Charles Vincent Barbedette

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Charles Vincent Barbedette
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Extrait des listes de Boisselage, archives de la Vendée : «  Officiers supérieurs de la pacification de la Vendée... tout homme fidèle aux principes de la catholicité... citoyens tranquilles»

Charles-Vincent Barbedette, dit curé Grands-Bots, est un curé réfractaire français né en 1742. Il est connu pour avoir recensé les victimes du massacre des Lucs-sur-Boulogne lors de la guerre de Vendée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Presbytère du Petit Luc.

Charles-Vincent Barbedette est né dans le sud du département de la Manche (Saint Brice des Landelles, (1742), là où, à 20 km de notre dame de pontmain et de la grange Barbedette, la Normandie côtoie la Bretagne et les Pays de Loire. Charles-Vincent Barbedette curé réfractaire de la paroisse vendéenne du Grand Luc jusqu’en 1803, est l'auteur d'un Martyrologe des victimes du Massacre des Lucs-sur-Boulogne daté du 28 février 1794[1]. Il y recense les noms des victimes de la tuerie du 28 février 1794.

Le curé Barbedette tenait le Registre paroissial clandestin des Lucs-sur-Boulogne[2]. Il a également dressé deux listes de boisselage (1787, 1796)[3] qui sont une source importante pour l'histoire de son village : « Les listes de boisselage sont des documents rarement parvenus jusqu'à nous. Aussi avons-nous la chance d'en conserver deux dressées par l'abbé Barbedette, pour la paroisse des Lucs-sur-Boulogne, en 1787 et 1796. Ces deux listes sont particulièrement intéressantes du fait de leur date de rédaction : entre-temps, les 28 février et 1er mars 1794, les colonnes infernales du général Cordellier ont en effet perpétué un massacre aux Lucs-sur-Boulogne. ces deux listes de boisselage, confrontées à deux autres recensements établis indépendamment par l'administration, ont permis à l'historien Pierre Marambaud, de confirmer les faits et leur ampleur[4],[5]. »

Article détaillé : Massacre des Lucs-sur-Boulogne.

Martyrologe[modifier | modifier le code]

Entre 1867 et 1872, un manuscrit oublié est retrouvé dans les papiers du presbytère du Petit Luc : Le Curé Barbedette y a recensé les noms, âges, lieu de résidence et profession des personnes massacrées par les colonnes (la neuvième colonne infernale) du général Cordellier à la poursuite de Charette, le 28 février 1794. Parmi les victimes, 110 enfants de moins de sept ans[6]. Texte du Martyrologe :

«   Année 1794... suivent les noms, surnoms, âges et domiciles des personnes massacrées en la paroisse du Grand-Luc par des assassins, ennemis de l'autel et du trône en France, réunis en troupe le vendredi vingt-huit février 1794 pierre robin labr âgé d'environ 77 ans à loranderie jeanne perocheau âgée de 69 ans, fme dud robin … …. …. au nombre de 564 Lesquels noms cy dessus, des personnes masacrées en divers lieux de la paroisse du grand-luc m'ont été referés par les parents echappés au massacre pour etre inscrits sur le present registre autant qu'il a été possible de les recueillir dans un tems de persecution la plus atroce, les corps morts ayant été plus d'un mois sans etre inhumés dans les champs de chaque village du luc ce que j'atteste comme trop veritable après avoir eté temoin oculaire de ces horreurs et exposé plusieurs fois à en être aussi la victime ce 30 mars 1794 C Barbedette ptre Curé de st pierre du luc  »

Mémoire[modifier | modifier le code]

  • Sa vie est détaillée par onze vitraux de la chapelle du village Les Lucs-sur-Boulogne, jadis Notre-Dame des Lucs, en Vendée.
  • Elle a aussi inspiré un spectacle de nuit aux habitants de son village : Mémoire de Sang. Durant cinq ans, Bernard Métaireau a effectué d'importantes recherches historiques : « La création de la pièce fut ensuite un vrai travail d’équipe. J’ai d’abord écrit les textes puis je les ai donnés à l’écrivain Yves Viollier qui les a à son tour retravaillés. Séduit par le texte, Jean Piat accepta de prêter sa voix au spectacle : Mémoire de Sang avait trouvé son narrateur. »


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] État et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècle Par Yves Durand,Jean-Pierre Bardet
  2. Archives de la Vendée, Registre clandestin de Barbedette : tables alphabétique et chronologique N 1792-1803, M 1794-1803, D 1794-1803 (Mme Guillet, juin 1998).
  3. Droit ecclésiastique appelé le boisselage : Il s’agissait d’une taxe par feu payable en grains. Dans chaque village, le prêtre passait alors de foyer en foyer pour mesurer les grains à percevoir, et il notait à cette occasion les noms de leurs occupants. On peut considérer ces relevés comme des listes nominatives de la population d’alors, puisque ce sont bien les noms des habitants qui nous sont ainsi connus [2]
  4. Les Lucs. La Vendée, la Terreur et la mémoire, 1993, 226 p.
  5. Les deux listes de boisselage dressées par l'abbé Barbedette en 1787 et 1796 se consultent sur le site des Archives Départementales de la Vendée avec les Recensements de population numérisés : choisir " Lucs-sur-Boulogne (Les) " dans la liste alphabétique des communes  : Archives départementales de la Vendée
  6. Conservé avec les Actes de Catholicité du registre Barbedette.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archives départementales de la Vendée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne et le Martyrologe du Curé Barbedette, Mairie des Lucs-sur-Boulogne, ou site Lucus.
  • Le Curé Barbedette et le Pays du Luc à la Révolution, Perrocheau, Hubert, Hérault, 1993, 240 pp. Photos n&b en hors-texte. Illustrations et reproductions
  • Le massacre des Lucs-sur-Boulogne et le martyrologe du curé Barbedette, P.Marie-Auguste Huchet 1983
  • Charles-Vincent Barbedette, dit curé Grands-Bots, curé du Grand-Luc pendant la Révolution Souvenir de l'inauguration des onze nouvelles verrières de l'église des Lucs-sur-Boulogne, le 13 septembre 1942 P. Marie-Auguste
  • Les Lucs, la Vendée, la Terreur et la Mémoire - Pierre MARAMBAUD
  • Lire sur le net : État et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècles Yves Durand,Jean-Pierre Bardet Page 79. [3]