Charles de Tricornot de Rose

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Charles de Tricornot de Rose
Commandant de Rose.jpg
Biographie
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Distinctions

Charles de Tricornot de Rose, baron de Tricornot, marquis de Rose, surnommé Carlo de Rose (1876-1916), est considéré comme le père de l'avion de chasse en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Marie Charles de Tricornot de Rose est né le à Paris, fils d'Emmanuel de Tricornot de Rose (autorisé en 1875 à ajouter de Rose à son nom)[1], lieutenant-colonel de cavalerie, et de Jeanne Marie Jacobé de Naurois.

Reçu à l'école militaire de Saint-Cyr en 1895, il en sort dans la cavalerie en 1897, sous-lieutenant au 5e régiment de Dragons.

Il sert ensuite au 9e Dragons, en garnison à Lunéville. En mars 1906, catholique fervent, il fait valoir ses convictions pour ne pas participer aux inventaires (application de la loi de séparation des Églises et de l'État). Ce refus d’obéissance le conduit au tribunal militaire qui le condamne à trois ans de non-activité.

L'aviation[modifier | modifier le code]

Il découvre alors l'aviation, qu'il étudie en technicien et pour laquelle il se passionne.

Peu après son retour dans l'armée, il intègre en 1910 la première formation de pilotes de la toute nouvelle Aéronautique militaire, sous les ordres du général Roques, faisant ses premiers vols à l’école Blériot de Pau, au mois de novembre.

Titulaire du premier brevet d’aviateur militaire, en 1911[2], il acquiert très vite de l’expérience, bat des records (altitude à 3 899 m en 1911) et s’implique dans la modernisation des appareils comme dans la théorisation de leur emploi. Rose confirme l’intérêt de l'avion en matière d’observation et de reconnaissance, notamment au profit de l'artillerie, mais surtout, recommande rapidement de l'armer pour le combat. Il est promu capitaine en 1912, l'année où l’aéronautique reçoit le statut d’arme.

Le 27 mai 1911, l'aviateur réalise un raid aérien du champ d’aviation de Vincennes au champ de manœuvres de Lunéville, avec un monoplan Blériot, qu'il endommagera d'ailleurs à l'atterrissage.[3]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Nieuport XI aux couleurs du commandant de Rose

Lorsque débute la Grande Guerre, il est l'un des premiers à considérer le potentiel de l'avion pour la chasse et non uniquement pour l'observation et pour la défense. Chef d’escadron, Rose commande alors à Jonchery-sur-Vesle, à quelques kilomètres de Reims, l’aéronautique de la 5e armée[4], celle du général Franchet d'Espèrey, l’un des rares chefs qui croient à l’aviation. Rose imagine un nouvel usage pour ses avions : obtenir la suprématie aérienne au-dessus du champ de bataille afin d'aveugler l'ennemi en l'empêchant d'observer. Le Rose créé la première escadrille de chasse spécialisée, la fameuse escadrille M.S. 12, volant sur Morane-Saulnier, et raffine les techniques de chasse[5]. Ces pilotes vont désormais rechercher l'affrontement avec les avions ennemis pour les abattre, à la carabine. Un premier appareil allemand est abattu un mois plus tard par Jean Navarre (pilote) et Robert (observateur et tireur), le . La mitrailleuse remplace bientôt la carabine et les escadrilles de chasse se multiplient sous son impulsion. En quelques mois l'aviation de chasse acquiert ses lettres de noblesse et nul ne discute plus son utilité.

Bataille de Verdun[modifier | modifier le code]

Mais le nom du commandant de Rose est aussi associé à la bataille de Verdun, où il servit avec, sous ses ordres, les meilleurs pilotes de l'époque comme Jean Navarre[6]. Nungesser, Guynemer... Début 1916, les Allemands lancent leur offensive sur Verdun et leurs escadrilles ont la maîtrise du ciel au-dessus de la bataille. Les Français ne peuvent plus observer l'adversaire. Philippe Pétain, commandant de la place décide alors de faire appel à Rose, lui ordonnant de rassembler les meilleurs chasseurs et lançant le 28 février sa fameuse phrase : « Je suis aveugle, Rose balayez-moi le ciel ! ». Quinze jours plus tard la situation est rétablie grâce au courage et à l'abnégation des pilotes français et aux nouvelles méthodes insufflées par Rose : plus de vol en solitaire à la recherche de l'exploit individuel, mais des vols en groupe. Avec sa remarquable équipe, Rose parvient à éliminer l'aviation allemande du ciel de Verdun et instaure définitivement « l'esprit chasse ».

Quelques semaines plus tard, l'effort allemand brisé, les chasseurs quittent le secteur et Rose regagne le quartier général de la 5e armée.

Sa tombe.

Le [2]. en tournée d'inspection sur le terrain de Villemontoire près de Soissons, il décolle dans son Nieuport 13 mètres afin de faire une démonstration de vol au général Grosetti. Aviateur de la vieille école, Rose ayant atteint 50 mètres, s'apprête à virer sur l'aile, il coupe le moteur pour virer, les spectateurs présents s'attendent à entendre le moteur reprendre, mais celui-ci refuse de repartir. L'avion livré à lui-même s'écrase aussitôt, le commandant est tué sur le coup. Ainsi disparait dans le crash de son avion l'inspirateur de la chasse française dont les efforts des mois passés commençaient à porter leurs fruits.

Famille[modifier | modifier le code]

Il a été marié à Madeleine Tavernier (1886-1981) en 1906. De leur mariage sont nés :

  • Nicole de Tricornot de Rose, Religieuse (Dominicaine), née en 1907,
  • Antoine de Tricornot de Rose, baron de Tricornot, né en 1908,
  • François de Tricornot de Rose dit aussi François de Rose, ambassadeur de France (1910-2014),
  • Jacqueline de Tricornot de Rose, mariée à Georges Hellouin de Ménibus, née en 1914.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'honneur,
  • Officier de la Légion d'honneur[7],
  • Croix de guerre.
  • La ville de Jonchery lui a dédié un square.

Hommage[modifier | modifier le code]

Écusson de l'EGM 22/1 de Dugny. Un Nieuport 11 a été ajouté au centre en hommage au commandant de Rose.

En juillet 2015, les nouveaux locaux de l'Escadron de Gendarmerie Mobile 22/1, située à Dugny (93), prend l'appellation de Caserne de Rose. L'écusson de l'EGM 22/1 représente d'ailleurs un Nieuport XI, avion que pilotait le commandant de Rose au cours du premier conflit mondial.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Noël Grandhomme et Thérèse Krempp (préf. Roland Le Bourdonnec), Charles de Rose : le pionnier de l'aviation de chasse, Strasbourg, Nuée bleue, (ISBN 2-716-50600-0). Préface du général de division aérienne Roland Le Bourdonnec, chef du Service historique de l'Armée de l'air (Vincennes).
  • Jean-Pierre Dumond (préf. François de Rose), Le commandant de Rose, créateur de l'aviation de chasse : héros méconnu de la Grande guerre, 1876-1916, Paris, Société des écrivains, (ISBN 978-2-748-03061-7). Préface de François de Rose, ancien ambassadeur de France.
  • Thérèse Krempp, Le commandant de Rose. Un précurseur de l'aviation de chasse, p. 82-94, Revue historique des armées, 2006, no 245 ( Lire en ligne )
  • De Rose, je suis aveugle. Balayez-moi le ciel ! in Air Actualités no 532, juin 2000, p. 59-60.
  • Le cas de conscience du lieutenant De Rose (mars-avril 1906) in Georges Spillmann, Les cas de conscience de l'officier, Perrin, 1970, p. 144-149
  • René Chambe, Au temps des carabines, Flammarion, 1955.
  • René Chambe, Le commandant de Rose, créateur de l'aviation de chasse, Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1966.
  • René Chambe, Pétain avait dit : "Nettoyez-moi le ciel !" , Paris Soir Dimanche, c1936.

Article connexe[modifier | modifier le code]