Charles Ier (empereur d'Autriche)

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Charles Ier
Charles Ier en 1917.
Charles Ier en 1917.
Titre
Empereur d'Autriche
22 novembre 191612 novembre 1918
(1 an, 11 mois et 21 jours)
Prédécesseur François-Joseph Ier
Successeur République d'Autriche
Karl Seitz (indirectement)
Roi de Hongrie
Charles IV
22 novembre 191612 novembre 1918
(1 an, 11 mois et 21 jours)
Couronnement 30 décembre 1916 à Budapest
Prédécesseur François-Joseph Ier
Successeur République hongroise
Mihály Károlyi (indirectement)
Roi de Bohême
Charles III
22 novembre 191612 novembre 1918
(1 an, 11 mois et 21 jours)
Prédécesseur François-Joseph Ier
Successeur République tchécoslovaque
Tomáš Masaryk (indirectement)
Archiduc d'Autriche
28 juin 191422 novembre 1916
(2 ans, 4 mois et 25 jours)
Prédécesseur François-Ferdinand d'Autriche
Successeur Otto de Habsbourg-Lorraine
Biographie
Dynastie Habsbourg-Lorraine
Nom de naissance Karl Franz Josef von Habsburg-Lothringen
Date de naissance 17 août 1887
Lieu de naissance Persenbeug (Autriche-Hongrie)
Date de décès 1er avril 1922 (à 34 ans)
Lieu de décès Funchal, Madère (Portugal)
Père Otto de Habsbourg-Lorraine
Mère Marie-Josèphe de Saxe
Conjoint Zita de Bourbon-Parme
Enfant(s) Otto (1912-2011)
Adélaïde (1914-1971)
Robert (1915-1996)
Félix (1916-2011)
Charles-Louis (1918-2007)
Rodolphe (1919-2010)
Charlotte (1921-1989)
Élisabeth (1922-1993)
Héritier Otto de Habsbourg-Lorraine
Religion Catholicisme

Charles Ier (empereur d'Autriche)
Monarques d'Autriche
Monarques de Hongrie
Monarques de Bohême

Charles François Joseph de Habsbourg-Lorraine (Karl Franz Josef von Habsburg-Lothringen) (Persenbeug, 17 août 1887Funchal (Madère), 1er avril 1922) a été, sous le nom de Charles Ier, le dernier empereur d'Autriche, le dernier roi apostolique de Hongrie sous le nom de Charles IV (IV. Károly) et le dernier roi de Bohême, sous le nom de Charles III, du 22 novembre 1916 au 12 novembre 1918.

Il est le fils aîné de l'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine et de Marie-Josèphe de Saxe.

L'Église catholique l'a déclaré bienheureux en 2004 : il est fêté le 21 octobre[1]. Le procès de béatification de son épouse Zita est en cours.

L'héritier du trône des Habsbourg[modifier | modifier le code]

L'archiduc avec ses parents et son frère cadet (vers 1897)

Petit-neveu de l'empereur François-Joseph, il est à sa naissance cinquième dans l'ordre de succession au trône et a donc peu de chances de ceindre un jour la couronne.

Les morts successives de l'archiduc héritier Rodolphe en janvier 1889 sans descendance mâle puis de son grand-père l'archiduc Charles-Louis, frère cadet de l'empereur, en 1896 le rapprochent du trône mais surtout, en 1900, le mariage morganatique de son oncle, l'archiduc héritier François-Ferdinand (dont les enfants sont déclarés non dynastes), puis la mort prématurée de son père l'archiduc Othon en 1906 fait de lui, à l'âge de 19 ans, l'héritier à terme de la double-monarchie.

Il devient selon la tradition familiale officier dans l'armée austro-hongroise.

L'archiduc Charles et l'archiduchesse Zita, le jour de leur mariage (21 octobre 1911)

Le 21 octobre 1911, il épouse la princesse Zita de Bourbon-Parme (1892-1989) fille de Robert Ier, duc de Parme, dont le procès de béatification a été ouvert le 10 décembre 2009.

Il bénéficie de l'affection sincère du vieil empereur François-Joseph accablé par les deuils. Il est également très proche de sa mère et de la troisième épouse de son grand-père l'archiduchesse Marie-Thérèse de Bragance.

Il entretient de bonnes relations tant avec son grand-oncle (l'Empereur) qu'avec son oncle (l'archiduc héritier), entre lesquels les relations sont souvent tendues. Il devient l'héritier du trône le 28 juin 1914 après l'assassinat de son oncle l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Il prend la succession de son grand-oncle à la mort de celui-ci le 22 novembre 1916.

Empereur et roi[modifier | modifier le code]

Couronnement dans l'église Matthias.
L'impératrice Zita

Son couronnement comme roi de Hongrie a lieu à Budapest dès le 30 décembre 1916. Il n'a jamais été couronné empereur d'Autriche, ni roi de Bohème.

Dès son avènement le 1er décembre 1916, Il reçoit la visite du président du conseil hongrois, Istvan Tisza, qui se montre partisan d'un couronnement rapide du nouveau roi en Hongrie, celui-ci devant prêter serment à la constitution de 1867, liant ainsi la politique future de Charles, partisan d'une réorganisation de la monarchie, aux intérêts du royaume de Hongrie[2].

Une volonté de réforme de la double monarchie[modifier | modifier le code]

Conscient de la sclérose de la double monarchie dans les dernières années du règne de François-Joseph, Charles, à peine intronisé, tente de rendre plus efficace le gouvernement de la double monarchie, mais, dans un premier temps, confirme le ministère tant en Autriche qu'en Hongrie[3]. Pour mener à bien son programme, il s'entoure de personnalités proches de son oncle, François-Ferdinand[4].

D'un point de vue symbolique, il restreint le train de vie de la cour, se dote de moyens modernes de gouvernement : utilisateur du téléphone et du télégraphe, il parcourt son empire en train afin de tisser des liens avec l'armée (qui a prêté son serment d'allégeance le 23 novembre[5]) et les populations de son empire[4]. Sous l'influence de l'impératrice, il engage des réformes sociales ce qui lui vaut la haine - et les calomnies - des nantis; en juin 1917, à l'occasion d'un changement de ministère en Autriche, il crée un ministère des affaires sociales et fait adopter une législation limitant le travail des femmes et des enfants[6].

D'un point de vue politique, l'une de ses premières mesures doit aboutir à l'élargissement du droit de suffrage en Hongrie, s'opposant ainsi frontalement au président du conseil du royaume de Hongrie, Istvan Tisza, dont il obtient la démission le 23 mai 1917, mais qui mène dans les mois qui suivent une lutte sourde contre la politique menée par les présidents du conseil qui se succèdent en Hongrie[7]. À la fin du mois de décembre 1917, une réforme du droit de suffrage est proposée, faisant passer le corps électoral à 3,8 millions de votants, soit plus du doublement du nombre d'électeurs, mais renforcent la prépondérance germano-hongroise; elle est cependant repoussée par les proches de Tisza, qui contrôlent la majorité des sièges du Reichstag de Budapest[8].

Souhaitant rompre avec l'immobilisme de la fin du règne de son prédécesseur en Autriche, il convoque le Reichsrat et la chambre des seigneurs en Autriche pour le 30 mai 1917, mais devant les querelles politiques et nationales en Autriche, il doit mettre en place un ministère composé de hauts fonctionnaires, nommé le 23 juin 1917[6]

Sortir du conflit, une priorité[modifier | modifier le code]

Mais son principal objectif est de trouver les voies de la paix avec les Alliés et notamment la France. Il entame alors une négociation secrète, par l'intermédiaire de ses beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, avec le gouvernement français, sous les auspices de Jules Cambon, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, d'Aristide Briand, président du Conseil et du président de la République Raymond Poincaré.

Le 24 janvier 1917, les deux princes sont à Paris où ils ne rencontrent que Jules Cambon, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. À l'issue de cette entrevue, les deux frères rédigent ce qu'ils estimaient avoir ressenti comme étant le seuil en deçà duquel le gouvernement français n'entamerait aucune négociation.

Durant la guerre, l'empereur va tout faire pour épargner des vies et quelques-uns de ses officiers seront en désaccord avec cette politique. Ainsi, Charles ordonne de ne pas affecter aux postes dangereux les personnes dont la famille compte déjà deux morts ou les hommes qui sont pères de familles de plus de six enfants. L'Empereur fera tout son possible pour éviter les opérations coûteuses en vie et non nécessaires. Il interdira également de bombarder des villes non stratégiques[9].

Le prince Sixte

Sur la base de cette note rédigée par les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, l'Empereur Charles fait une proposition, par une apostille manuscrite, ajoutée à une note officielle franchement négative du gouvernement austro-hongrois. Selon cette apostille manuscrite, l'empereur Charles, émet les propositions suivantes :

  1. il s'appliquera à faire admettre par son allié, l'Empire allemand, que les droits légitimes de la France sur l'Alsace-Lorraine soient rétablis dans leur totalité ;
  2. il s'appliquera auprès de son allié, l'Empire Allemand, à ce que la Belgique soit rétablie dans sa souveraineté intégrale, y compris dans ses colonies ;
  3. la monarchie austro-hongroise doit être maintenue dans le respect du statu quo de ses frontières ;
  4. la discussion avec la Russie sur le problème de Constantinople n'est pas d'actualité, en raison de la révolution qui vient d'éclater à Petrograd.

On ne peut dire que ces propositions répondent aux attentes du gouvernement français car elles ne correspondent en fait qu'à une « vue » du prince Sixte de Bourbon-Parme. Ces propositions sont en particulier nettement en retrait par rapport à la note formulée quelques jours auparavant par le gouvernement français (10 janvier 1917) à l'intention du Président des États-Unis Wilson.

Les négociations commencées sous les auspices d'Aristide Briand, continuent avec Alexandre Ribot, nouveau président du Conseil, à la suite du renversement du Cabinet Briand.

Ribot ne croit pas à la sincérité des propositions de l'Empereur et pense que des engagements qui ne prennent que la forme d'apostilles manuscrites ne peuvent être pris au sérieux. En outre, désireux de respecter les propositions françaises de paix telles qu'elles avaient été formulées le 10 janvier 1917 - en particulier les engagements des Alliés envers l'Italie, que le point trois de la contre-proposition ne pouvait pas satisfaire - il fait en définitive répondre qu'il est hostile à la poursuite des entretiens hors d'une concertation préalable avec l'Italie.

Les dirigeants britanniques, sollicités également par les princes de Bourbon-Parme, répondent qu'ils comprennent l'attitude française ainsi que l'intransigeance italienne.

Le comte Czernin contribue à faire échouer la négociation

Cette négociation se termine par un scandale énorme au printemps 1918, suite aux rodomontades du comte Ottokar Czernin, ministre des affaires étrangères de l'Autriche-Hongrie, devant le conseil municipal de Vienne : le comte Czernin affirme devant cette assemblée que le président du conseil français Georges Clemenceau, s'est résigné à faire à l'Autriche-Hongrie des offres de négociations suite aux succès des offensives allemandes.

Face à cette déclaration, le sang du « Tigre » ne fait qu'un tour : « Le Comte Czernin a menti », tonne-t-il, et, à l'appui de cette colère, il fait publier copie de la lettre autographe secrète du 24 mars 1917 où l'Empereur annonçait que « si l'Allemagne refusait d'entrer dans la voie de la raison, il se verrait contraint d'abandonner son alliance pour faire une paix séparée avec l'Entente »[10].

Cette déclaration met l'Empereur Charles dans une position intenable face à son allié allemand qui l'accuse de trahison, alors que Charles avait pris la précaution d'informer l'empereur Guillaume II qu'il avait engagé des pourparlers de paix, sans toutefois en révéler le contenu exact. L'état-major allemand met en place un plan d'invasion de l'Autriche et d'internement de son souverain. Il ne peut toutefois le mettre à exécution.

Ayant à faire face au problème des nationalités et en réponse aux propositions du président américain Wilson, notamment au quatorzième point sur le « Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes », Charles propose, en octobre 1918, la fédéralisation de l'Empire.

La résistance du gouvernement hongrois, présidé par le comte Istvan Tisza, à toute modification constitutionnelle du compromis imposée par la fédéralisation ne permet pas de réaliser ce programme en temps utile. Dans la proclamation « À mes peuples » en octobre 1918, Charles l'impose, la Hongrie proclame ipso facto la fin de l'Autriche-Hongrie, en faisant sécession.

Derniers jours de l'Empire d'Autriche et du Royaume de Hongrie[modifier | modifier le code]

Le régent Horthy
L'église Nossa Senhora do Monte où repose Charles Ier

Charles signe sa renonciation au trône (plus précisément sa renonciation à la participation au gouvernement autrichien) dans le salon chinois bleu du château de Schönbrunn, à midi le 11 novembre 1918, le même jour que l'armistice et fin de la Première Guerre mondiale, scellant ainsi la fin des plus de 600 ans de règne des Habsbourg sur l'Autriche[11].

Le 12 novembre 1918, la République est proclamée en Autriche après que Charles a accepté de soumettre au vote du Parlement autrichien la forme de l'État, sous la pression (et l’assurance) des Chrétiens-sociaux qu'ils voteraient en faveur de la Monarchie[12]. Ils votèrent contre, de sorte que c'est bien une majorité des représentants du peuple autrichien qui, ce jour-là, permit l'instauration de la République.

Les royaumes et principautés slaves ont proclamé dès la fin octobre leur indépendance.

L'Empereur Charles refuse d'abdiquer, renonçant au pouvoir mais pas à son titre. Il se contente de signer un retrait momentané des affaires publiques le 12 novembre 1918, trois jours après l'empereur Allemand Guillaume II qui a trouvé refuge aux Pays-Bas.

Retraite et exil[modifier | modifier le code]

Retiré tout d'abord, dès le 12 novembre 1918, au château d'Eckartsau, en Basse-Autriche, l'empereur Charles, suite aux pressions effectuées par le nouveau chancelier, Karl Renner, qui veut obtenir son abdication en due forme, est contraint de quitter son pays et de demander asile à la Suisse où demeure la mère de l'impératrice, la duchesse douairière de Parme Antonia de Bragance. Il quitte ainsi l'Autriche en train avec sa famille le 23 mars 1919 sous la protection d'officiers britanniques[13].

Le long exil de la famille impériale commence par la Suisse tandis que les républiques qui ont succédé à la double-monarchie confisquent les biens de l'ex-famille impériale.

La Hongrie connait une révolution communiste dirigée par Béla Kun (21 mars-1er août 1919).

Le 3 avril 1919, les députés autrichiens votent la loi sur les Habsbourg (en), loi d'exil qui bannit la famille Habsbourg d'Autriche et confisque leurs biens[14].

Pendant ce temps, le démembrement de l'Autriche-Hongrie est officialisé par le Traité de Saint-Germain le 10 septembre 1919 et le Traité de Trianon le 4 juin 1920.

Sur la demande du pape Benoît XV qui redoute l'expansion du bolchevisme soviétique, l'ex-empereur et roi tente de remonter sur le trône de Hongrie en mars et en octobre 1921.

Le Régent Horthy, ancien officier de marine et proche du défunt empereur François-Joseph, refuse de lui remettre le pouvoir, prétextant que le retour d'un Habsbourg-Lorraine sur un trône ne serait jamais accepté par les Alliés et la Petite Entente qui avait menacé d'envahir la Hongrie.

Ne désirant pas être à l'origine d'une nouvelle guerre civile, Charles, forcé de se rendre, se constitue prisonnier. Remis à l'Angleterre, Charles et Zita, sur décision de la Conférence des Ambassadeurs, sont exilés sur l'île de Madère où le Portugal accepte de les accueillir. Il arrive dans l'île le 19 novembre 1921 à bord d'un croiseur anglais et s'installe à Funchal dans la maison de vacances Quinta do Monte du banquier Rocha Machado[15].

Ayant contracté une bronchite le 9 mars, Charles est affaibli par les épreuves et le climat montagnard de cette île. Il meurt le 1er avril 1922 d'une pneumonie, dans la pauvreté[16], veillé par l'impératrice enceinte de son huitième enfant, à l'âge de 34 ans et 7 mois quelques semaines après le pape Benoît XV[17].

Charles est enterré dans l'église Nossa Senhora do Monte sur les hauteurs de Funchal. Son cercueil est déposé dans une alcôve en dessous d'un grand crucifix. Son fils aîné, Othon (Otto), âgé de dix ans, devient alors le chef de la maison de Habsbourg-Lorraine.

L'église Catholique et Charles Ier de Habsbourg[modifier | modifier le code]

Dévotions de l'empereur-roi[modifier | modifier le code]

Charles œuvra à faire avancer la cause de la béatification du père franciscain Marc d'Aviano, béatifié par Jean-Paul II. Charles vénérait aussi le saint frère franciscain Konrad von Parzham.

Saint Charles Borromée était l’objet d'une dévotion particulière.

Béatification[modifier | modifier le code]

Charles Ier a été béatifié à Rome, le 3 octobre 2004, par le pape Jean-Paul II. Les raisons de cette béatification tiennent à la fois aux tentatives que Charles fit pour trouver les voies de la paix en 1917, tant par la médiation de ses beaux-frères les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, que par son soutien apporté à la médiation du pape Benoît XV, et à ses vertus chrétiennes.

Il avait en effet placé sa vie sous le signe de l'Eucharistie et s'était engagé à suivre les enseignements du Christ dans sa vie privée et publique. Il sut également suivre l'enseignement social de l'Église et les premières mesures prises par lui, en tant que souverain, furent de supprimer le train de vie de la cour d'Autriche afin de pouvoir aider les pauvres sur ces économies, et d'adopter les réformes sociales nécessaires. Il créa, sous l'influence de l'impératrice Zita, le premier ministère des affaires sociales au monde. Il fut en son temps appelé par l'Arbeiter Zeitung (Le Journal des Travailleurs), « l'Empereur du peuple », ce qui entraîna les moqueries de l'aristocratie.

Le processus de la béatification de l'empereur Charles a été entrepris dès 1923 (un an après sa mort) et le procès de béatification a été officiellement ouvert en 1949. Les pièces, documents et témoignages représentent plusieurs dizaines de milliers de pages. Le miracle reconnu lors du procès de béatification serait survenu en Amérique du Sud, à Curitiba, dans l’État brésilien du Paranà (guérison soudaine d'un ulcère variqueux douloureux entraînant une incapacité de marcher d'une religieuse missionnaire, des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, originaire de Pologne). À l’unanimité, tant de la part des médecins que de celle des théologiens qui ont examiné son cas à Rome, cette guérison a été déclarée scientifiquement inexplicable.

[réf. nécessaire]

Canonisation[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2008, un tribunal ecclésiastique reconnaît miraculeuse une guérison attribuée à l'intercession du bienheureux Charles d'Autriche, réalisée en Floride, aux États-Unis.

Aujourd'hui, le procès en canonisation de Charles d'Autriche est à l'étude et une relique du bienheureux souverain a été déposée en décembre 2013 en la basilique Saint-Epvre de Nancy.

Le 16 octobre 2015, une relique du bienheureux souverain est déposée à la basilique Notre-Dame de Tongres, en Belgique.

Famille[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

L'empereur et sa femme ont eu huit enfants :

  • Otto (1912-2011), archiduc d'Autriche, épouse en 1951 la princesse Régina de Saxe-Meiningen (1925-2010), dont postérité ;
  • Adélaïde (1914-1971) ;
  • Robert d'Autriche-Este (1915-1996), épouse la princesse Marguerite de Savoie-Aoste (1930-), dont postérité (Lorenz d'Autriche-Este) ;
  • Félix (1916-2011), épouse en 1952 la princesse Anne-Eugénie d'Arenberg (1925-1997), dont postérité ;
  • Charles-Louis (1918-2007), épouse en 1950 la princesse Yolande de Ligne (1923-), dont postérité ;
  • Rodolphe (1919-2010), épouse la comtesse Xénia Czernichev-Bézobrazoff (1929-1968), dont postérité. En 1971, il se remarie à la princesse Anne Gabrielle de Wrede (1940-), dont postérité ;
  • Charlotte (1921-1989), épouse Georges de Mecklembourg (1899-1962), sans postérité ;
  • Élisabeth, née posthume (21 mai 1922-1993), épouse le prince Heinrich de Liechtenstein (1916-1991), dont postérité.

Parmi les nombreux petits-enfants de Charles et Zita se trouve l'archiduc Carl-Christian, qui a épousé en 1982 la princesse Marie-Astrid de Luxembourg (fille du couple grand-ducal) et l'archiduc Lorenz, qui a épousé en 1984 la princesse Astrid de Belgique et a été titré en 1995 prince de Belgique par son beau-père le roi Albert II (ses cinq enfants font partie de l'ordre de succession au trône belge).

Citation[modifier | modifier le code]

Jeune officier, il répliqua à un de ses supérieurs : « Au-dessus du règlement, il y a les lois de l'humanité »

Ainsi que le rappelait le cardinal José Saraiva Martins en avril 2004 lors de la promulgation du décret reconnaissant un miracle dû à son intercession[18] le jour de leur mariage, le jeune archiduc de 23 ans dit à son épouse : « Maintenant nous devons nous conduire l'un l'autre au ciel ».

Parlant à son épouse Zita la veille de son couronnement (1916) il dit en parlant du peuple et en faisant allusion à l'entrée du Christ à Jérusalem (Rameaux) : « Aujourd'hui ils m'acclament mais bientôt ils crieront et réclameront ma tête »[19].

Il avait également dit à son fils Otto, lors de graves troubles révolutionnaires en Autriche : « Renoncez à tout s'il le faut, mais ne renoncez jamais à la Lorraine ». Fidèlement, durant leur long exil, l'archiduc et sa mère l'impératrice Zita portèrent le titre de duc et duchesse de Bar.

Dans une de ses lettres au pape Benoît XV (28 février 1919), il dit « Dans les épreuves que la Divine Providence m'a envoyées, j'ai conservé le sentiment d'avoir toujours fait mon devoir et de n'avoir voulu en toute chose que le bonheur de mes sujets, de même que la plus grande gloire de Dieu et le triomphe de notre Sainte Mère l'Eglise »[20].

Jean-Paul II aura ces mots à l'égard de l'Empereur : « Il était un homme d'une intégrité morale certaine et d'une foi solide, qui a toujours cherché le mieux pour ses peuples, et dans ses actes de gouvernement s'est conformé à la doctrine sociale de l'Église. Il a entretenu les idéaux de justice et de paix avec un appel constant à la sainteté. Il était un chrétien, un père, un mari, un monarque exemplaire. »[21]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Charles d'Autriche sur Nominis »
  2. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 146
  3. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 148
  4. a et b Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 150
  5. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 149
  6. a et b Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 158
  7. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 153
  8. Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre Mondiale, p. 154
  9. Jean Sévillia, Le Dernier empereur, p. 74
  10. George Michon, Clemenceau; éd. Rivière, 1931, p. 205
  11. Jean Des Cars, La saga des grandes dynasties, Perrin,‎ 2014, p. 101
  12. Pierre Vallaud, La guerre au XXe siècle, Perrin,‎ 2014, p. 121
  13. Michel Dugast Rouillé, Charles de Habsbourg, J. Duculot,‎ 1991, p. 200
  14. Erich Feigl, Zita de Habsbourg. Mémoires d'un empire disparu, Fleurus,‎ 2009, p. 403
  15. Michel Dugast Rouillé, op. cité, p. 235
  16. Ils avaient faim, et c'est pour raison financière qu'ils ont tardé à appeler le médecin ; cf. Jean Sévillia, Le Dernier empereur, p. 293 et suivantes.
  17. (en) Hans Karl Zessner-Spitzenberg, The Emperor Charles I of Austria, a great Christian monarch, K. Rasinger,‎ 1963, p. 17
  18. Source : Cité du Vatican
  19. Jean Sévillia, Le dernier empereur, p. 71
  20. Kovàcs, t2 p. 448
  21. décret de proclamation de Jean-Paul II, le 12 avril 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Souvenirs[modifier | modifier le code]

  • Le comte Arthur Polzer-Hoditz, L'Empereur Charles et la mission historique de l'Autriche, Ed. Bernard Grasset
  • Le baron Charles Werkman, Le calvaire d'un empereur, Ed. Payot
  • Le prince Sixte de Bourbon-Parme, L'offre de paix séparée de l'Autriche, Librairie Pion
  • L'archiduc Otto de Habsbourg, Mémoires d'Europe, Ed. Criterion
  • David LLoyd George War Memoirs, Londres 1934
  • Raymond Poincaré Mémoires
  • Charles Ier d'Autriche, Memorandum in Werkmann

Ouvrages d'historiens[modifier | modifier le code]

  • Gordon Brook-Shepherd, Le dernier Habsbourg, Ed. Flammarion
  • Christopher Munro Clark (trad. Marie-Anne de Béru), Les somnambules : été 1914, comment l'Europe a marché vers la guerre [« The sleepwalkers : how Europe went to war in 1914 »], Paris, Flammarion, coll. « Au fil de l'histoire »,‎ 2013, 668 p. (ISBN 978-2-08-121648-8)
  • François Fejtô, Requiem pour un empire défunt, Ed. Lieu commun
  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise,‎ 1970, 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571)
  • Patrick Germain, Charles et Zita, derniers souverains d'Autriche-Hongrie, préface de l'Archiduc Rodolphe d'Autriche, France Europe Éditions
  • Bernard Michel, Nicole Pietri, Marie-Pierre Ray, L'Europe des nationalismes aux nations Ed. Sedes
  • Bernard Michel, La chute de l'Empire Austro-Hongrois 1916-1918, Ed. Robert Laffont
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19),‎ 1962 (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114).
  • Michel Dugast Rouillé, Charles de Habsbourg, le dernier empereur, Ed. Duculot
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ 2011, 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4).
  • Jean Sévillia, Le dernier empereur : Charles d'Autriche, 1887-1922, Paris, Éditions Perrin, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ 2009, 356 p. (ISBN 978-2-262-02858-9).
  • Jean Sévillia, Zita, Impératrice Courage, Ed. Perrin (ISBN 978-2-262-02105-4)
  • Georges Walter, Les pleurs de Babel, Paris, Ed. Phébus,‎ 1993, 256 p. (ISBN 978-2-859-40278-5).

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]