Charles Zidler

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Charles Zidler, photographie anonyme[1].

Charles-Joseph Zidler est un impresario et homme de spectacle français, né le à Saint-Cloud[2] et mort le dans le 9e arrondissement de Paris[3]. Il fut notamment le cofondateur du Moulin-Rouge avec Joseph Oller, et le maître d’œuvre de deux cavalcades du Carnaval de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans ses mémoires, Yvette Guilbert rapporte ces propos de Charles Zidler :

« Vois-tu, ma p’tite Yvette… j’suis comme toi… fils de mes œuvres… je me suis fait tout seul. À dix ans, je trempais dans c’tte ordure de ruisseau de boue et de tanin qu’est la Bièvre. J’étais dans l’eau puante, pour tanner les peaux de vaches que mon patron ne voulait pas faire ; j’ai appris à lire et à écrire, j’avais quatorze ans, et je ne suis pas très fort. […] Comme j’avais l’flair d’organiser l’plaisir, j’ai fait un jour la connaissance d’Oller, et une fois associés à Paris, nous avons créé les Montagnes russes (dans l’Olympia), le Grand Hippodrome […] puis le Moulin-Rouge, puis le Jardin de Paris »

— Yvette Guilbert, La Chanson de ma vie, Grasset, 1927.

Après avoir été garçon boucher comme son père et apprenti tanneur dans son adolescence, puis prospéré dans le commerce en ouvrant un magasin de chaussures[4], Charles Zidler devient un créatif entrepreneur de spectacles à succès. Avec son associé Joseph Oller, il fonde successivement le cirque sous verrière de l’Hippodrome au pont de l'Alma (1877), le café-concert du Jardin de Paris (1885), l’attraction des Montagnes russes (1888), le Moulin-Rouge (1889) et enfin la salle de l’Olympia (1893).

Ouvert boulevard de Clichy le , le Moulin-Rouge doit beaucoup à Charles Zidler qui y impose comme attraction vedette le « quadrille naturaliste » (connu, aujourd’hui, dans sa version édulcorée, comme le french cancan[5]), et engage de nombreux artistes : le célèbre couple que formèrent La Goulue et Valentin le Désossé, Yvette Guilbert, le Pétomane… La séparation de Zidler et Oller en 1892 annonce le déclin de l’établissement, mais ces trois années demeurent légendaires.

Zidler a aussi été « commissaire général », c’est-à-dire directeur, des deux célèbres Cavalcades du Bœuf Gras aux Carnavals de Paris de 1896 et 1897.

Il était l’oncle du poète patriotique Gustave Zidler (1862-1936).

Postérité[modifier | modifier le code]

La destinée de cette figure de la fête parisienne a inspiré la fiction. Charles Zidler a ainsi été incarné à l'écran par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-Maurice de Vaux, Écuyers et écuyères, histoire des cirques d'Europe (1680-1891), avec une étude sur l'équitation savante, par Maxime Gaussen… ; préface par Henri Meilhac ; introduction par Victor Franconi, Paris, 1893, p. 313 (en ligne).
  2. Archives départementales des Hauts-de-Seine, état-civil numérisé de la commune de Saint-Cloud, registre des naissances de l’année 1831, acte no 58, vues 33-34 de la numérisation. Le père est Pierre-Louis Zidler, marchand boucher âgé de 30 ans, la mère, Adèle Adam.
  3. Archives de Paris, état-civil numérisé du 9e arrondissement de Paris, registre des décès de l'année 1897, acte no 1203, vue 26 de la numérisation. Époux de Jeanne-Eugénie Raboisson, il meurt à son domicile situé au no 68 de la rue Saint-Lazare.
  4. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1921.
  5. L’ancêtre du french cancan, le cancan ou coincoin, danse de blanchisseuses introduite par Philippe Musard vers 1840 au bal de l’Opéra, célèbre bal du Carnaval de Paris, se dansait en couple et à l’époque les femmes portaient des culottes fendues.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]