 septembre).
  4. Sommervogel 1890.
  5. AD Loiret : D 344 (années 1629-1643). Correspondance diverse. 1-37 : lettres d’affaires adressées à des Jésuites d’Orléans et notamment au père Charles d’Ambleville... (achats de livres : correspondance de Cramoisy, libraire à Paris, avec les Jésuites d'Orléans). Cf. Inventaires sommaires des archives..., T. V, p. 154. Documents détruits en 1940.
  6. Le RISM a confondu les deux éditions à 4 et 6 voix.
  7. Gastoué 1932 p. 264 ; attribution reprise par le RISM.

Références[modifier | modifier le code]

  • Augustin De Backer, Aloys De Backer et Carlos Sommervogel. Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus… ou notices bibliographiques de tous les ouvrages publiés par les membres de la Compagnie de Jésus… 1 : A-G. Liège et Paris : auteurs, 1869.
  • Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, Letouzey et Ané, 1914.
  • Amédée Gastoué. Le cantique populaire en France : ses sources, son histoire, augmentés d’une bibliographie générale des anciens cantiques et noëls. Lyon : Janin, 1932. 8°, iii-341 p.
  • Laurent Guillo. Pierre I Ballard et Robert III Ballard, imprimeurs du roy pour la musique (1599-1673). Sprimont et Versailles : 2003. 2 vol.
  • Denise Launay. La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804. Paris : Société française de musicologie, 1993.
  • Henri Rybeyrete, S. J. Scriptores provinciæ franciæ societatis Jesu ab anno 1640 ad annum 1670 Collecti ab Henrico Rybeyrete ejusdem societatis, 1670. Manuscrit 2°, [34]-310 p. Vanves : Archives Françaises de la Compagnie de Jésus.
  • RISM : Répertoire International des Sources Musicales.
  • Carlos Sommervogel. Bibliothèque de la Compagnie de Jésus... tome 1. Bruxelles : 1890.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Amiot. Messe des Jésuites de Pékin = Mass of the Jesuits in Beijing. Ensemble Meihua Fleur de Prunus et Chœur du Centre catholique chinois de Paris, dir. François Picard, Ensemble XVIII-21, dir. Jean-Christophe Frisch. 1 CD Auvidis-Astrée, 1998. Réédition Naïve, 2007.
Ce disque contient aussi la messe Psallite Domino d’Ambleville, présentée comme une pièce qui aurait pu être chantée dans la mission jésuite de Pékin à cette époque.