Charles-Nicolas Cochin

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Charles-Nicolas Cochin
Roslin Charles-Nicolas Cochin.jpg

Alexander Roslin, Portrait de Charles-Nicolas Cochin fils (1774), château de Versailles.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Шарль-Николя КошенVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Lieu de travail
Père
Mère
Jean-Baptiste Gustave Deloye, Charles-Nicolas Cochin, façade arrière de l'hôtel de ville de Paris.
Frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, dessiné par Charles-Nicolas Cochin
et gravé par Benoît-Louis Prévost (1772).

Charles-Nicolas Cochin, dit Charles-Nicolas Cochin fils — pour le distinguer de son père —, né le à Paris où il est mort le , est un graveur et dessinateur français. Écrivain, il fut aussi ordonnateur des beaux-arts sous la direction du marquis de Marigny, et secrétaire-historiographe de l'Académie royale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Nicolas Cochin est l’élève de ses parents, Charles-Nicolas Cochin et Louise-Magdeleine Horthemels, tous deux graveurs dans la rue Saint Jacques à Paris, ainsi que du peintre Jean II Restout. Il réalise sa première gravure en 1727.

Il accompagne le marquis de Vandières, futur Marigny, en Italie de 1749 à 1751, avec Jacques-Germain Soufflot et l'abbé Le Blanc. Ce voyage sera décisif pour sa carrière et pour l'évolution du goût en France après 1751.

Le , il est reçu par acclamation membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture sans avoir eu à produire un morceau de réception qu'il ne présentera que beaucoup plus tard, en 1763.

Il est nommé secrétaire historiographe de l'Académie en 1752. Il succède le 23 juin de la même année à Charles Antoine Coypel dans la fonction de garde des dessins du Cabinet du roi et à celle de censeur royal. Il obtient des lettres patentes de noblesse le puis devient plus tard chevalier de l’ordre de Saint-Michel.

Son cousin Belle, fils de sa tante maternelle Marie-Nicole et du peintre ordinaire du roi, Alexis Simon Belle, fut son exécuteur testamentaire.

Correspondance[modifier | modifier le code]

Cent trois lettres de Cochin ont été publiées par Christian Michel en 1986[1], elles sont pour la plupart adressées à Jean-Baptiste Descamps. Elles constituent un précieux témoignage sur la vie de ce personnage. On y apprend que le 12 juillet 1786, il est tombé dans la Seine, serrant dans sa main un carnet de dessin (comme Jules César ses Commentaires, précise-t-il). Il nous raconte que Joseph Vernet « d’une foiblesse [sic] inexprimable pour ses enfans », entretient un cheval pour son fils Carle Vernet et celui-ci, alors jeune, est tombé de cheval en allant voir une revue des gardes françaises. Il déplore qu’un élève lui a volé huit à neuf cents estampes des ports de France de Joseph Vernet. Mais il est bien obligé de recevoir de Descamps, à Rouen, de jolis mouchoirs.

On apprend qu’un peintre nommé Martin « est un homme actif qui n’a nulle envie de rester dans la misère » et qu’à l’occasion, celui-ci achète et revend des tableaux. Une de ses trouvailles fut un Rubens provenant du duc d’Orléans. Soupçonné de recel, Martin put prouver sa bonne foi et le lieutenant de police s’aperçoit qu’il provient d’un lot d’œuvres déclarées « croûtes » par le peintre Jean-Baptiste Marie Pierre et échouées dans un cabaret de Saint-Cloud.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Frontispice des Fables de La Fontaine (1755), d'après Oudry et où Cochin est dit avoir fait « d'après les originaux, tous les traits, dirigé et conduit tout l'ouvrage ».

Son œuvre comprend plus de 1 500 pièces, parmi lesquelles :

  • Lycurgue blessé dans une sédition ;
  • La Mort d’Hippolyte ;
  • David jouant de la harpe devant Saül ;
  • Figures de la Jérusalem délivrée ;
  • Vue perspective de la décoration élevée sur la terrasse du château de Versailles pour l'illumination et le feu d'artifice qui a été tiré à l'occasion de la naissance de duc de Bourgogne le 30 décembre 1751, gravé par Martin Marvie.
  • Frontispice et direction de la gravure pour les Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine, 4 tomes illustrés par Oudry, Paris, Saillant, Desaint et Durand, imprimé chez Jombert, 1755-1759.
  • Les Conquêtes de L'Empereur de la Chine (1766-1774), adaptation à la taille-douce, par une équipe sous sa direction, de peintures réalisées par le Chinois An Deyi (安德義, à la demande de l'empereur mandchou Qing Qianlong[2]) ;
  • La Bénignite, gravé par François Robert Ingouf ;
  • Le frontispice de l’Encyclopédie, gravé par Benoît-Louis Prévost [1772] ;

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Nicolas Cochin est cité en référence dans une scène du film de Claude Lelouch, La Bonne Année, sorti en France en 1973. Françoise Fabian explique à Lino Ventura : « Nicolas Cochin, l’ennemi de la rocaille, de la palmette, de la feuille d’acanthe… de tous les ornements décadents qui caractérisaient le style Louis XV. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Michel, « Lettres adressées par Charles-Nicolas Cochin fils à Jean-Baptiste Descamps, 1757-1790 », Correspondances d’artistes des XVIIIe et XIXe siècles, Archives de l’Art français publiées par la société de l’Histoire de l’Art français, nouvelle période, t. XXVIII, Jacques Laget, Nogent-le-Roi, 1986.
  2. Lire en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Ludwig Tavernier, Das Problem der Naturnachahmung in den kunstkritischen Schriften Charles Nicolas Cochins, Hildesheim, Zürich, New York, 1983.
  • Christian Michel, « Lettres adressées par Charles-Nicolas Cochin fils à Jean-Baptiste Descamps, 1757-1790 », in Correspondances d’artistes des XVIIIe et XIXe siècles, Archives de l’Art français publiées par la société de l’Histoire de l’Art français, nouvelle période, t. XXVIII, Jacques Laget, Nogent-le-Roi, 1986.
  • Christian Michel, Charles-Nicolas Cochin et le livre illustré au XVIIIe siècle, avec un catalogue des livres illustrés par Cochin, 1735-1790, Genève, 1987.
  • Christian Michel, Charles-Nicolas Cochin et l'art des Lumières, École française de Rome, 1993.
  • Roger Portalis et Henri Béraldi, Les Graveurs du dix-huitième siècle, vol. 1, D. Morgand et C. Fatout, (lire en ligne), p. 303.
  • François Basan, Dictionnaire des graveurs anciens et modernes depuis l'origine de la gravure, avec une notice des principales estampes qu'ils ont gravés, Paris, chez De Lormel, Saillant, Veuve Durand, Durand et Dessaint, 1767.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]