Charles Louis de Marbeuf

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Louis Charles René de Marbeuf
Image illustrative de l'article Charles Louis de Marbeuf

Naissance
Rennes
Décès (à 73 ans)
Bastia (Corse)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Lieutenant-général
Années de service 17281786
Distinctions Grand-croix de Saint-Louis

Louis Charles René, comte de Marbeuf, né le à Rennes et mort le à Bastia, est un lieutenant-général français, que le roi Louis XV a fait marquis de Cargèse lors de son gouvernement de la Corse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et famille[modifier | modifier le code]

C'est le fils de Robert Jean de Marbeuf (1668-1736), lieutenant-général des armées du roi (1734), et Marie Thérèse de Kergoët (+1762)[1].

Le 29 septembre 1783, il épouse, à Paris, Catherine Antoinette Salinguerra de Gayardon de Fenoyl. Veuve, son épouse fut créée baronne de l'Empire[2] avec dotation ().

Carrière[modifier | modifier le code]

Il entre en service à 16 ans, comme enseigne au régiment de Bourbonnais, et il passe lieutenant le 7 juillet 1729, puis capitaine le 23 avril 1732. Envoyé à Malte en 1838, il est fait major général de l'infanterie du roi le 1er mai 1747, et il obtient le rang de colonel le 15 février 1748.

Le 1er mars 1757, il est employé à l'armée de Westphalie, et il est nommé brigadier d'infanterie le 3 septembre 1759. Le 1er mai 1760, il sert en Bretagne, et le 1er mars 1762, il est attaché à l'armée d'Espagne en qualité de maréchal-général-des-logis. Il est promu maréchal de camp le 25 juillet 1762.

En 1764, il est envoyé en Corse, avec un corps de troupes dont la mission apparente est d'aider les Génois à garder la souveraineté de la Corse. Arrivé à Bastia, il donne l'assurance à Pascal Paoli, l'assurance que les français avaient pour seul mission de garder pendant quatre ans les cinq places maritimes de l'île, et nullement d'aider les Génois à reprendre l'offensive contre leurs anciens sujets. Cette singulière occupation fait place à des hostilités réelles, lorsque par le 17 juin 1768, Gênes convaincu de l'inutilité de ses efforts, abandonne à la France, pour 40 millions, la Corse. Sept jours après le drapeau blanc flotte sur Bastia, et le 12 juillet le général Marbeuf, dont les effectifs de son corps d'armée est passé de 4 000 à 12 000 hommes, envoi sommer Paoli de retirer les troupes corses qui gardaient les communications de Saint-Florent à Bastia, et tenait en échec ses deux ville.

Il participe à la pacification de la Corse, d’abord en assurant l’intérim à la tête de l’armée entre Chauvelin et le comte de Vaux de décembre 1768 à avril 1769, puis il commande un corps sous Vaux jusqu’à la bataille de Ponte-Novo. Il est fait lieutenant-général le 23 octobre 1768, et reste chargé du commandement de la nouvelle possession française après le départ du comte de Vaux.

Lors de son séjour en Corse, il se lie d'amitié avec la famille Bonaparte. Il est le protecteur de Napoléon Bonaparte qui lui doit sa place au collège militaire de Brienne. Le Mémorial de Sainte-Hélène cite cet épisode :

« À cette époque, deux généraux français se trouvaient en Corse, fort divisés entre eux ; leurs querelles y formaient deux partis : c'était M. de Marbeuf, doux et populaire; et M. de Narbonne Pellet, haut et violent. Ce dernier, d'une naissance et d'un crédit supérieurs, devait être naturellement dangereux pour son rival ; heureusement pour M. de Marbeuf, beaucoup plus aimé en Corse, la députation de cette province arriva à Versailles. Charles Bonaparte la conduisait ; il fut consulté, et la chaleur de ses témoignages fit donner raison à M. de Marbeuf. Le neveu de ce dernier, archevêque de Lyon et ministre de la feuille des bénéfices, cru devoir venir en faire des remerciements à Charles Bonaparte, et quand celui-ci conduisit son fils à l'école militaire de Brienne, l'archevêque lui donna une recommandation spéciale pour la famille de Brienne qui y demeurait la plus grande partie de l'année: de là l'intérêt et les rapports de bienveillance des Marbeuf et des Brienne envers les enfants Bonaparte. »

Une rumeur persistante, défendue notamment par les auteurs Hervé le Borgne et Edmond Outin, a fait du comte de Marbeuf, d'après une supposée liaison adultérine avec Letizia Bonaparte, le père de Napoléon Bonaparte qui, selon les défenseurs de cette thèse, est né, non à Ajaccio, mais à Sainte-Sève dans le Finistère[3]. Cette hypothèse est rejetée par les historiens, pour Jean Tulard « on est dans l'invraisemblance » car il n'est pas possible que le séjour de Letizia en Bretagne n'ait pas été documenté[4].

Le vieux M. de Marbeuf commandant dans l’île, demeurait à Ajaccio ; la famille Bonaparte y était une des premières ; Mme Bonaparte était la plus agréable, la plus belle de la ville ; rien de plus naturel que le commandant y fixât ses habitudes et lui prodiguât ses préférences.

C'est à tort que l'on attribue l'origine du nom de la rue Marbeuf - proche des Champs-Élysées et qui fut la scène d'un attentat le 22 avril 1982 - à une maison qu'aurait eu Louis Charles René à Paris[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Prosper Jean Levot, Biographie bretonne: recueil de notices sur tous les Bretons qui se sont fait un nom, tome 2, Rennes, Caudéran éditeur,‎ , p. 398.
  • Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène (mercredi 16 au lundi 22 août 1815)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Louis Charles René de Marbeuf », sur roglo.eu (consulté le 1er août 2011)
  2. « BB/29/974 pages 277-278. », Titre de baronne accordé à Catherine, Salinguerra, Antoinette de Gayardon de Fenoyl, veuve du sieur Louis, Charles, René de Marbeuf, par décret du . Saint-Cloud ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (consulté le 4 juin 2011)
    Armoiries 
    Écartelé au premier et quatrième d'azur à deux épées renversées en sautoir, d'argent ; au deuxième et troisième contre écartelées de gueules et d'or ; sur le tout d'argent à l'épée renversée en pal d'azur qui est le signe distinctif des baronnes veuves de militaires, avec les ornements extérieurs pour nous déterminés, consistant en palmes d'argent nouées en bas de l'écu par un ruban de gueules.
  3. Hervé Le Borgne, Napoléon breton ?, Keltia Graphic, Spézet, 2008 [ISBN 978-2-35313-035-1]
  4. Notice « Marbeuf » dans : Jean Tulard, Dictionnaire amoureux de Napoléon 2012
  5. La rue Marbeuf à Paris doit son nom à Henriette-Françoise Michel, fille de l'armateur nantais Gabriel Michel, veuve de Jacques Ange, marquis de Marbeuf, neveu du gouverneur de la Corse. Elle possédait des jardins sur les Champs-Élysées (jardins Marbeuf) et des terres à Champs-sur-Marne. Elle a été condamnée à mort et exécutée le 5 février 1794, « comme convaincue d'avoir désiré l'arrivée des Prussiens », selon le tribunal révolutionnaire (cf. Biographies Bretonnes de Prosper Jean Levot (1857)).