Charles Racquet

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Charles Racquet (Raquet, ou Raquette), né à Paris en 1598, et mort dans la même ville le 1er janvier 1664, est un compositeur et organiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille d'organistes, il est instruit par son père Balthazar (vers 1575-1630)[1]. Toute sa carrière se déroule à Paris. Il est longtemps organiste titulaire de la cathédrale Notre-Dame du 3 février 1618[2] à 1643, date à laquelle son neveu Jean lui succède. Charles fut aussi organiste de la reine-mère Anne d'Autriche. Représentant de la tradition polyphonique, c'est un professeur réputé. Il a été en correspondance avec le Père Marin Mersenne[3] ; le luthiste Denis Gaultier, qui fut peut-être son élève, lui a dédié un tombeau[4].

Le fichier Laborde[5] mentionne de nombreux actes sur lui : marié avec Anne Dufay, il est parrain à deux reprises en 1623 et 1626, baptise deux fils (Jean en 1633, Louis en 1636) et sept filles (Marie en 1634, Anne en 1637, Madeleine en 1640, Anne-Thérèse en 1642, Charlotte Cécile en 1644, Agnès en 1647, Catherine en 1648) et enterre Louis en 1636. Il est lié à des musiciens et à des facteurs d'instruments ou d'orgues, et a habité les paroisses Saint-Landry et Sainte-Madeleine-en-la-Cité. En 1648 un procureur au Châtelet de Paris lui constitue une rente, rachetée en 1657 ; il habitait alors en l'hôtel des Ursins[6].

L’œuvre[modifier | modifier le code]

Les premières portées de la Fantaisie pour orgue de Charles Racquet (vers 1636).
  • Une Fantasie manuscrite de Charles Racquet est insérée dans l'exemplaire personnel de l'Harmonie Universelle du Père Mersenne conservé au Conservatoire National des Arts et Métiers, provenant de la bibliothèque des Minimes de la Place royale à Paris[7]. Écouter cette fantaisie jouée à l'orgue.
  • À la demande de Mersenne, il a également mis en musique les douze versets du psaume 146 Puisque le monarque des anges (dans la traduction française de Germain Habert de Cérisy), sous forme de duos composés dans les douze modes[8].
  • Dans le Ms. néerlandais 58 de la BNF[9], qui contient des transcriptions pour carillons d'œuvres du début du XVIIe siècle, cinq pièces sont attribuées à "Racquet" (sans qu'on puisse être certain qu'il s'agisse bien de Charles mais c'est le candidat de plus probable). Ce sont :
    • Prose Mittit ad virginem,
    • Ballet de Madame,
    • Deux Ballet reprenant les fameux Balletti de Giovanni Giacomo Gastoldi,
    • Courante.

Réception[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cochereau, organiste de Notre-Dame lui aussi, a laissé un Boléro sur un thème de Charles Racquet, improvisé et enregistré en 1973[10].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur sa carrière, voir d'abord Hardouin 1964, puis Raugel 1923, Raugel 1927 et Pirro 1909.
  2. Paris AN : LL 175, cité d'après Yvon-Briand 1949 p. 275.
  3. Outre les deux pièces signalées plus bas, Racquet fournit à Mersenne une Table des jeux de l'orgue qui figure dans l'Harmonie universelle, Livre sixiesme des Orgues, p. 317-318. Mersenne l'introduit ainsi : Mais parce que chaque jeu composé se varie en plusieurs manières, j'ay mis les plus usitez vis-à-vis de chaque jeu composé, suivant la manière dont use Monsieur raquette organiste de nostre Dame de Paris, qui est l'un des plus habiles de France.
  4. Tombeau de Racquette, copié sur Paris BNF (Mus.) : VM7-6211.
  5. Brossard p. 251.
  6. Paris ANF : MC II, 186, cité d'après Jurgens 1967 p. 708.
  7. Sans titre, écrite sur trois feuillets insérés après la p. 392 du Livre sixiesme de Orgues, et introduite avec une note manuscrite de Mersenne : La fueille escrite à la main qui suit devroit estre imprimée pour l'exemple de ce qui se peut faire sur l'orgue : le Sr raquet l'a composée pour mon livre à ce sujet. Découverte en 1929 par le musicologue André Tessier, elle a été incluse dans le fac-similé de ce volume édité par le CNRS (Paris : Ed. du CNRS, 1965, réimpr. 1975). Elle est transcrite par P. Brunold dans Paris BNF (Mus.) : Vma ms 879, et étudiée dans Tessier 1929.
  8. Il est imprimé dans l'Harmonie universelle de Mersenne (1636), p. 284-289 du Livre cinquième de la Composition. Fac-similé sur Gallica.
  9. Étudié et dépouillé dans Goy 1994.
  10. Symphonie en Improvisation ; Treize improvisations sur des versets de Vêpres ; Boléro improvisé sur un thème de Charles Racquet pour orgue et percussion. Pierre Cochereau, orgue. Michel Cals et Michel Gastaud, percussion. Enregistrée en décembre 1963 (Symphonie, Treize improvisations) et en mai 1973 (Boléro improvisé) à Notre-Dame de Paris. Sigean : Solstice, 2007. SOCD 237. 1 CD.

Références[modifier | modifier le code]

  • François-Pierre Goy. "Une source inattendue pour l'œuvre des Racquet : le manuscrit de Hendrick Claes. Paris, Bibliothèque nationale, Ms. Néerlandais 58", in Revue de Musicologie 80 (1994) p. 97-113.
  • Pierre Hardouin. "Notes biographiques sur des organistes parisiens du XVIIe siècle, les Racquet". In Recherches sur la Musique Française Classique 4 (1964) p. 41-48.
  • Anne-Marie Yvon-Briand, La vie musicale à Notre-Dame de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles. Thèse de l'École des Chartes, Paris, 1949, 2 vol.
  • André Tessier. "Une pièce d'orgue de Charles Raquet et le Mersenne de la Bibliothèque des Minimes". In Revue de Musicologie 32 (novembre 1929), p. 284-289.
  • Madeleine Jurgens. Documents du Minutier central concernant l’histoire de la musique (1600-1650). Tome premier [études I – X]. Paris : 1967.
  • Yolande de Brossard. Musiciens de Paris 1535-1792, d'après le fichier Laborde. Paris : Picard, 1965.
  • Félix Raugel. Les Organistes. Paris : Laurens, 1923.
  • Félix Raugel. Les Grandes orgues de Paris. Paris : Fischbacher, 1927.
  • André Pirro, préface aux œuvres de Nicolas Lebègue in Archives des maîtres de l'orgue vol. IX (1909).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]

  • IMSLP Fantaisie pour orgue.

Liens externes[modifier | modifier le code]