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Charles W. Morris

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Charles W. Morris, né le à Denver au Colorado et mort le à Gainesville en Floride, est un sémioticien et philosophe américain.

Fils de Charles William et Laura (Campbell) Morris, Charles William Morris est né le à Denver, dans le Colorado.

Après une licence en ingénierie à l'université Northwestern, Morris obtient un doctorat en philosophie à l'université de Chicago sous la direction de George Herbert Mead, pragmaticien et fondateur de la psychologie sociale. Morris enseigne à l'université Rice de 1925 à 1931[1], puis à l'université de Chicago de 1931 à 1958, enfin à l'Université de Floride. Il est président de la Western Division de l’American Philosophical Association, et membre de l’Académie américaine des arts et des sciences.

Au cours des années 1930, Morris aide un certain nombre de philosophes allemands et autrichiens à immigrer aux États-Unis, en particulier Rudolf Carnap ; ils seront collègues de 1936 à 1952. Morris participe au mouvement appelé Unity of Science, et est rédacteur associé de l’International Encyclopedia of Unified Science. Il est proche du Cercle de Vienne et de son empirisme logique, et développe une forme originale du pragmatisme. Simultanément, il écrit de la poésie et appelle à de nouvelles formes de croyance religieuse.

Sémiotique

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L'approche de Morris par rapport à la sémiotique divise ce sujet en trois parties : la syntaxe, la sémantique et la pragmatique[2]. Il propose une triple division du signe sémiotique entre le « vecteur du signe » (sign vehicle), le « designé » (designatum) et l'« interpréteur » (interpreter) ; cette trichotomie apparaît pour la première fois dans son ouvrage intitulé Foundations of the Theory of Signs (« Fondements de la théorie du signe »).

« On peut étudier les relations des signes aux objets auxquels on les applique. Cette relation sera appelée la dimension sémantique de la semiosis... ; l'étude de cette dimension sera appelée Sémantique. Ou bien on peut étudier la relation des signes aux usagers (interpreters). Cette relation sera appelée la dimension pragmatique de la semiosis... et l'étude de cette dimension sera nommée Pragmatique (...). La Syntaxe, en tant qu'étude des relations syntaxiques des signes les uns avec les autres, abstraction faite des relations des signes aux objets ou aux usagers, est la plus développées de toutes les branches de la sémiotique[3]. »
— Charles W. Morris, Foundations of the Theory of Signs, 1938.

La théorie sémantique de la vérité de Tarski a été une source d'inspiration pour Morris[3]:77. De même, cette sémiotique ainsi structurée semble devoir beaucoup à Charles Sanders Peirce. Pourtant certains adeptes de Peirce ont accusé Morris d'avoir lu Peirce superficiellement, à travers les verres déformants du béhaviorisme morrisien[4]. Alors que Peirce envisageait une philosophie sémiotique basée sur des catégories universelles de la perception et sur l'hypothèse que « toute pensée est signe », Morris voulait développer une science des signes « sur une base biologique et particulièrement dans le cadre de la science du comportement ».

La sémiotique de Morris s'insérait dans le plan ambitieux d'unité des sciences de l'empirisme logique. Dans l'International Encyclopedia of Unified Science, C.W. Morris décrit l'aspect linguistique du plan : « Il est devenu clair pour beaucoup aujourd'hui que l'homme, y compris l'homme scientifique, doit se libérer du tissu de mots qu'il a tissé et que le langage, y compris le langage scientifique, a grandement besoin d'être purifié, simplifié et systématisé[5]. »

Sémiotique :

  • Foundations of the Theory of Signs (1938). Tr. fr. des 3 premiers paragraphes de l'article original : « Fondements de la théorie des signes », Langages, vol. 35 (), pp. 15–21, Didier-Larousse, Paris.
  • Signs, Language, and Behavior (1946)
  • Signification and Significance (1964)
  • Writings on the General Theory of Signs (1971)

Philosophie :

  • Mind, Self, and Society (1934), regroupement de conférences de George Herbert Mead
  • (en) Logical Positivism, Pragmatism And Scientific Empiricism, Paris, Hermann, (lire en ligne)
  • Paths of Life: Preface to a World Religion (1942)
  • The Open Self (1948)
  • Varieties of Human Value (1956)
  • The Pragmatic Movement in American Philosophy (1970)
  • Six Theories of Mind
  • Logical Positivism, Pragmatism, and Scientific Empiricism

Notes et références

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  1. (en) George A. Reisch, Dictionary of Modern American Philosophers Vol. 3, Bristol, Thoemmes Press, , “Morris, Charles William (1901-79)”
  2. (en) Roland Posner, Classics of Semiotics, New York, Springer US, , 272 p. (ISBN 978-1-4757-9702-2), “Charles Morris and the Behavioral Foundations of Semiotics” (page 23-57)
  3. a et b Claudine Normand et M.-F. Trollez, « Du pragmatisme à la pragmatique : Charles Morris », Langages, vol. 19, no 77,‎ , p. 75–83 (ISSN 0458-726X, DOI 10.3406/lgge.1985.1505, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) John Dewey, « Peirce's Theory of Linguistic Signs, Thought, and Meaning. », The Journal of Philosophy, Vol. 43, No. 4,‎ , p. 85-95
  5. (en) Jens Erik Fenstad, « Tarski, truth and natural languages », Annals of Pure and Applied Logic, vol. 126, nos 1-3,‎ , p. 15–26 (DOI 10.1016/j.apal.2003.10.017, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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